Dimanche 18 février 2007
prise de notes
Pouvoir Royal et idéologue monarchique en Egypte Lagide



    Le pouvoir, mot souvent utilisé est une notion pourtant complexe. C’est la capacité à imposer ses décisions, sa volonté à transformer la réalité, sur un champ donné, sur un territoire. Tout pouvoir s’exerce sur un territoire réel ou fictif. Ce pouvoir s’assoie sur une légitimité, sinon il ne se maintient qu’avec violence. On retrouve les analyses de Max Weber, qui a montré qu’il fallait distingué pouvoir et violence. Distinguer le pouvoir traditionnel, le pouvoir charismatique fondé sur l’adhésion à un chef, le pouvoir légalo-rationnel (le vote), ces pouvoirs peuvent cependant se confondre.
    Pour les Lagides, il s’agissait de mettre en place une armature de contrôle sur le territoire, une administration, un personnel, des fidèles, des relais, pour avoir une emprise concrète. Pour le pouvoir Lagide il y a deux matrices, le pouvoir macédonien, le pouvoir égyptien, les Lagides ont donc combiné les deux. Le contrôle s’effectue par les rois, Ptolémée Premier qui assure son pouvoir de 323-284, Ptolémée II Philadelphe (284-246) son fils, Ptolémée III Evergete de 246 à 221, Ptolémée IV 221 à 204, Ptolémée V 204-180. nous sommes alors dans la période de pleine affirmation du pouvoir, de maîtrise de la mer…A partir de Ptolémée IV,  une remise en cause émerge, le pouvoir s’essouffle.
    Comment la dynastie Lagide a su adapter durablement le pouvoir macédonien aux conditions locales de son exercice.

I Le pouvoir Lagide, un pouvoir macédonien en Egypte


    Dans le monde Hellénistique, le pouvoir est un combat, une lutte, celle-ci sert à le légitimer, c’est le patrimoine génétique de tout pouvoir à l’époque hellénistique.

1) Le droit de la conquête la construction du territoire

    Ce territoire il faut se l’approprier, Alexandre aurait jeté une lance sur le sol Asiatique, c’est le principe, Doriktetos Chôra, affirmer sa puissance par la conquête. Ce discours est très important dans le pouvoir Lagide, détournement de la dépouille d’Alexandre par Ptolémée, les processions Ptolémaia  de 271. Alexandre à fondé la légitimité, s’inscrire dans la continuité assure la stabilité du pouvoir. La notion de victoire de conquête est aussi reprise par les Lagides, Ptolémée instrumentalise sa victoire sur Démétrios en 312 à Gaza, le pouvoir se doit d’être victorieux. Ptolémée II va remporter un certain nombre de victoires en Asie Mineure contre les Séleucides. Victoire dans la conquête mais victoire aussi dans la défense, dans la conservation du pouvoir. Se droit de la conquête est toujours en arrière fond, la nécessité de le conserver par la force sert la légitimité, ainsi en cas de défaites, on remet en cause la légitimité du pouvoir, Ptolémée VI aura à y faire face.
    Mais cela ne suffit pas, pour le conserver dans la durabilité il faut l’appuyer sur d’autres ressorts.

2) Les qualités et attributs du souverain.

    Ses qualités sont celles qui s’expriment au combat, la vertu (aretè), le courage la bienveillance (eunoia), qu’il soit un bienfaiteur (euergesia évergétisme), la piété (eurebeia) à l’égard des Dieux. C’est ce qu’attendent les Grecs comme les Égyptiens d’un bon roi. Mais cette puissance il faut l’affirmé, iol n’y a pas de roi modeste dans l’antiquité, il faut étaler sa richesse (Truphé), faire preuve d’opulence (olbos), cela fait partie de l’expression nécessaire de l’adhésion du peuple. SI le roi est riche cela suppose une bonne gestion du territoire donc des qualités précédentes d’un souverain.     Les Lagides construisent donc un ensemble de palais à Alexandrie, des jardins, des fontaines, la présence d’un musée consacré aux arts, d’un parc zoologique… Mais ces pratiques et ces comportements doivent s’incarner dans la mise en place de la dynastie.

3) La mise en place d’une dynastie et d’une cour.

    Au troisième siècle, il y a une véritable stabilité du pouvoir Lagide, les règnes sont longs. La volonté dynastique du mariage incestueux, pour conserver le pouvoir est établi. Cette évolution a choquée les contemporains car le mariage incestueux était proscris en Grèce, mais ils se sont appuyés sur les traditions égyptiennes. Il y a eu la volonté de la part d’Alexandre de mêler les traditions, Achéménides et Iraniens…Le pouvoir ne se partage pas, il doit toujours rester dans les mains des macédoniennes, la langue reste le grec (il ne parle pas l’égyptien). L’existence d’une cour autour du roi consiste non pas en une nouveauté mais en l’affirmation locale du pouvoir.                 L’installation des Philoi, les amis, l’entourage du roi, des philosophes, des artistes… Mais le caractère de la cour reste macédonien, les Lagides sont ainsi des rois en Égypte sans être des rois d’Égypte. Leur pouvoir royal, ils ne tiennent pas l’Egypte mais le territoire Egyptien. C’est un pouvoir personnel fondé sur l’autorité d’une famille plus que l’autorité d’un état, il n’y a pas de distinction entre la cour et l’administration les deux se superposent.

Le pouvoir garde les traits macédoniens ( la figure d’Alexandre) mais possède des innovations (mariage incestueux), convergence des idéologies et des traditions.

II Les instruments du pouvoir et l’encadrement du territoire.

1) Implantations et colonisations dans la chôra

    L’implantation pour assurer un pouvoir était déjà utilisée par Alexandre. Plusieurs formes d’appropriation de la terre, la terre royale, la terre de cités, la terre des temples, la terre sacrée. Le roi n’a pas la même prise sur les terres suivant leurs statuts, en revanche le roi dispose de la terre royale à sa guise. Alexandrie est déjà fondée, il fonde Pltomlémais, il faut attribuer des terres aux vétérans, il faut mettre en valeur les terres dans le Fayum. Sous le règne de Ptolémée II, le Fayum prend de l’importance, on le développe. On place des fidèles pour installer le pouvoir. Il y a un effort de quadrillage de mise en valeur du territoire par des populations macédoniennes par le pouvoir Lagide.

2) Le pouvoir et l’administration du territoire.

    Les habitants n’ont pas attendu les Macédoniens pour installer une administration, pour quadriller le territoire. Le pouvoir est autocratique, le roi n’est soumis à aucun contrôle, il est le législateur, le chef de l’armée, de l’administration, des finances et les sujets sont dépourvus de droit face à lui. Il fallait que ce pouvoir puisse s’exprimer. Au centre et au sommet à la fois : le roi et son entourage, source de toute légitimité.
     Les principaux administrateurs sont des proches du roi, ils sont recrutés parmi les philoi, mais il y a plusieurs catégories, les somathophylaques, les gardes du corps du roi, ce lien presque charnel entre la personne royale et les principaux administrateurs. Ainsi sont-ils presque tous des greco-macédoniens, les Égyptiens sont assez rare pour y avoir laissé leur nom Senoucheri de Coptos (juriste).  Le roi gouverne par sa seule volonté, il gouverne par sa cour, il gouverne en envoyant des documents à travers le royaume. Les Diagrammata, fixent la loi, le fonctionnement pour le reste de la population. L’administration financière et fiscale avec à sa tête le Diocète, on connaît particulièrement le diocète Apollonios, qui va exercer sa charge sous Ptolémée II. Il contrôle la planification des productions, l’ensemble de la branche financière du royaume. Ce n’est pas une innovation lagide, elle existait sous les pharaons avec les Psenti, ils n’ont fait que reprendre  la structure administrative présente. En dessous du diocète, la fonction d’Eglogistès, le collecteur d’impôt. Le chancelier Royal, l’épistolographe, membre de la cour, souvent membre de l’entourage royal assurait le relais entre la cour et l’administration (par l’écrit).
    La périphérie du pouvoir et ses nomes puis les topoi, puis les Komé (villages). A la tête de chaque nomes, il y a un stratège, associé à un nomarque (les impôts), basilikogrammate celui qui a pour fonction d’être le relais entre les administrations à l’échelle d’un nomes.

