DE L’ÉCHEC DE LA RESTAURATION À L’ENRACINEMENT DE LA RÉPUBLIQUE : La voie française vers la démocratie libérale (1830-1890).
Genèse de la démocratie libérale.
Succession de différents régimes politiques. Arrêt en 1890 après
la crise boulangiste (1889). La III° république est bien enraciné en France et avec elle :
la démocratie libérale.La démocratie libérale est un régime qui garantit liberté et égalité pour tous les citoyens y compris le droit de vote.
Réalisation du projet de la
Révolution Française, c’est la réalisation de la souveraineté du peuple encadrée par des institutions représentatives dont le plus important : le Parlement. La démocratie mis 100 ans à naître, la Révolution étant le point de départ fondamental pour comprendre l’histoire politique de la France contemporaine, c’est un événement fondateur.
Pierre Levêque,
Histoire des forces politiques en France (1789-1880), Armand Colin, 1992.
La Révolution est la « matrice ». Elle a conduit à l’enchaînement d’événements, des États généraux à la chute de la monarchie, la mort du roi, en passant par la Terreur, au coup d’état de Bonaparte, à la formation du
Ier Empire.
« Séisme » politique et social, traumatisant pour les uns, tous ceux qui sont attachés à l’Église, libérateur pour les autres. C’est un souvenir qui hante, obsède la France, l’Europe du XIX° jusqu’au centenaire en 1889. Choc considérable d’où, un contre choc, une onde de choc puissante, qui s’étend surtout au XIX°. Le XIX° à prolongé la Révolution française pour certain.
François Furet, Histoire de France, La Révolution de Turgot à Ferry (1770-1880), Hachette, 1988.
Pour lui, elle dure 100 ans dans l’histoire de France. Ce n’est qu’en 1880 que cette révolution « rentre au pont ». La République est installée. La Marseillaise devient l’hymne national. Tous les régimes à partir du Consulat se sont donné pour but de « terminer la Révolution » (Bonaparte), « clore l’ère des révolutions » (L-N Bonaparte). Aucun n’a réussi avant la troisième république.
I) PRINCIPES ET LIMITES DU LIBÉRALISME CENSITAIRE.
A) 1814-1848 : le « moment anglais » de l’histoire de France.
En 1814, des contextes de défaites militaires et d’invasion de la France. Louis XIII instaure avec la Charte Constitutionnelle un régime libéral et censitaire qui rapproche la France de l’Angleterre.
Depuis la
« Glorious Revolution » 1688-1689, l’Angleterre évolue vers un régime libéral, considéré alors comme un modèle par une grande partie des élites françaises.
La monarchie est libérale, les pouvoirs du monarque sont limités, ils ne sont pas absolus. Ils sont contre balancés par un autre pouvoir que représente le Parlement bicaméral (chambre aristocratique des Lords en Grande Bretagne et des Pairs en France plus une autre élue par une partie des citoyens).
Régime censitaire : seules les élites de la fortune votent et envoient des élus à la chambre basse. La représentation de la France des notables. Sous la Restauration, le roi à plus de pouvoir qu’il en a en Angleterre. La Restauration conserve un « parfum » d’ancien régime, ces allures la rende plutôt impopulaire en France. Elle est surtout impopulaire à Paris et dans certaines grandes villes qui n’aiment pas les bourbons et les nobles).
La vieille noblesse et l’Église catholique ont de plus en plus d’influence : les ultras (royalistes) en particuliers sous
Charles X, le Roi ultra (1824-1830). Ce retour en arrière menace et provoque la Révolution de Juillet 1830. Le Roi prétend imposer ses vues au Parlement ce qui donne lieu à des révoltes surtout à Paris. Cette révolution à mobiliser le peuple de Paris mais est largement dominé par les élites libérales issues de la bourgeoisie (
Thiers ou le grand banquier Laffite) qui sont parvenues à écarter l’idée d’une république et à imposer un nouveau roi :
Louis Philippe duc d’Orléans, le « roi citoyen » (1830-1848). Il se présente comme le roi des Français, son pouvoir tire sa légitimité de la Nation. Louis-Philippe est un cousin de Charles X. Il prête serment devant les députés à la Charte, il accepte le retour du drapeau tricolore. La France reste une monarchie constitutionnelle modifiée en 1830, elle est un régime censitaire à l’Anglaise mais beaucoup plus restreinte. En 1831, le corps des électeurs doubles. À titre de comparaison : en 1832, en Angleterre, il y a un électeur pour 150 habitants alors qu’il y en a 1 pour 30 en France après la réforme de 1832.
