La Rivalité Franco-Anglaise en Amérique et son dénouement

Publié le par Les L3 d'histoire de poitiers

La Rivalité Franco-Anglaise en Amérique et son dénouement

    La guerre de sept ans fut une guerre, une rivalité globale pour la domination des mers, notamment dans les Caraïbes. Les Anglais la nomme « la guerre pour l’empire », les Québécois l’appellent « la guerre de conquêtes ».

I Un projet impérial contrarié

1) Un nouveau départ

En 1701, à la veille de l’entrée de la France dans la guerre de succession d’Espagne, un nouveau projet est lancé par le Roi. Ce qui intéresse Louis XIV, c’est le premier établissement créé en Louisiane. Louis arrive à obtenir le trône d’Espagne pour son petit fils, il obtiendrait donc les territoires coloniaux espagnols, il espère même la fusion de ces territoires avec les possessions françaises. L’ennemi, c’est l’Angleterre, une stratégie d’encerclement de leur colonies est donc souhaitée. Malheureusement pour le Roi, la guerre de succession d’Espagne ne se termine pas très bien et le traité d’Utrecht ouvre quelques brèches dans le front colonial Français. La Nouvelle-France doit céder l’Acadie à l’Angleterre, Terre-Neuve subit le même sort, la St-Laurent n’est donc plus protégés. Il faut donc renforcer au maximum la Louisiane pour compenser les pertes, pareil pour l’île St-Jean et quelques petits territoires restés sous le giron Français. Toute une série de forts sont aussi construits le long de la frontière continentale avec les colonies Britanniques.

2) Des signes de fragilité

La démographie, 70000 colons seulement contre les 2 millions de Britanniques. L’économie, la Nouvelle-France est à la traîne, loin derrière l’expansion Américaine. Ces colonies sont de plus en conflit permanent avec leurs métropoles qui veulent limiter l’indépendance des premières. L’autre fragilité tient à la francophobie qui s’ajoute aux tensions entre Anglais et Français. Cette hostilité permet même au Anglais de conserver leur autorité sur leurs colons américains.

3) L’épine Acadienne

Depuis sa perte, la France à toujours l’ambition de reconquérir. Mais les Acadiens prêtent serment au Roi d’Angleterre en refusant simplement de se battre aux côtés des britanniques. Cela n’est pas forcément un rejet de l’Angleterre que la volonté de pouvoir conserver une indépendance linguistique et religieuse. Les Acadiens ont neutralisé la résistance des Indiens Micmacs. Les choses auraient pu en rester là, mais une fois la paix signée, la situation évolue. Plusieurs provocations de la France avec la création de deux forts dans un projet global de création d’une nouvelle Acadie en attirant les populations Françaises en terres Anglaises. Plusieurs curés de paroisse vont même s’efforcer à faire passer des familles de l’autre côté de la frontière. La réplique anglaise est cinglante : création d’Halifax, migrations de populations anglaises et protestantes pour contrebalancer le rapport de force.Une nouvelle guerre se fait sentir et les gouverneurs Anglais vont chercher à se débarrasser de ses colons francophones. Cornwallis voudrait assimiler les populations francophones, mais son successeur : Charles Laurence trouve que cela prendrait trop de temps et décide donc de la déporter dans les treize colonies britanniques, il s’agit donc du grand dérangement. Cet épisode qui se déroule en 1755 à lieu au début de la guerre de sept ans et participe à la dégradation des relations franco-britannique.

II La guerre pour l’Empire

    Pour comprendre cette guerre, il faut partir du traité précédent, celui d’Aix-la-Chapelle, qui se traduit pas un statu quo général. Ce statu quo est important car les problèmes subsistent. Problèmes qui seront à l’origine de la guerre de sept ans. Certains historiens n’hésitent pas à qualifier cette guerre de premier conflit mondial car elle se joue sur tous les continents : Europe, Amérique du Nord, Inde, Océan Indien et golfe de Guinée.

    1) Les étapes de la chute de la Nouvelle-France.

