Mardi 19 décembre 2006

Pour ceux qui veulent réviser leur géo avant la dissertation de vendredi prochain, j'ai trouvé ce site internet:

http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Enseignements/Cours/AgregGeo/sommaire.html

Ce site comporte certainement des éléments pouvant approfondir certaines notions de notre cours...

Les documents de ce site web sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine. © Institut d'Etudes Politiques de Lyon

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
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Lundi 18 décembre 2006

Notes prises lors du cours de Mme Turrel portant sur "la première guerre civile (avril 1562 - mars 1563) :

La première guerre civile ( avril 1562 - mars 1563) :

 

I. L’engagement armé de la noblesse protestante :

A. La prise d’arme du prince de Condé :

1. Louis de Bourbon :

Louis de Bourbon (1530 - 1569) est le prince de Condé. Physiquement, il est petit, ce qui est peu avantageux pour un guerrier. C’est un grand séducteur, comme tous les Bourbons (sauf Louis XIII). Cadet de la famille, son aîné est Antoine. Contrairement à son frère, ambigu, il est lui un fervent protestant ; alors que son autre frère Charles est catholique (il est cardinal).

Quand Antoine meurt, en novembre 1562, le rôle de Louis de Bourbon devient essentiel : c’est le seule prince du sang adulte.

Il va lancer les protestants dans la guerre. Il a la passion de la guerre : il va en mourir, en 1569, à la bataille de Jarnac, à 30 ans (c’est caractéristique de la noblesse de cette époque).

 

2. Le coup de force catholique :

Le duc de Guise arrive à Paris le 16 mars 1561. Avec le maréchal de Saint André et le connétable Anne de Montmorency, ils forment le "triumvirat" (référence aux 2 triumvirats romains perfide mais pas mal vue) : association de 3 hommes de pouvoir pour mettre en commun leur influence.

Ensemble, ils jurent de défendre la religion catholique. Ils sont rejoints par le roi de Navarre à la capitale. Le prince de Condé, voyant arriver les catholiques, quitte Paris. La situation est tendue. Le jeune roi et Catherine de Médicis sont alors à Fontainebleau.

Les triumvirs veulent le roi, le 27 mars ils vont chercher le roi et la reine mère et les ramènent à Paris. Ils peuvent alors parler au nom du roi. Opération musclée qui permet à leurs ennemis de dire que le roi est prisonnier.

 

3. La riposte de Condé :

Le 2 avril, Condé s’empare d’Orléans qui devient le quartier général des forces protestantes. Condé justifie sa prise d’armes dans des livrets. Importance de l’imprimerie dans les guerres civiles. Le 8 avril, diffusion d’une déclaration, texte de propagande de Condé. Le 11 avril, traité d’association "pour la liberté du roi". Textes de justification écrits par les conseillers de Condé : Théodore de Bèze et François Hotman (1524 - 1590). François Hotman est le fils d’un juriste et est juriste lui-même. Rupture de François Hotman avec sa famille, il devient secrétaire de Calvin à Genève, puis quand la première guerre civile éclate, il revient en France et se met au service de Condé. Après la guerre, il enseigne le droit dans des universités. Il théorise toutes les justifications des protestants.

Les justifications ne sont quasiment jamais religieuses, mais toujours politiques. Ils estiment que le jeune roi est prisonnier et qu’en tant que prince du sang Condé doit défendre le roi, renverser les triumvirs et rétablir le pouvoir du roi.

Il espère pouvoir rallier le plus de partisans, puisque la question du pouvoir royal en cas de majorité est alors importante.

Cependant, Catherine de Médicis déclare qu’elle et son fils ne sont pas prisonniers.

 

B. Les débats sur l’engagement armé :

Il y a un tournant, jusque-là, les protestants avaient été plutôt passifs. Avec Condé, la période de victimisation est close : désormais les protestants vont se battre, et surtout les nobles.

Les gentilshommes qui suivent Condé mobilisent leur clientèle, et ils se rendent à Orléans. En Poitou, les Saint Georges et les Delville traversent Poitiers pour rejoindre Condé le 10 avril (soit très rapidement).

Très vite cependant, on voit les protestants se désengager, quitter Condé et rentrer chez eux : c’est le cas de Saint Georges et de Delville. Ils reçoivent alors le sobriquet de "guilbedons" en poitevin saintongeais. Ils se retirent avant tout car au bout de quelques mois la guerre a déjà fait des ravages et qu’il faut qu’ils protègent biens et familles. D’autres ont été gagnés par les manoeuvres de la cour : Catherine de Médicis fait beaucoup de promesses ... elle promet l’amnistie aux protestants qui quittent Condé. D’autres protestants enfin vont réfléchir à leurs carrières, aux honneurs : il vaut mieux qu’ils soient catholiques, comme le roi.

Dernière raison, l’accord que Condé contracte avec l’Angleterre en septembre 1562. C’est le traité d’Hampton Court, par lequel Elisabeth Ière fournit une aide financière et des soldats, en échange de quoi, Condé doit donner Le Havre aux Anglais.