Les 3 glorieuses n’entraînent qu’un tournant limité. Changement symbolique : triomphe du libéralisme, une partie des notables reste fidèle au bourbon, se sont les légitimistes et sont partisans du comte de Chambord et de la monarchie traditionnelle. C’est un courant politique important, mais le comte de Chambord, Henri V meurt en 1883.
Les notables bourgeois ont remplacé des notables nobles mais ce sont toujours des notables qui gouvernent la France.
B) L’Orléanisme, un courant libéral et conservateur.
Ce courant prend son origine dans la droite libérale. C’est une combinaison de libéralisme et de conservatisme (accepter l’héritage de la Révolution mais la volonté de l’arrêter). C’est une idéologie qui justifie la domination de la bourgeoisie sur la société. Ils acceptent 1789, la révolution des élites bourgeoises contre le roi, ils apprécient le régime de la monarchie constitutionnelle. Ils détestent la suite, en particulier 1792, la Révolution des Sans-Culottes, la République et l’exécution du roi. Pour eux, la Révolution a provoqué la Terreur puis la dictature Napoléonienne. Le pire est la Terreur car extrêmement violente.
Pour eux, la démocratie est le pire des systèmes, elle rime avec anarchie, désordre, violence, tyrannie car la majorité des citoyens n’ont pas la capacité à se gouverner eux-mêmes. Les couches populaires doivent êtres laissés à l’écart, seuls les propriétaires, les entrepreneurs éventuellement les savants sont capables d’exercer la souveraineté nationale donc sont les seuls électeurs et seuls éligibles. Sous la Révolution, il y a déjà une distinction entre citoyens passifs et citoyens actifs.
Ce sont les libéraux attachés à la liberté politique, de la presse, de conscience, d’opinion, d’information, au parlementarisme. Ils réservent le libéralisme aux élites sociales. Mais une ouverture est possible. Guizot est théoricien de l’orléanisme, il refuse le suffrage universel : « enrichissez vous par le travail et par l’épargne » pour devenir électeur. Dans la société des notables, il y a une difficulté d’accès lorsque l’origine est différente. L’instruction est réservée aux fils de notables. La loi Guizot en 1833 : école primaire de garçon dans chaque commune. Il voulait moraliser le peuple.
C) L'échec de la monarchie censitaire et la révolution de 1848.
La monarchie a réussi à se stabiliser, inscrit dans la durée et par la répression et l’exclusion de ses opposants que par le consensus. Il y a répression de la gauche démocratique et des opposants. Au lieu d’inclure les opposants, les républicains sont réprimés.
En 1835, à la suite d’un attentat, celui de Freschi (trentaine de mort), le gouvernement de Thiers a pris prétexte pour réprimer tout le courant républicain.
Les « lois de septembre » 1835 interdirent de se dire républicain et de se dire opposant au régime. Les libertés sont restreintes. Plus que jamais, le libéralisme est réservé à une élite bourgeoise. Le régime repose sur une base sociale étroite, les notables soutiennent le régime avec une large majorité parlementaire. Plus du tiers des députés est dans le fonctionnariat, et prêt serment au roi. La majorité ne représente pas l’ensemble de la société française, les classes populaires et moyennes ne sont pas représentées.
Le régime est touché par le scandale, l’impopularité même le roi ne suscite pas beaucoup d’adhésion. Il est très impliqué dans son gouvernement.
En Angleterre, début XIX°, s’impose l’idée que le roi règne mais ne gouverne pas, c’est une formule complètement valable à partir de Victoria (1837-1901).
La monarchie est respectée comme neutre. Louis-Philippe ne parvient à créer cette monarchie qui fasse consensus et qui pourrait durer. Le roi s’implique. Changements possibles que si le roi part.
Dans les années 1840 : revendication démographique de plus en plus importante. La monarchie face à cela s’enferme dans le conservatisme, refuse toute réforme. L’opposition républicaine se fait de plus en plus virulente.
