Jeudi 28 décembre 2006

LE CADRE PAROISSIAL ET LE CONTROLE CULTUREL

 

La PAROISSE est la plus petite cellule d’encadrement de la population (vient de « parochia » = assemblée). Au début du christianisme, la seule autorité religieuse est l’évêque, il réside en ville. A partir de la zone qu’il domine, il crée des unités pour décentraliser son action : la paroisse est une subdivision du diocèse. Elle est beaucoup plus uniforme.

 

 

LA PAROISSE, UNE CADRE TERRITORIAL, UNE CIRCONSCRIPTION SPATIALE

 

« Paroisse » n’a pas la définition actuelle (débat entre médiévistes), elle désigne à cette époque une église majeure. Les sources sont les « pouillés » et les « censuales », des registres dans lesquels sont consignés les revenus et les possessions des évêques. Ce sont des registres épiscopaux. Quand un évêque rentre en fonction, il fait un inventaire des paroisses. Cela débute à partir du XI°, dans le nord du Portugal.

 

La paroisse se distingue par la présence d’une église publique sous autorité de l’évêque. C’est seulement en ce lieu que l’on peut pratiquer les baptêmes. Ce sont des lieux qui servent de cimetières. Elles centralisent la perception de la dîme.

 

Les chapelles sont des lieux de culte privées. « oraculum » le lieu où l’on prie. Les chapelles sont fondées par des gens qui en ont les moyens. On peut y célébrer la messe et on y enterre les familles fondatrices. C’est « le droit de patronage », même les églises publiques ont été financées par des particuliers. Soit pour eux-mêmes, soit pour obtenir un certain nombre de droits, et le bâtiment reste sous la propriété de celui qui l’a fondé. « le patron » est aussi celui qui a le droit de percevoir une partie de la dîme et des autres revenus ecclésiastiques.

 

Au X°, les paroisses sont dans les zones d’attraction d’une église publique, les fidèles se rendent plus dans les églises publiques. Ces ères sont mal définies, elles sont parfois très vastes. L’habitat est encore dispersé, il n’y a pas vraiment de centres. La religion est alors assurée par les chapelles, très nombreuses.

 

 

 

Le mouvement de l’incastellamento entraîne des phénomènes complexes. Certaines chapelles deviennent paroisses (chef lieu religieux), il y a des création de paroisse tout en laissant de l’activité aux anciennes chapelles pour les grands moments religieux…

 

Entre les XI° et XIV°, le mouvement de l’incastellamento parvient à faire correspondre la paroisse et le village groupé : c’est à ce moment là que la paroisse devient un territoire. La paroisse s’est moulée dans les villages, elle n’est pas forcément ancienne. La règle veut qu’il doit y avoir une église principale à moins d’une heure marche. Souvent, le réseau paroissial est plus dense, à environ 10 Km. Dans certaines régions, l’habitat est resté dispersé, il n’y a toujours pas de centres. Il y a aussi des rivalités entre hameaux et villages choisis pour exercer l’autorité paroissiale. Pour obtenir leur indépendance, ils demandent à créer leur propre église paroissiale.

 

 

 

CADRE POLITIQUE ET CULTUREL

 

La seigneurie ecclésiastique a une influence beaucoup plus forte que la seigneurie laïque.

 

 

A-   Le cadre communautaire

La construction des communauté a souvent une connotation religieuse. A partir des XII°/XIII°, les paysans sont attachés à la paroisse en temps que cadre. La paroisse est le principal lieu de regroupement, mais elle est aussi perçue comme un cadre d’oppression (pour le paiement de la dîme). Tout le monde s’y retrouve, cela crée un sentiment d’appartenance à un groupe. Ce sentiment est particulièrement fort là où l’Eglise assure la paix (paix de Dieu), important sur le plan psychologique. Le sentiment identitaire va très au delà de Dieu car l’Eglise a absorbé les rites de passage qu’elle a transformé en sacrement.

 

La paroisse assure aussi la continuité entre les vivants et les morts (cimetière et divin), elle punit aussi les déviants (leur crime est un péché qui attire la punition sur la communauté entière).

 

L’Eglise a une fonction de protection, le bâtiment lui-même est inviolable : les violences ne peuvent s’y exercer. Il y a autour de lui un périmètre sacré, « l’atrium ».

 

On s’y retrouve pour les cérémonies, mais aussi pour le rassemblement de l’assemblée communale (parfois pas de lieu assez grand que celui-ci), on y diffuse aussi les informations importantes. L’Eglise et le cimetière sont des lieux de rassemblements profanes : spectacles, jongleurs, marchés…

 

Les communautés rurales s’impliquent dans la gestion de l’église. Le prélèvement de la dîme force les communautés à s’organiser, c’est le seul impôt direct. Un certain nombre d’églises ont été fondées par les communautés elles-mêmes, pour cela ils ont du se regrouper (exemples en Catalogne). La communauté s’organise pour l’entretient du bâtiment (toit, chaises, bancs, objets liturgiques…), c’est la communauté qui paie. On a peu de documents mais on sait que cette action se nomme « opus ecclesiae ». Les élites sociales s’y font remarquer par leur apports de fonds financiers. Parfois, le conseil municipal parvient à s’emparer de cette gestion.

 

L’Eglise a aussi une fonction d’éducation, c’est elle qui communique l’essentiel des connaissances à travers les rites des sacrements (hors la portée est limitée car en latin).

 

 

 

B-    les canaux du contrôle culturel

La place de l’homme est plutôt négative dans la religion catholique : il est pêcheur et toute sa vie doit être consacrée au rachat de ses fautes. Cette conception donne toute sa force au clergé. Leurs rôle : l’INTERCESSION auprès de dieu pour le salut des hommes, par la prière des moines. Le salut peut être accordé par les actions des hommes eux-mêmes, par les œuvres notamment. Mais pour cela ils ont besoin d’être encadrés pour y arriver, grâce à la prise en main de tous les aspects de la vie.

 

 

Le clergé le plus en contact avec la population est le bas-clergé, les prêtres de paroisse. La Réforme Grégorienne (débute avec Léon IX, se poursuit avec Grégoire VII durant le XI°) est motivée en partie contre leur médiocrité, leur déficience au niveau de l’éducation de la population. Les seigneurs féodaux ont besoins d’un clergé soumis et pas trop intelligent.