Beaucoup de nobles s’interrogent : c’est un trahison, où est la justesse du combat?!

Deux courants s’opposent : la mobilisation continue, et inversement le retrait.

Le début des guerres civiles voit l’alliance entre noblesse et bourgeoisie protestantes. Par exemple, Le Mans, prise le 1er avril 1562 par les protestants, est une prise organisée par 3 notables urbains : le maire, le lieutenant criminel au présidial, et le prévôt des maréchaux. Ils s’entendent avec les gentilshommes d’épée pour la prise de la ville.

 

II. Les violences civiles et l’iconoclasme :

Iconoclasme : fait de briser les images : détruire toutes les images figurées de Dieu, le Vierge et les Saints.

 

A. Les faits :

On détruit essentiellement les sculptures. Très souvent, les vitraux des églises échappent à la destruction, comme ceux de la cathédrale de Bourges. Il y a à cela des raisons pratiques : une fois nettoyées de leurs images, les églises catholiques deviennent des temples, il faut donc laisser les vitraux. Par contre, les statues sont martelées, cassées, parfois même arquebusées.

Sont surtout détruites les statues de Dieu et du Christ; et surtout Dieu vieillard, barbu : pour les protestants Dieu ne vieillit pas.

Destructions sélectives. Par exemple, à Bourges, le Christ en majesté : n’est martelé que la main droite, levée en signe de bénédiction, car c’est un signe papiste. La main gauche est intacte car elle tient un livre : attachement des protestants à la Bible.

Autres cibles privilégiées, les images de la Vierge et les croix. Pour les protestants, il n’y a pas lieu de réactualiser la Passion du Christ, alors que les catholiques attribuent une efficacité à la croix et au signe de croix (effets surnaturels).

 

B. Chronologie :

Très souvent, les protestants font le choix d’une date symbolique : choix récurrent de la Fête Dieu, souvent au début de juin : 60 jours après Pâques. C’est l’une des plus grandes fêtes catholiques de l’époque : grande procession qui traverse la ville, sur le modèle de l’entrée royale. L’hostie, coeur de la procession, est portée sous un ostensoir à travers la ville. Fête fastueuse, un peu folklorisée (dragons parfois...). Pour les protestants, c’est de l’idolâtrie. Référence à la transsubstantiation qui est tout ce à quoi le calvinisme s’oppose sur le plan théologique.

Cela donne une dimension supplémentaire aux protestants d’aller casser des églises ce jour là.

L’iconoclasme se déclenche vers avril 1562, et jusqu’en octobre à peu près. Avant avril 1562 ont lieu quelques actions isolées. Puis, à partir de 1560, les protestants mènent des actions plus vastes : foules urbaines, surtout dans le Midi.

A partir d’avril 1562 ont lieu des destructions dans la France entière. Aux destructions purement religieuses s’ajoutent des dévastations, avec les dérapages des soldats. Dérapages à cause des besoins financiers des protestants : on fond les trésors pour financer la guerre. Après octobre 1562, l’iconoclasme continue, mais de façon beaucoup moins importante. Il resurgira sous Louis XIV avec les guerres de Rohan en 1620.

 

C. Les modalités d’iconoclasme :

Modalités populaires dans un premier temps. C’est assez joyeux : ce sont des manifestations festives que ces destructions, aspect carnavalesque car c’est populaire : les images brisées sont promenées en processions carnavalesques. Actes de dérision : discours aux statues, en les interpellant... actes de souillure : on jette les hosties aux chiens... .On ramène les objets consacrés à leur forme profane : une hostie, c’est du pain... . Il s’agit de montrer qu’aucune puissance divine n’habite l’image.

Deuxième modalité, le comportement des notables. Quand les notables protestants deviennent maîtres d’une ville, ils organisent "le renversement des idoles" de façon légaliste. Ils chargent un magistrat de procéder. Ensuite, ils vont faire un inventaire des objets confisqués ; puis ils organisent des enchères publiques pour les vendre, et tiennent une comptabilité publique de ces ventes.

Mentalité de consistoires : attachée à l’ordre.

 

D. Le sens religieux de l’iconoclasme :

Il y a des phénomènes de pur vandalisme, mais ils ont surtout un sens religieux. Les textes de la Bible prescrivent de ne faire aucune image taillée de Dieu, pour éviter toute idolâtrie. Calvin est extrêmement rigoureux à ce sujet. Luther, lui, admet les images religieuses, pour l’édification du peuple.

Quand les protestants détruisent les images, il s’agit d’une réaction contre l’inflation du sacré au XVIème siècle. Le chrétien vit alors au milieu d’une profusion d’images, avec l’imprimerie et la gravure. Multiplication des objets sacrés dans l’environnement quotidien des gens : les églises, les places, et chez les privés.

Images beaucoup plus belles que celles du Moyen Age, dû à l’épanouissement artistique de la Renaissance : meilleure qualité, les oeuvres sont moins hiératiques, plus humanisées.

Evolution de la piété : on parle, on habille les statues. Beaucoup d’histoires sont des images vivantes aussi. Confusion entre le prototype et son image.

