Jeudi 12 avril 2007

 

Bonjour à tous,

Voilà que s'approche la fin, amis Historiens! La licence se termine, déja la dernière semaine de cours, et bientôt, nous nous disperserons tous, certains resterons à Poitiers, d'autres s'envoleront loin à travers le monde, d'autres plus proches, dans de plus grandes villes universitaires à la poursuite de leurs études ou à tenter des concours...

C'est qu'il s'en est passé des choses durant ces trois ans! Naissance d'amitiés, de débats, de prises de positions divergentes, de travail en commun, d'exposés , de partiels et d'oraux, de BH, de ce blog qui a du sauver la vie à beaucoup d'entre-nous (en tout cas la mienne à plusieurs reprises!), d'aller et retour entre "chez nous", l'hôtel fumé, et là-bas, sur le campus... De discussion, de cafés après les cours, et de groupes, qui ne se sont pas toujours rencontrés. De personnes, à qui l'on a pas vraiment parlé...

Il est important, je crois, de nous retrouver tous ensemble les L3 d'Histoire, avant les partiels, pour fêter la fin de cette étape, la preque fin de la licence, l'obtention de notre diplôme (je l'espère pour tous)...

VENDREDI 13 AVRIL

A 19H30 AU PARC DE BLOSSAC (à l'amphi, à gauche quand on vient d'en ville)

Chacun emmène ce qu'il veut, à manger ou à boire, des instruments de musique, des jeux... J'espère que beaucoup seront présents!!

 

 

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : Informations diverses sur la promo
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Samedi 7 avril 2007
 

Il faut faire la part de ce qui relève de la crise politique ou de ce qui relève de la crise identitaire. En Egypte, à cette époque, plusieurs crises apparaissent, certaines sont même nationalistes. Mais il faut le replacer dans le contexte de la montée en puissance de Rome. Comment les tensions au sein de la dynastie, conjuguées au difficulté du système d’encadrement de l’Egypte se sont traduit à un affaiblissement progressif de la dynastie ?

I Les temples des crises dynastiques.

1) Le difficile partage du pouvoir.

Le choix du mariage incestueux lié à des règnes très longs ont sauvegardé la dynastie. Ptolémée V meurt en 180. sa femme Cléopâtre assure la régence de Ptolémée VI, de Ptolémée VIII et de Cléopâtre sa fille.
Ptolémée VI devient roi en 175. En 170, il y a des révoltes, Ptolémée VIII est proclamé roi, en 169 Cléopâtre II s’ajoute à cela. Ils engagent tout le second siècle, car c’est une nouveauté dans la famille Lagide. Mais Antiochos IV, le Séleucide comprend que la situation en Egypte peut lui permettre d’accéder au pouvoir, mais Rome interviendra.
Cette association des trois rois et une concurrence arbitrée par Rome. Ptolémée VIII tient la Cyrénaïque, Ptolémée VI garde Chypre et L’Egypte avec Cléopâtre. Mais en 145, Ptolémée VIII écrit un testament dans lequel il confie à sa mort la Cyrénaïque à Rome… On ne peut donc plus le tuer, sous crainté d’avoir Rome aux portes de lEgypte.
Ptolémée VI meurt à cheval, Ptolémée VIII se marie à Cléopâtre. Le roi devient Ptolémée VII qui est tué le jour du mariage entre son oncle et sa mère. Reste Ptolémée VIII et Cléopâtre. Quelques années plus tard il épouse sa nièce, fille de sa sœur, il y aura deux reines. En réalité ses règnes vont être ponctués de troubles, de violence, de guerres civiles.
Entre 132-129, deuxième grande période de trouble pendant laquelle les Alexandrins avaient chassés Ptolémée VIII et sa seconde femme. Ils avaient un fils, Ptolémée Memphite. Ptolémée VIII va le tuer, le démembrer et l’envoyer à sa femme.
En 129-128 Cléopâtre II va rejoindre les Séleucides, Ptolémée VIII revient lui en Egypte.

2) révoltes et violence dans le pays.

En grec, on appelle les révolte, les Tarachè. Le Fayoum va se révolter, la Chôra, la vallée subira aussi des révoltes paysannes. Mais Alexandrie aussi entre dans une période de révoltes. Ptolémée VIII fera une grande politique de répression, il fera fermer les associations, renvoyer les savants étrangers
Pendant cette période, plus rien ne va, les digues ne sont plus entretenues…

3) La fin de l’influence en Méditerranée.

L’Egypte devient un territoire menacé, les troupes séleucides arrivent aux portes d’Alexandrie, peut être même Antiochos IV se fera temporairement couronné roi.
L’Egypte se fera sauver par Rome qui en 168 ou Antiochos IV encercle la ville. Popilius Laénas envoyé par Rome, trace un cercle autour d’Antiochos lui propose de se retirer de l’Egypte sans avoir à employé la force. Il doit sortir du cercle avec une réponse, il choisira de quitte le pays.
Les romains continuent ainsi à fractionner les méditerranée pour pouvoir rester les seuls maîtres de la région.

II. L’affaiblissement du pouvoir Lagie (fin Iième / Début 1er siècle).

1) La tentative de réconciliation.

En 124 Cléopâtre II revient en Egypte, elle redevient la Reine légitime auprès de son époux et avec sa fille comme seconde femme. Entre 121 et 118, une série de décrets d’amnistie vont être pris pour apaiser les tensions, rétablir l’ordre dans l’Egypte. Mais elles révèlent la profondeur de la crise tout en réaffirmant l’autorité royale. Le pouvoir compte valider sa légitimité en validant les libertés prises par les Egyptiens.

2) Fractionnement du Pouvoir et repli sur l’Egypte.

Finalement, Ptolémée VIII va finir son règne paisiblement en 116. Cléopâtre III reste survivante, la succession du pouvoir va donc être une fois de plus terrible. Elle a deux fils, Ptolémée IX et Ptolémée X, elle préfère le second, mais finalement elle veut exercer seule le pouvoir.
Chypre est donné à Ptolémée X, Ptolémée IX en Egypte avec sa mère. En 107, elle expulse son fils aîné et va faire revenir son fils auprès d’elle. En 103, elle l’expulse son cadet cheri, qui reviendra en 101 et la fera assassiner. Ptolémée X règnera seul sur l’Egypte jusqu’en 87 lorsque son frère Ptolémée IX reviendra le tuer pour lui-même règnera seul.
Ce règne de Ptolémée X est marqué par la multiplication des troubles en Haute Egypte. C’est dans ce contexte que se multiplie les trouble en Asylie et en Cyrénaïque. En 80 à la mort de Ptolémée IX, l’Egypte est plus que jamais à prendre, l’Egypte ne pourra survivre uniquement car Rome n’aura pas encore choisi ce qu’elle aller faire du territoire (nous sommes en pleine guerre civile à Rome).
Elle n’a pas encore reçu son coup de grâce.