Les fidèles ont une certaine familiarité avec le prêtre, il participe aux activités du village, mais il est tout de même exclu de la vie politique du village. Il ne peut siéger au conseil municipal. En revanche, il sert de médiateur et de représentant des paysans auprès des seigneurs.

 

 

Depuis la réforme grégorienne, il y a un effort pour améliorer la formation et les mœurs des clercs locaux. Mais mieux il est formé, plus il s’éloigne du milieu paysan : nouveaux vêtements, nouveaux discours, nouvelle façon de vivre. La différence se fait de plus en plus entre la foi populaire et la religion savante. La liturgie devient « mystère » on ne la comprend pas, le prêtre n’est plus proche des gens et la messe est obligatoirement en latin.

Depuis l’origine du christianisme, le haut-clergé se méfie du peuple et refuse les approfondissement théologiques au profit du RITUEL, de la participation aux cérémonies et de la pratique des sacrements sans explications, sans compréhension du peuple. Les fidèles ne connaissent que quelques prières (le Pater et l’Ave) et le credo.

En 1215 à lieu le grand concile réformateur, le IV° concile de Latran. Il impose aux fidèles la pratique de la confession annuelle. Cela développe l’introspection du fidèle et lui fait se demander sa vie est bien chrétienne. Les comportements sociaux ne sont pas bouleversés par cette pratique. L’aveu du pêché, pour les fidèles, doit donner le pardon : c’est un échange magique (j’avoue, tu pardonnes).

Les principales formes d’instruction religieuse viennent du SERMON, en langue vulgaire. Il est prononcé avant la messe. Elles viennent aussi de l’ornementation iconographique des églises. Il y a aussi, à partir du XII°, des interventions extérieures au clergé local :

-          action de l’évêque, il fait des visites pastorales, il réunit les prêtres locaux en synodes, il visite les paroisses. Sa présence est un marqueur de la mémoire populaire

-          représentations théâtrales, le théâtre religieux se développe en langue vulgaire

-          à partir du début du XIII°, l’inquisition pontificale (surtout en Languedoc), combat le catharisme

-          à partir du XIV°, les ordres mendiants (franciscains et dominicains) se développent, ce sont des ordres prédicateurs qui vont prêcher en milieu urbain. Ils permettent aussi un ordre moral rigoureux dans les campagnes.

-          Il existe aussi un contrôle social interne aux communautés

 

 

ACCULTURATION PAYSANNE ET CHRISTIANISME

A-   Sources et précautions méthodologiques

 

Les fidèles ont des exigence théologiques. Les milieux intellectuels et paysans s’opposent par le choix de l’oral ou de l’écrit pour la diffusion de la culture. Les cadres de leur éducation sont très différents. Pour les paysans, la religion est une éducation formelle, le reste de l’éducation se fait dans le cadre privé, familial, de père en fils et de mère en fille.

On manque de sources pour aborder la culture populaire. Elle s’exprime et peut se percevoir à travers les proverbes : il y a des recueils de proverbes à partir du XVI°. On se renseigne aussi avec l’onomastique (noms de personnes et de lieux). Le roman, lui, est porteur d’une idéologie aristocratique. Les paysans y apparaissent en opposition avec la culture des nobles, ils y montrent une vision simpliste du paysan qui n’a qu’une culture religieuse.

L’action du christianisme a en partie détruite la culture païenne. Le christianisme s’est développé comme un anti-paganisme : les fêtes profanes ont été remplacées par les fêtes religieuses (Noël, date païenne, on a construit des églises sur les anciens centres païens).

 

 

B-    Des éléments d’une culture paysanne

 

Cette culture religieuse a une base évangélique, elle revient toujours au christ, basée sur l’Ancien Testament, sur les Evangiles et leur commentaires effectués par le clergé. La population est fortement anti-cléricale, elle veut accéder au christianisme directement, sans leur intermédiaire. Elle remet en cause l’organisation temporelle de l’Eglise mais pas ses fondements religieux.

Il y a une nette opposition entre le clergé régulier et le clergé séculier. Le clergé régulier paraît plus proche de dieu, sans ces intermédiaires. Les hérésies ne nous sont connues que par les récits de ceux qui les ont condamnés. Les hérétiques expriment une forte demande religieuse, souvent fondamentaliste, c’est à dire refusant toutes les contraintes. Refus aussi du pouvoir et de la richesse du haut-clergé.

Parfois cela va plus loin sur le plan théologique, les hérésies sont parfois panthéistes, elles considèrent que dieu est partout, pas que dans les églises. Ils pensent aussi que les animaux ont une âme. D’autres sont dualistes, ils pensent que le monde est construit autour du bien et du mal, il y aurai un dieu du bien, dieu du mal. Pour le christianisme, le mal est juste un « accident de parcours », un sous-produit de dieu.

 

Une grande part du sacré échappe totalement au christianisme :

-          les rites agraires (ils datent d’avant l’Empire Romain), comme les feux de la Saint Jean ou le solstice d’été (manifestations païennes à la base)

-          la sorcellerie, pratiques magiques d’échange avec la divinité qui peut être dieu lui-même. Cela est assimilé à une hérésie. Cela est beaucoup fait par des femmes, s’explique par leur rapport à la fécondité. Le christianisme, lui, s’oppose au sacerdoce féminin

 

 

La culture paysanne n’est pas forcément sacrée. Il existe des éléments d’athéisme, d’absence de religion dans certains éléments de cette culture. Une bonne partie de la culture populaire est matérialiste : il y a donc un relatif insuccès de la culpabilisation des fidèles par le clergé. Il y a une certaine indifférence des fidèles, avant la Peste Noire.

L’immense majorité de l’art médiéval que l’on connaît est un art religieux. Mais il existe un art populaire dans l’ornementation des objets du quotidien pour la beauté, sans but intellectuel. Cet art naturaliste est en harmonie avec la nature, alors que pour les savants de l’époque, ce qui est beau « est bon ».

 

 

Conclusion : Pour les clercs, si le peuple est soumis à l’ordre social, ils en seront récompensés à leur mort : « les derniers seront les premiers ». Cette vision n’est pas appréciée du peuple qui revendique un bien-être sur Terre.

 

 

 

 

 

 

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
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Mercredi 27 décembre 2006

LA SEIGNEURIE POLITIQUE

 

 

Les catégories voisines de la paysannerie :

 

-          le clergé

 

-          les chefs politiques

 

-          les combattants

 

Il y a une confusion entre la domination des choses (seigneurie foncière) et la domination des hommes (seigneurie politique, la potestas). Cela entraîne des rapports complexes.