En 1847, dans un contexte de crise économique de 1846, l’opposition dont le leader le plus important est Ledru-Rollin lance la « campagne des banquets » plutôt dans le nord est de la France.
Ce sont des banquets car les réunions politiques étaient interdites, c’est un moyen de contourner la loi. Toast : « nous buvons au roi des Français, au suffrage universel ». Manifestation d’opposant cachés. Il y a une interdiction d’un banquet prévu à paris, par Guizot, pendant des conseils provoquant la révolution qui balaie le régime. Facilité de la chute du régime montre ça fragilité. Cf : Patrick Lagareyte, La vie politique en France.
La restauration et la monarchie de Juillet sont d’assez longues périodes de stabilité, le parlementarisme libéral s’est ancré en France ; habitude d’avoir des débats relayés dans la presse… Mais reste l’étape du suffrage universel.
II) 1848-1870 : LES AMBIGUITÉS DU SUFFRAGE UNIVERSEL.Changement de régime, retour à une république. Le suffrage universel à été proclamé en 1792 mais jamais vraiment mis en pratique. En 1848, c’est la proclamation et l’application de ce suffrage universel. Mais après quelques semaines d’euphorie qui accompagnent le printemps des peuples, l’expérience de la démocratie se révèle difficile.
La seconde république tourne à l’échec avec le coup d’état du 2 décembre 1851.
C’est l’arrivé du second empire qui propose une version autoritaire de la démocratie. Était-ce une aberration ? Un passage nécessaire ? Une alternative ?
A) La II°République ou le difficile apprentissage de la démocratie.
La république est dirigée par un gouvernement provisoire pendant 2 mois très importants ou beaucoup de décision sont prisent à commencer par l’instauration d’une authentique démocratie libérale en France (suffrage universel, liberté de la presse, de réunion, abolition de l’esclavage dans les colonies française.). Le gouvernement ajoute des mesures sociales très nouvelles, avec la fixation du travail industriel, la création des ateliers nationaux, les chantiers de travaux publics pour pallier un grand nombre de chômeurs. En réalité, cela a un intérêt pour les couches populaires urbaines mais pas pour les rurales.
L’heure est à la fraternité, à la réconciliation des classes, nationale, l’heure est au consensus. Il y a la plantation d’arbre de la liberté avec la bénédiction de l’Église.
Lamartine poète très populaire, ministre des affaires étrangères du gouvernement, il incarne cet esprit libéral et social. Il veut rassurer ceux à qui la république et la démocratie font peur, les ruraux et le reste de l’Europe.
Cette république ne sera pas violente, on veut faire oublier la Terreur. L’enthousiasme du printemps révèle que le consensus est possible. Cela retombe à la fin du patron 1848.
Contradiction profonde entre ceux qui veulent une vraie révolution et une république sociale et ceux qui refusent cette révolution et qui acceptent la République à la condition que cette dernière respecte la propriété privée, qu’elle maintienne l’ordre.
Les premiers sont minoritaires, surtout les ouvriers des villes, les radicaux, les socialistes. Les autres sont majoritaires du fait d’une France à prépondérance rurale (75%).
Avec les premières élections universelles, la majorité modérée l’emporte, les républicains radicaux sont minoritaires. Les modérés sont des républicains « du lendemain ». Il y aune déchirure grave car les radicaux et les ouvriers sont mécontents et se révoltent en mai à Paris, Rouen et Limoges. La répression est sévère.
Du 23 au 25 juin à Paris ont lieu : les « journées de Juin » avec des barricades… Cela se règle dans le sang. Il y a une fracture entre la République et une partie du peuple. La République est gouvernée par personnes de vraiment démocrates alors que les républicains attachés à la démocratie sont rejetés dans l’opposition.
Le prolétariat se détache de la république, cette république qui tire sur les ouvriers et se détourne des idéos sociaux.
À partir de l’été 1848, la république devient réactionnaire et dès l’été, les libertés sont restreintes (presse, réunion…). Cette politique réactionnaire va se poursuivre jusqu’en 1851 et va s’accentuer. Les républicains modérés cèdent la place à des notables monarchistes qui se sont remis de la Révolution et se sont organisés en « parti de l’Ordre » (orléanistes, légitimistes et progressivement les bonapartistes.) Ce parti de l’ordre d’organise a Paris rue de Poitiers. Chef de fil : Thiers. Ce parti gagne haut la main les législative de 1849.