    L’Ohio reste un fleuve clef. Les anglais essayent d’utiliser leur allié Iroquois pour inciter les Delaware et les Shonies (sous protection française) qui font parti de leur confédération pour se révolter contre les Français. Ils vont donc utiliser Washington avec la Ohio company, pour prospecter les potentialités foncières de l’Ohio. Pour s’en emparer, il faut provoquer un conflit direct avec la France. Washington se rend dans la vallée du fleuve, la France envoie Jumonville qui se fait descendre par pure provocation. La France reprend donc Fort-Nécessité (commandé par Washington), le frère de Jumonville venge donc son frère. L’Angleterre riposte à Monongahéla mais perd. La France reprend l’offensive avec Montcalm qui s’empare de plusieurs forts. En 1757, Montcalm réussit à prendre le Fort William Henry, dernière victoire française de la guerre. La situation se retourne contre la France.
    Le conflit se jouera désormais sur mer, mais la France perd 8000 marins à Brest dans une épidémie de typhus…

    2) Le rôle des amérindiens

    Un rôle quantitatif, les indiens fournissent de nombreux hommes, mais surtout qualitatif : la guerre de raid (voir le premier cours). Attirer l’ennemi en forêt, choisir sa cible, l’exécutée. Utilisation des coureurs et des pisteurs. Ces techniques sont efficaces car elles utilisent la peur de l’autre. Cela génère une ambiance déstabilisante pour l’adversaire. Bougainville comme d’autres européens dénonçaient l’inconstance de cette force, la difficulté de les mobiliser, leur indiscipline… Montcalm on le sait était hostile à l’utilisation des indiens, à l’inverse de Vaudreuil, né sur place. L’épisode de fort William-Henry, la garnison anglaise capitule, on lui promet son retour mais Montcalm méprisait les objectifs de guerre amérindiens, ces derniers ont donc attaqué les anglais, 200 tués et 300 prisonniers.

3) La situation aux Antilles

     Les anglais et les français se battent sur mer, à la fin de la guerre de sept ans, les anglais ont conquis, la Nouvelle-France mais pas trop d’îles dans les antilles.

III La paix et le changement de souveraineté

    L’Espagne entre en guerre au côté de la France et bouscule les enjeux de la paix.

1) Les négociations et le traité : déserts glacés contre îles à sucre

Les négociants anglais étaient très favorables à une annexion des îles par la couronne britannique. Mais les colons y étaient défavorables, craignant une trop grande concurrence des îles françaises, c’est ce parti qui l’emporta en Angleterre.
En France, les îles veulent être gardées : elles sont riches et utiles à l’allié espagnol. Quelques commerçants bordelais veulent conserver le Canada pour son commerce triangulaire. Mais ce n’était pas l’opinion du ministre Choiseul quoi voulait lui sacrifier le Canada, plus rentable et peu être moins francophone que les îles, un grand territoire révolutionnaire, il a vu juste (=> 1776).
Le traité de Paris est signé le 10 février 1763. Cession du Canada, concessions de pêche, cession de la Louisiane, conservation de St-Pierre et Miquelon.

2) Canadiens et Amérindiens sujets du roi George

La traité garantissait la liberté du culte catholique notamment au Canada. La langue française est reconnue et le Québec act élargit la province du Québec à l’Ohio et au Labrador. Cela déplait fortement aux colons Anglais qui n’attendaient que l’occasion de s’accaparer ces territoires. Ses privilèges étaient fait pour diviser la colonie canadienne et pour éviter que le Québec, différent des autres colonies, ne se rebelle.
On donne aux amérindiens le territoire à l’ouest des Appalaches.

3) Soulèvements et Nostalgie

Malgré ces promesses, les indiens se soulevèrent. La révolte de Pontiac, chef Otawais. Les américains useront des bonnes relations des français avec les indiens pour arriver à la fin de leur volonté d’indépendance. Les français ne voulant pas reconquérir le Canada ils n’ont jamais aidé les indiens à se soulever. Les français étant devenu des alliés privilégiés des Américains préféraient servir ce nouveau pays plutôt que les Anglais.



Publié dans premier semestre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article