 

La SEIGNEURIE est la domination d’une grande masse d’hommes. Elle s’exerce sous des formes variables, le plus souvent elle est locale. A la fin du XII°- XIII° siècles, elle est de plus en plus détenue par des princes voire des monarques. Le pouvoir monarchique est plus agressif pour les populations que le pouvoir local, plus proche.

 

 

 

ORGANISATION DES COMMUNAUTES ET LES ELITES (ARISTOCRATIE) aux X°-XII°

 

 

La noblesse est au départ un phénomène, elle devient de plus en plus une catégorie qui se différencie de la population rurale. Beaucoup de nobles sont issus de structures paysannes. L’aristocratie est caractérisée par le système du FIEF et de la féodo-vassalité. Ce système s’impose assez tardivement en Méditerranée, à partir du XII°. Le fief y est géré par les princes.

 

 

 

A-   Sujétion politique et autonomies paysannes au X°siècle

 

Le peuplement est assez dispersé, ces formes d’autonomies paysannes sont mal connues mais comportent trois éléments politiques et institutionnels fondamentaux:

 

-          une capacité à s’assembler (pour les hommes libres)

 

-          une participation des hommes au tribunal et à l’armée dans une circonscription

 

-          une délégation aux délégués des hommes libres de fonctions d’offices administratifs (ces délégués sont les boni homines, les hommes de bien)

 

 

 

Nous sommes assez bien éclairés par les textes dans cette région. Les historiens ont longtemps pensé que cette organisation a perduré grâce à la persistance des pratiques juridiques romaines et à la pratique plus intensive de l’écrit.

 

 

 

La condition essentielle pour l’indépendance d’une communauté c’est la prise de conscience de la « chose publique » et donc l’acceptation d’un pouvoir supérieur fort. Les seigneurs ont tout intérêt à ce que les hommes aient une auto-organisation et à leur attribuer des droits. Cela laisse la population s’organiser pour un certain nombre d’activités, ce qui fait un travail moindre pour le seigneur.

 

A partir du XI°, les cellules de peuplement se réduisent en taille de plus en plus. Epoque féodale agresse les communautés paysannes car elle ne veut plus leur donner d’autonomie.

 

 

 

B-    Les facteurs de l’emprise des élites sur les groupes de paysans

Depuis l’époque carolingienne, les élites exercent des fonctions publiques légales pour le compte de l’Etat : présidence des tribunaux, direction de troupes, transmission des ordres des souverains… Elles disposent d’importants moyens d’action, elles s’enrichissent par cette fonction administrative. Ces élites ont un esprit de solidarité sur une très large échelle : c’est un véritable réseau. A partir du X°, elles monopolisent la maîtrise des armes, le combat à cheval prédomine, il s’agit de personnes riches pouvant se payer la monture et l’armement.

 

Au XI°, les élites prennent de plus en plus d’emprise sur les populations rurales qui ont un besoin de protection économique car l’endettement provoque une augmentation massive du nombre de serfs. Ces populations paysannes servent de moins en moins au combat car elles ne peuvent se payer l’armement, elles ont alors aussi besoin d’une protection militaire. Il y a une certaine insécurité de part les invasions normandes, les invasions sarazines, les batailles entre les califes andalous et les royaumes chrétiens du nord. Les armées royales sont de moins en moins efficaces, les communautés se tournent alors vers les élites privées.

 

 

 

MILITES à la base désigne un soldat, un combattant de n’importe quelle classe sociale. Ce sont souvent les hommes de protection des seigneurs. Ils adoptent rapidement le mode de vie des nobles et veulent exercer un pouvoir. Ils deviennent les chevaliers, les seigneurs leur donnent des terres où ils peuvent exercer un pouvoir sur les personnes y vivant (émiettement territorial). Ce sont des roturiers qui sont parvenus à monter au sein de la hiérarchie sociale. Au XI°, la seigneurie est 10 fois plus importante. Des roturiers cherchent aussi à rejoindre l’aristocratie en devenant agent ministériels. Ils ont alors un certain pouvoir en prélevant des impôts, gérant une fortification pour le compte d’un puissant…

 

 

 

L’autorité royale ou princière s’affaiblit au cours des X° et XI°. Les populations roturières ont de plus en plus besoin de protection contre les agents publics qui pratiquent des abus. Les grands propriétaires mettent en place des aides financières ou militaires contre cela.

 

Il y a aussi un affaiblissement de la chose publique au sein de l’aristocratie. Le Roi n’est plus perçu comme un saint, on pense qu’il ne sert à rien. En 987, il y a vacance du trône de France jusqu’à l’avènement des capétiens.

 

 

 

Þ Dans les anciennes régions carolingiennes (Italie du Nord, Catalogne et France du Sud), il y a une privatisation des offices (des fonctionnaires) jusqu’aux châtelains qui vont exercer des pouvoirs de types monarchiques. Il y a un mouvement de création de seigneurie politique : les grands propriétaires fonciers (et surtout les grands monastères) s’appuient sur le principe d’immunité et fondent leur propre pouvoir de domination sur des groupes humains.

 

Þ L’Italie non carolingienne est soumise à l’invasion normande (de la Normandie française). Les pouvoirs seigneuriaux locaux s’implantent par la force et la victoire par conquêtes de morceaux de territoires. Ces pouvoirs sont rapidement récupérés par la monarchie qui généralise le système du fief pour gérer sa population.

 

 

 

METHODES D’IMPLANTATION DE LA SEIGNEURIE

 

 

Il y a relâchement des liens entre le roi, les comtes et la châtelains. Les fonctions déléguées sont privatisées.

 

 

A-   Les machinations juridiques

Certaines zones sont peuplées par des entreprises de peuplement. Ceux qui dirigent ces entreprises ont la mainmise sur la population y vivant.

 

Le principal mode de création de pouvoir sur les hommes est l’utilisation de la propriété du sol. Les nobles dominent la familia : les enfants non majeurs, les domestiques, ceux qui viennent se mettre sous leur protection et à partir du XI° siècle, ceux qui vivent sur ses terres. Le pouvoir n’est important que si le domaine foncier est vaste. Les plus grands domaines appartiennent souvent à des monastères. Ex : le monastère du Mont Cassin dans le Sud de l’Italie jouit du prestige de Saint Benoît de Nursie. Il se constitue un patrimoine foncier à la base d’un pouvoir territorial, peuplé par des opérations de peuplement qui forment des seigneuries publiques que domine le monastère.