Les théories protestantes interprètent cette prolifération des images comme un retour au paganisme, d’autant plus qu’il y a un Saint pour chaque chose.

Autre sens religieux de l’iconoclasme : théologie pratique : il s’agit de montrer quelque chose par des actes et non par des discours. Ils veulent montrer que ces images n’ont pas de pouvoirs miraculeux, que ces objets ne sont pas sacrés. Délimitation entre sacré et profane floue pour les catholiques : il y a du sacré dans les objets religieux. La séparation entre sacré et profane est par contre importante pour les protestants.

Problème entre l’immanence de Dieu et sa transcendance. L’immanence, c’est le fait d’être à l’intérieur de quelque chose : si Dieu est immanent, il est dans notre monde, existe dans le monde créé. Au contraire, s’il est transcendant, il est extérieur et au-dessus. Pour les catholiques, Dieu est les deux. Pour les protestants, ce qui l’emporte, c’est la transcendance de Dieu.

Dans le christianisme, Dieu est incarné, d’où l’immanence.

Les protestants veulent creuser l’écart entre Dieu et le monde profane : celui du péché. Attitude de désacralisation du monde ou, selon M. Weber : "le désenchantement du monde".

Peu après a lieu la dernière session du concile de Trente, en 1562, en réaction à l’iconoclasme. On réaffirme la valeur des images : "L’honneur qu’on leur témoigne est rendu aux archétypes qu’elles représentent".

 

II. Les événements militaires :

A. L’offensive protestante :

Condé s’est emparé d’Orléans le 2 avril 1562, puis toutes les villes de la vallée de la Loire tombent peu à peu en avril. Ensuite, passent aux mains des protestants la Saintonge et le Poitou : Poitiers est prise le 21 avril. Vient ensuite la prise de la Normandie.

Ensuite, l’avancée huguenote est stoppée : ils échouent à Bordeaux, Toulouse ; après quoi certaines villes sont reprises par les catholiques, comme Poitiers, le 1er août.

Cavaliers allemands et aide anglaise aident les protestants. Importance de l’aide étrangère. L’Espagne envoie argent et troupes aux catholiques.

 

B. La réaction catholique :

- Siège de Rouen :

Rouen est prise en avril 1562 par les protestants. Les catholiques envoient alors l’armée royale (30 000 hommes), commandée par Antoine de Bourbon, elle arrive en septembre devant Rouen, qui tombe le 26 octobre. Antoine de Bourbon est alors blessé, il meurt de l’infection de sa blessure le 17 novembre 1562.

- Bataille de Dreux (15 décembre 1562) :

C’est la première des grandes batailles rangées des guerres civiles. Elle est spectaculaire car c’est le première fois que se trouvaient face à face des protestants et des catholiques de la même famille. Condé a 13 000 hommes, face aux 20 000 du connétable de Montmorency. Les deux camps ont prétendu avoir gagné. Les deux chefs sont faits prisonniers. Après cette bataille, les catholiques s’attaquent à Orléans.

- Orléans :

Arrivée catholique en 1563. Retournement spectaculaire de la situation : le duc de Guise est assassiné par un gentilhomme protestant : Poltrot de Méré. Cela stoppe l’attaque catholique.

 

Conclusion : L’édit de pacification, il est singé à Amboise, le 19 mars 1563. Avant, le royaume était sous le régime de l’édit de Janvier. Ici, la tolérance est plus restrictive : le culte réformé est autorisé dans 3 endroits : dans les faubourgs d’une ville par bailliage, sauf Paris ; dans les villes où il était célébré avant mars 1563 : c’est le culte de possession ; dans les maisons des seigneurs hauts justiciers : c’est le culte de fief.

Ce compromis va se révéler assez durable, dans la mesure où les principaux chefs catholiques : Antoine de Bourbon, le Maréchal de Saint André et Guise, sont morts. C’est un petit répit.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
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Vendredi 8 décembre 2006

Point rapide sur le budget

Le département est encore en déficit, mais cela devrait être la dernière. il est à noter la réduction importante du nombre de photocopies (passant de 8233€ en 2003 à 4637€ en 2006) réduisant ainsi nos dépenses.
    Le site internet va être revu, il faut absolument le mettre à jour, un login sera donné aux enseignants pour pouvoir mettre en ligne soi-même les informations.
    Il a fallu faire des économies au niveau de l’achat des livres.

Informations sur le second semestre 2006-2007

Les examens approchant, il faudra être vigilent, sur l’organisation des oraux, les surveillances. Un message a été envoyé aux enseignants au sujet des copies d’examens, la date limite à été fixée au 31 janvier. Les délibérations sont fixées au 8 février. Les présences de tous les professeurs est obligatoire lors de ces dernières. La date limite de remise des notes de contrôle continu est fixée au 10-11 janvier.    
    La mise en place des emplois du temps du second semestre ne devrait pas poser de soucis. Il y aura 7 TD en L1, 5 en L2, 5 en L3. UE méthodo de L3 se fera avec 1 TD d’1h30 dans chaque période, plus un TD de latin médiéval pour la spé.