La réaction politique s’accentue, avec la loi Falloux 1850 (comte de Falloux, ministre monarchiste) qui consiste à placer l’enseignement publique sous le contrôle de l’église catholique.
De même, la loi du 31 Mai retire le droit de vote à 1/3 des électeurs, restreignant le suffrage universel, on oblige trois année de résidence constante à un même domicile alors qu’il y avait une mobilité importante. Ainsi les électeurs les plus flottants qui votaient à gauche ne peuvent plus voter. Libéralisme et Démocratie reculent donc sous la 2nd république.
Les républicains de cœur, la gauche, tentent de s’organiser à leur tour, à l’assembler, ils ont plus de 200 députés, ils sont minoritaires mais existent, ils sont les « démocrates socialistes » : les « démoc-soc ».Ils veulent rester dans le cadre de la légalité en choisissant la non-violence et de préparer les élections suivantes.
Entre 1849 et 1851 se développe une propagande de plus en plus importante, en partie clandestine de la part de la gauche. C’est le renoncement quasi définitif à la violence ce qui fait sortir la gauche de son électorat habituel en s’adressant à toutes les couches sociales pour les convaincre de voter dans le sens de la République Sociale.
En ce sens, Maurice Agulhon, parle de 1848 ou l’apprentissage de la République.
C’est dans ce contexte de préparation des élections de 1852 (grande année électorale : présidentielles et législatives), que Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, fait un coup d’état suspendant libertés et démocraties.
B) Le coup d'état.
Louis Napoléon Bonaparte a été élu en raison de son nom, le 10 décembre 1848 de manière triomphale avec 74% au premier tour. Poste de président inspiré par les USA. On crée un président auquel on donne un pouvoir important avec un mandat important. Mais en raison des critiques des républicains (roi républicain), le président n’est pas rééligible. Autonomie totale de l’assemblé et de la présidence. Néanmoins, on voit vite que la présence de Louis Napoléon à l’Élysée fait planer une menace sur la république. On parle de « prince-président », on l’appel son « altesse ». de plus, il ne renie pas l’héritage de son oncle. Il fait tout pour développer sa popularité pour organiser un véritable courant bonapartiste. Dans un premier temps, il demande la révision de la constitution pour pouvoir se représenter. Et finalement, malgré le succès de la campagne organisée pour la révision de la constitution n’a pas lieu. Le parti de « l’ordre » s’y oppose. Bonaparte s’éloigne de la majorité de droite. Se présente comme ni gauche ni droite. S’oppose à la loi du 31 mai et en définitive, il déclenche le coup d’État. À la fois attendu mais aussi surprenant. Coup d’état bien préparé avec le contrôle de l’armée, de la police, de l’administration, il réussis sans trop de difficulté. Il y aune certaine résistance quand même.
Cette résistance a lieu dans les régions pas dans les grandes villes, ce qui est là aussi plutôt surprenant. Ces soulèvements sont réprimés.
Bonaparte a donné un tour violent a son coup d’état plus important que prévu. Néanmoins, une fois le coup d’état fait, le président rétablit le suffrage universel et annonce que tous les électeurs sont convoqué pour un plébiscite pour approuver le coup d’état le 21 décembre. Et le 21 décembre dans le contexte de peur, ou le vote n’est pas vraiment secret, 7,4 millions d’électeurs soit 76% des inscrits disent oui. Plus de 7 millions de voix l’ont « absout ».
De fait, Louis Napoléon a rallier une grande partie de la population à commencer par les petites élites qui ont considéré que le coup d’état et le régime autoritaire était une meilleur garantit pour l’ordre et la propriété. À gauche, on peut parler d’une forme de résiliation, en particulier dans le prolétariat urbain, qui ont refusé de se battre dans une république qui les avait déçu. La gauche est troublée dans le caractère « démocrate » de Bonaparte.
Le coup d’état, montre une société française qui n’est pas prête au pluralisme et à l’alternance.