  Au troisième siècle toutes les fonctions administratives sont exécutées par des greco-macédoniens, il faudra attendre le deuxième siècle pour les Egyptiens occupent un tiers des fonctions, mais les chefs de villages reste des Egyptiens, cela correspond à une volonté d’assurer le pouvoir pas les macédoniens.
    Les rois Lagides ont voulu fonder un rapport en continuité avec les pharaons, les visites sur le territoire, le roi activé la structure de l’Egypte. Le sens de la personne royale est donc perceptible. Le roi échangeait, il recevait des enteuxeis, des revendications, des réclamations, formulées de manière normée, on venait se plaindre du mauvais fonctionnement de l’administration, des fonctionnaires. Cela servait de soupape politique pour le bon fonctionnement du pays. C’est une façon, des territoires difficiles à contrôler, de surveiller les pouvoirs. C’était aussi l’occasion d’afficher la richesse, l’opulence du pouvoir. Les bateaux du roi étaient très célèbre, c’était-là la marque de la puissance du roi sur ses territoires.

III Pouvoir royal, religion et société.


Pour assurer son pouvoir, il fallait donner un discours aux indigènes.

1) Les Lagides et la tradition pharaonique : les rapports avec le clergé.

    Comment les rois ont pu tisser des liens avec le peuple ? il y a convergence entre la définition macédonienne de la royauté et des attentes des égyptiens. Quelqu’un qui défend de royaume, quelqu’un qui assure la prospérité du pays, quelqu’un qui fait preuve de piété. C’est cette convergence qui a permis aux Lagides leur installation.
    Le rôle du clergé est important, les liens avec le clergé sont essentiels, les avoir contre soi, signifie une difficulté accrue pour l’installation. Ptolémée 1er s’allie avec les structures dominantes de la société égyptienne. Ptolémée a donc été reconnu comme pharaon légitime. Horus Jeune et vigoureux (maître) des deux déesses, grand en vaillance, Horus d’or, celui que son père a fait apparaître (en gloire), Roi d’haute et basse Égypte, puissance du Ka et de Rê, aimé d’Amon, fils de Rê Ptolémée. Le pharaon est l’incarnation de Dieu. Ptolémée 1er avait donné 50 talons d’or pour embaumer le taureau Apis, cela a favorisé son accession à la place de pharaon. Dès Ptolémée 1er, les Lagides ont mené une politique active de construction et de reconstruction de temples. Ils étaient bienveillants, mais ils tenaient aussi le bon ordre, le Pharaon était le gardien de la Maât, l’ordre cosmique, l’inverse du Chaos. Il y a de nombreux documents pour justifier ces bonnes relations entre le clergé et les Ptolémée. En 238, un traité de Canope reconnaît la puissance de Ptolémée, pour avoir évité la famine en ouvrant les greniers royaux. En 196, le Décret de Memphis (pierre de Rosette) montre que du point de vue de prêtres égyptiens, Ptolémée V est un pharaon comme les autres, garant du bien contre le mal. En contrepartie, on sait que les Lagides ont payé les prêtres facilement.

2) Le culte monarchique : un instrument de pouvoir.

    Cela va à l’encontre des traditions Grecques, il est scandaleux d’assimiler les divinités et les vivants, fussent-ils pharaons. Mais à l’intérieur même du monde grec, il y a eu une évolution, Alexandre, avait des caractéristiques divines. Les deux fonctionnements ne seraient donc pas contradictoires. Cela va être au contraire un élément de convergence, Ptolémée va lancer un culte d’Alexandre à Alexandrie une fois le tombeau sur place. Ptolémée place aussi sa famille dans la prêtrise égyptienne.
     Ptolémée II instaure des fêtes qui ont lieux tous les quatre ans, les Ptolémaïa dès 279. La figure de Ptolémée est divinisée aux côtés des autres Dieux. Il va instaurer le culte de Dieux Adelphes, dieux frères et sœurs, Ptolémée II et Arsinoé, on divinise le couple royal. Ils sont dieux en tant que couple. On retient que cette divinisation par les rois eux-mêmes est acceptée et reproduite par les égyptiens eux-mêmes. A cela s’ajoute à partir de 270, le culte d’Arsinoé seule, il va être imposé à tous les temples, cela sera accepté sans problème. La pratique macédonienne est donc acceptée.

3) Le roi, les Grecs et les Egyptiens.

    Il faut, pour que le pouvoir soit durable, que les administratifs locaux soient bien accepter, il faut qu’il y est une vraie justice. Celui qui incarne la justice, c’est le roi, le Nomes empsychos, le pouvoir accepté en maintenant le droit et la primauté de la loi. C’est ce qui fonde les ordres royaux. En ce qui concerne le droit privé, on avait-là une société communautarisée, avec des droits selon chaque communauté. Les juifs, les égyptiens, les macédoniens, avaient leur lois. Le droit égyptien, c’est le droit du pays, le droit traditionnel, le droit coutumier. Pour les grecs, que l’on habite dans des cités ou dans des colonies de la Chôra, il y avait une justice grecque. Les juges pour les grecs, les dikastères, les juges pour les égyptiens, les Laocrites, pour trancher un sujet entre deux personnes de deux communautés différentes, les Chrématisres. Le pouvoir est profondément marqué par Alexandre et les traditions macédoniennes, sur le plan idéologique nous sommes dans la continuité mais aussi dans la rupture. Le pouvoir à su mettre en place de puissants moyens de contraintes, pouvoir durable qui devait adapter son discours aux pratiques et aux données culturelles de l’Égypte.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Dimanche 18 février 2007
prise de notes lors du cours d'histoire antique
Le roi, l’économie et la société de l’Egypte Lagide

    C’est un pays qui a beaucoup de richesse, le roi a eu pour soucis de les développer, tout simplement pour enrichir la maison royale. Pour prélever la richesse de façon durable, il faut mettre en place un système d’exploitation. Ce que l’on peut appeler l’économie royale. Cette économie royale pose problème, est-ce qu’il y a une part d’improvisation dans ce système économique. Là encore se pose la question des sources, le nombre est plus important mais en même temps, ce sources viennent de deux régions identifiées : le Fayoum et le Delta. Peut-on généraliser leur fonctionnement à l’ensemble de l’Egypte.  Le système est-il cohérent ?

I  La terre d’Egypte et sa mise en valeur.

1) La chôra égyptienne et le statut des terres.

    Le pays tire sa richesse par le Nil et ses crues. Les hommes qui mettent en valeur la terre, son le vrai don du territoire. Il y avait en Egypte plusieurs statuts des terres. La terre royale, la Basiliké Gè, c’est l’essentiel de la terre, il y  vivait des paysans royaux, des Georgoi (ceux qui travaillent la terre) Basilikoi (royaux), il y a des esclaves, amenés par les Grecs, les paysans eux sont libres. Cette liberté est garantie par Ptolémée II, il sera interdit d’asservir le paysan pour dette. Si le paysan n’était pas esclave, il n’était pas pour autant propriétaire de sa terre, il devait payer sa terre au roi : l’ekphorion. On appelait ça la terre concédée, la terre clérouchique. Les greco-madcédoniens vont installer les colons sur les terres royales et pas sur les terrains religieux. Les clérouques ne payent pas de loyer, cela facilitait l’implantation.  En plus de la terres clérouchique, le roi prenait de vastes domaines qu’il pouvait attribuer en cadeaux, en Dôrea, à des artistes, des grands administrateurs, mais elle pouvait être reprise à tous moments, ce n’était pas tant la terre que les revenus que l’on donnait à ses amis. L’une d’elles était très célèbre : celle d’Apollonios, administrateur royal.
    Il y avait aussi les terres sacrées administrées par les temples, travaillé par les paysans  des temples, qui devaient eux aussi payer un impôt.
    La  Gé idiotiké, la terre particulière celle qui appartenait qu’a des particuliers, mais cela était très minime. Le paysan est en Egypte en homme libre, mais son statut n’est pas forcément enviable car ses conditions de vie sont globalement difficiles, parfois insupportables, par les corvées, la lourdeur des prélèvements.      
     
2) Les productions agricoles, traditions et innovations.

        La production agricole est dominée par le blé qui représente 50% des terres cultivées. L’Egypte est l’un des greniers à blé de la Méditerranée. Mais le pouvoir grec va apporter un certain nombre d’innovation, le but royal est de limiter les importations et favoriser les exportations, sorte de mercantilisme avant l’heure. Il faut que la production corresponde aux volontés de la population, population qui change avec l’arrivée des Grecs. On importe, on développe de la vigne suite à la demande locale. « Le Grec » aime aussi l’huile d’olive, on importe donc des oliviers, à cela s’ajoute de nouvelles cultures, figuiers, noyers…
    Un pays agricole, axé sur la céréaliculture mais aussi sur l’élevage, transport, cuir, viande et désormais pour la laine. Cela n’est pas forcément vrai pour l’ensemble du territoire mais elle concerne surtout le Fayoum, qui concentre les innovations en terme de culture.

3) La place du commerce et de l’artisanat.

