Mercredi 22 novembre 2006
III ) L’économie des Îles
Son poids économique va grandissant tout au long de notre période et sans commune mesure avec celui qu’elle aura au XVIIIème. Le poids des îles pour la métropole devient plus en plus grand mais aussi (à la différence de ce qui se passe en Nouvelle-France), le sentiment indépendantiste des colons se développe, d’où une méfiance envers la métropole entraînant des aménagements économique pour conserver leur fidélité.
A ) Des économies de subsistances et commerces locaux
Conflits incessant des les îles, développement de milice pour faire face aux guérillas, défense par les colons de leurs îles. Les systèmes économiques se développent donc à l’échelle locale. Ils sont soit soutenus soit combattu par les métropoles.
1) l’activité des boucaniers et flibustiers.
Les boucaniers sont les coureurs des bois des Antilles, ils doivent leur noms du caraïbe « Boucan », littéralement viande Fumée. Ils mènent une activité de chasse et de transformation de la viande qui assurent un approvisionnement aux populations et aux bateaux corsaires. Cette activité n’a rien de marginale, elle s’articule autour des circuits commerciaux qui animent les Caraïbes. Cette activité se développe jusqu’en 1730.
Les flibustiers ont une activité internationale, le nom vient du Hollandais « libre faiseurs du butin », ce sont des pirates qui vivent de leur butin et de la revente d’esclaves fugitifs. Ce commerce joue un rôle important aux Antilles. Cette piraterie est tolérée jusqu'à la fin du XVIIème, mais progressivement les états essayent de l’encadrer pour mettre les pirates à leur service. Cet encadrement est rendu possible par le contrôle renforcé de la marine dans le cas de la guerre de course.
2) L’importance de la Course dans le développement économique des Antilles.
La guerre de course est le fait qu’un état, en l’occurrence la monarchie donne aux flibustiers des « lettres de marques » pour pratiquer des raids contre l’ennemi dans un contexte de guerre entre états. C’est une activité privée mais encadrée par l’état a qui l’on reverse un part des gains (beaucoup d’archives sur ce sujet). Le père Labat en parle aussi longuement car témoin direct de ces agissements, il décrit les fortunes accumulées par l’état grâce à ce système.
Cette guerre s’inscrit dans une guerre économique car plus que le pillage de navire, on invite les flibustiers à piller les rivages, les propriétés, les esclaves devenant un butin de choix (en enlevant la main d’œuvre de l’ennemi, son économie ne se développe plus). Ce n’est pas une économie de création de richesse mais bien de « prédation de richesse », on ne produit rien, on pille l’économie de nos ennemis.
L’état intervient par la course mais aussi la
3) la tolérance du commerce interlope
Le gouvernement dans son économie des îles laisse se développer un commerce de contrebande quitte à le favoriser avec la création en 1698 d’une compagnie. Les capitaux y sont privés mais lié aux structures de l’état (roi, famille royale, ministres, pairs, grands financiers). Il s’agit de la compagnie de St Domingue, qui officiellement doit développer le commerce dans la partie française de l’île (au lendemain de la paix de Reswig). Cette compagnie est autorisée à commercer avec tous les pays sous domination espagnole. Elle doit aller combattre l’exclusive des autres nations en combattant les autres puissances européennes. Ses bateaux fonctionnent comme des contrebandiers, ils approchent des côtes illégalement, sont armés comme des navires corsaires. Ils vendent des marchandises françaises illégalement dans toutes la mer des caraïbes. La marine espagnole poursuit ces navires, mais la supériorité de la marine française permet l’enrichissement des îles comme des actionnaires de ces compagnies.
L’enrichissement des habitants des îles vient du fait que certains d’entre eux font partie des équipages et aussi du versement d’argent en guise de protection. Cette économie est donc propre aux Antilles, en partie autorisé, en partie interdit, cela joue un train grand rôle dans l’approvisionnement et l’enrichissement des Antilles.
4) Le développement de l’agriculture aux Antilles
Agriculture très liée au fonctionnement des Antilles, une agriculture de subsistance avec des produits locaux ou provenant des Amériques et de l’Afrique. La patate douce, la banane, les haricots sont cultivés pour leur consommation directe. Une culture est développée pour le commerce, il s’agit du tabac, produit échanger contre ceux de la métropole. Cette activité est en recul dès le XVIIIème car tout le monde commence à en cultiver, le meilleur étant semble-t-il celui des colonies anglaises. Reste aussi le café, l’indigo, le thé… Dans cette phase de développement des plantations, l’indigo joue un rôle à part, c’est une culture qui demande beaucoup de main d’œuvre, récolter les feuilles… Ces installations ne coûtant pas très chères, elles sont développées par beaucoup de propriétaires. Marie-Galante d’abord, grandes Antilles ensuite mais aux dépens des petites îles. Parallèlement de l’indigo se développe la culture du coton. Les débouchés du coton dépendent des activités métropolitaines, de l’agressivité des marchands européens. Les protections des producteurs de pastel va aussi nuire à l’indigo car elle en limite l’import.
5) Le développement du sucre.