Bonaparte a pu apparaître comme un homme providentiel, comme un homme au dessus des parti ni à droite, ni à gauche. C’est cet aspect ambigu et dual du Bonapartisme qui fait la force de ce courant et du nouveau régime mais aussi ça faiblesse.
C) Les contradictions du bonapartisme.
Par son coup d’état et la répression, Louis Napoléon a bafoué la démocratie en violant la loi constitutionnelle alors qu’il avait juré devant l’assemblé de ne pas le faire. C’est le « parjure ». Il a commit avec ce parjure, une faute irréparable. Il c’est montré autoritaire. En même temps, le second empire, proclamé un an plus tard (1852) est un régime ambigu : autoritaire mais appuyé sur le suffrage universel. Louis Napoléon et Napoléon III ne cessent de s’appuyer sur une opinion populaire.
Ce régime mixte, nous oblige à parler de « démocratie-autoritaire », mais c’est aussi un régime illibéral, mais aussi un régime populaire. On parle aussi de « Césarisme démocratique », de dictature démocratique. Soit une dictature approuvée par le peuple.
Peut-il y avoir démocratie sans libéralisme, pluralisme ? Sans respect du droit ?
Le second empire a été un régime incontestablement populaire.
Le second empire a été capable d’être apprécié par les petits (en particulier les petits paysans, ou encore la petite bourgeoisie) et en même temps un régime de notables, et en s’attirant la sympathie de l’Église catholique.
Il a été un régime conservateur, réactionnaire, surtout dans les années 1850 et en même temps, un régime préoccupé par le progrès économique et social ( rendant légal la grève en France 1864). La politique de Napoléon III n’a cessé d’osciller.
Le 2nd empire est un régime qui se cherche. D’ou une évolution du régime à partir de 1859/1860 d’abord hésitant puis net en 1868, avec une libéralisation du régime comme si Napoléon III avait été obligé après quelques années d’assouplir la dictature.
A partir des législative de 1863, la vie parlementaire renaît Par ce qu’un certains nombres d’opposant sont élu comme Thiers (discours des liberté nécessaire de 1864).
1868, la presse recouvre une certaine liberté. En 1869, l’opposition formée de républicains et de libéraux n’est pas loin de remporter les législatives, et les bonapartistes reculent dans les villes.
Début 1870, il décide de modifier la constitution du 2nd empire (1852) et de rétablir un régime parlementaire et libéral. À partir de janvier 1870, le second empire est devenu quasiment une démocratie libérale. A cette occasion, Napoléon convoque un nouveau plébiscite pour approuver ou non, la nouvelle constitution de l’empire libéral. Grand succès, avec 7 millions 300000 oui soit 68% des électeurs.
Avant la guerre contre la Prusse, le régime paraît solide, mais a libéralisé ses institutions redevenant un régime libéral. La défaite de Sedan le 2 décembre 1870 provoque l’écroulement du régime. Beaucoup d’historiens ont fait remarquer la parenté entre le bonapartisme du XIX et le gaullisme. Gaullisme qui a bien des égard ressemblait au bonapartisme, et on a pu considéré que l’empire libéral ressemblait beaucoup à la Vème république.
Dès janvier 1870, Gambetta avait dit au corps législatif « vous n’êtes qu’un pont entre la république actuelle et celle avenir et se pont nous le traverserons ». Ce qui sera fait le 4 septembre 1870.
L’empire a marqué l’échec de la démocratie libérale mais aussi l’encrage de la démocratie.
Les républicains auront l’obsession d’éviter le césarisme et de protéger le plus possible le Parlement. Le régime sera donc fait d’un parlementarisme qui prime sur l’exécutif.
III) LE SUCCÈS DE LA RÉPUBLIQUE CONSERVATRICE.
A) Une naissance douloureuse.
La troisième s’est faite en 10 ans avec un accouchement douloureux. Naissant dans un contexte de crise, de défaite militaire et d’invasion de la France. De l’été 1870 à l’été 1871, la France traverse « l’année terrible » (Hugo). C’est la guerre, le siège de Paris, la défaite humiliante…
La France entre en guerre civile en 1871. En février 1871, les Français ont élu une assemblé à la va vite dans un contexte d’affolement et de liberté. Le résultat fut étonnant car les monarchistes (orléanistes/légitimistes) ont largement triomphé avec une nette majorité, c’est l’Assemblé de Bordeaux. Ils furent éluent dans les campagnes.