III. L’Egypte dans les mains de Rome.


1) La décomposition du pouvoir alexandrin : de Ptolémée XII le flûtiste à Cléopâtre VII.

À partir de 80 et de l’accession au pouvoir de Ptolémée XII, L’Egypte devint un jouet entre les mains de Rome. Pompée va transformer la Syrie en province romaine. Pourquoi pas faire de l’Egypte une province à part entière alors ? Le Sénat, qui dirige la République garde le testament de Ptolémée X qui léguait ces terres à Rome. Ptolémée XII soudoie donc les sénateurs, il envoie 8000 talents d’or, pour obtenir de Rome le statut d’ami et d’allié du peuple Romain. A Rome de nombreux conflits marque le temps. Pompée, César, Crasius utilisent l’Egypte et l’Orient comme enjeux de pouvoir. En 58 Rome prend Chypre, face à cette perte, Ptolémée XII est expulsé d’Alexandrie, le pouvoir sera partagé entre sa femme et sa fille (Bérénice et Cléopâtre). En 55, il sera réinstallé sur le trône par le Romain. Mais il va devoir payer se soutien, il ouvre les caisses du Royaume aux généraux Romains. Il nomme au poste de diocète un romain (Rabinius Postumus). Dans les faits, l’Egypte est devenue une province sans en avoir le nom.
En 49, l’Egypte commaît une crise, une famine terrible. Ptolémée XII est mort en 51, se sont ses enfants (Ptolémée XIII 10 ans et Cléopâtre VII 17 ans) qui conserve le pouvoir. Les généraux Romains n’ont eux envie de faire qu’une bouchée de ce territoire.

2) César, Antoine et Cléopâtre : Rome au cœur de l’Egypte. 

Il faut détacher Cléopâtre de sa légende. C’est une reine grecque avec une éducation alexandrine, une culture solide. Sa beauté a fasciné ses contemporains, elle a fait preuve à beaucoup de charme qui allié à son intelligence politique a permis au royaume hellénistique de survivre deux décennies. Elle a accentué sa politique va les temples, fait une politique énergique face à Rome. S’était un évidence que Rome s’apprêtait à conquérir l’Egypte. Cléopâtre va jouer de ses capacités pour conserver l’identité propre de son territoire, grâce à des figures romaines.
La bataille entre Pompée et César s’achève par la mort de Pompée en Egypte (assassiné par les lagides). César en tire argument pour condamner l’action de Ptolémée XIII qui se retrouve en position d’accusé, n’a-t-il pas tué un Romain ? Cela donne lieu à la guerre d’Alexandrie, la présence de Rome fragilise la position des Lagides, Cléopâtre va s’allier avec César. Ce dernier occupe les palais Royaux, Cléopâtre se fait livrer à César, enroulée dans un tapis. Elle se livre ainsi au Romain, sous les yeux de son frère qui entraîna une guerre dans les palais royaux et Alexandrie qui se traduit par le mort de Ptolémée XIII. Il ne reste qu’une personne face à César, c’est Cléopâtre. Elle devient sa maîtresse, ils partent en croisière et le petit Césarion naît quelques mois plus tard. Cléopâtre suit ainsi César à Rome, la cour se déplace aussi. César apparaît ici d’avantage  comme un empereur. Cléopâtre est vue par les poètes romains comme une dégénérescence politique, trop égyptienne, décadente, corruptrice… A la mort de César elle est chassée de Rome. Elle revient à Alexandrie mais Rome la rattrape. Octave et Marc Antoine se battre pour le pouvoir Romain, ils vont tous deux en orient pour affirmer leur suprématie.
Antoine va donc en Cilicie à Tarse, en 41, Cléopâtre le rejoint et le séduit. Ce couple, qui dure plus longtemps incarne un empire oriental à deux têtes. Antoine passe un an à Alexandrie, Octave réutilise cette accusation pour combattre Antoine. Rome ne peut supporter qu’une partie de son pouvoir soit incarné par « l’Egyptienne ». L’alliance est bien réelle, ils auront même des enfants ce qui correspond à un début de dynastie, scandaleuse aux yeux des romains. Un royaume c’est constitué autour du pouvoir d’Antoine. Il attribut le pouvoir entre lui et Césarion, ainsi qu’a ses enfants.
Mais une fois qu’Octave en aura fini de ses problèmes en occident, il attaque Antoine à Actium et gagne. Cléopâtre et Antoine attendent ainsi leur nouveau maître à Alexandrie. Antoine se suicide. Cléopâtre est surveillée, elle doit être ramené comme butin à Rome, mais les servantes lui aurait permis de se suicider.Elle aura cependant permis de faire perdurer le pouvoir Lagide encore quelques années.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Samedi 7 avril 2007
Chapitre X et XI.

Les opinions face au processus communautaire : l’exemple de la France.

Rien n’est plus difficile que de cerner les opinions. Comme outils, nous avons la presse, le dépouillement des sondages d’opinions. Nous avons seulement depuis 1973, un instrument créé par des membres de la commission de Bruxelles, détaché à la formation et à la communication. Cet outils s’appelle les Eurobaromètres, il comprend un certains nombre de sondages dans tous les pays de l’Europe ou ceux qui vont y entrer. L’intérêt c’est leur fréquence, 1 tous les six mois. Aujourd’hui nous avons des flashs baromètres sur des questions différentes. Les questions courantes sont :  vous sentez-vous européen, votre bénéficie-t-il de l’Europe…
Comment les français ont-ils donc réagit face à l’Europe.

Pendant très longtemps, pour tous les partisans de la construction européenne, ils pensaient avoir le soutient de l’opinion, mais on ne la consultait pas vraiment. Il y avait donc le postulat de la part des élites.
La prise de conscience du décalage entre ce qu’il se faisait et l’opinion publique est très récente. Elle date de la première consultation : Maastricht en 1992. Ce décalage a été montré, incarné par la très faible ratification dont avait fait l’objet le traité. Pire, un an après, d’après les sondages, il ne serait pas passé. L’Europe, disent les élites d’un déficit démocratique. De nombreuses études se sont donc fait pour tenter de comprendre  ce phénomène. Les études ont d’abord porté sur la France, puis à l’étranger avec des modèle comparatistes.

I. 1950-1980, l’étonnante stabilité des opinions françaises.

Jusqu'à la fin des années 80, les élites étaient confortées par un consensus de l’opinion.

1) l’ampleur du sentiment d’adhésion à la construction européenne.

Les premiers sondages datent de 1947, jusqu'à la fin des années 1960. En gros, 60% des français répondent favorablement au processus d’unification de l’union Européenne dans les années 50. Ils sont 70% dans les années 1960.
Les années 70 renforcent encore cet acquiescement de la population française. Cette fois, on demande si l’appartenance à la communauté est une bonne ou une mauvaise chose ? On retourne au chiffre des années 50, 60% des Français sont favorables. A la question sur la volonté de poursuite du processus d’unification européenne, alors là, 80% sont favrorables.
Les années 1980 confirme et amplifie cette tendance, en 1989, 85% des français se déclarent favorables à la poursuite du phénomène d’identification. La France est au premier rang des partisans de l’unification européenne. Mais dès 1990 la courbe décroche et la France est loin d’être la première partisane.