    L’Egypte exporte déjà, mais pour exporter il faut des ports, des navires, les Grecs usent ainsi à fond de la ville d’Alexandrie, à travers Naucratis fondée à l’époque archaïque par les Grecs.
    Mais ce commerce ne concerne pas simplement le blé, il porte aussi sur l’artisanat de luxe produit en Egypte. Nous en avons un exemple dans les récits de procession des Ptolémaia, il y a une forte capacité de l’Egypte à produire des produits de grandes valeurs, qui participent à la richesse du pays.
    S’ajoute à cela la production et la commercialisation de l’huile et les brasseries qui sont des activités très importantes que l’on perçoit grâce aux documents officiels qui en traite régulièrement.
     
II L’encadrement des activités économiques par le pouvoir royal

1) Une politique de contrôle et de développement de la production.

    Il y a dès le IIIème siècle un soucis de développement de la production, il s’agit de l’augmenter en partie pour l’exporter, en partie pour le roi en tire un maximum de richesse. Cette politique d’augmentation repose sur la mise en valeur de nouvelles surfaces. On va peut toucher à la vallée et au delta car ils sont déjà bien mis en valeur, les bases sont solides, les structures sont en place de plus, les temples contrôle ces terres. Il va falloir développer des terres qui ne l’ont jamais été, irrigué de nouvelles terres par exemple.
    Il va y avoir des territoires de conquêtes agricoles. On assèche les marais du Fayoum pour étendre les surface, c’est une politique d’abord extensive. Mais on va aussi mettre en place une politique intensive, sur les terres des clérouques, politique d’assolement biennal et triennal, la politique de la double récolte de blé. Cela augmente largement les revenus du roi.
    On va faire des tentatives agronomiques, on expérimente, il y a des sortes de jardins pilotes, on teste certaines forme d’élevage…Les variétés indigènes sont donc améliorées, le froment (meilleure qualité, rendement plus important) se substitue au « blé du pharaon ».
    Le Fayoum est une dépression au sud-est de Memphis, longeant le Nil, avec un lac alimenté par le fleuve. Ce territoire à toujours intéressé  les pharaons, la surface du lac s’est réduite et ce depuis 1100 avant J-C. C’est une zone marécageuse, protégée par le Dieu Crocodile. Les gréco-macédoniens, s’en emparent, notamment grâce à l’action de Cléon et Théodotos, ingénieurs royaux, on assèche et on redistribue les terres aux clérouques. Un grand nombre de village sont créé, la toponymie témoigne de leur création grecque (Philadelphie, Té adelphie), se Nome, prend le nom du nome Arsinoite. La surface cultivable permet une double récolte, mais elle nécessite un entretient permanant des digues. La papyrus de Zénon avec le domaine d’Apollonios a un sens politique dans la redistribution, comme réserve de terres a attribuer ou a reprendre. Il s’agit de plus d’une vitrine devant les ambassades étrangères. On organise une visite dans le Fayoum pour montrer aux Ambassadeurs, l’importance du pays, montrer les éléments les plus symbolique de la puissance économique du royaume.

Cf : les papyrus de Zénon, Claude Orrieux.

2) Organisation et contrôle de la production de céréales.

    Le contrôle est permis grâce à un document le Diographé tou sporou, le Bordereau S’ensemencement. Ce bordereau est fixé en fonction de l’ampleur de la récolte suite à la crue, chaque village pouvait et devait estimer la production. Après cela il devait produire autant que prévu. Le paysans ne pouvait plus cultiver la surface qu’il voulait, il devait le faire en fonction du bordereau d’ensemencement. Le contrôle était draconien, il contraignait les paysans à respecter le bordereau. Cette culture est aussi très encadrée en aval, par les Sitologues, les agents de contrôle de la récolte de blé, ils assistent toutes les étapes de la production du blé. Pas un grain ne doit échapper au contrôle royal. Pour cela un faut prendre appui sur les relais locaux que sont les scribes, les notables, les chefs de village… Ces relais sont aussi a surveiller, ils sont entre les deux parties et ont tendances à vouloir s’enrichir sur le dos des paysans ce qui n’est pas bon pour le roi. Cette volonté de tirer le maximum de production est aussi visible par l’empressement à ramener le blé royal vers Alexandrie pour l’exportation. Cet encadrement ne se limite pas à cette production, il prend d’autres formes pour d’autres production.

3) Un encadrement royal fondé sur les monopoles.

    Un certain nombre d’activités sont gérées par le roi, ce n’est pas le cas des céréales (les temples en produisent). C’est pourtant le cas de l’huile, seul le roi à possibilité de cultiver et de vendre l’huile (dès Ptolémée II). Les pressoirs appartenaient à l’état, seul le roi avait le droit de commercialiser l’huile avec un prix fixer. Le cadre est purement gréco-macédonien, l’huile est indispensable au fonctionnement des cités, l’huile sert au gymnase, qui lui-même sert à la citoyenneté. Sans huile tout est remis en cause. L’encadrement est net, il sert à la continuité des revenus, à la stabilité des productions. Le monopole est donc pour le roi indispensable.
    S’ajoute à cela le monopole du sel, des salines, du fer (élément essentiel pour les armes), le lin, le papyrus (essentiel à l’administration), la bière…Ces monopoles existent dans les domaines importants, mais aussi dans d’autres types d’activité : les carrières (granit, schiste…), les mines de pierres précieuses (artisanat).
  Cette organisation est fondé sur le regard permanent des agents de contrôle dans un soucis royal d’organisation. Ce regard royal nous est connu grâce aux archives de Menkhès, basilicogrammate secrétaire royal, chargé de surveiller la nature des surfaces de son territoire.

III Une économie royale captatrice.

1) Le trésor royal, la banque et le système de la ferme.

    Ce sont les trois pilier du système économique, le trésor royal basilikon, à Alexandrie et des antennes fiscales les Thesauoi qui servaient à centraliser la production. Le trésor royal d’Alexandrie sous Ptolémée II renfermait plus de 700000 talents (le Parthénon a, en comparaison, coûté 1000 talents).
    Le réseau de banque royale, l’économie monétaire, innovation Lagide, permet de récolter plus facilement les prélèvements en espèce. Ce réseau de banque va permettre de développer l’économie Lagide. L’ensemble dus système reposait sur le principe de l’affermage, le fonctionnement de la ferme connu grâce au papyrus Revenue Laws. Il présente le fonctionnement de l’économie Lagide, la gestion des prélèvements. La structure est encore pré étatique. L’état n’a pas les moyens d’organiser toute la chaîne des prélèvements, on met la taxe donc en adjudication pour les nomes. On ouvre une période d’enchères royales, on propose de donner tant, sur la taxe sur le sel, celui qui remporte la place donne de l’argent à l’état puis essaye en vendant du sel de se rembourser au cours de l’année.
     Ce système de la ferme fonctionne pour toutes les taxes, les producteurs sont donc toujours lésés. Il permet la régularité des revenus, il est économique pour l’état, il est cependant source de tension sociale, car plus la part des fermiers est importante, plus les producteurs sont exploités, de plus les agents du fisc pouvaient être les fermiers, il y avait des alliances…

2) Les revenus de l’Etat Lagide et le contrôle de la monnaie

    Ces revenus étaient importants, ils reposaient, sur des listes de taxes, toutes sources de revenus de l’Etat Lagide. Pour un paysan travaillant sur la terre royale, les deux tiers de la production était ponctionné. Les prélèvements portaient donc sur la production agricole, le remboursement de la récolte. Tout n’allait pas à Alexandrie, mais aussi aux banques locales, l’utilisation de tous les moyens publics, médecins, thermes, navires, terres… Tout ne revenait pas à l’état, mais il ne s’agissait pas de création Lagide. La monnaie est aussi une source de revenu de l’Etat, la grande nouveauté de ces rois fut donc l’introduction de la monnaie d’or, d’argent et de bronze. L’or sert de prestige, de thésaurisation. La monnaie qui circule dans les échanges c’est l’argent. Les Lagides vont cependant se couper de l’unité monétaire commune aux Grecs, ils vont dévaluer leur monnaie.     Les marchands perdaient 17% en faveur du roi sur leur revenu. A la fin des transactions, il reperd de l’argent lors du change de départ.

Il y a donc continuité dans l’encadrement fiscal, mais il y a rationalisation fiscal, la nouveauté c’est l’économie monétaire, à la fois un moyen et une source de revenu.  

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Mercredi 7 février 2007

Chapitre II et III le renouvellement de l’histoire politique.