L’offre de formation

    Différentes réunions (CEVU, UFR, Département…) ont défini le cadre général des formations. C’est désormais au conseil de département d’histoire de s’inscrire dans ce cadre pour définir les contenus des maquettes à rédiger au cours du printemps. La formation en master doit se resserrer sous le cadre d’une mention avec trois spécialités.

    Pour la licence, trois parcours :
- Uni disciplinaire (renforcement histoire).
- Bi disciplinaire (ex : histoire majeure, géo mineure)
- Licence Pro (ex : histoire et métiers de la documentation)

La première année sera une année de détermination sur des parcours qui ont leur cohérence pédagogique, l’étudiant choisit une discipline « majeure » à laquelle il associe une seconde discipline. Une simplification de la présentation du parcours suivant un objectif à long terme : CAPES, CRPE, recherche… sera effectuée.

La seconde année est l’année de différenciation des parcours, l’étudiant peut en S 3 soit opter pour un parcours renforcement, soit continuer sur un parcours bi disciplinaire. Il peut en S4 opter pour un parcours de pré-professionalisation (métiers de l’éducation, culture et patrimoine, jeunesse et travail social, carrières administratives), se substituant au renforcement où à la discipline mineure.

En licence,

- Mise en place de dispositifs d’information des étudiants sur les domaines d’activités en lien avec leur formation pour élaborer leurs parcours.

- Mise en place de PPPE (comme en science), Projet Professionnel Personnel Encadré.

- Le Conseil souhaite appuyer les langues comme l’informatique le problème réel restant l’argent à mettre sur la table pour mettre en place nos souhaits.

Le volume horaire de l’ensemble de la licence sera par ailleurs légèrement augmenté.

Une mention nouvelle « éducation et formation » avec 5 spé, est demandée. Cette mention organise la formation initiale et continue des enseignants et cadres de l’éducation nationale, et est élaborée en partenariat avec l’IUFM. Le souci reste le risque plus que prégnant d’un double cursus : capes d’histoire géographie mention lettres, ou mention Anglais… Pour pouvoir enseigner deux matières différentes dans un soucis de limiter le nombre de professeurs…

Question Diverses.

Déménagement à venir : éclaircissement sur la question des livres. Il y aura une bibliothèque de proximité avec 15000 ouvrages répartis entre l’UFR de Médecine Pharmacie (que nous occuperons temporairement) et la pyramide du parvis de la Bibliothèque Universitaire. Par ailleurs les enseignants notent leurs difficultés à commander les ouvrages nécessaires aux concours, du fait du futur déménagement et du départ de la directrice de la Bibliothèque d’Histoire. L’acquisition des DVD est aussi une demande de la part des enseignants.

La préparation de l’emploi du temps du département ce fait dans l’esprit du déménagement. En effet dès le semestre prochain nous aurons plusieurs cours dans l’actuel UFR médecine-pharmacie. Mais nous ne sommes pas sur à 100% de pouvoir disposer des salles voulues. L’année prochaine (rentrée 2007 de septembre) nous ne serons plus dans l’hôtel Fumé le temps des travaux. Certains enseignants affirment d’ores et déjà qu’ils ne feront plus cours, du moins qu’ils refuseront de le faire dans l’amphi Descartes au mois de Janvier (froid, lumière, sécurité…), ils nous encouragent non sans humour à organiser un mouvement sur ce sujet.


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Dimanche 3 décembre 2006

MOYENS MATERIELS (OUTILLAGE, MAISON)

 

 

 

I- L’ALIMENTATION

 

 

 

Connue seulement pour les moines grâce aux règles monastiques et pour les ouvriers agricoles par leurs contrats de travail puisque leurs salaires sont souvent donnés en nourriture.

 

Pour les autres on connaît leurs productions mais cela ne correspond pas à leur alimentation.

 

Les principales sources que l’on a concernant la paysannerie sont matérielles : études des céramiques et dentitions.

 

 

 

1-    Régimes et produits alimentaires

 

 

 

Domination des protéines végétales.

Forte consommation de céréales qui permettent un fort apport en calories avec un petit volume. On les consomme sous forme de pain pour les élites mais sous forme de bouillie pour la plupart de la population rurale. Forte distinction entre une consommation de céréales pauvre et la production de froment destinée à être vendu sur les marchés. Consommation de légumineuse : poids, lentilles et vesces (sorte de lentilles) dont la culture permet de régénérer le sol.

 

 

Contrairement à ce que l’on pensait l’huile d’olive n’est pas très importante dans l’alimentation, on consomme beaucoup de graisses animales et la production d’huile d’olive sert surtout pour produire de l’énergie. Consommation de légumes sous forme de ratatouille ou de soupe.

 

 

 

Le vin est très important dans l’alimentation car il est source de calories les rations de vin sont importante : jusqu'à 3 litres par jours (mais moins alcoolisé qu’aujourd’hui).

 

La vinification n’est pas une affaire de spécialistes, tous les paysans ont des vignes. Etant de donné que ce sont des vins qui ne vieillissent pas le seigneur revendique le droit de vendre sa production en premier.