2) Ampleurs et limites.

Il y a trois limites à ce consensus de façade.
Il y a toujours un pôle hostile à l’union européenne. Le meilleur exemple c’est la crise de 1954 au sujet de la CED. Ce pôle peut s’agréger des sans opinions et des européens de raison. Ce pôle peut ainsi cristalliser des réticences, même chez ceux qui seraient plutôt favorables à l’Europe. Ainsi lorsque l’on regarde les sondages, à chaque obstacle, à nouvelle avancée, l’opinion peut rejoindre le pôles hostiles.
Deuxième limite : la mesure de l’intensité des sentiments favorables. Dans les sentiments favorables, il y a un tiers convaincu, les activistes. Il y a un tiers de suivistes. Ces suivistes peut à un moment donner rejoindre la majorité hostile. Enfin il reste un tiers d’indécis. Ce consensus mou peut devenir une véritable très hostile. De plus il reste un manque profond d’information jusqu’au années 1980.
Troisième limite, les limites diachroniques. La construction européenne n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a de nombreux reflux dans le soutien de l’opinion française. Il y a un décalage entre un sentiment qui relève de l’affectif, pour l’idée d’Europe, et une lorsqu’une réalité s’impose. Pour les français, l’Europe n’est ni une priorité, ni une urgence.

3) Variables

La première variable participe de l’idéologie. Les opinions partisanes varient selon l’échiquier politique. Il y a un refus des extrêmes (gauche et droite) de l’Europe. Il y a une perméabilité du centre (démocrates-chrétiens) et de la famille socialiste. Se pose le problème des Gaullistes, contrairement à une idée reçue, il figure parmi les partisans de l’union européenne. Les communistes se rallient plus tardivement à l’idée européenne, jusqu'à la période de la PAC.
La seconde variable est socioprofessionnelle. C’est l’une des variables les plus déterminantes pour juger de l’attachement à l’idée d’union européenne. Les couches populaires sont toutes relativement hostiles. Les ouvriers sont eurosceptiques ou défavorables, ils ont peur du chômage. Les cadres supérieurs et les professions libérales sont très favorables. Les agriculteurs à la base sceptique deviennent des soutiens important de la politique européenne.
La dernière variable, il y a une corrélation entre le niveau de revenus et le degré d’instruction. Plus on a fait d’étude, plus on est riche, plus on est partisan de l’Europe. Il y a une sociologie élitiste du sentiment européen. L’intérêt pour la chose politique aussi détermine votre sentiment européen. Cette variable s’ajoute ainsi aux deux autres.

II. L’évolution de l’opinion depuis le traité de Maastricht.

Le décrochage à lieu au début des années 1990. c’est la fin du consensus mou. C’est la fin du principe du soutien basique à l’union. Il n’y a plus au début des années 1990, il n’y a plus de marge de manœuvre. A l’inverse, les sentiments vont être clivées.

1) Une opinion polarisée.

L’opinion prend parti, elle choisi son camp. Deux tendances émerges, c’est la montée d’un nouveau phénomène : l’euroscepiticisme, monté du rejet. La marge de manœuvre est désormais comptée. L’opinion se répartit selon des tendances bien marquées. On trouve ensuite une permanence dans les variables sociologiques et socioprofessionnelles. Le sentiment se répartit désormais en quatre grandes tendances.
Un groupe extrême, les militants de l’Europe. Très souvent ils sont favorables à une Europe fédéraliste.
Un autre extrême, les militants du rejet de l’Europe.
Au centre, deux autres tendances. Les Européens de raison. Les indifférents, les européens distants.

2) Une véritable crise de confiance.

A la fin des années 1990, 40% des français jugent l’appartenance à l’Union Européenne positive. On leur demande s’ils ont retiré des avantages de leur appartenance à l’Union Européenne, 44% pensent qu’ils ont retiré des avantages. Le doute s’est installé chez plus de la moitié de la population. C’est vrai pour la France mais aussi désormais en Allemagne. Pourquoi ? Les raisons, économiques arrivent en tête. Désenchantement du marché unique. Désenchantement face au chômage… L’horizon des français devient un horizon national, ils privilégient les intérêts nationaux. Ils ne sont plus favorables aux nouveaux élargissements.
L’Eurosceptisisme s’est installé dans des couches sociales plus aisées. Les français ont beaucoup d’attente et beaucoup de craintes à la fois. Il cherche dans l’Europe une protection face à la mondialisation.
Ils sont parmi les population les plus frileuses face à l’élargissement. La crainte du « plombier polonais », peur des délocalisations, du chômage...

3) Variables et logiques sociopolitiques.

L’une des familles qui avait été favorables aux choix européens s’est divisée lors du référendum constitutionnelle, les socialistes.
La variable socioculturelle n’a pas changé, l’écart s’est simplement creusé entre ceux qui ont fait des études courtes ou supérieures.
Enfin la variable générationnelle, partant de l’idée reçue suivante. Les jeunes seraient a priori plus favorable aux choix européens. C’est vrai pour jeune avec des études supérieures. L’Europe pour les jeunes ne représente pas les grandes causes, il n’y a pas de martyr européen.
Dernière variable la variable sexuelle. Les femmes sont elles plus europhiles que les hommes. Elles sont un peu moins europhiles, mais elle a été infirmé lors du vote sur le traité de Maastricht.
La variable socioprofessionnelle reste la plus importante. Le rejet du traité de Maastricht a été particulièrement important chez les ouvriers, les agriculteurs, les artisans et les commerçants. En revanche Maastricht fut approuvé par les professions libérales, les cadres sup, les professions intellectuelles, les fonctionnaires, idem chez les inactifs et les retraités. Dans cette période, le clivage socioprofessionnel est resté prépondérant.
Ce qui a changé c’est que les clivages gauche droite ne se recoupent pas. La France d’en haut à voté pour, la France d’en bas, surtout rurale à voté contre.
Le diplôme est resté un critère déterminant. Plus on est bac + plus on est europhile.


III. Les Français, les Européens et les élections européennes.

Quel est l’intérêt d’étudié les résultats des élections européennes ? Il s’agit d’un sondage grandeur nature, d’un baromètre de l’Europhilie. Il y a eu 6 élections entre 1979 et 2004. Mais il n’y a pas beaucoup de suspense, il n’y a pas d’opinion publique européenne, il y a des juxtapositions d’opinions publiques nationales. Ces élections sont toutes précédées de campagnes. Il y a une campagne par pays, et une campagne officielle faite par la commission Européenne. Après sondage, on se rend compte que la campagne officielle ne sert à rien car elle n’est pas repérée par les électeurs.
Déficit de connaissance, déficit de communication, déficit de campagnes transnationales. Il n’y a pas de meetings européens.