Ce renouvellement date du début des années 80 et dure jusqu'à aujourd’hui, il suit le discrédit depuis la révolution de l’histoire des annales. Les reproches qu’on lui faisait : l’événement, une histoire narrative, linéaire, factuelle, asservie à la chronologie, une histoire aussi subjective car elle ne s’intéresse qu’aux dirigeants, elle est anecdotique, elle est individualiste, elle a été foulée au pied par les annales.
   
I ) Quelles sont les causes du retour en grâce de l’histoire politique.

1) Des causes extérieures.

La première cause mise en avant : la volonté du public d’expliquer un événement qui a des répercussions sur sa vie, déclanchement d’une guerre, d’une crise économique. On cherche non plus uniquement le fait militaire mais l’interaction entre le fait politique et diplomatique.   Deuxième cause : l’accroissement du domaine politique de l’état, l’état s’occupe du logement, de la santé, de la culture, du social… Troisième cause, le rôle de l’opinion, le grand public, les séries…

2) les causes endogènes.

Elles ne tiennent plus à l’environnement mais à des personnalités. Notamment par André Siegfried et son tableau politique de la France de l’Ouest publié en 1913. Il a ouvert la voie à un nouveau type d’historien, ceux qui étudient les comportements électoraux, François Goguel, Alain Lancelot (l’abstentionnisme électoral). L’histoire des idées politiques, Socialisme, Communisme, Gaullisme, est aussi une branche très étudiée de l’histoire politique. La pluridisciplinarité, l’arrivée de l’outils informatique, l’outils lexicographique (étude des discours). L’étude des sondages d’opinion, la cartographie électorale…

Toutes ces causes ont renouvelé l’histoire politique. En effet l’histoire politique par l’histoire extérieure et les causes endogène à permis la création d’une histoire politique totale.
L’histoire politique s’intéresse désormais aux populations, comme acteur particulier, objet d’étude.
L’histoire politique devient sur des différentes durées. Une durée moyenne, celle d’un régime ou d’un parti politique. La durée longue, l’histoire des idées politiques, des idéologies. Grâce à tout cela l’histoire politique c’est extrêmement renouvelé.

3) Renouvellement de l’histoire des partis politiques.

Cette histoire était condamnée par la condamnation de l’histoire politique. On lui faisait plusieurs reproches : la monographie locale, une histoire évènementielle, pas de vue d’ensemble. On reprochait à cette histoire d’être trop idéologique, on s’intéressait plus aux partis marxisants, d’une gauche radicale, il n’y avait pas d’histoire des partis modérés, des partis de droite. Cette histoire devait légitimer la société idéale défendue par les marxistes.
On ne s’intéressait pas aux mentalités, aux psychologies des adhérents, des militants, des sympathisants. Un ouvrage à changé cette histoire, l’Histoire des droites en France, de René Rémond. Cet ouvrage marque la fin de l’histoire d’un courant au profit des droites plurielles, il s’intéresse au long terme. Il ne s’agit plus d’une monographique, il n’y a plus de chroniques évènementielles, on fait désormais dans l’idéologie. Il différencie plusieurs droites en France, une droite légitimiste avec une idéologie réactionnaire, retour à l’ancien régime, rappel du roi Bourbon, son fondement : La charte de 1814. La droite Orléaniste, plus libérale. La droite bonapartiste, au-dessus des partis, vers le peuple, plébiscitaire (Gaulliste…). Mais on fait pour l’instant l’impasse sur l’extrême droite.

4) Étude des organisations de jeunesse et des mouvements d’étudiants.

C’est l’étude des mouvements étudiants. Les leaders étudiants ont ainsi eu des rôles importants par la suite. L’étude des mouvements politiques est de savoir quels fut leur rôle lors du renouvellement de la sphère politique. On s’aperçoit sous la troisième république que de nombreux leaders ont accédé à des fonctions importantes de l’état. Pierre Mendès-France à été leader important d’un mouvement important de jeunes radicaux, il est par la suite devenu président du conseil. Il était le chef de la LAURS (Ligue d’Action Universitaire Radicale Socialiste). René Pleven, il a milité dans un groupement universitaire que l’on appelle GUSDN (groupement universitaire pour la SDN).
Sous la quatrième république, sur 17 président du conseil, 11 sont passés dans les mouvements de jeunesse, ils y ont appris les bases du métier. George Pompidou a ainsi milité dans les organisations de jeunesse, pareil pour les Communistes et les Socialistes.
L’angle d’étude le plus intéressant sont, les formules d’encadrement, les cadres d’encadrement,  les temps et les rythmes de leurs existences. Comment s’est formé notre class politique actuelle ?

II Une étude de cas, les mouvements de Jeunesse dans les année 20, une nouveauté ?

1) Définition sociale de la jeunesse.

La jeunesse, « c’est le résultat d’une organisation sociale des âges de la vie qui va déterminer le calendrier et les modalités de passage d’un âge à un autre en même temps que les comportements». Dans la France de l’entre deux-guerres, il y a une organisation directe du passage de l’enfance à l’âge adulte selon que l’on se trouve dans les milieux bourgeois ou ouvriers. Il y a donc deux jeunesses, mais est-ce que cette jeunesse ce définit comme opposition à l’âge adulte ? Ou est-ce qu’au contraire, les conflits permettent une intégration  de la jeunesse plus rapide dans l’âge adulte.
La première jeunesse, est une jeunesse populaire. Une jeunesse ouvrière ou paysanne :
-    Ils ont quittés l’école très tôt.
-    Ils travaillent tôt.
-    Ils ne sont pas encore mariés.
-    Ils vivent chez leurs parents et donc sous leur contrôle.
Les rites de passage sont important : le certificat d’étude, la communion solennelle ; De nouveaux droits sont reconnus dans le domaine des distractions, le bal est propre aux jeunes, la fin de la jeunesse c’est le mariage. Pour les garçons, il faut ajouter à cela le service militaire.
Mécanismes d’intégrations, il y a peu de conflits de génération à l’époque. Le modèle républicain et le rôle de son école diffuse à tous les enfants une culture civique laïque et républicaine, qui transmet des valeurs de respects, d’intégration. Le respect des aînés est incarné par la cérémonie des anciens combattants. De plus, la place « libérée » par les morts au combat, on permis de faire carrière rapidement.

La jeunesse bourgeoise. Les caractéristiques sont inverses du milieu populaire. Le jeune bourgeois poursuit ses études, il travaille donc tard, il n’habite plus chez ses parent et échappe donc à leur contrôle direct, l’âge du mariage est beaucoup plus élevé. La jeune fille reste plus longtemps dans sa famille, elle se marie plus jeune, il y a une expression « elle fait la jeune fille de la maison », elle n’échappe pas au contrôle de ses parents.

Modalités de contestation. Dans le domaine politique, les jeunes groupements sont des mouvements de contestation par rapport à leurs aînés, les JC, les jeunes Turcs (Radicaux), les étudiants d’action française… Tous contestent les ténors, Maurras et Léon Daudet pour l’extrême droite par exemple.

Les conflits de génération s’expriment par d’autres moyens, des codes vestimentaires, les montres bracelet, les pantalons de golf, des goûts artistiques Dadaïsme, Surréalisme. Les jeunes intellectuels ont été engagé très souvent au côté du parti communiste : Breton, Eluard et Aragon. Mais ceci est limité aux milieux étudiants.

2) L’organisation des mouvements de jeunesse.

Ils existent depuis longtemps, ils sont souvent confessionnels. Dans toutes les religions on s’est attaché à la formation religieuse des jeunes. Ce soucis remonte au XIXème siècle, il émane des catholiques. Au milieu du siècle, le jour où les enfants n’allaient pas à l’école, il fallait les occuper, on a pour cela créé les patronages, puis les mouvements laïcs ont pris les devants. À la fin du XIXème une matrice globale est créée : l’ACJF (Action Catholique pour la Jeunesse Française), mais tout est encore contrôlé par les adultes, les colonies de vacances sont aussi créées.
L’influence du Scoutisme créé en Angleterre en 1908 par l’amiral Baden-powell. La pédagogie : le départ et la vie au grand air, les surnoms, les Bonnes Actions, Discipline… Son essor est phénoménal en Grande-Bretagne. En France, c’est d’abord une réaction de méfiance vis à vis d’un mouvement d’origine Protestante. En 1911, c’est la création des éclaireurs unionistes, en 1912 sont créés les éclaireurs de France, laïcs. 1920, les Scouts de France, catholique et les Guides de France pour les filles.

3) Dynamisme et spécialisation de ces mouvements dans l’entre deux guerre.