 

 

 

L’apport en glucide se fait surtout par les fruits : les paysans consomment des pommes, des poires, des coings et des prunes. Sur les côtes méditerranéennes de l’Italie et en l’Espagne se développe la culture du cerisier. 

 

Le miel est produit en grande quantité mais il est surtout destiné à la vente.

 

Dans les zones montagneuses on consomme des châtaignes qui sont parfois l’essentiel de la nourriture. Les apports en protéines végétales se font surtout sous forme de fromages. C’est principalement du lait de chèvre ou d’ovins.

 

 

 

Peu d’information sur la viande car les seigneurs en prélève peu. La consommation des grands animaux est réservée aux élites. L’élevage paysans produit surtout du lait, de la laines (= les produits les plus indispensable) le seul animal élevé pour sa viande est le porc.

Mais la consommation de viande vient surtout de la chasse qui réduit au court du moyen âge centrale car les seigneurs veulent mettre leurs terres à l’abri de la chasse.

 

 

2-    Les métabolismes

 

 

 

Sources : les squelettes.

 

Des déséquilibres :

 

-          en quantité : le problème des mauvaises récoltes qui est aggravé dans certaine région par la monoculture des céréales.

 

Malgré tout les disettes sont assez rare jusqu’au milieu du 14ème siècle et elles concernent surtout les villes. Une baisse des rations caloriques au moment de la soudure ce qui explique la forte mortalité infantile au printemps.

 

 

 

-          en qualité : carences en protéines animales, abondance de calories et on mange de grands volumes (ce qui est lié à la forte consommation de légumes). 

 

Tout cela entraîne des déséquilibres  du métabolisme : dysenterie et autres problèmes intestinaux, de faibles résistances aux attaques microbiennes, des comportements étranges comme des alternances d’humeur très forte.

 

Par contre ces populations ont une grande résistance à la douleur, au froid et à la fatigue.

 

 

 

-          La morphologie : petits (≠ Europe du nord) mais les tailles varies selon les localités ce qui est due à l’endogamie villageoise.

 

L’homme a le ventre ballonné et rond et une grosse ossature qui explique leur résistance physique.

 

La femme a le buste haut et menu mais des hanches très larges à cause des grossesses. De plus elles sont souvent un peu courbées à cause des travaux des champs.

 

                       

 

II- LA MAISON PAYSANNE

 

 

Sources : terriers qui  décrivent les terres et l’archéologie.

 

Maison = Mansio = relais sur les routes romaines.

 

            Ostal= le bâtiment.

            Casa = peut désigner une pièce ou la maison entière.

 

Casa et Domus sont les plus utilisés.

 

 

 

L’archéologie ne donne pas d’indication sur la hauteur des maisons.

 

 La structure architecturale n’est pas un moyen de différenciation sociale ce qui fait cette différence c’est plus le fait par exemple de faire appel à un maçon pour faire sa maison. Mais dans certains villages (comme à Montaillou) avoir un étage à sa maison peut vouloir dire que l’on est plus riche.

 

 

 

Le bâtiment où vivent les hommes va avec des valeurs morales et même sacrées : par exemple inhumé les enfants morts nés sous le seuil de la maison.

 

L’espace domestique bénéficie d’un statut juridique particulier : par exemple dans les fueros (Espagne) on a le droit de tuer quelqu’un pour préserver son espace domestique.

 

 Avoir sa propre maison défini un statut social : ceux qui n’en n’ont pas sont les enfants qui vivent chez leurs parents ou les ouvriers agricoles qui vivent chez leurs employés. 

 

 

 

Dans les villages aggloméré comme Rougiers les maisons sont assez petites et sont faites pour abriter un couple et des enfants mais la maison n’abrite que les repas et le sommeil.

 

Ce sont des maisons blocs avec des formes rectangulaires, elles sont plus longues que hautes, elles n’ont pas de niveaux inférieur tel que des caves et elles sont construites sans fondations.

On trouve dans les maisons des trous dans le sol qui sont destiné à entreposer les réserves de nourriture.

 

Dans certaines villes comme Tarragone on trouve beaucoup de maisons troglodytiques.

 

 

 

Maisons rurales sont surtout en pierres (≠ ville ou c’est du bois) ce qui limite l’évolution à l’agglutination. La maison a souvent un appendice où l’on trouve les poulaillers, des étables et qui peuvent être aménagés quand la famille s’agrandie.

 

 

 

Au 13ème une évolution intérieur des maisons :

 

            -le foyer entre dans la maison au moment où le bétail en sort. Le foyer n’est alors qu’un trou (cheminée n’apparaît qu’au 13ème)

 

            -Spécialisation des pièces avec une pièce à vivre, la chambre. A partir du 13ème des cloisons fixent cristallisent l’évolution des maisons.  

 

 

 

III- OUTILLAGE AGRICOLE

           

 

1- Traction animale et matériel aratoire

 

 

 

Importance de l’araire (à chercher).

 

Importance du labour qui à pour but l’enfouissement des semences mais pour cela on utilise aussi le bâton fouisseur dans certaines régions.