1) 5 élections européennes en quête de reconnaissance.

Les politistes ont esquissé une tentative de modèle des élections européennes. Ce modèle va de 1979 jusqu’en 2004, s’en avoir subi de grandes retouches.
Le premier critère pour les élections européennes c’est l’abstention. Elle n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2004, le scrutin ne suscite que peu d’intérêt de la part des européens. En 1979, en France il y 39% d’abstention. Dès le premier scrutin, tous les records d’abstention ont été battu. L’abstention touche tout le corps électoral, cette abstention est trans classe d’âge, trans-professionnel. En juin 1984 cela continu, avec 43% d’abstention. En 1989, l’abstention est de 51%, moins d’un français sur deux est allé voté. 47% en 1994, en 1999 53% d’abstention. 57% en 2004.
Est-ce que cette abstention reflète un rejet de l’UE ? Ce n’est pas aussi simple que ça, cela s’apparente plus à une indifférence totale de l’enjeu. De plus ces élections ne se jouent pas sur des enjeux majoritairement européens, les débats sont constamment escamotés par des débats de politique intérieure. L’Europe n’est jamais l’enjeu prioritaire des élections, même si au deuxième plan l’Europe occupe le terrain. Ainsi en 1979, un quart seulement des français déclarent s’être prononcés sur les questions européennes. Pareil en 1984, c’est le choc de l’opposition que centralise les questions, recul en 1989, mais en 1994, 2/3 des français déclarent se prononcer en fonction des problèmes nationaux.
La multiplication des listes grâce à l’offre pléthorique et à l’élection à la proportionnelle. 1979, 11 listes. 1984, 14 listes (montée de l’extrême droite). 1989, 15 listes en présence et désagrégation des grands partis en présence. 1994 et 1999, il y a 20 listes. En 2004 la France est découpée en circonscriptions électorales, il y a une vingtaine de listes dans chacune des huit circonscriptions électorales. 
Ces élections européennes sont très souvent en France et ailleurs marquées par un vote sanction à l’égard du pouvoir en place. Les Français se défoulent, ces élections annoncent se qui va arriver par la suite lors de scrutins de plus grandes importances. Ainsi les français se tournent vers les petites listes, l’extrême droite apparaît en 1984, les verts se développent en 1989, les souverainistes en 1999. ces élections sont analysées par les politistes comme des élections de second ordre, elles n’ont pas autant d’importances que les législatives ou les présidentielles.
Le paradoxe c’est qu’au fur et à mesure que le Parlement Européen a gagné en pouvoir, l’abstention augmente. Nous ne sommes pas encore en mesure de l’expliquer.

2) Les résultats sans surprises des élections de juin 2004.

La sixième consultation revêt une importance notable, elle est la première après l’élargissement. On croyait à un enthousiasme certain surtout dans les nouveaux entrants. 352 millions d’électeurs sont convoqués aux urnes. Jamais les enjeux n’avaient été importants. Les discussions sur le traité constitutionnel, sur l’entrée de la Turquie, un vote grandeur nature avec 1à nouveaux membres, de nouveaux pouvoirs au Parlement… Toutes les conditions étaient rempli que l’abstention soit réduite.
L’abstention reste la première caractéristique de ces résultats. Elle s’amplifie et se généralise à tous les pays. 54 % en moyenne pour tous les pays. Mais elle a été moins importante dans les 15 « vieux membres », néanmoins l’écart reste important avec 1999. L’abstention à touché les jeunes électeurs, 1/3 des 18-24 ans s’est déplacée. L’abstention s’est enfin généralisée à tous les pays. L’Europe des 15 à mieux résisté à l’Europe de 25. L’abstention à été beaucoup plus forte chez les nouveaux entrants, les records d’abstention sont détenus par la Slovaquie (84%) et la Pologne (79%). Seules les deux îles (Chypre et Malte) sorte de lot avec 27% et 19% d’abstention seulement. Dans le bloc communiste seul un quart des inscrits s’est rendu aux urnes…
Première explication de vote pour les nouveaux pays, ces élections ne font pas encore partie de leur histoire, cela n’est pas un rituel. Finalement ces nouveaux pays n’ont absolument pas intériorisé leur identité politique européenne. L’Union Européenne vient au deuxième rang de leur préoccupation. Troisième explication, si les électeurs ne se sont pas déplacés, c’est qu’ils se sont senti comme des européens de seconde zone après la longue durée de leur adhésion. Quatrième explication, tout comme les Français ou les Allemands, il ne se sont pas représentés l’utilité des enjeux, ces enjeux semblant beaucoup trop lointain et beaucoup trop loin de leur préoccupation quotidienne. Cinquième explication, beaucoup de ses pays traversaient de graves crises de régimes. Dernière explication, l’abstention est spécifique aux élections européennes, les taux des autres élections sont « normaux ». Septième explication, ces populations ont pensé que les jeux étaient fait, il venait tous de se prononcer par référendum pour l’adhésion de leur pays à l’UE, ils n’ont pas jugés nécessaire de se déplacer à nouveau. Enfin , la guerre en Irak n’a pas servi les choses. 
La signification et le profil des abstentionnistes. Chez les anciens et les nouveaux membres, il y a un nouveau profil ; jusqu'à 2004, l’abstention était analysée comme un rejet de l’Europe. Deuxième caractéristique, l’abstentionniste était hors-jeu politiquement, manqué d’intérêt… Depuis 2004, le nouvel abstentionniste est un intermittents du bulletin de vote, cela dépens des fois. Il marque une défiance sans pour autant se désintéresser de la chose politique. Nous sommes en présence de modes électoraux discontinus. Ces abstentionnistes sont la plupart du temps démotivés par l’Europe.
Les élections de 2004 ont-elles été un vote sanction à l’égard des gouvernements en place. Oui, sur les 25 pays, à l’exception de 5 pays (Espagne, Grèce , Finlande, Slovaquie, Chypre), les autres pays ont vu des votes qui ont remis en cause les politiques en place ( France, Italie, République Tchèque…).
Est-ce que ces élections ont vu ou non la montée de l’Eurosceptisisme ? Les résultats sont variables. Ces mouvements ne sont pas récents ( FN, Pasqua, De Villiers…). Enfin si on ne définit pas l’europsceptisisme (europhobe, sceptique, indécis…) on ne peut pas clarifier la situation. Des partis veulent que leur pays sorte de  l’UE. D’autres sont critiques, reste enfin les sceptiques. Il est parfois difficile de faire la différence. Il faut voir dans quels groupes les députés de ces groupes s’inscrivent. Les groupes IND (indépendance et démocratie), UEN (Union pour l’Indépendance des Nations). En 2004, il y a plus de députés dans ces deux groupes qu’en 1999. ces nouveaux députés viennent avant tout des nouveaux pays entrants, c’est un europsceptisisme différentiel. Dans la vieille Europe, il y a au contraire un recul de l’Eurosceptisisme. En 1999, la liste Pasqua De Villiers réunissait 13 députés, 6 de CPNT. En 2004, il ne sont plus que trois… La palme de l’Eurosceptisisme revient à la Pologne, qui décline toutes les variations possibles.