Il y a un conflit fondamental entre les républicains radicaux et les socialistes, et les partisans de l’ordres plutôt monarchistes, et réticent vis-à-vis de la démocratie. Comme sous la 2nd, se sont les monarchistes qui gouvernent les premières année de la III°. Assemblée qui a porter Adolphe Thiers qui se fait élire chef du pouvoir exécutif. Il doit donc parler avec les Allemands. Il apparaît comme non compromis vis-à-vis du second empire.
La république va durer en écartant successivement deux écueils :
-Comme en Juin 1848, la République sociale est écartée, fondamentale vu la peur du Rouge et de la commune.
-La restauration monarchiste.
Les républicains vont avoir du temps et vont parvenir à conquérir le pouvoir par les élections et à enraciner la démocratie républicaine.
-La Commune, ou l’échec de la République social. Révolte du peuple de Paris mais aussi à Marseille. Révolte populaire. Refusant la défaite et l’annexion de l’alsace mais surtout par ce qu’il y a un rejet de l’assemblée de droite et veut établir une république sociale.
Le raisonnement fait par les insurgés est le suivant : la démocratie nous interdit la révolution du fait des ruraux, mais nous on va faire notre petite république dans le cadre de la commune.
Les parisiens se barricades dans leur villes et appellent les autres villes à en faire autant.
C’est l’idéal de la fédération de communes autonomes. C’était une théorie développée par Proudhon (a mis chemin entre le socialisme et l’anarchisme).
Thiers a refusé de négocier avec les Communards, a attendu que les Allemands libèrent les prisonniers et avec ces soldats reconquiert Paris avec la Semaine Sanglante. 20000 morts dans la semaine beaucoup se sont exilé, d’autres déportés (Nouvelle-Calédonie). Courte guerre civile.
Sentiment d’une France coupée en deux. Les républicains modérés mais radicaux étaient resté à l’écart de la commune et reviennent après la Commune décidé à ne pas reprendre ces idées extrêmes et font campagne pour avoir le pouvoir de façon légale y compris dans les campagnes.
Gambetta et ses amis comprennent que la démocratie ne s’imposera pas en s’appuyant sur la classe ouvrière mais qu’il faudra conquérir la petite paysannerie, tout en s’appuyant sur les classes moyennes, les nouvelles élites. 1872 « La république, c’est l’avènement des couches nouvelles ».
L’échec de la restauration monarchique.
Cela a été pensé à partir de l’été 1871. Deux choses vont s’y opposer :
- Leur propre division sur quel roi prendre. Mais se mettent d’accord sur le comte de Chambord, petit fils de Charles X. En 1873, on lui propose le trône mais le comte veut bien y allé mais pas être qu’une potiche, il veut revenir avec le drapeau blanc. Les orléanistes décident d’attendre la mort du comte de Chambord pour que la famille d’Orléans.
1873, Thiers est chassé de l’assemblé puis Mac Mahon est président pour 7ans. Et finalement, c’est là que les républicains ont le temps de gagner les élections et de conquérir le pouvoir.
B) L’ancrage de la démocratie libérale dans la société française.
Le combat des démocratiques des républicains : « opportunistes ».
Des 1871, les républicains qui sont dans l’opposition, face au monarchistes. Le plus connu de ces monarchistes est le Duc de Broglie, qui mène la politique d’ordre morale. Facilitant le retour de la monarchie, favorable à l’église.
Les républicains ont la possibilité de faire campagne dans le pays pour rassurer les électeurs en leur expliquant la république et la démocratie, ce n’est plus la Révolution mais le « Progrès pour tous ».
Gambetta est le principal leader de ces républicains. Ces républicains, on les appelle « opportunistes » par ce qu’ils sont prêts à faire des concessions pour construire la démocratie, avec l’idée que la rupture révolutionnaire n’est pas possible.
Par mis ceux-là, il reste les radicaux qui sont plus à gauche mais minoritaire. Les républicains opportunistes sont décidés à utiliser les institutions telles qu’elles existent depuis 1875.
D’élection en élection, les républicains progressent continuellement.