 

Le labour doit aussi retourner la terre pour faire en sorte que la terre qui est en surface soit une terre qui n’est pas épuisé par la végétation. Et l’araire n’est pas approprié à ce travail de retournement de la terre. Pour cela la charrue est plus pratique pour cela mais on l’emploi très peu dans la zone méditerranéenne car les sols y sont trop légers.

 

Au13ème on à donc une différence entre le Nord qui utilise la charrue et le Sud qui utilise l’araire.

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Dimanche 3 décembre 2006

Notes prises lors du cours de Mme Turrel portant sur "la montée des tensions (1560 - 1562)" :

 

La montée des tensions (1560 - 1562) :

 

I. L’implantation protestante :

Etat des lieux vers 1560.

On peut estimer les protestants à environ 2 millions vers 1560, sur environ 18 à 20 millions d’habitants. Ils forment donc environ 10% de la population. Chiffre important si l’on rajoute les sympathisants qui critiquent l’Eglise catholique et qui veulent une réforme de l’Eglise : jusqu’à 1/3 de la population est susceptible de basculer dans le camps protestant.

C’est l’apogée du protestantisme français.

 

A. Répartition des protestants :

1. Répartition sociale :

Insuffisance des sources. Les deux sources principales sont les archives judiciaires : les condamnations pour hérésie ; et les listes de réfugiés à Genève.

Ces deux sources d’archives ont toutes les deux un biais : la première ne retient que les personnes passées devant les tribunaux (1% des protestants) ; la seconde n’est pas précise : tout le monde ne va pas à Genève.

Les paysans protestants ne fuyaient pas, contrairement aux intellectuels, ils sont donc sous-estimés dans les sources.

Une partie importante des protestants de 1560 vient du clergé : d’anciens curés ou d’anciens moines, ou encore des évêques. Les évêques sacrifiaient leurs revenus catholiques ou les gardaient. Le plus connu des évêques protestants est Odet de Châtillon, un Montmorency. Il était évêque de Beauvais et le reste alors qu’il passe à la Réforme et se marie.

Deuxième exemple, l’archevêque d’Aix en Provence, qui choisit le geste spectaculaire : en 1566, pendant la messe de Noël, il dénonce avec fougue les erreurs de la papauté, puis jette sa crosse et sa mitre. Il devient l’un des chefs de l’armée protestante.

Importance aussi des membres de la noblesse : de 13 à 50% des nobles d’une région deviennent protestants, or la noblesse représente 1% de la population : il y a donc beaucoup de nobles réformés.

De plus, parmi ces nobles, il y a des personnalités exceptionnelles, dont des femmes, comme Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV.

Importance de l’adhésion des nobles au protestantisme car ils savent faire la guerre, et qu’ils ont de l’influence : le passage d’un noble à la Réforme entraîne celui de ses proches. Notion de culte de fief : lieu de culte protestant, autorisé par les édits de paix, dans la maison d’un noble.

Troisième catégorie de protestants : les habitants des villes. Les villes sont touchées vite par la Réforme, car elles sont les foyers des universités, des foires et des imprimeries. Dans les villes sont beaucoup touchés les artisans, les marchands et les officiers.

Exemple : 1561 à Toulouse, tous les Capitouls sont réformés. Dans le Midi, certaines villes deviennent entièrement protestantes, pour cela, on chasse parfois les catholiques (cf. : La Rochelle).

A Lyon, on estime que le tiers le la population était protestant, à Paris 15%.

Sur-représentation du protestantisme dans le monde urbain : c’est une force pour le calvinisme, qui recrute dans des milieux alphabétisés et dynamiques.

Faiblesse : peu de protestantisme rural, sauf en Poitou et dans le Cévennes. Le catholicisme répond beaucoup mieux au monde rural : formes collectives et extériorisées du culte rural, omniprésence du sacré et nombre d’intercesseurs secourables.

 

2. Répartition géographique :

Vers 1560, il y a environ 1 500 communautés protestantes en France.

Une "église dressée" est une église organisée, elle se compose d’un consistoire et le culte y est organisé, par opposition, au début de la Réforme, aux églises plantées, sans pasteurs.

Le croissant huguenot va de La Rochelle à Grenoble, en passant par la vallée de la Garonne et le Languedoc.

Au Sud, excroissance huguenote : le Béarn, avec à sa tête Jeanne d’Albret. Dans le Nord, il y a quelques protestants en Normandie.

 

B. Organisation des protestants :

Les premières églises calvinistes "dressées" le sont en 1565 à Paris et Poitiers. Elles le sont sur le modèle donné à Genève par Calvin, ce sont des transpositions de ce modèle.

L’église locale est la base : l’organisation de l’Eglise Réformée repose sur l’église locale ; c’est une rupture par rapport à l’Eglise catholique, pour laquelle c’est l’inverse.