Ces Europdéputés doivent donc siéger au Parlement Européen qui en 2004 devait regrouper 732 députés, il y a eu 25 élections nationales. Le groupe majoritaire est le PPE avec 268 députés, suivi par le groupe socialiste PSE et ses 200 députés. Un nouveau groupe s’est créé par deux personnalités fondé par Prodi et Bayrou avec l’ADLE (Association des Démocrates et Libéraux Chrétiens). Ce parlement européen demeure une institution mal connue des européens et des français. Son fonctionnement est atypique, il n’y a pas de clivage comme en France, c’est la recherche d’un consensus ou d’un compromis. Le meilleur exemple est la présidence du parlement qui alterne entre les deux principaux groupes. L’Eurodéputé n’est pas connu des électeurs, il s’agit souvent des perdants des élections dans leur pays. En 2007 la composition du parlement à été modifié, il a fallu l’élargir, 18 Bulgares et 35 Roumains sont entrés au parlement. Malheureusement un groupe d’extrême droite est apparu avec 20 europdéputés ITS. 


par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : XXème siècle
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Jeudi 29 mars 2007
Rois Prêtres et temples en Egypte Lagide.

Dans l’imaginaire du grand public, l’Egypte se représente en grande partie par sa religion, ses rites, ses lieux de cultes. Nous allons cependant nous concentrer sur les rapports entre le clergé Egyptien et le pouvoir Royal Lagide.
Dans quelle mesure, le pouvoir Lagide a-t-il vu dans l’implantation des temples des intérêts dans la mise en place de son empire. De la même manière, comment le clergé a-t-il senti l’utilité que pouvait lui apporter les Lagides dans sa stabilité.
La bibliographie est assez fournie, les sources sont aussi nombreuses (décret de Memphis).

I Temples et sanctuaires d’Egypte Hellénistique.

1) Les temples et la tradition égyptienne.

Dans un contexte d’affaiblissement du pouvoir pharaonique, les temples assuraient seul le maintien des traditions égyptiennes. Mais cela n’a pas commencé avec les Lagides, il ne fera que se renforcer. L’Egypte Ptolémaïque hérite d’un empire très structuré par les temples, par leur pouvoir. Mais la plupart étaient déjà à l’état de ruine, ainsi la période Lagide va permettre la reconstruction de nombreux temples, pour renforcer leur pouvoir. En égyptien, le temple s’appelle le Hout Netjer « le château du Dieu ». Ce temple enceint d’un mur sacré, parfois haut de quinze mètre était percé de portes monumentales, aujourd’hui il ne reste que le portes des temples, l’enceinte ayant servie de carrière depuis l’époque romaine. Les temples étaient très souvent reliés au Nil par une voie sacrée bordée d’une allée de Sphinx et de bélier.
L’entrée monumentale est flanquée de Pylônes. Une fois à l’intérieur nous étions dans une grande cour, la cour des fêtes, péristyle, à ciel ouvert avec des colonnades. Ensuite la salle Hypostyle et sa petite colonnade rappelant la végétation du Nil car le temple doit refléter le réel. Enfin nous accédions à l’espace le plus sacré accueillant la statue divine, le Naos. Il était à l’époque interdit aux personnes autres que le clergé. Il est fermé et sans fenêtre. On trouve dans le temple la barque qui permettait chaque année de transporter la statue du Dieu. Un lac sacré fournissait de plus l’eau servant à purifier, laver quotidiennement la statue du Dieu.
Pour les égyptiens, la statue, était le Dieu. Le prêtre devait purifier l’air, la statue, avant d’apporter le repas au Dieu pour réactiver le lien. On trouve plusieurs grands ensembles à Memphis, à Thèbes, mais c’est au sud que se trouvent les temples les mieux conservés.

Mais les temples ne sont pas des lieux de rassemblement, ce sont des lieux fermés à la communauté, accessible à une minorité de prêtre et du clergé. C’est aussi un lieu idéal, où le monde est idéalisé, où le temple représente le lieu de fusion entre le réel et le panthéon.

2) Le clergé et l’encadrement de la société égyptienne.

Il faut prendre conscience que le clergé n’exerce pas de pouvoirs propres mais exerce des pouvoirs délégués par le pharaon. Le pharaon délègue un pouvoir dont il ne peut pas continuellement se réoccuper. Cela engage des liens entre les Lagides et le clergé. Ils ont la charge de maintenir l’ordre de l’univers pour maintenir l’ordre du monde, une tâche de conservatisme. Les prêtres pouvaient aussi exercer des fonctions civiles, ils se partageaient le culte au cours de l’année, permettant de libérer du temps pour d’autres activités.
Le clergé n’est pas l’apanage d’une minorité. On leur demande simplement de respecter le rite à la lettre ; il n’y a pas de liens spirituels particuliers (à l’inverse des chrétiens), on leur demande d’être de bons spécialistes. Les membres du clergé sont aussi ceux qui possèdent la mémoire, la capacité de lire, d’écrire, d’archiver et ce au-delà de leur fonction religieuse.
Il ne faudrait pas parler du clergé au singulier, il est en réalité multiforme, il est hiérarchisé. Les sacerdoces étaient transmis de façon héréditaire. Il n’y a pas de cursus honorum, un fils de prêtre pouvait reprendre la charge de son père à peine celui-ci décédé. Il représente donc une société très fermée, qui se reproduit par génération avec de véritables dynasties.
La puissance des prêtres se prend aussi dans le domaine économique puisque les prêtres possèdent un grand patrimoine foncier. Les temples veillent particulièrement à ce que ces terres ne soient pas amputées d’une partie de leur superficie.

3) Nouveaux Dieux et vitalité des cultes.

Il est tout à fait étranger au grecs d’imposer leur religion sur une autre, la conquête se fait dans le plus pur respect de la religion égyptienne. Cependant les grecs créaient un nouveau culte, celui de Sarapis. Il s’inspire du culte d’Apis en le transformant en culte gréco-macédonien. Il est évidemment que ce culte est d’inspiration royale, il va ainsi se développer dans toute l’Egypte et notamment à Alexandrie dont il va devenir le Dieu de la ville. Ce Dieu va symboliser l’emprise du pouvoir Lagide sur l’Egypte.
Le culte des animaux fait aussi sa réapparition. Le taureau Apis, avec ses grandes funérailles. Le faucon d’Edfou, Orus avec sa réincarnation chaque année.

II Rois macédoniens et prêtres égyptiens : négociation et collaboration.

1) Le Roi-pharaon.