L’ACJF, reprend du service après la guerre car elle met l’accent sur l’engagement civique des jeunes. Leur mot d’ordre « civique par ce que sociaux, sociaux par ce que catholique ». La condamnation en 1926 par le pape Pie XI du mouvement l’Action Française à libérée une partie du monde catholique de son attachement aux valeurs traditionnelles, pour se réfugier dans la république. Un nouveau courant se détache, la démocratie chrétienne. Elle deviendra le Mouvement Républicain Populaire, on y trouve Robert Schuman, Georges Bidault, François de Menthon. L’ACJF compte en son sein 20% d’étudiants, 23% d’employés, 21% d’ouvriers et 36% de jeunes ruraux, tous y sont représentés.
L’essor des fédérations diocésaines de jeunes fille, nées en 1925, elles d’éduquer les jeunes filles face au monde moderne, le bal, la radio, le cinéma, en revanche elle éduque pour diffuser les œuvres sociales.
Le développement du scoutisme catholique. Méfiant à la base, ils prennent le train en marche en 1920. il y a deux pôles, le Nord et Paris. La hiérarchie d’abord réticente perçoit rapidement les atouts. Il se caractérise par âge, louveteau, éclaireurs, routiers. De 1920 à 11932 il s’adresse au milieu populaire, après ce sont surtout les bourgeois qui deviennent scouts. Le thème en gros : le chevalier de temps modernes, en 1923, les Guides de France pour les filles sont créés

4) le développement des mouvements spécialisés au sein du mouvement général de la matrice ACJF.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : Cours de spé contempo
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Mercredi 7 février 2007
prises de notes en géo démographie
Les dynamiques démographiques en Afrique

    Pendant longtemps, nous avons découpé le monde en deux parties, selon des critères économiques et des critères démographiques. Selon les critères économiques, nous avons des pays industrialisés, adoptant un régime libéral et les autres. Selon les critères démographiques, il y avait les pays ayant effectué leur transition démographique et ceux n’ayant en train de la faire. En gros le pays développé et les pays non-développés. Cette dichotomie est aujourd’hui dépassée.
    Les différents calendriers d’entrée dans les processus démographiques multiplient les visages démographiques mondiaux. L’Amérique latine à ainsi terminer sa transition démographique mais elle est encore faible économiquement.
En ce qui concerne l’Afrique cela dépend des régions. L’Afrique du sud et du nord ont réalisé leur transition. L’Afrique de l’Ouest et Centrale viennent de commencer leur transition, les taux sont encore très élevés. Mais leur transitions s’effectue très lentement. En ce qui concerne la mortalité, les progrès ont été considérables mais il reste beaucoup à faire, les taux de mortalité sont parfois proche de la moyenne mondiale, la mortalité infantile atteint 89 ‰ alors qu’en France elle est de 4,5 ‰(nombre de décès d’enfants de moins d’un an par rapport au nombre de naissances vivante dans la même année).
    Les taux de mortalité n’ont pas guère de sens car les conditions sanitaires ne sont pas le même entre la France et l’Afrique. Les pays en guerre civile le Sierra Leone, la Somalie, l’Angola, ont des taux supérieurs à 100‰ ou 150‰. Pour la moitié des pays d’Afrique, le niveau de la mortalité infantile, le niveau de la mortalité infantile dépasse le 100‰, mais ce sont des chiffres officiels, cela serait donc plus dramatiques encore. Il y a aussi un sous enregistrement des naissances comme des décès car cela est payant, en plus compte tenu du taux de mortalité cela ne servirait pas à grand chose. Des enfants ne sont pas scolarisés car cela nécessite, d’être enregistré.
    Ces retards en matière de mortalité infantile s’expliquent par les maladies infectieuses non maîtrisées, beaucoup meurent de diarrhées, de méconnaissance des règles d’hygiène élémentaires, les maladies infantiles (rougeole) sont très meurtrières, les maladies gastro-intestinales sont les plus dangereuses. Une fois l’allaitement terminé les risques d’intoxication augmentent (eau non-potable, objets souillés).  L’irruption du VIH fut beaucoup plus grave qu’ailleurs, les naissances séropositives n’atteignent pas l’âge de la reproduction. Pour les femmes les plus touchés sont les 24-34 ans, pour les hommes 34-44 ans, reflétant le marché sexuel africain.
    Lorsque l’âge médian est de  78 ans en Europe, il est de 6 ans en Afrique (50% avant, 50% après).
    Dans les villes. On considère qu’il existe une surmortalité pour les enfants et leur mère en milieu rural, absence de structure de santé, de dispensaires, d’hôpitaux…Cela entraîne un exode vers les villes, les soins y sont meilleurs, les logements sont plus favorables à la santé, les quartiers sont équipés de bornes-fontaines, l’instruction des femmes est aussi plus élevée en ville (les femmes instruites font plus appellent au monde médical, elles peuvent lire les prescriptions médicales…). On a normalement une corrélation entre la proportion de population urbaine et trois indicateurs : la proportion de personnes bénéficiant d’eau potable, la proportion de personnes bénéficiant d’aide médicale, la proportion de personnes bénéficiant de médicament. Le monde urbain est extrêmement hétérogène, il faut distinguer le fait urbain de l’urbanisation, la croissance des villes en Afrique de l’ouest à été beaucoup plus tardive qu’ailleurs, les investissements urbains ne peuvent pas suivre la croissance de la population.
    On ne peut parler de la mortalité en Afrique sans tenir compte des épidémies. Le Sida, à la fin des années 90, il y avait 33,6 millions de séropositifs, en 2005 : 40 millions, en 2010 la perspective est que ce chiffre s’élève à 45 millions. 70% de ces personnes se trouve en Afrique subsaharienne (10% de la population mondiale). En 1999 2,6 millions de personnes sont décédées du SIDA, parmi elles, 2,2 millions étaient des Africains subsahariens. En 2005 parmi les populations infectées cette année-là, 4,9 millions, 64% se trouvent en Afrique subsaharienne. Un récent rapport des nations unies estime que plus du tiers des jeunes de quinze aujourd’hui  mourront du sida dans les pays les plus touchés. La maladie constitue la première source de mortalité, de ce fait l’espérance de vie diminue
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : cm géographie mineure
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Mercredi 31 janvier 2007
Chapitre 2 : Histoire du libéralisme au XIX. Notes de cours.
Libéralisme et démocratie en Espagne (1833-1898)

Dans le cas de l’Espagne, il se pose des problèmes différents des autres pays européens.
Le problème qui se pause se pause à l’ensemble du monde hispanique. Ce problème est un problème de légitimité suite à un incident de 1808 avec l’invasion de la monarchie espagnole par les troupes napoléoniennes et le roi espagnole st fait prisonnier en France. Ce n’est pas une succession classique, là, le roi est absent. Tout le matériel politique espagnol bascule.
Le problème posé est alors dans le niveau de la légitimité du pouvoir avec une vacance de la monarchie ?
En dépit du retour du roi en 1814, la question reste posée. Les libéraux vont s’efforcer de remplir ce vide. Avec un autre fondement, celui du peuple. D’autres options politiques veulent aussi résoudre cette question. D’autres corps clame leurs souverainetés, un processus en cascade ou la légitimité retombe sur la société ou diverses communautés (cléricales et autres) vont de fait assurer la souveraineté politique et s’en revendiquer comme telle.
Le but des libéraux est de refonder une représentation politique plausible suite à la période 1808-1814. Mais ils échouent en grande partie contrairement à la France et la Grande-Bretagne. Des courants non libéraux continuent à être très puissant, alors qu’en France à partir de 1830 ils perdent de leurs influences.
On ne peut pas parler d’hégémonie du système libéral en Espagne.


I) L’héritage libéral du début du XIX° siècle.

            A) Les origines de la révolution libérale hispanique.

                1) L’impact de la Révolution française en Espagne.
Jusqu’en 1788, on a en Espagne une monarchie typique de celle des Lumière, le roi s’appelle Charles III et entreprend toutes sortes de réformes typiques des monarchies éclairées. Sa mort signifie le début d’un processus de crise politique. La crise commence donc dès 1788. 
1789, la Révolution française précipite la dissolution de l’ancien régime. Sur un plan intérieur, la monarchie tente de se protéger de l’influence des idées révolutionnaires et sur le plan extérieur, elle se sent solidaire de Louis XVI et opposé à la France révolutionnaire. Et encore plus en 1792 quand la France entre en république. La mort de Louis XVI est d’autant plus choquante qu’ils sont aussi des bourbons. D’où la déclaration de guerre à la France en 1793 qui conduit à envahir une partie du sud de la France jusqu’à ce qu’en 1794, les français envahissent le nord de l’Espagne jusqu’au traité de Bale qui reconnaît à la France un certain nombre d’avantage, et en particulier le fait de pouvoir faire circuler des troupes en Espagne.
Cela affaiblit l’Espagne. La monarchie va être beaucoup plus prudente et tenter de trouver un équilibre. En réalité l’état et la couronne deviennent très dépendants de la France, surtout avec l’empire napoléonien.
Elle se décompose entre 1802 et 1808. Pourquoi ? Le roi Charles IV pratique cette politique d’équilibre avec une faible marge de main d’œuvre et pratique une politique d’alliance avec Napoléon. Napoléon y trouve aussi son intérêt avec le problème portugais.
Le fils de Charles IV s’offusque de cette alliance avec les Français et ce Ferdinand anime un parti anti-Français, et ces tentions ne cessent d’augmenter entre 1802 et 1808.