 

1. Le pasteur :

Elément de l’église locale, le pasteur est un ministre (du culte). Socialement, 25% des pasteurs sont des fils d’officiers (de juristes) ; 20% sont des nobles ; ensuite, entre 15 et 30% sont des fils de pasteurs. 10% sont d’anciens prêtres catholiques et 5% seulement sont des artisans. Les pasteurs ne sont pas ou peu d’origine populaire, car ils devaient faire des études théologiques plus importantes que les prêtres catholiques. Les premiers pasteurs sont formés à Genève, puis progressivement ils font des études dans les académies protestantes qui se créent : la plus ancienne est à Nîmes, les autres sont à Saumur, Montauban, et dans la principauté d’Orange (c’est-à-dire dans l’enclave d’Avignon, pas en France au sens strict).

Les pasteurs sont choisis par le consistoire et approuvés par le peuple.

 

2. Le consistoire :

Au-dessus de l’église locale, il existe plusieurs niveaux d’assemblées. Le consistoire est une assemblée au niveau de la paroisse. Vient ensuite une assemblée intermédiaire : le colloque, au niveau de plusieures églises voisines; ensuite a lieu le synode provincial, au niveau de la province; enfin vient le synode général.

Le consistoire est formé du pasteur, des anciens et des diacres, soit environ une dizaine de personnes.

Les anciens sont cooptés, ce sont donc des nobles ou des bourgeois. Leur rôle est avant tout de surveiller les fidèles dans le domaine de la moralité. Exemple : interdiction de danser.

Idéal d’austérité dans la vie quotidienne (habits noirs...) qui fait l’objet d’une surveillance religieuse.

Les diacres sont chargés de l’assistance aux pauvres et de la catéchèse.

La fonction du consistoire : - la gestion de la communauté (budget...).

- Fonction de tribunal relatif à l’encadrement religieux ou moral : réprimandes, pénitences, ou interdictions de cène.

Importance du consistoire dans la vie du protestant.

- Régler les litiges matrimoniaux, car le mariage relève de l’Eglise, même si ce n’est plus un sacrement pour les protestants. En théorie, on peut divorcer, mais dans la pratique cela n’a pas lieu.

- Le consistoire émet des registres de délibération.

 

3. Le colloque et les synodes :

Le colloque est l’assemblée qui regroupe les représentants d’églises voisines. Au-dessus il y a le synode provincial, qui regroupe les délégués d’une province synodale (sortes d’évêchés). Il y en a 14 ou 15 en France (selon si l’on compte ou non le Béarn).

Réunion de ces synodes 2 fois par an.

Le synode général, ou national regroupe environ 60 membres. En principe il est annuel, le premier a lieu en 1559 à Paris, et le 2nd en 1561 à Poitiers.

Cela forme le système presbytéro-synodal.

 

Grande nouveauté de ce système qui a l’air plus "démocratique" : l’élection est à la base du système, ce qui est très nouveau par rapport au catholicisme, fondé sur une hiérarchie inverse : tout part d’en haut et le peuple n’a rien à dire.

Le peuple protestant prend l’habitude de s’exprimer : il doit approuver le choix du pasteur, et peut le contester. Conséquences politiques, les protestants vont avoir une volonté de débats, de participation. Tendance "démocratique" qui revient souvent pendant les guerres de religion.

Cependant, il n’y a rien de révolutionnaire : les consistoires sont tenus par des notables soucieux d’ordre et favorables au pouvoir royal, tant qu’il leur laisse un espace d’existence. Dans de nombreuses églises, le seigneur local devient membre du consistoire, et en général, il est élu pour assister au synode. Organisation qui se coule dans la hiérarchie sociale de l’époque.

Jusqu’en 1559, à la mort d’Henri II, tout cela est clandestin. Mais en 1559, avec le premier synode national, la situation évolue vite. A partir de 1561 ont lieu les premières assemblées officielles. Chez Condé ont lieu des prêches, au sein même de la Cour.

 

II. La recherche de la paix civile (1560 - 1562) :

Importance de Michel de l’Hôpital, chancelier depuis juin 1560 : c’est lui qui scelle les actes royaux, il est le chef de la justice et du Conseil du Roi : c’est un personnage clé du gouvernement. Il décide de renouer le dialogue entre la monarchie et les sujets, en convoquant les états généraux.

 

A. Les états généraux d’Orléans (13/12/1560 - 31/01/1561) :

Nombreux états généraux vont suivre, mais ici, ce sont les premiers depuis 1484. Ensuite, ils auront lieu en 1614 puis en 1789. Ils n’ont pas de périodicité régulière, le roi les convoque quand il a des problèmes.

Le roi envoie des lettres de convocation, par l’intermédiaire des relais administratifs. En ville, cela aboutit aux crieurs publics, c’est aussi placardé. Dans les villages, le relais c’est le curé. Système électoral d’autant plus complexe qu’il change en fonction des régions. En gros, la circonscription électorale de base est le bailliage ou la sénéchaussée. Nobles et clergé vont dans le chef-lieu, pour le tiers-état, il y a une assemblée au niveau du village, puis du bourg, puis du chef-lieu.

Cela aboutit à la rédaction de cahiers de doléances.

Il y a plus de 400 députés élus, ils représentent la "nation" :il n’y a pas de paysans (85% de la population est paysanne) ; mais ils sont aptes à porter au roi les doléances de son peuple. Sont donc choisis des hommes de parole, qui savent parler.