 

Les statuts des communautés sont de plus en plus variables, le privilège se développe (la privata lex, statuts individuels, exemption des devoirs collectifs). A partir du XI°, ces privilèges sont accordés à plus de personnes, on peut en faire bénéficier ses proches. Les communautés sont menacées de l’intérieur : les plus faibles doivent se placer sous la protection de puissants, parfois étrangers à la communauté. Les notables se créent des clientèles au sein de l’aristocratie pour dominer les communautés rurales sans qu’elles puissent faire appel aux puissants proches. Les nobles se créent aussi une clientèle par le système de la « créatio » de l’adoption fictive, en établissant un lien de parenté fictif avec son client.

 

 

 

B-    les violences

Les seigneurs fondent leur pouvoir sur la clientèle et sur la violence. Les milites, eux, n’ont que la violence pour asseoir un pouvoir public.

 

Cela caractérise plus le midi de l’Europe. Les sources proviennent souvent des monastères (ecclésiastiques), il semble cependant que ces sources aient augmentées considérablement la violence chevaleresque, car en fait les chevaliers se seraient souvent attaqués aux établissement monastiques. Pour eux, cette violence est une forme d’impiété dirigée envers dieu.

 

 

 

Nous sommes en pleine période grégorienne, deux classes sociales sont en concurrence pour le pouvoir. Les CHEVALIERS et les REFORMATEURS GREGORIENS, qui s’appuient sur le droit canon, l’arme de l’écrit qu’ils utilisent contre les chevaliers. La violence des chevaliers auraient eu lieu principalement dans l’Aquitaine et le sud de la France, ainsi qu’en Catalogne (les Pyrénées).

 

 

 

En Aquitaine, en 989, à lieu le Concile de Paix de Charroux qui sera suivit de nombreux autres. Les clercs y décident de prendre en main la paix à la place du pouvoir royal (qui ne peut la maintenir). Il y a une généralisation du « salvamentum », la création de villages pour apporter de la sécurité à l’intérieur de murailles et autour d’une église surtout.

 

1020-1060, il y a une flambée de l’agressivité des chevaliers. Ils privatisent à leur profit les fortifications qui leur étaient confiées dans le cadre de la délégation des pouvoirs publiques. Il y a une multiplication des châteaux : ce sont des foyers d’insécurité, des bases d’expéditions contre les populations alentours. On peut quantifier certaines de ces violences à travers les Miracles de Sainte Foy (pour l’Aveyron). Mais la portée est limitée.

 

 

 

Spécificité de la péninsule ibérique et de ses structures politiques. Il y a un certain dynamisme et une certaine force de résistance des communautés rurales pour deux raisons :

 

-          il y existe une solidarité de type clanique (de part le lien qu’a crée la Reconquista)

 

-          la classe des guerriers est trop occupée à la Reconquête, à la lutte contre les maures qu’à la lutte contre d’autres seigneurs

 

A partir du XI°, il apparaît une nouvelle dimension de la guerre autour de 1030. Elle n’est plus le monopole d’un petit groupe, tous les hommes libres doivent s’armer et devenir des guerriers pour la reconquête Þ tous les hommes (contrairement au sud la France) accèdent à l’exercice de la violence. L’exercice de la monarchie par les nobles est plus tardive (XII°-XII°), la seigneurie est présente mais pas sous la même forme. Au Sud du Tage, cela attendra même le XIV°, avec une aristocratie très liée à la couronne.

 

 

 

MODUC VIVENDI XII°- XIII° : LE POIDS DE LA SEIGNEURIE ET LE PARTAGE DES FONCTIONS

 

 

A-   Les instruments de l’autonomie : les chartes (de franchise, de communes)

 

Il y a des accords entre les seigneurs et les hommes. Les chartes sont des documents représentatifs de cette période. Les chartes de franchises sont des chartes de droit, celles de communes reconnaisse une véritable organisation de commune et celles de peuplement montre les droits d’une communauté de colons.

 

 

En Italie du nord et dans le Languedoc, les chartes sont peu nombreuses. Mais quand les communautés sont suffisamment fortes, elles n’ont pas besoin de mettre leurs droits par écrit (explique peut être ce manque de sources).

 

Il faut se méfier des rapports de pouvoirs relatés dans les chartes. Ce sont des contrats bilatéraux où les parties sont à égalité sur le papier. Le contenu explique la forme que prend ce rapport.

 

L’apogée pour une communauté est d’obtenir le statut de commune (ou « universitas » ou « consulat » ou « concilium »). Tous les aspects de la communes sont alors gérés par elles (fiscalité, devoir de défense, entretient de la ville…). La structure est organique, il y a différentes institutions qui assurent le fonctionnement de la communauté. Les femmes en sont exclues. Une Assemblée se compose autour des hommes libres, chefs de famille qui possède des terres sur le domaine de la commune. Il y a des conseillers municipaux ainsi que des citoyens tirés au sort pour exercer certaines fonctions : surveillance du marché, garde champêtre…

 

 

 

Les chartes de franchises ne sont pas démocratiques : les élites roturières font prévaloir leur intérêts avant ceux de la communauté.

 

 

 

Dans les 2/3 méridionaux de la péninsule ibérique, les communautés se sont crées ex-nihilo à partir de 1050. Ces communautés sont souvent municipales dès leurs origines, alors qu’en France elles se battent pour obtenir ce droit.

 

En Italie méridionale, autour de Florence, ce sont les « terres neuves », des villages crées à partir des années 1200 contre les enclaves féodales. Ce sont souvent des communautés de combattants, à la limite de la féodalité. Le pouvoir des seigneurs y est cependant limité par des coutumes.

 

 

 

B-    Solidarités communales

 

Face aux seigneurs, les groupes locaux manifestent des solidarités. Ces solidarités sont variables, elles sont souvent dirigées contre les seigneurs par les personnes les plus actives : les laboureurs, les chevaliers roturiers… Les solidarités se fondent sur la coutume et non sur le droit. Derrière les chartes de franchises, il y a un grand nombres d’actions menées par les communautés.

Le fait de vivre dans des habitats groupés favorise la cohésion contre le seigneur. Les solidarités s’organisent à l’échelle villageoise, elles sont faibles face aux pouvoirs des seigneurs. Ces solidarités se développent au dépend des solidarités familiales. A partir des XI°-XII°, l’ensemble des liens ne sont plus de type clanique mais de solidarités locales : c’est le phénomène de DEPARENTELISATION, accentué par la colonisation de nouveaux espaces libres. Des zones de défrichement où l’on fonde un nouveau lignage. Entre le X° et le XIII°, les liens se tissent plus entre les hommes et la terre qu’entre hommes seulement.