                2) 1808 : Effondrement de l’Etat.
Conflit dynastique qui couve entre Charles IV et Ferdinand, et au mois de Mars 1808, Ferdinand renverse son père et devient Ferdinand VII. Cette position est fragile, il cherche des appuis pendant que 15 000  hommes Français sont dans le pays. Napoléon va donc convoquer le père et le fils à Bayonne au mois de mai 1808. Coup de théâtre, il oblige les deux à abdiquer, à céder leur couronne et de la remettre à Joseph, le frère de Napoléon, José I.  Cela bouleverse la situation. Cette double abdication fait l’effet d’un coup de tonnerre dans la monarchie. Ferdinand VII est enfermé. La monarchie devient acéphale, le roi est prisonnier.  José est rejeté par la population, se pause alors le problème, de qui à le pouvoir, avec quelle légitimité ? En Grande-Bretagne, la situation est différente, c’est un problème de vie politique qui débouchera aux USA, tout part en morceaux.

                3) L’exemple joséphin.
José fait réunir à Bayonne même 150 dignitaires de la monarchie pour faire voter une constitution libérale. Avec des représentants de l’Amérique. Ils prêtent serment de fidélité à José. Cette constitution est imposée par les Français et pour toujours le libéralisme portera un sentiment d’extérieur au pays, et opposé au pays. Même si il y a des libéraux Espagnol.
Cette constitution est une charte, beaucoup dise que c’est une copie de la constitution Française de l’an 12, avec l’idée d’une monarchie forte.  Il y a aussi des choses originales. Dans le libéralisme hispanique, il n’y a pas de liberté de culte, on est toujours dans un statut de confessionnalité de l’état, la religion catholique.
Ce texte développe pourtant des principes libéraux avec une forme de séparation des pouvoirs avec un Parlement, les cortes qui certes n’a pas d’initiative législative mais vote les budget. Le suffrage est censitaire, très limité et le pouvoir principal est l’exécutif du roi. Les ministres sont responsables devant le roi pas devant les cortes, on est loin du régime parlementaire. Cela introduit des éléments nouveau comme l’égalité juridique des sujets entre eux, cela, n’est valable que devant l’impôt. Il y a un libre accès à l’emploi public. Il n’y a pas de différence encore, entre le libéralisme politique et économique.

                4) Le mouvement des Juntes : une légitimité populaire ?
Face à la nouvelle de la double application de Bayonne, la population se soulève. L’un des premier à lieu le 2 mai 1808 à Madrid. Ce qui se forme à Madrid et dans les grandes villes, il se forme des juntes de gouvernement, souvent issues des autorités municipales. Ce sont les corps d’ancien régime qui ont le pouvoir et mène le combat contre l’occupation Française. Ces juntes s’étendent très rapidement et marque le moment ou le pouvoir municipal se substitue à la monarchie alors vacante. C’est une sorte de souveraineté populaire. Le peuple assure la souveraineté du roi déchu.  (Analogie entre pueblo et plueblos qui sont les cités d’ancien régime).
Pour les libéraux les deux termes sont identiques mais pour nous, il y a une ambiguïtés. Les juntes se fédèrent en septembre 1808 sur la pression des juntes locales. Cette junte centrale à l’air d’un gouvernement populaire, mais si le gouvernement de la monarchie existe encore. Il y a alors une concurrence entre la légitimité populaire et les restes du gouvernement monarchique.
Cette junte centrale à entre une vingtaine et une trentaine de membres. Cela fait beaucoup de pouvoir en Espagne, José I, l’état monarchique antérieur et los plueblos (juntes). Les juntes se sont surtout formées pour chasser les Français des villes.
Ce mouvement juntiste est intéressant.  On y a longtemps vu l’essence même du pouvoir libéral, c’est une assimilation abusive. Se ne sont pas des libéraux mais un corps d’ancien régime, c’est un corps souverain municipal.
Ces corps souverains se sentent tous autonomes. Strictement hiérarchisée, inégalitaire, ou la valeur de la communauté l’emporte toujours sur la valeur individuelle. Et tous ces corps souverains sont reliés par un lien personnel au roi.
C’est donc pratiquement l’inverse du libéralisme.
Le libéralisme étant une association librement consentit d’individus. Et ces individus sont strictement égaux entre eux. Les liens sont horizontaux. C’est l’idée du contrat social, contractualiste. Dans les juntes, ce sont les corps d’ancien régime qui résistent.


            B) Les cortes de Cadix.

                1) La décision de convoquer des Cortes.
On a une junte centrale a coté de Madrid, devant la pression napoléonienne, elle ne cesse de reculer vers le sud, jusqu’à se réfugier à l’extrême sud du pays dans un port militaire, celui de Cadix.  Sur elle repose la légitimité des différentes juntes. Celle-ci se sent dépositaire en l’absence du roi du pouvoir légitime. Elle va convoquer les cortes, les états généraux, au mois de mai 1809. C’est dans la logique d’ancien régime. Mais elles ont un mal fou à se réunir. 
Dans ces cortes de Cadix de septembre 1810, il y a 99 députés dont 26 viennent d’Amérique. La première réunion à lieu le 24 septembre 1810.
On organise tant bien que mal des élections par cités.

                2) Le pactum.
La théorie du pactum. Au début, on proclame la fidélité à Ferdinand VII, on affirme qu’on déteste José en déclarant sa déchéance, qu’en l’absence de Ferdinand, ils sont la souveraineté. Les discutions sont très dures, avec deux tendance, l’une libérale qui veut transformer les cortes en assemblée nationale constituante qui accouche d’un texte. L’autre plus traditionnel, considère cette réunion comme des états généraux d’ancien régime qui veulent maintenir le pouvoir jusqu’au retour du roi. Débat très dure provoqué par l’absence du roi.
C’est le pactum qui va permettre de passer d’une assemblée d’ancien régime à une assemblée constituante.
Cette vieille théorie vient du XVI comme quoi la monarchie serait l’émanence d’un pacte ancien entre le roi et son peuple et que vu que le roi n’est pas là, le peuple doit prendre le relais en se réunissant en assemblée nationale.
À partir de là, on à affaire à une assemblée nationale.  Sera alors rédigée et promulguée en 1812, la constitution de Cadix. Elle sera un horizon de référence pour énormément de mouvement libéraux dans toute l’Europe.

                3) Originalité de ce libéralisme hispanique.
A chaque révolution, on revient à la constitution de Cadix symbole intangible des libéraux.
Cette constitution, jalonne les principes de la souveraineté nationale, les cortes sont donc une assemblée nationale constituante. Ce texte n’est pas dirigé contre Ferdinand VII mais contre José I.
La nation est alors définie comme Espagnol de tous les hémisphères comprenant ainsi l’Amérique. Il y a la séparation des pouvoirs, l’exécutif pour le roi, le législatif pour les cortes. 
On commence à démanteler les justices féodales et droit seigneuriaux d’ancien régime.  On abolie aussi l’inquisition. On met en place une forme d’administration moderne, relativement uniformisée, par exemple, on découpe les régions en provinces elles-mêmes gouvernées par un chef politique lui même assisté d’une assemblée provinciale que l’on appel la deputacion.
Le libéralisme économique est fortement annoncé. On parle aussi de réforme agraire qui ne sera jamais appliquée. On supprime les corporations de métiers et on déclare la volonté de vendre les communaux non exploités soulageant le poids de la dette.
La question religieuse est soulevée, le catholicisme est la religion d’état. Il n’y a pas de liberté de culte. Tout autre culte est dans la sphère privée. La constitution est écrite « au nom de Dieu », cela marque la différence d’avec le libéralisme français. Ce principe est immuable et défendu par la nation souveraine.
Il n’y a pas de volonté de rupture politique comme cela est le cas en France.


            C) Restauration et révolution libérale (1814-1826).