Le pharaon est le garant de la bonne marche du cosmos, il garantie le bon traitement à l’effigie divine. Il doit faire régner la Maât, l’ordre et la justice. Parce qu’il en est el garant, il y a du point de vue des prêtres tendance à légitimer le pouvoir en place, en raison de cette recherche de stabilité. Le fait que Ptolémée V et ses descendants est leur titre pharaonique signifie une proximité avec le clergé, en retour il devait répondre au « cahier des charges » d’un pharaon. Justice, vaillance, piété, philanthropie… tel devait être les caractéristiques d’un roi pour son accession au titre de pharaon. C’est précisément parce que les Lagides vont respecte les temples qu’ils pourront s’inscrire dans l’histoire religieuse de l’Egypte et entrer dans les temples traditionnels.

2) Le clergé et l’encadrement idéologique et politique du pays.

Le pouvoir ne pouvait être présent partout, à l’inverse les temples présent partout, comprenaient des prêtres à mi-temps, des scribes, qui pouvaient déléguer leur temps à la charge de l’état. Ils pouvaient ainsi devenir les relais du pouvoir royal. C’est en ce sens que la coopération entre le pouvoir royal et le pouvoir religieux va renforcer le pouvoir des uns et des autres, et ce en passant par les élites. Mais la population n’avait pas grand mot à dire, ce qui allaient contre le roi étaient considérés comme impies.

3) La politique royale de bienfaisance et de contrôle.

Les Lagides font reconstruire les temples, augmentent leur taille, revoient les architectures intérieures. Ils auront donc une bonne réputation dans la population égyptienne. L’avancement du temple d’Isis à Philae dépend par exemple de la volonté royale, à Karnac, Ptolémée IV fait restaurer les colonnades des temples de Louxor. Il y a une véritable politique de collaboration avec une somme donnée annuellement syntaxis, impôt offert au temple pour assurer l’effort de construction.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Jeudi 22 mars 2007
Le modèle fasciste

I Le débat historiographique

1) Le débat historique jusqu’en 1950

    Pour analyser et interpréter le fascisme, les premières interprétations sont contemporaines des prises de pouvoirs fascistes en Italie. Soit juste avant, soit juste après la marche sur Rome de Mussolini. Ces interprétations sont datées dans un contexte précis, les antifascistes italiens sont les premiers à avoir tenté de comprendre le phénomène fasciste. Ces interprétations ont prédominé jusqu'à la fin des années 1950. Elles sont au nombre de trois thèses.
    -La première est la thèse libérale. Pour les libéraux Italiens, le fascisme est une maladie morale due à une crise de civilisation de l’Italie. Elle apparaît à partir des années 1920, elle émane des néolibéraux avec leur chef de file : Nitti. Pour eux le fascisme est vu comme un accident irrationnel de l’histoire italienne, un virus, une parenthèse dans l’histoire de l’Italie. Ils prennent à contre-pied les thèses des lumières. Benedetto Croce, philosophe va légitimer par les lettres cette thèse, accident du à un contexte européen, après la première guerre mondiale, en réaction contre le libéralisme et la démocratie. C’est une interprétation commode, dont on peut se défaire, cette thèse est aussi appliquée par certains pour le nationalisme allemand. Cette théorie à beaucoup de défaut, elle décharge les libéraux de toute responsabilité dans l’accession des fascistes au pouvoir. On ne se pose pas de questions, on analyse rien. Il y a donc eu d’autres thèses.
    -La thèse radicale. Émanant des milieux de la gauche italienne non-marxiste, on le retrouve au même moment en Allemagne. Cette thèse s’est développée dans l’Italie de l’entre-deux-guerres, surtout dans les milieux d’exilés anti-fascistes. La teneur, c’est exactement le contraire de la première thèse, il faut rechercher des responsabilités, rechercher les origines de l’action fasciste, des doctrines. Pour les radicaux, le fascisme n’est pas un accident, il répond aux contradictions de l’histoire Allemande et Italienne. On va donc chercher les explications dans la longue histoire de l’Italie. Beaucoup de ces milieux radicaux expliquent que le fascisme est issu dans la récente unité des pays comme l’Allemagne et de l’Italie qui aurait écarté les masses de la politique des états nouveaux. Le secteur économique est aussi la cible des radicaux, l’Italie à été longue à rejoindre les pays ayant fait leur révolution industrielle, de même les écarts entre le nord industriel et le sud, Mezzogiorno toujours très agricole. Son rôle dans l’histoire de la première guerre mondiale, sa neutralité puis son engagement auprès des alliés pour récupérer les terres irrédentes, choses que les alliés ne font pas. Ce sera l’un des grands slogans de Mussolini « la victoire mutilée », les chemises noires seront le symbole du deuil de ces terres. C’est la thèses du produit de l’histoire longue et de l’histoire proche, replaçant le fascisme de l’histoire italienne.
    -La thèse marxiste. Pour cette thèse le fascisme ne peut s’expliquer que sur les structures du capitalisme italien. Pour Lénine, « le fascisme est le stade suprême de l’impérialisme ». C’est le produit de la réaction anti-prolétarienne, cette thèse est développée par le Kominterm, comme une dictature directe de la bourgeoisie sur la classe ouvrière. Ce fascisme traduit les conséquences, la décomposition du système capitaliste (Krak de Wall Street). Cette thèse à pour objet d’empêcher l’alliance des communistes avec les socialistes et des radicaux pour contrer le fascisme. Les dirigeants du parti communiste italien vont continuer à développer cette thèse jusqu'à aujourd’hui.

    2) Le débat jusqu’au milieu des années 1970.

    Les trois interprétations précédentes ne disparaissent pas, elles s’empilent, s’affinent, se rénovent. Les historiens s’intéressent désormais à la vision des sociologues, des psychologues, des linguistes, des psychanalystes. On pose le débat avec une série de questionnements. On dépasse les trois thèses pour creuser le fascisme, la première étape s’intéresse aux origines du fascisme. Les grandes tendances sont rénovées par les autres sciences humaines. On abouti à un consensus des grandes écoles historiques sur le fascisme. Il porte sur le contexte de l’Italie pendant la guerre, après la guerre, la crise… Tout cela ayant facilité l’émergence du fascisme.
    -Les origines. La guerre à mis en mouvement les masses italiennes, elles attendent des changements politiques, ils ne viendront pas. La guerre à servi à mettre en place le thème fasciste de la victoire mutilée. Appartenant au camp des vainqueurs, ils n’obtiendront pourtant rien, on en arrive à un ultra-nationalisme.
    -Nature et évolution du régime fasciste. Les historiens font la différence entre le fascisme d’opposition et le fascisme autoritaire, de gouvernement. Avec Mussolini, le régime se raidit à partir de 1926. la fascisme est le produit d’une petite bourgeoisie italienne qui présentait des caractères révolutionnaires. Mais cette petite bourgeoisie va devenir l’alliée de la grande bourgeoisie, pour devenir une force contre-révolutionnaire. Hitler fera disparaître ces résidus d’éléments de gauche lors de la nuit des longs couteaux. Ce sera le grand apport de l’histoire des années 1960. Toutes les tendances de gauche, anarchisantes vont êtres gommées par Mussolini, l’esprit réactionnaire va l’emporter sur l’esprit révolutionnaire. Le grand patronat, la grande bourgeoisie l’emporte sur les idéologues petit-bourgeois.
    -Le fascisme est les intérêts privés. Il y a divergence entre les interprétations des historiens. Les marxistes ne changent pas leur vision, son seul but est d’abattre la classe ouvrière, il est donc lié avec les intérêts privés. Une autre analyse est une fusion conjoncturelle, stratégique avec les grands groupes. Mais c’est une alliance tactique pour mener le fascisme à la victoire. La troisième interprétation est à mi-chemin entre les marxistes en l’alliance tactique. Il y aurait eu une mainmise de l’état donc du fascisme sur les grandes entreprises. Ces entreprises en sont sorti gagnantes.