 

Les TOPOLIGNEES se développent, ce sont des lignages par rapport à un lieu, à une terre. Un certain nombre de solidarités ne sont pas dirigées contre le seigneur mais contre toute intrusion sur les terres de la communauté par un étranger (comme les forains par exemple). Les chartes expriment par exemple qu’il est interdit de défendre un forain face à quelqu’un du clan, même s’il a raison.

 

Il faut un délai de 30 ans pour acquérir la citoyenneté dans une communauté. Pour cela, il faut :

 

-          résider sur les terres de la communauté

 

-          y avoir une propriété de biens

 

-          parvenir jusqu’au bout d’un rituel juridique (à la fin des 30 ans) et enfin prêter serment de fidélité.

 

 

 

C-    Prérogatives seigneuriales

Les situations diffèrent d’un lieu à un autre. Il n’y a pas de textes généraux définissant l’exercice du pouvoir seigneurial au niveau local. La JURIDICTION SEIGNEURIALE s’exprime de façon financière, et se caractérise par des prélèvements. Des historiens anglais ont vu la seigneurie comme une entreprise.

 

Les seigneurs ne cherchent pas forcément l’enrichissement, ce sont surtout les seigneurs monastiques qui prélèvent le plus. Ce qui est principalement recherché c’est le prestige et le bien public. Le prestige s’obtient par la domination, et surtout par la domination d’autres nobles : féodalité et clientélisme.

 

 

 

Le pouvoir seigneurial pèse sur les paysans :

 

 

 

           

 

- par la JUSTICE, un des fondements du pouvoir sur les hommes. Avant il était régalien (par le Roi), mais suite à l’émiettement territorial, les seigneurs obtiennent le pouvoir judiciaire. Ils participent aux sentences avec des représentants du peuple. Parfois le seigneur y a des intérêts. Les copies des sentences sont rangées dans des cartulaires. Ils sont réalisés pour les seigneurs et dans leurs intérêts. Cela donne une vision faussée de l’exercice de la justice. En vérité, la justice serai relativement équitable et se fonderai sur des références acquises par tous… Il existe tout un système hiérarchique d’appel qui inciterai le seigneur à rendre une justice équitable. La justice est exercée par les seigneurs comme une source de revenus. Vers 1250, se développe la PROCEDURE INQUISITOIRE (d’enquête), un système dans lequel le représentant du pouvoir devient partie prenante dans la recherche de criminel, et non d’attente de plaintes. Le but de cette procédure est de distribuer des amendes, et donc de s’enrichir.

 

 

 

- par les PRELEVEMENTS FISCAUX, justifiés par la paix, la stabilité sociale que procurent les seigneurs. Le seigneur assure la police dans sa zone. L’essentiel de ses revenus se fait par des prélèvements indirects : taxe sur la circulation de marchandises (péages), usages des biens communaux ( des lieux n’appartenant à personne, donc au seigneur comme les prairies pour le bétail), prélèvements sur la production agricole, banalités (four, moulin, pressoir) mais c’est relativement rare en Méditerranée car le seigneur ne parvient pas à imposer son monopole face à la communauté, le banvin, le droit du seigneur de vendre son vin avant sa communauté sur le marché…Le droit de gîte, devoir d’accueillir et de nourrir chez soi des agents publics = albergue, taxe que l’on paie pour que le seigneur exempte sa communauté de ce devoir.  La principale source de revenus est la TAILLE, un prélèvement tout à fait arbitraire, quand le seigneur a besoin d’argent. Le seigneur organise des milices au sein de la communauté qui peut se traduire par un devoir de maintien de l’ordre (c’est valorisant car on utilise une arme, vu comme une supériorité), or le seigneur le transforme en corvée dégradante comme l’entretient des fortifications, la corvée de charroi (de transport)… Ce devoir de corvée est alors souvent transposé en taxe numéraire pour ne pas avoir à le faire.

 

 

AMBIGUITES DES LIBERTES RURALES AU BAS MOYEN-AGE

 

 

 

Au XIII°, le développement d’une administration étatique n’est plus favorable aux communautés locales. Les organisations locales sont remises en cause par l’Etat. Les droits locaux doivent s’uniformiser au niveau de très grandes surfaces dominées par un Prince : les privilèges sont réduits au profit de lois générales (« ius commune »).

Les communautés locales ont aussi des ennemis internes, l’autogestion des communautés devient de plus en plus lourde : s’est formée une certaine oligarchie (pouvoir de décision par la minorité des plus riches), et une certaine institutionnalisation du pouvoir. Avec la croissance démographique, les communautés se sont complexifiées et les échanges se sont multipliés. Certains se sont spécialisés dans l’administration, ont suivis des études de droit, ils se dégagent comme une catégorie spéciale de la communauté.

Þ a l’intérieur d’une assemblée communautaire il y a donc des personnes riches et des spécialistes du droit. Dans les procès verbaux de ces assemblées, on remarque de plus en plus la prédominance d’un groupe qui prend les décisions (les riches et spécialistes) alors que le reste de l’assemblée est spectatrice. Mais dans les petites communautés rurales, la démocratie directe subsiste.

 

 

Il existe des éléments de dynamisme communautaire au bas Moyen Age, avec le développement d’une féodalité propre. A partir du XIV°, apparaît dans la documentation une véritable organisation fiscale municipale, des impôts sont levés par la communauté pour la communauté elle-même. Cela permet aux communautés de prendre en main la fortification du village, et non plus par l’intermédiaire du seigneur. La communauté établit elle-même ses corvées. Le fait que la communauté puisse garder elle-même les clefs de la porte du village est un symbole fort.

Dans certains cas, les communautés parviennent à obtenir une reconnaissance de l’Etat.

Les communautés paysannes sont moins représentées au sein des villes, leur représentants sont souvent mauvais car nommés par la ville, ils ne connaissent pas réellement bien les communautés paysannes.

 

 

 

 

CONCUSION : La seigneurie politique a peu de conséquence sur le cadre matériel de la paysannerie. Le seigneur n’est pas forcément présent sur place, il réside souvent dans la ville la plus proche. Ils considèrent que c’est plus conforme à leur statut. On sait aussi que les relations entre seigneurs et communautés paysannes ne sont pas forcément hostiles (ex : pour le village de Montaillou, on sait que la châtelaine entretient des relations familières avec le peuple).