                1) La restauration de 1814.
Suite à la défaite Napoléonienne, Ferdinand VII est libéré et revient le 11 mai 1814 et aboli les cortes de Cadix et toute la législation qui va avec. Annulant ainsi la constitution de 1812. Il revient pour remettre en place la monarchie absolue.
C’est la Restauration. Il entreprend la négation de toute couleur gaditane (œuvre de cadix). Il fait abattre tous les symboles de la constitution et l’assimile à José frère de Napoléon. Il dénonce des ruptures inacceptables et proclame le retour à la monarchie absolue. Il n’admet aucune liberté possible réinstaurant l’inquisition et promet de réunir à l’avenir des cortes version ancien régime, qu’il ne convoquera d’ailleurs jamais.
Cette attitude particulièrement intransigeante va changer les choses. Pour les libéraux, la période 1814-1820 est rude. D’autant plus que les principes du libéralisme n’ont pas vraiment pris dans la population, et la constitution de Cadix a assez mauvaise réputation. Il va falloir convaincre la population, ils vont donc s’organiser en petits groupes agités par le rêve d’une révolution. Beaucoup de libéraux sont des militaires.
C’est une minorité active politiquement assez radicale et prétendant soulever le peuple contre la monarchie absolue.

                2) El Trieno liberal.
En 1820, une conspiration réussie et Ferdinand VII est obligé d’accepter la constitution de Cadix.  Le roi est suspecté de vouloir lutter contre cette constitution. Constitution qu’il annulera en 1823.
En attendant, il y a un retour aux libertés, économique, droit de propriété, ré abolition de l’inquisition, du régime seigneurial, re-division territoriale, mise en place d’un code civil, militaire…
Ferdinand peut compter sur son frère Charles. Il est le représentant d’un libéralisme absolu par rapport à Charles.
Les partisans de Charles, les carlistes, pensent que le roi est séquestré par la constitution. Ils deviennent à partir de Juillet 1822 des contre révolutionnaire ou l’on trouve une grande masse du clergé espagnol.
En 1820, les révolutionnaires avaient promulgué une loi de désamortissement. À savoir que les biens d’église sont des bien nationaux, cela date de février 1820 et explique le fait que le clergé soit devenu carliste. Il y a alors un noyau contre-révolutionnaire. Il va en appelé à la justice de la Sainte Alliance de Meternich au congrès de Vérone en 1823, ou i lest décidé de lever une armée pour remettre Ferdinand VII sur son rôle de monarque absolue. C’est l’expédition des 100000 fils de Saint Louis. C’est la fin de la révolution libérale et le début d’une seconde restauration entre 1823-1832 (mort de Ferdinand VII).

                3) Entre réforme et rupture : la seconde restauration de Ferdinand VII (1823-1823).
C’est ce que les libéraux appellent la décennie abominable. Beaucoup furent exécutés. Ferdinand VII sait qu’il faut réformer la monarchie mais plutôt de laisser faire, il réforme la monarchie par le haut en entreprenant en 1826 une très timide réforme. Il crée le conseil des ministres, un Conseil d’État…
Face a se timide tournant, les carlistes s’insurgent, il n’accepte pas cette modération. En 1827 éclate la révolte carliste, la révolte des Mal-contents. Attestant la naissance d’un mouvement carliste armé. Ferdinand VII a alors peur de son frère. Il tend à se rapprocher du libéralisme. De leur côté, les libéraux tirent aussi des leçons de leur échec. Ils abandonnent leur activité conspiratrice et réfléchissent à un compromis avec Ferdinand VII. Rapprochement plutôt lent entre 1826 et 1830. Ils abandonnent leur utopie insurrectionnelle.  Cela va mener à la révolution libérale.



II) La révolution libérale (1830-1843).


            A) La transition libérale pactisée : 1830-1834.

                1) Un problème de succession.
En 1830, le régime est tiraillé sur sa droite par le carlisme et sur sa gauche des libéraux. Le pouvoir est tenté par une évolution réformatrice. La question de la succession de Ferdinand VII est une pomme de discorde. Sans descendance, le pouvoir irait à son frère, mais il ne le veut pas.
En 1829, le roi perd son épouse et épouse une jeune femme de Naples, Maris Christine, elle devient l’espoir de Ferdinand VII. Curieusement, il y avait en 1789 une réunion des cortes qui avaient émis l’hypothèse d’une succession aux filles… Mais il a annulé toutes les lois.
Il prend des précautions et fait publier en mars 1830, la pragmatique sanction. C’est un texte qui autorise une succession féminine de la couronne d’Espagne. En octobre 1830, c’est une jeune fille qui naît, le suivant sera aussi une fille.
La question va se nouer dans les années 1830-1832, les carlistes vont trouver insupportable la pragmatique sanction.
On organise la défense des droits d’Isabelle. Les seules à pouvoir la défendre, ce sont les libéraux.
En 1832, le roi fait nommer un Premier ministre (Cae Bernudez), pas libéral mais tendant la main aux libéraux. Il organise la régence de Maris Christine qui va durer jusqu’en 1843, jusqu’à ce qu’Isabelle est 13 ans. On fait revenir tous les libéraux. On prévoit la convocation de cortes pour que le roi jure fidélité de toutes les lois particulière des fueros.
Septembre 1823, mort de Ferdinand VII, la régence commence et doit allé en principe jusqu’en 1843 mais elle sera renversée avant.
Qu’elle va être l’attitude des carlistes ?  celle de la guerre civile, pendant 7ans ; il y en aura trois.
On n’est toujours pas dans du libéralisme, les structures de pouvoirs de l’ancien régime n’ont toujours pas l ‘intention de bouger. Les libéraux vont-il l’accepter ?

       
    2) Le renouveau du libéralisme.
A cette époque, on voit au début des années 30 se former des groupes libéraux puissants, inspiré par les britanniques et les français. Ils vont donner les bases d'un libéralisme modéré.
Qui sont ils? Des grandes figures intellectuelles et politiques, comme Alcala Galiano. Se sont eux qui formulent un véritable consensus autour de l'obtention d'une constitution et la proclamation et le respect des libertés fondamentales des individus.
L'ateneo de Madrid, c'est un cercle de discutions célèbre qui s'oppose au milieu de la cour, tenant de l'immobilisme politique.
En vérité, ces libéraux ont de l'influence, y compris à la cour. Cae Bernudez est un tenant de l'immobiliste et les tenant de « l'évolution libéral » se retrouvent derrière Javier de Burgos, il souhaite une division de l'Espagne en province sur un modèle centraliste à la française, la disparition des corporations, la liberté d'entreprise...
A cette époque pas de différence entre le politique et l'économique.
Les libéraux font pression sur la cour dans le sens d'une libéralisation. Ce qui va changer la donne c'est qu'à partir du 2 novembre 1833, c'est le début de la guerre civile enclenchée par les carlistes. La situation fait qu'on doit choisir son camp. Les officiers poussent du côté du libéralisme, donnant lieu a des mouvements dangereux pour la régente avec une tentative de coup d'êtat. On s'achemine petit à petit vers un processus de libéralisation, par transition pactisé. La régente renvoie son Premier ministre en janvier 1834 et nomme un proche des libéraux, Martinez de la Rosa.

            3) Le statut Royal de 1834.
(voir plaquette page 1). Ce statut est une charte, octroyée par la régente à son peuple. Pour les libéraux, elle a le sens d'une loi constitutionnelle. Sous la pression des carlistes, la régente s'appuie sur sa gauche. Ce texte est bref, 50 articles, pour ne pas trop en dire, il édicte un certain nombre de principes généraux. L'influence de la charte de 1830 est évidente. Le principal rédacteur est le Premier ministre.
Ce texte prévoit la réunion des cortes, mais on ne veut pas se laisser déborder comme auparavant et cela se fait dans un cadre assez rigide. Il est prévu qu'il soit constitué de deux chambres. Elles n'ont pas de pouvoir législatif, mais n'ont qu'un droit de pétition et le vote de l'impôt. C'est une assemblée consultative. La loi pour être en vigueur doit être signé par le monarque. Les députés sont élus au suffrage censitaire, le corps électoral c'est 16000 personnes soit 0,15% de la population.
L'autre chambre, celle des paires est composée de membre héréditaire (noblesse) soit nommé par le roi.
Les cortes se sont réunies le 20  mai 1834. Leur composition reflète les dispositions du statut. 104 paires et 188 députés. Sur ces 300 personnes, plus de la moitié sont des propriétaires terriens et plus d'une 50 sont des employés publiques ou des militaires, il n'y a que 5 ecclésiastiques et 1/3 a déjà exercé des fonctions politiques. A l'intérieur de se groupe existe un noyaux dure libéral, qui sont les tenant de la liberté de la presse mais aussi de milice populaire, pour la reconnaissance de la souveraineté populaire, et le désamortissement des biens d'église. Un grand personnage, comme Argüelles.
Au total, le régime a choisi un compromis avec les libéraux, a mis chemin entre les cortes d'ancien régime et le libéralisme. Mais le contexte de la guerre civile et les progrès des carlistes fait éclaté ce fragile compromis et fait penché la tendance vers les libéraux.