Les 400 personnes ne se réunissent que deux fois ensemble : à la séance d’ouverture, avec le roi ; et à la fin, pour la présentation des doléances. Le reste du temps, les trois ordres délibèrent séparément. A l’intérieur d’un ordre, on vote par circonscription géographique et donc le nombre de députés ne compte pas.

En 1560, le point le plus important est le problème des finances : les députés refusent de prêter de l’argent au roi. La monarchie doit donc réunir de nouveaux députés en août, moins nombreux. A ce moment là, la clergé verse 15 millions de Livres, en échange d’un droit de réunion annuel.

La monarchie entérine toutes les volontés politiques. Cela aboutit en 1561 à l’ordonnance d’Orléans.

Beaucoup d’autres discussions ont lieu, beaucoup d’autres idées sont émises. Des orateurs se sont exprimés sur la composition du Conseil du roi... : idées audacieuses, mais discussions sans portée politique réelle, mais débats d’idées sur le pouvoir : renouveau très sensible des théories politiques à l’époque.

 

B. Le colloque de Poissy (septembre/ octobre 1561) :

Colloque, ici, c’est le terme de l’époque, il désigne une réunion, rencontre et discussion. Il équivaut au concile mais sans le sens institutionnel.

A ce moment là, le concile de Trente, ouvert depuis 1545, est bloqué, interrompu à cause des guerres (il ne rouvre qu’en 1562). En 1561, c’est l’impasse.

La monarchie française tente une sorte de concile français. A ce colloque vont assister le jeune roi, la régente, le chancelier, et les deux princes du sang.

Y assistent aussi 12 théologiens réformés dont Théodore de Bèze (1519 - 1605), devenu le bras droit de Calvin à Genève, il est le conseiller du prince de Condé à l’époque.

L’assemblée est conduite par la monarchie et réunie par des consiliateurs qui veulent réunir catholiques et réformés. Idéal de concorde : il s’agit de réaliser l’unité des chrétiens, réussir à effacer la différence.

Les participants aux colloques, théologiens, ne sont pas d’accord, ils ne sont pas venus dans un esprit de concorde, en particulier les réformés qui ne supportent pas les compromis. Calvin traîte les consiliateurs de "moyenneurs".

Les réformés sont persuadés de détenir la vérité et pensent qu’il suffit de s’exprimer pour la faire passer.

Les catholiques ne font pas plus de concessions. Catherine de Médicis constata l’échec de ce colloque. Elle va réunir plus tard une autre assemblée, à Saint-Germain, mais le compromis est impossible, c’est un nouvel échec.

La monarchie doit choisir d’accepter les deux positions religieuses, choisir une politique de tolérance civile.

 

C. L’édit de janvier 1562 :

1. La tolérance :

A l’époque, "tolérance" est péjoratif. "Tolérance civile" est une expression de nos jours, elle consiste à intégrer les protestants dans le corps politique : reconstitution de l’unité du corps politique, faute d’unité du corps religieux.

Etape importante : "même l’excommunié est un citoyen" selon Michel de l’Hôpital. Les protestants sont citoyens.

La tolérance religieuse n’existe quasiment pas, elle consiste à accepter les protestants sur le plan théologique. On trouve un petit courant qui pense qu’il faut s’attarder à quelques points du dogme, et que le reste doit être laissé aux spécialistes, sans diviser les gens.

Beaucoup de gens ont hésité entre catholicisme et protestantisme, comprenant peu ou mal les différences.

Il y a aussi des intransigeants, extrêmistes.

 

2. Les mesures prises par l’édit :

Elles sont importantes.

Changement de majorité au Conseil du roi : le duc de Guise est à la tête de la proposition d’interdiction du culte protestant, il n’est pas suivit et devient un mécontent : il part, retournant chez lui, en Champagne.

Du coup, restent au conseil les protestants : Coligny, Condé, et le roi de Navarre (père d’Henri IV). Le roi de Navarre s’était fait prendre plus de la moitié de son royaume par l’Espagne. Il a une attitude d’ambigüité politique et religieuse. C’est le premier prince du sang au conseil, le plus important.

En janvier 1562, il penche pour les protestants, d’où la promulgation de l’édit du 17 janvier 1562. Cette édit suspend l’interdiction de célébrer le culte hors des villes.

Nouveauté absolue, enregistrement difficile auprès des parlements.

 

Conclusion : le massacre de Wassy : à la frontière du royaume, sur les terres du duc de Guise. Guise revient à la cour en mars, suite à un penchement d’Antoine de Navarre vers les catholiques.Les Coligny quittent le conseil.

Pour revenir, Guise passe par Wassy, le 1er mars 1562. Or, le culte y était interdit. Quand Guise entre dans l’église, il y entend des psaumes réformés. Ont lieu des injures, puis des combats, et le troupe de Guise donne l’assaut. Le bilan s’élève à 40 morts et des centaines de blessés. Wassy constitue le premier d’une longue suite de massacres qui doivent avoir lieu pendant la première guerre de religion.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
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