Le pouvoir des nobles se concrétise par des agents qui supportent l’essentiel des tensions. Ce sont souvent des membres de la communauté (de part la volonté du seigneur), ce sont des intermédiaires qu’il peut remplacer quand il le désire.

Le principal élément matériel qui caractérise le seigneur c’est le château, il contient parfois une prison, la garnison y réside, c’est là aussi où l’on va porter ses impôts. Mais cette présence matérielle n’est pas toujours présente. Parfois il n’y a qu’un agent et un château pour 5 ou 6 communautés.

Ce pouvoir est concurrencé par l’Eglise, qui st toujours présente dans un village.

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Mardi 19 décembre 2006

Pour ceux qui veulent réviser leur géo avant la dissertation de vendredi prochain, j'ai trouvé ce site internet:

http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Enseignements/Cours/AgregGeo/sommaire.html

Ce site comporte certainement des éléments pouvant approfondir certaines notions de notre cours...

Les documents de ce site web sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine. © Institut d'Etudes Politiques de Lyon

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Lundi 18 décembre 2006

Notes prises lors du cours de Mme Turrel portant sur "la première guerre civile (avril 1562 - mars 1563) :

La première guerre civile ( avril 1562 - mars 1563) :

 

I. L’engagement armé de la noblesse protestante :

A. La prise d’arme du prince de Condé :

1. Louis de Bourbon :

Louis de Bourbon (1530 - 1569) est le prince de Condé. Physiquement, il est petit, ce qui est peu avantageux pour un guerrier. C’est un grand séducteur, comme tous les Bourbons (sauf Louis XIII). Cadet de la famille, son aîné est Antoine. Contrairement à son frère, ambigu, il est lui un fervent protestant ; alors que son autre frère Charles est catholique (il est cardinal).

Quand Antoine meurt, en novembre 1562, le rôle de Louis de Bourbon devient essentiel : c’est le seule prince du sang adulte.

Il va lancer les protestants dans la guerre. Il a la passion de la guerre : il va en mourir, en 1569, à la bataille de Jarnac, à 30 ans (c’est caractéristique de la noblesse de cette époque).

 

2. Le coup de force catholique :

Le duc de Guise arrive à Paris le 16 mars 1561. Avec le maréchal de Saint André et le connétable Anne de Montmorency, ils forment le "triumvirat" (référence aux 2 triumvirats romains perfide mais pas mal vue) : association de 3 hommes de pouvoir pour mettre en commun leur influence.

Ensemble, ils jurent de défendre la religion catholique. Ils sont rejoints par le roi de Navarre à la capitale. Le prince de Condé, voyant arriver les catholiques, quitte Paris. La situation est tendue. Le jeune roi et Catherine de Médicis sont alors à Fontainebleau.

Les triumvirs veulent le roi, le 27 mars ils vont chercher le roi et la reine mère et les ramènent à Paris. Ils peuvent alors parler au nom du roi. Opération musclée qui permet à leurs ennemis de dire que le roi est prisonnier.

 

3. La riposte de Condé :

Le 2 avril, Condé s’empare d’Orléans qui devient le quartier général des forces protestantes. Condé justifie sa prise d’armes dans des livrets. Importance de l’imprimerie dans les guerres civiles. Le 8 avril, diffusion d’une déclaration, texte de propagande de Condé. Le 11 avril, traité d’association "pour la liberté du roi". Textes de justification écrits par les conseillers de Condé : Théodore de Bèze et François Hotman (1524 - 1590). François Hotman est le fils d’un juriste et est juriste lui-même. Rupture de François Hotman avec sa famille, il devient secrétaire de Calvin à Genève, puis quand la première guerre civile éclate, il revient en France et se met au service de Condé. Après la guerre, il enseigne le droit dans des universités. Il théorise toutes les justifications des protestants.

Les justifications ne sont quasiment jamais religieuses, mais toujours politiques. Ils estiment que le jeune roi est prisonnier et qu’en tant que prince du sang Condé doit défendre le roi, renverser les triumvirs et rétablir le pouvoir du roi.

Il espère pouvoir rallier le plus de partisans, puisque la question du pouvoir royal en cas de majorité est alors importante.

Cependant, Catherine de Médicis déclare qu’elle et son fils ne sont pas prisonniers.

 

B. Les débats sur l’engagement armé :

Il y a un tournant, jusque-là, les protestants avaient été plutôt passifs. Avec Condé, la période de victimisation est close : désormais les protestants vont se battre, et surtout les nobles.

Les gentilshommes qui suivent Condé mobilisent leur clientèle, et ils se rendent à Orléans. En Poitou, les Saint Georges et les Delville traversent Poitiers pour rejoindre Condé le 10 avril (soit très rapidement).

Très vite cependant, on voit les protestants se désengager, quitter Condé et rentrer chez eux : c’est le cas de Saint Georges et de Delville. Ils reçoivent alors le sobriquet de "guilbedons" en poitevin saintongeais. Ils se retirent avant tout car au bout de quelques mois la guerre a déjà fait des ravages et qu’il faut qu’ils protègent biens et familles. D’autres ont été gagnés par les manoeuvres de la cour : Catherine de Médicis fait beaucoup de promesses ... elle promet l’amnistie aux protestants qui quittent Condé. D’autres protestants enfin vont réfléchir à leurs carrières, aux honneurs : il vaut mieux qu’ils soient catholiques, comme le roi.

Dernière raison, l’accord que Condé contracte avec l’Angleterre en septembre 1562. C’est le traité d’Hampton Court, par lequel Elisabeth Ière fournit une aide financière et des soldats, en échange de quoi, Condé doit donner Le Havre aux Anglais.

Beaucoup de nobles s’interrogent : c’est un trahison, où est la justesse du combat?!

Deux courants s’opposent : la mobilisation continue, et inversement le retrait.

Le début des guerres civiles voit l’alliance entre noblesse et bourgeoisie protestantes. Par exemple, Le Mans, prise le 1er avril 1562 par les protestants, est une prise organisée par 3 notables urbains : le maire, le lieutenant criminel au présidial, et le prévôt des maréchaux. Ils s’entendent avec les gentilshommes d’épée pour la prise de la ville.

 

II. Les violences civiles et l’iconoclasme :

Iconoclasme : fait de briser les images : détruire toutes les images figurées de Dieu, le Vierge et les Saints.