        B) La révolution libérale de 1836.
            1) L'échec de la solution pactisée.
Ce sont les revers essuyés par l'armée qui oblige le premier ministre à démissionner en juin 1835.
La chute pendant l'été 1835 s'explique par le fait qu'il se forme un peu partout des juntes révolutionnaires. Avec des insurrections populaires, urbaines accompagné d'une situation de misère économique et de choléra, notamment à Cadix et Madrid.
On assassine, on brûle les églises. C'est un libéralisme radical et populaire qui s'étend sur tout le pays. C'est a Barcelone que l'expression y est la plus violente, anti-ecclésiastique, et se mêle au premier mouvement luddiste (brûle les machines). Ce mouvement crée des milices armées, cela forme un mouvement révolutionnaire global doublant les autorisées locales et se constitues en une grande junte centrale comme en 1808 et 1820 qui naît à la fin de l'été.
La régente est obligée de céder et d'accepter les revendications juntistes. Respect des libertés, levé massive pour combattre le carlisme, interdiction du clergé régulier, nouvelle loi électorale plus large.
La régente recule et en septembre 1835, elle nomme un nouveau Premier ministre franchement libéral, Juan Albarez MENDIZABAL.

            2) Un train de mesures libérales.
Il a une approche « utilistariste ». Trois types de mesures fondamentales :
- Budgétaires, réorganisations des finances, négociant la dette, réorganisation de l'administration fiscale pour ré assainir le budget de l'état.
- Désamortissement des biens ecclésiastiques. C'est une manière de résoudre les problèmes budgétaires. Les couvents et les congrégations sont dissous et leurs bien vendus aux enchères.
- L'ordre confié aux milices nationales à qui on confie la police et on mobilise pour constituer une grande armée de 100 000 hommes pour mener la guerre à bien. Le problème, c'est celui de la conscription militaire, ou l'on peut acheter l'exemption, la condition du rachat, très bon pour le budget de l'état mais créant une véritable inégalité sociale. Ce qui explique que le courant juntiste ne désarme pas et la pression révolutionnaire continue, on souhaite le retour de la constitution de Cadix.
Cette pression continue force la régente à reculer lors de l'été 1836. Emprisonnant la régente, des officiers la force à signer le rétablissement de la constitution de 1812.
Cela signifie qu'il faut un nouveau texte, une constitution.

            3) La Constitution de 1837.
Mendizabal est toujours au pouvoir, mais il recule. En 1837, nouvelle constitution au mois d'août.
C'est une constitution plus modeste mais reconnaissant le principe de la souveraineté nationale. Texte pragmatique assez proche de la charte de 1830 ou de la constitution Portugaise de 1826. Il y a des articles repris de la Déclaration universelle des droit de l'Homme de 1789.
Ses grands principes :
- Souveraineté nationale.
- Division des pouvoirs.
- Confessionnalité de l'État (catholique).

Plus concrètement, les cortes sont bicamérales (congrès/ sénat). Les attributions des deux chambres sont égales. Le congrès des députés est élu au suffrage censitaire plus élargi. Le corps électoral représente 2,2% de la population.
Le Sénat, il y a une liste d'électeur proposé à la régente et elle choisie entre les trois propositions, c'est de la « nomination élective ».
Est ce un régime parlementaire ? Pas tout à fait, le gouvernement doit être doté de la double confiance, celle du roi et celle du Parlement. C'est le régime de la double confiance. Le roi garde une très grande prééminence, il est à l'initiative des lois et à un droit de veto non discutable. C'est lui qui convoque et dissout les cortes, nomme les présidents et nommes les ministres.
La constitution prévoit que les autorités locales soient élue.
Quelques lois :
- Vote en juillet 1836 d'une loi d'instruction primaire, prévoyant l'obligation pour les communes de plus de 400 habitants l'établissement d'un édifice scolaire, c'est la loi dite du Duc de la Rivas.
- Libération de la propriété des mines. Elle était monopole du roi et là on peut acheter le sous-sol.
- Source de problème: c'est la loi du régime municipal. On réduit l'autonomie des municipalités. Toute la tradition de l'autonomie des cités d'ancien régime se trouve perturbée par une volonté de centralisation. Cela déclenche une nouvelle révolution.

            4) L'ère des pronunciamentos.
        a) la formation des partis.
Les libéraux se divisent en courant droite et gauche. A droite les modérés qu'on retrouve autour de Martinez de la Rosa, intégrant les fonctionnaires de la monarchie absolue ou les réformistes du début des années 30. Pour eux, la valeur politique suprême, c'est l'ordre et la liberté. Ils ne veulent pas des carlistes et du libéralisme radicale qui sonne avec révolution. Représentant les intérêts des propriétaires et des classes aisées. Vis-à-vis de l'église, ce sont des catholique convaincu d'un point de vue personnel, le désamortissement les gènes mais ils acceptent.
La gauche du libéralisme, ce sont les progressistes. On y retrouve Mendizabal, mais aussi Madoz. Ils sont beaucoup plus proches de l’avant-garde libéral européenne. Ils sont très accrochés à la constitution de 1837. Ils souhaitent l'élargissement du cens, l'autonomie municipale et proche des juntes. Ils souhaitent les libertés fondamentales (presse et culte). Économiquement, ce sont des libéraux. Leur base sociale est celle de fonctionnaires et d'élites méritocratiques. Ils défendent la tradition révolutionnaire espagnol. « la révolution nécessaire »Madoz.  Ils n'ont pas abandonné la tentation de l'insurrectionnelle.
        b) la prépondérance du pouvoir des militaires.
On est toujours dans une guerre civile qui n'en finit pas.  Été 1835, Bilbao est libéré du siège carliste fait depuis 1833. Une expédition royale commence à l'emporter sur les carlistes. Le grand général qui est garant de ces victoires, c'est Espatero. C'est lui qui a la fin de la guerre va négocier le traité de paix, il a le traitement d'altesse royale.  Cette paix, c'est le Convenio de Vergara d'août 1839. C'est lui qui inaugure une longue tradition d'interventionnisme militaire, mais de gauche.
Il s'impose à la vie politique et à la reine régente. C'est du césarisme politique.
En 1840, la régente signe la loi qui réduit les pouvoirs locaux. Elle rallume le mouvement juntiste révolutionnaire. Le général va profiter de ce mouvement pour s'imposer en envoyant Marie-Christine en exil, il devient le régent d'Espagne.

            5) La régence d'Espartero (1840-1843).
        a) La révolte de 1840.
On est dans la manifestation la plus évidente de l'interventionnisme militaire qui se manifestera jusqu'en 1875. Tous les changements de pouvoirs seront motivés par les pronunciamento des militaires.
Il se laisse porter au pouvoir grave à la vague populaire de l'été 1840.
Pour les juntes la main mise de l'état sur les municipalité est insupportable. Toujours les mêmes revendications. On rejette le centralisme étatique et les modérés. Ce double rejet explique le rôle primordial tenu par Barcelone, ou le pouvoir autonome est très puissant.
Les juntes se réfèrent au droit de désobéissance, de rébellion légale que le libéralisme de gauche avait élaboré.
Le général se met à la tête du pronunciamento, démissionnant de toutes ses charges militaires pour prendre la tête du mouvement révolutionnaire. La régente fait une deuxième erreur et confie a Espartero la constitution d'un nouveau gouvernement, avec la condition que pose Espartero de s'auto proclamer protecteur de la liberté et devenir régent.
        b) Une régence temporaire.
Le pouvoir d'Espatero ne va pas duré longtemps. Puisqu'il y a une contradiction entre le libéralisme radical qui les a porté au pouvoir et la volonté de  dissolution du mouvement juntiste. A partir de 1841, nouvelles révoltes contre Espatero à Barcelone a cause de l'ouverture douanière au produit français et britannique.
Son pouvoir s'effrite et sa majorité aux cortes n'est plus. Une coalition se forme au printemps 43 pour mettre Espartero dehors.  En mai 1843, Isabelle 2 est majeure et la régence s'arrête là, et Isabelle prend le pouvoir jusqu'en 1868.  La période se stabilise. Elle s'appuie sur l'ennemie d'Espartero, un libéral de droite, le général Narvarez. Il va gouverner l'Espagne pendant toutes les années 50 et 60.

III) La consolidation du libéralisme conservateur 1843-1868.
        A) La décennie modérée et l'organisation de l'État libéral 1843-1854.
                1) Narvarez au pouvoir.


















par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : XIXème siècle
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