    3) Les développements récents du débat.

    En Italie les travaux sur le fascisme ont été renouvelé par Renzo de Felice l’historien Italien spécialiste du fascisme. Ses livres ont donné lieu à de grands conflits, Totalitarisme à l’Italienne en 1974, sa biographie de Mussolini en 1975. Mais cet historien essayait de légitimer l’action de Mussolini dans la période, les trains arrivaient à l’heure. Pareil, les Italien se seraient largement accommodé du fascisme entre les accords du Latran et la guerre d’Ethiopie. En 1929 les accords prévoyant la création du Vatican, jusqu’en 1935 avec la conquête de l’Ethiopie les Italiens n’auraient rien eu à redire sur el Duche. Les thèses de Felice démontrent qu’il n’y a rien de comparable entre le fascisme italien et le nationalisme allemand. En Allemagne, les mesures antisémites datent de 1933 alors qu’en Italie elles ne commencent qu’en 1938. De plus le fascisme Italien aurait une matrice de gauche, très anarchisante, syndicaliste dans le premier fascisme italien. Troisième thèse, il y a eu un consensus des masses italiennes au sujet du fascisme. Quatrième thèse, il y a eu un véritable totalitarisme Italien, un totalitarisme achevé. Mais ce totalitarisme était différent des Nazis comme des Soviétiques. Il s’est fondu dans l’état, qui absorbe le parti unique, en Allemagne, les nazis l’emportent sur l’état. Enfin Felice situe le tournant totalitaire de l’Italie en 1937, isolement économique, antisémitisme, véritable révolution culturelle italienne en 1937-1938 (cinéma, livres d'écoles...). Il y a bien une singularité du fascisme italien.

II Le modèle fasciste

    Le fascisme est original parce qu’il veut créer un ordre nouveau, un homme nouveau, prendre l’humain en charge de sa naissance à sa mort.

1) Les conditions de la naissance du fascisme.     

Bernstein et Milza définissent le fascisme lorsque trois conditions sont réunies. Premier point de vue, le fascisme se différencie des dictatures car il est historiquement daté des débuts du XXème siècle. Contrairement aux dictatures, le fascisme contient un contenu social original qu’il tient de ses couches moyennes qui le composent. Le fascisme se caractérise par une politique qui lui est propre, une politique totalitaire, l’encadrement tout au lon de la vie.

-Un phénomène de la première moitié du XXème siècle qui pose le problème entre le fascisme et les masses. Le fascisme est né en Italie en 1919. Il prend le pouvoir en 1922. Il est le fruit d’une fascination de toute l’Europe à son sujet. Pourquoi ce phénomène est daté du lendemain de la première guerre mondiale. Certains historiens, notamment les historiens israéliens pensent que le fascisme précède la guerre et qu’il est issu de la France… Mais la communauté historienne ne retient pas ces thèses. L’Italie à raté son unité, à mis longtemps à intégrer les masses en politique lors de l’unité. Les masses ouvrières et paysannes ont continué à être écarté de la politique jusqu’en 1910. La bourgeoisie leur promet des améliorations de leur niveau de vie en cas de participation à la guerre, mais elles ne seront pas satisfaites, elles ne pourront pas s’exprimer en 1919. 
-L’apparition des partis de masses, avec le PNF (Parti National Fasciste), vont cristalliser les besoins de participation politique des masses ouvrières et paysannes.

2) Fascisme et classes moyennes.

Le fascisme participe d’un phénomène intéressant, contrairement au communisme, il recrute surtout dans les classes moyennes et à moindre mesure dans les masses paysannes. Mais qu’est-ce que les « couches moyennes », les fonctionnaires, les salariés, des petits patrons à leurs comptes, des artisans, quelques professions libérales. Il s’agit vraisemblablement de la définition la plus vague des concepts économiques. IL s’agit d’une cheville entre les classes ouvrières et les classes dirigeantes. C’est un groupe qui à une représentation commune et qui est conscient de celle-ci. Le groupe est hétérogène, hétéroclite variant selon des classifications particulières.
Ces couches moyennes ne veulent pas êtres assimilées au prolétariat, elles en sont issue et ne veulent pas y retomber. Elles visent l’accession à la bourgeoisie, l’image est celui de la promotion sociale. Le système de valeur qu’elles ont en commun c’est l’ascenseur social. Mais alors qu’elles étaient plus ou moins protégées, l’inflation due à la guerre à fait largement diminuer le pouvoir d’achat, ruiner leur épargne. Au lendemain de la guerre, cette couche sociale voit ses revenus diminuer, elles n’ont donc plus qu’une crainte : retomber dans la pauvreté, dans la catégorie des ouvriers. Elles sont anti-communiste, anti-bolchévique car elles pensent que les communistes les feront retomber dans le prolétariat, les classes moyennes se tournent donc vers le fascisme.
Elles vont aussi se chercher des boucs- émissaires, le communisme, le système politique et la démocratie libérale, les juifs pour l’Allemagne. Elles sont donc à la fois anti-communistes et anticapitalistes. Les classes moyennes cherchent donc le recourt à un homme fort, autoritaire, un régime solide capable de lutter contre le communisme et les concentration de capitaux. Mussolini (et Hitler) est le prototype de ces couches moyennes. La troisième voie pour elles sera donc le fascisme qui éveille d’autant plus enthousiasme que les slogans fascistes sont simples et réducteurs. « L’extérieur » est aussi un ennemi au même titre que le communisme et le capital, la France, le Royaume-Uni sont ainsi conspuées pour leur richesse et leurs colonies. Le thème du complot permet de dériver les frustrations de la société italienne vers l’extérieur en instrumentalisant le nationalisme contre les puissances victorieuses. Le fascisme oppose les nations prolétaires que serait l’Italie et l’Allemagne face aux nations nanties France et Royaume-Uni. De cette analyse ressort la nécessité d’un état et d’un homme providentiel, fort. Il faut redonner à l’Italie la gloire de l’empire Romain. De plus le fascisme prime le collectif sur l’individu (à l’encontre des philosophes des lumières) on privilégie donc l’état. La lutte des classes marxiste est donc balayée et défend la collaboration interclasses, les corporations. La propriété privée est protégée par le fascisme, cela est indispensable pour les classes moyennes.
Cette troisième voie doit plaire, coller aux aspirations des couches populaires qui souhaitent accéder à la bourgeoise. En réalité, le fascisme n’a pas respecté ses engagements, il a conclu un accord avec le capitalisme. L’alliance n’a seulement été dirigé vers un ennemi : le communisme, sorte de fil rouge du fascisme et du national socialisme.