 

A. Les faits :

On détruit essentiellement les sculptures. Très souvent, les vitraux des églises échappent à la destruction, comme ceux de la cathédrale de Bourges. Il y a à cela des raisons pratiques : une fois nettoyées de leurs images, les églises catholiques deviennent des temples, il faut donc laisser les vitraux. Par contre, les statues sont martelées, cassées, parfois même arquebusées.

Sont surtout détruites les statues de Dieu et du Christ; et surtout Dieu vieillard, barbu : pour les protestants Dieu ne vieillit pas.

Destructions sélectives. Par exemple, à Bourges, le Christ en majesté : n’est martelé que la main droite, levée en signe de bénédiction, car c’est un signe papiste. La main gauche est intacte car elle tient un livre : attachement des protestants à la Bible.

Autres cibles privilégiées, les images de la Vierge et les croix. Pour les protestants, il n’y a pas lieu de réactualiser la Passion du Christ, alors que les catholiques attribuent une efficacité à la croix et au signe de croix (effets surnaturels).

 

B. Chronologie :

Très souvent, les protestants font le choix d’une date symbolique : choix récurrent de la Fête Dieu, souvent au début de juin : 60 jours après Pâques. C’est l’une des plus grandes fêtes catholiques de l’époque : grande procession qui traverse la ville, sur le modèle de l’entrée royale. L’hostie, coeur de la procession, est portée sous un ostensoir à travers la ville. Fête fastueuse, un peu folklorisée (dragons parfois...). Pour les protestants, c’est de l’idolâtrie. Référence à la transsubstantiation qui est tout ce à quoi le calvinisme s’oppose sur le plan théologique.

Cela donne une dimension supplémentaire aux protestants d’aller casser des églises ce jour là.

L’iconoclasme se déclenche vers avril 1562, et jusqu’en octobre à peu près. Avant avril 1562 ont lieu quelques actions isolées. Puis, à partir de 1560, les protestants mènent des actions plus vastes : foules urbaines, surtout dans le Midi.

A partir d’avril 1562 ont lieu des destructions dans la France entière. Aux destructions purement religieuses s’ajoutent des dévastations, avec les dérapages des soldats. Dérapages à cause des besoins financiers des protestants : on fond les trésors pour financer la guerre. Après octobre 1562, l’iconoclasme continue, mais de façon beaucoup moins importante. Il resurgira sous Louis XIV avec les guerres de Rohan en 1620.

 

C. Les modalités d’iconoclasme :

Modalités populaires dans un premier temps. C’est assez joyeux : ce sont des manifestations festives que ces destructions, aspect carnavalesque car c’est populaire : les images brisées sont promenées en processions carnavalesques. Actes de dérision : discours aux statues, en les interpellant... actes de souillure : on jette les hosties aux chiens... .On ramène les objets consacrés à leur forme profane : une hostie, c’est du pain... . Il s’agit de montrer qu’aucune puissance divine n’habite l’image.

Deuxième modalité, le comportement des notables. Quand les notables protestants deviennent maîtres d’une ville, ils organisent "le renversement des idoles" de façon légaliste. Ils chargent un magistrat de procéder. Ensuite, ils vont faire un inventaire des objets confisqués ; puis ils organisent des enchères publiques pour les vendre, et tiennent une comptabilité publique de ces ventes.

Mentalité de consistoires : attachée à l’ordre.

 

D. Le sens religieux de l’iconoclasme :

Il y a des phénomènes de pur vandalisme, mais ils ont surtout un sens religieux. Les textes de la Bible prescrivent de ne faire aucune image taillée de Dieu, pour éviter toute idolâtrie. Calvin est extrêmement rigoureux à ce sujet. Luther, lui, admet les images religieuses, pour l’édification du peuple.

Quand les protestants détruisent les images, il s’agit d’une réaction contre l’inflation du sacré au XVIème siècle. Le chrétien vit alors au milieu d’une profusion d’images, avec l’imprimerie et la gravure. Multiplication des objets sacrés dans l’environnement quotidien des gens : les églises, les places, et chez les privés.

Images beaucoup plus belles que celles du Moyen Age, dû à l’épanouissement artistique de la Renaissance : meilleure qualité, les oeuvres sont moins hiératiques, plus humanisées.

Evolution de la piété : on parle, on habille les statues. Beaucoup d’histoires sont des images vivantes aussi. Confusion entre le prototype et son image.

Les théories protestantes interprètent cette prolifération des images comme un retour au paganisme, d’autant plus qu’il y a un Saint pour chaque chose.

Autre sens religieux de l’iconoclasme : théologie pratique : il s’agit de montrer quelque chose par des actes et non par des discours. Ils veulent montrer que ces images n’ont pas de pouvoirs miraculeux, que ces objets ne sont pas sacrés. Délimitation entre sacré et profane floue pour les catholiques : il y a du sacré dans les objets religieux. La séparation entre sacré et profane est par contre importante pour les protestants.

Problème entre l’immanence de Dieu et sa transcendance. L’immanence, c’est le fait d’être à l’intérieur de quelque chose : si Dieu est immanent, il est dans notre monde, existe dans le monde créé. Au contraire, s’il est transcendant, il est extérieur et au-dessus. Pour les catholiques, Dieu est les deux. Pour les protestants, ce qui l’emporte, c’est la transcendance de Dieu.

Dans le christianisme, Dieu est incarné, d’où l’immanence.

Les protestants veulent creuser l’écart entre Dieu et le monde profane : celui du péché. Attitude de désacralisation du monde ou, selon M. Weber : "le désenchantement du monde".

Peu après a lieu la dernière session du concile de Trente, en 1562, en réaction à l’iconoclasme. On réaffirme la valeur des images : "L’honneur qu’on leur témoigne est rendu aux archétypes qu’elles représentent".

 

II. Les événements militaires :

A. L’offensive protestante :

Condé s’est emparé d’Orléans le 2 avril 1562, puis toutes les villes de la vallée de la Loire tombent peu à peu en avril. Ensuite, passent aux mains des protestants la Saintonge et le Poitou : Poitiers est prise le 21 avril. Vient ensuite la prise de la Normandie.

Ensuite, l’avancée huguenote est stoppée : ils échouent à Bordeaux, Toulouse ; après quoi certaines villes sont reprises par les catholiques, comme Poitiers, le 1er août.