L’économie sucrière se développe dans le cadre des grandes Antilles. Dès le XVIII ème ce développement est accéléré par le contexte international et la victoire sur l’Espagne et la possibilité d’importer des esclaves pour les espagnols réduisant aussi le coût de leur transport pour les Antilles Françaises. Ce développement est favorisé par l’état, en 1702 la compagnie de Guinée (toujours à monopole), donne une nouvelle dimension à cette activité.
B) Une économie de plus en plus intégrée à celle de la France
Elle dépend donc de plus en plus du commerce international qui est un des aspects majeurs de ce commerce pour le XVIIIème siècle.
Le commerce est désormais maîtrisé, contrôlé à l’échelle du globe par les deux grandes puissances que sont l’Angleterre et la France. L’économie des îles est un maillon essentiel de ce commerce international.
1) Le commerce triangulaire
Il s’agit d’une navigation longue permise par des nouveaux moyens de navigation et nécessitant de grands capitaux. Ce commerce ne peut être réalisé que dans le cadre de grandes entreprises d’où l’importance des compagnies. Il s’agit de transporter des marchandises à partir des ports européens (de l’Atlantique pour la France), bordeaux étant le premier port français à entrer dans cette économie. Les bateaux emportent des marchandises fournies par la métropole et contribuent au développement économique de cette dernière. Les cotonnades (qui se développe ainsi beaucoup), l’alcool (prodigieux développement de la vigne qui a limité d’ailleurs l’émigration des paysans), du plomb, du fer pour les armes (lié au développement de l’industrie), ces marchandises sont échangées contre des personnes razziées sur le continent africain. Ces personnes sont recherchées de plus en plus loin sur le continent et ce commerce est orchestré par les monarques africains autour des comptoirs français (île de Gorée). Le contrôle de cette côte africaine est un des éléments de maîtrise du commerce mondial. Cet échange est souvent long, plusieurs mois pour remplir un bateau, donc une importance des capitaux, car les délais sont longs et le capital est immobilisé pendant longtemps, ce n’est pas un commerce rentable... Il y a beaucoup de pertes lors des traversées, on essaye de les limiter par des mesures d’hygiènes… Les négociants achetant dans les îles payent soit comptant soit en nature (peu de monnaie sur les îles) soit a crédit.
La difficulté de ce commerce consiste à récupérer du fret pour le retour : ce commerce s’articule donc avec un commerce en droiture avec l’Europe. Il faut quatre à cinq navires de fret pour rentabiliser un navire d’esclave. Le paradoxe se trouve entre les intérêts trouvés par la monarchie et par les négociants avec ce commerce. Les intérêts du commerce se trouvent dans le sucre, si le sucre est raffiné, il est plus transportable et rentable (on nécessite de nombreux esclaves pour la culture de la canne…CQFD).
La population des îles est une accumulation d’esclaves, même si la France reste sur ce point très loin de l’Angleterre avec une économie de traite trois fois supérieure à celle de la France. Cette économie dépens de celle de la métrople à l’inverse de celle de îles.
2) le commerce en droiture
Le commerce direct avec l’Europe est le plus important, le plus rentable, notamment comparé avec celui des esclaves. Le taux de rentabilité entre du vin et des esclaves est incomparable (trajets plus court, sommes moins importantes…). Cependant ce commerce en ligne droite ne pourrait ce faire sans celui des esclaves. On exporte beaucoup de denrées agricoles de France. Il y a des conséquences à l’échelle régionale sur le développement de l’agriculture française. Le développement des élites des villes conduit aussi au développement du café, du tabac et du cacao.
C) l’économie de plantation
Développement lié à une nouvelle économie d’échange. On produit des denrées pour des destinations lointaines, uniquement pour l’exportation. Cette économie est caractérisée par la monoculture. Culture de Tabac, puis d’indigo puis de cannes à sucre toujours sur le principe de la monoculture. Celle de la plantation sucrière est la plus aboutie, main d’œuvre nombreuse, travaillant sur des rythmes de temps très irréguliers. Les investissements sont lourds, l’outils de productions coûteux (moulins, les conséquences économiques liées au spécificités de cette économie.
Ces exploitations bénéficient des capitaux métropolitains, surtout de paris, avec de nombreux membres de l’appareil d’état. Il s’agit d’une exploitation directe par des petits propriétaires. Le propriétaire peut être absent mais dispose de régisseurs, il est par contre le seul actionnaire. Cette économie est évidemment lié à l’esclavage, main d’œuvre asservie qui seule à rendue possible une concentration aussi importante d’hommes nouveaux sur quelques décennies, il s’agit d’un monde clos.
Conclusion un brin cynique. L’essor est spectaculaire, il se traduit par un poids financier des îles et dans les exportations de la France devenus très important et sans commune mesure avec la Nouvelle-France (de 1 à 30…). Il y a une limite des hausses d’activité et du profit lié au commerce négrier. Le profit ne vient pas des esclaves, mais de ce qu’ils produisent. Ce système florissant avec des milliers d’esclaves but sur une stagnation du profit lié à la baisse du commerce négrier. Le coût humain ayant tendance à augmenter (plus loin…). Le coût de l’être humain étant incompressible à l’inverse de celui des machines se développant à l’époque.
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