3) Sa dimension totalitaire.

La totalitarisme est la forme du fascisme, c’est la condition de sa mise en place. Sans le totalitarisme, il n’y a pas de fascisme : il s’agit de nationalisme ou de dictature. La première condition, c’est la violence, mais elle ne suffit pas à définir le fascisme. La violence c’est celle de troupes d’assaut fascistes, des SA, des SS.
Le totalitarisme d’adresse à ces masses, ces masses que l’on doit intégrer, encadrer. Le totalitarisme implique de nouveaux moyens modernes de propagande, journaux, radio, cinéma… Tous les discours sont préparés gestuelle comprise. L’état fasciste avait pour projet de contrôler la vie de l’homme et de la femme même dans la sphère privée et spirituelle.
L’état doit contrôler tous les moyens  d’éducation, on revoit les manuels, on contrôle tous les moyens d’information, de formations de connaissance. La jeunesse est particulièrement visée, elle est enrégimentée, formée. Pour les adultes, tous leurs loisirs seront contrôlés. La caractéristique la plus tardive pour l’Italie sera le racisme en 1938.

III Le fascisme Italien.

1) Etude de cas, le fascisme italien.

L’Italie post guerre mondiale traverse plusieurs crises.

-La crise nationale.

Après la guerre, il y a la conférence de paix de 1919. Orlando, le premier ministre italien la quitte avant même la signature du traité car l’Italie ne recevra pas les terres irrédentes promises. Elle ne trouvera pas sa place au sein des grandes puissances victorieuses.

-La crise économique et sociale.

Elle est, elle aussi, héritée de la guerre. L’économie de guerre aura du mal à se reconvertir en économie de paix. L’Italie a emprunté beaucoup d’argent, elle ne pourra pas rembourser de suite. Il y a le phénomène de ruine, d’inflation, qui entraîne une rancœur contre l’état, attisée par un esprit « ancien combattant ». Il y a une crise importante de la paysannerie italienne. On avait promis aux paysans partant à la guerre des terres, aucunes promesses n’est tenue, rien est en vue. Les ouvriers voient aussi leur salaire réel, leur pouvoir d’achat diminuer.  La crise est donc totale.
Ceci va avoir des conséquences très graves, les paysans occupent les terres qu’on leur avait promises, les ouvriers occupent leur usine (Fiat à Milan et 1920). 

-La crise politique.

Devant cette crise, l’état devrait intervenir mais rien ne bouge. En réalité, l’Italie comme l’Allemagne n’ont pas de culture démocratique, pas d’enracinement de la démocratie. Il faut donc reprendre le cours de la vie politique, des élections législatives sont donc organisées. Les deux partis qui se détachent sont le PSI (Socialistes) et le PPI (Populaire, démocrates-chrétiens). Les socialistes refusent de former un gouvernement avec la droite. Les démocrates-chrétiens se tournent donc vers les petits partis sur l’aile droite, minoritaire, sans volonté politique.

C’est le fascisme qui tirera tous les profits de cette crise.

2) Le fascisme : un produit de la première guerre.

Le premier fascisme, le premier faisceau de combat est fondé très tôt, en 1919. Mais il a plusieurs composantes. Une composante nationaliste, les « Arditi », des anciens combattants hyper nationalistes. Ce sont des troupes d’assaut armées qui vont occuper manu militari la ville de Fiume (en terre irrédente). Ils formeront les futurs cadres du parti.
Mais il y a une deuxième composante issue du nationalisme révolutionnaire. Un fascisme révolutionnaire, d’extrême gauche. Les corps proviennent du syndicalisme révolutionnaire de l’époque. Mussolini a ainsi commencé à gauche.
Le programme a donc des propositions nationalistes mais aussi socialisantes et parfois anarchisantes. Le but de Mussolini est de capter la classe ouvrière et de la soustraire à l’influence socialiste et de la CGT italienne. Le résultat est médiocre, le parti se développe lentement. Mais à partir de 1920, les fascistes se mettent au service de la bourgeoisie car les troupes de son parti vont servir à remettre de l’ordre après l’occupation des terres et des usines. Après cela, il devra revoir son programme en direction de la bourgeoisie.
Il y a ensuite une double stratégie de Mussolini pour arriver au pouvoir. Première possibilité s’inscrire dans une logique légale a-en jouant le jeu des élections. La seconde est une stratégie illégale liée à la force, à la violence contre les socialistes et les communistes.

    En 1921, nous trouvons ainsi un état, un gouvernement paralysé, un roi absent. De l’autre côté il y a le Duche qui fait régner la violence sur le pays. Les organisations de gauche lancent des grandes grèves pour arrêter la dégradation de ce pouvoir bicéphale. Pour résoudre la grève, le parti national fasciste se substitue à l’état, lance un ultimatum au force de gauche en leur enjoignent de rétablir l’ordre auquel cas se serait au fascisme de le faire.
    La PNF brise donc l’élan social avec la comédie de la marche sur Rome. Il y a toujours le double jeu, à la fois Mussolini entame des pourparlers avec le gouvernement et une monté des troupes fascistes sur Rome pour s’emparer du pouvoir. Mais il y arrivera légalement, convaincu par les entrepreneurs et le gouvernement, le roi nomme Mussolini président du conseil. Il a occupé le vide laisser par le régime de monarchie parlementaire. Il a joué de son double tactique. Il s’agissait d’une mauvaise comédie.
    Une fois nommé président du conseil, en octobre 1922, le fascisme est au pouvoir.

3) La pratique fasciste au pouvoir.
-Première chose, il n’y a pas de projet précis de gouvernement pour les fascistes. Entre 1922 et 1926, la première période sert de rodage, d’expérience à l’état fasciste qui se mettra en place en 1926. En 1924, le régime à montrer son véritable visage en assassinant le député socialiste Matteotti par les fascistes sur ordre direct de Mussolini. À partir de là, ce dernier peut promulguer les lois fascistissimes qui suppriment les libertés, dissout les anciens partis, créer la police politique OVRA.
    -L’état Fasciste. La réalité du pouvoir est concentrée dans les mains du Duche. Il est el chef du gouvernement, il a dans ses mains la totalité des trois pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire. Son statut est quasi monarchique, développant de plus un véritable culte autour de sa personne. Les anciennes institutions restent en place au début mais elles sont vidées de leur substance et remplacées par des structures du parti. En 1928, le grand conseil fasciste est créé, il nomme ainsi personnellement tous les députés. L’armée est indirectement contrôlée et surveillée par les milices fascistes, il s’occupe des institutions locales en doublant les fonctionnaires par des fascistes.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : Cours de spé contempo
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