Cavaliers allemands et aide anglaise aident les protestants. Importance de l’aide étrangère. L’Espagne envoie argent et troupes aux catholiques.

 

B. La réaction catholique :

- Siège de Rouen :

Rouen est prise en avril 1562 par les protestants. Les catholiques envoient alors l’armée royale (30 000 hommes), commandée par Antoine de Bourbon, elle arrive en septembre devant Rouen, qui tombe le 26 octobre. Antoine de Bourbon est alors blessé, il meurt de l’infection de sa blessure le 17 novembre 1562.

- Bataille de Dreux (15 décembre 1562) :

C’est la première des grandes batailles rangées des guerres civiles. Elle est spectaculaire car c’est le première fois que se trouvaient face à face des protestants et des catholiques de la même famille. Condé a 13 000 hommes, face aux 20 000 du connétable de Montmorency. Les deux camps ont prétendu avoir gagné. Les deux chefs sont faits prisonniers. Après cette bataille, les catholiques s’attaquent à Orléans.

- Orléans :

Arrivée catholique en 1563. Retournement spectaculaire de la situation : le duc de Guise est assassiné par un gentilhomme protestant : Poltrot de Méré. Cela stoppe l’attaque catholique.

 

Conclusion : L’édit de pacification, il est singé à Amboise, le 19 mars 1563. Avant, le royaume était sous le régime de l’édit de Janvier. Ici, la tolérance est plus restrictive : le culte réformé est autorisé dans 3 endroits : dans les faubourgs d’une ville par bailliage, sauf Paris ; dans les villes où il était célébré avant mars 1563 : c’est le culte de possession ; dans les maisons des seigneurs hauts justiciers : c’est le culte de fief.

Ce compromis va se révéler assez durable, dans la mesure où les principaux chefs catholiques : Antoine de Bourbon, le Maréchal de Saint André et Guise, sont morts. C’est un petit répit.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
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Vendredi 8 décembre 2006

Point rapide sur le budget

Le département est encore en déficit, mais cela devrait être la dernière. il est à noter la réduction importante du nombre de photocopies (passant de 8233€ en 2003 à 4637€ en 2006) réduisant ainsi nos dépenses.
    Le site internet va être revu, il faut absolument le mettre à jour, un login sera donné aux enseignants pour pouvoir mettre en ligne soi-même les informations.
    Il a fallu faire des économies au niveau de l’achat des livres.

Informations sur le second semestre 2006-2007

Les examens approchant, il faudra être vigilent, sur l’organisation des oraux, les surveillances. Un message a été envoyé aux enseignants au sujet des copies d’examens, la date limite à été fixée au 31 janvier. Les délibérations sont fixées au 8 février. Les présences de tous les professeurs est obligatoire lors de ces dernières. La date limite de remise des notes de contrôle continu est fixée au 10-11 janvier.    
    La mise en place des emplois du temps du second semestre ne devrait pas poser de soucis. Il y aura 7 TD en L1, 5 en L2, 5 en L3. UE méthodo de L3 se fera avec 1 TD d’1h30 dans chaque période, plus un TD de latin médiéval pour la spé.

L’offre de formation

    Différentes réunions (CEVU, UFR, Département…) ont défini le cadre général des formations. C’est désormais au conseil de département d’histoire de s’inscrire dans ce cadre pour définir les contenus des maquettes à rédiger au cours du printemps. La formation en master doit se resserrer sous le cadre d’une mention avec trois spécialités.

    Pour la licence, trois parcours :
- Uni disciplinaire (renforcement histoire).
- Bi disciplinaire (ex : histoire majeure, géo mineure)
- Licence Pro (ex : histoire et métiers de la documentation)

La première année sera une année de détermination sur des parcours qui ont leur cohérence pédagogique, l’étudiant choisit une discipline « majeure » à laquelle il associe une seconde discipline. Une simplification de la présentation du parcours suivant un objectif à long terme : CAPES, CRPE, recherche… sera effectuée.

La seconde année est l’année de différenciation des parcours, l’étudiant peut en S 3 soit opter pour un parcours renforcement, soit continuer sur un parcours bi disciplinaire. Il peut en S4 opter pour un parcours de pré-professionalisation (métiers de l’éducation, culture et patrimoine, jeunesse et travail social, carrières administratives), se substituant au renforcement où à la discipline mineure.

En licence,

- Mise en place de dispositifs d’information des étudiants sur les domaines d’activités en lien avec leur formation pour élaborer leurs parcours.

- Mise en place de PPPE (comme en science), Projet Professionnel Personnel Encadré.

- Le Conseil souhaite appuyer les langues comme l’informatique le problème réel restant l’argent à mettre sur la table pour mettre en place nos souhaits.

Le volume horaire de l’ensemble de la licence sera par ailleurs légèrement augmenté.

Une mention nouvelle « éducation et formation » avec 5 spé, est demandée. Cette mention organise la formation initiale et continue des enseignants et cadres de l’éducation nationale, et est élaborée en partenariat avec l’IUFM. Le souci reste le risque plus que prégnant d’un double cursus : capes d’histoire géographie mention lettres, ou mention Anglais… Pour pouvoir enseigner deux matières différentes dans un soucis de limiter le nombre de professeurs…

Question Diverses.

Déménagement à venir : éclaircissement sur la question des livres. Il y aura une bibliothèque de proximité avec 15000 ouvrages répartis entre l’UFR de Médecine Pharmacie (que nous occuperons temporairement) et la pyramide du parvis de la Bibliothèque Universitaire. Par ailleurs les enseignants notent leurs difficultés à commander les ouvrages nécessaires aux concours, du fait du futur déménagement et du départ de la directrice de la Bibliothèque d’Histoire. L’acquisition des DVD est aussi une demande de la part des enseignants.

La préparation de l’emploi du temps du département ce fait dans l’esprit du déménagement. En effet dès le semestre prochain nous aurons plusieurs cours dans l’actuel UFR médecine-pharmacie. Mais nous ne sommes pas sur à 100% de pouvoir disposer des salles voulues. L’année prochaine (rentrée 2007 de septembre) nous ne serons plus dans l’hôtel Fumé le temps des travaux. Certains enseignants affirment d’ores et déjà qu’ils ne feront plus cours, du moins qu’ils refuseront de le faire dans l’amphi Descartes au mois de Janvier (froid, lumière, sécurité…), ils nous encouragent non sans humour à organiser un mouvement sur ce sujet.


par Les L3 d'histoire de poitiers