En 1876, les républicains gagnent les législatives. A ce moment-là, le président qui est toujours le monarchiste Mac Mahon, homme d’ordre hostile au républicain. Obliger de nommer un gouvernement républicain et entre en conflit avec la chambre, c’est la Crise du 16 mai 1877. Ce jours-là, Mac Mahon renvoie le gouvernement républicain, dissout la chambre des députés et convoque de nouvelles élections. Il y a un gouvernement provisoire d’ordre moral avec De Broglie ou seul l’exécutif gouverne avec pour but préparé les élection d’octobre. La campagne de l’été 1877 est très rude « il faudra se soumettre ou se démettre quand le peuple aura parlé » (Gambetta). Les républicains gagnent les élections et Mac Mahon se soumet et préfère démissionner en janviers 1879.
Jules Grevy devient le président de la République, et s’était en 1848 opposé au pouvoir présidentiel et partisan de la domination législative. Il s’engage à devenir un président passif. C’est alors une nouvelle tradition ou le président renonce au pouvoir de la constitution. Triomphe de la démocratie parlementaire.
1881, les républicains gagnent de nouveau et cette fois ci, de grandes lois libérales sont votées accordant une très grande liberté d’expression (affichage, réunion, presse, il manque l’association a cause des congrégations religieuses.)
En 1884, c’est l’autorisation des syndicats.
La démocratie et l’école.
Une fois maître du pouvoir, à partir de 1879/80, la Marseillaise est proclamée hymne national et le 14 juillet devient une fête nationale, Marianne arrive dans toutes les mairies… Le sentiment républicain s’instaure.
Les républicains peuvent travailler à enraciner la démocratie dans la république.
Comme Gambetta, Jules Ferry alors ministre, est l’homme le plus important de la période fait pour la France un apprentissage sur le long terme, c’est l’apprentissage de la démocratie.
Pour eux, il faut avant tout s’assurer que la république et la démocratie va durer. Seule cette pérennité garantie le progrès de la société en général.
Cette inscription de la démocratie dans la durée, passe par tout un travail d’éducation du peuple souverain. Pour que ce peuple électeur puisse par son éducation exercée au mieux leur vie civique.
Pour les républicains, le bonapartisme a fonctionné par ce que le peuple n’était pas assez instruit. L’école est au cœur du programme gouvernemental.
Jules Ferry entre 1880/1885 est alors ministre de l’instruction civique. Il a commencé sa carrière politique comme opposant à Napoléon III. C’est lui qui fait passer les grandes lois sur l’école républicaine, laïque, obligatoire et gratuite.
Les républicains sont allés très loin, les prêtres furent expulsés des écoles. Sauf dans les écoles tenues par des congrégations enseignantes.
Cette école républicaine avec ses instituteurs que Péguy appelle « les hussards noirs de la république », dû au sérieux de l’instituteur, est chargée de faire de tous les Français des citoyens à la fois rationnels et attachée à la république, donc à la démocratie ; c’est-à-dire à la Liberté, à l’Égalité et au Respect de la loi commune.
Les républicains veulent donc créer une démocratie tempérée, le contraire d’une démocratie révolutionnaire. Selon eux, seule cette démocratie tempérée censée fonctionner au bénéfice de tous pourrait réconcilier la société française depuis la révolution et renforcer une nation qui avait subit une dure défaite et une amputation territoriale.
Conclusion : La troisième république a mis fin à l’air des révolutions, cependant, son triomphe n’est pas facile, les épreuves continues (Affaires Dreyfus…), mais aussi avec la crise boulangiste (1886-1889). Du a l’ascension du Général Boulanger, pourtant amis des républicain et ministre de la guerre en 1886. Il se rend populaire dans le pays, il est le « général revanche », il exalte l’armée, finie par inquiéter ses collègues républicains, sort du gouvernement. Il tente alors une carrière politique personnelle et forme derrière lui un courant de sympathie. Et dans son discours, il devient de plus en plus critique vis-à-vis de la République. Sorte de Néo-Bonapartiste pour les républicains. Progressivement, la droite conservatrice, un moment assommée, se met à soutenir de plus en plus nettement le général Boulanger et la crise culmine en 1889. Les républicains montent alors un complot autour de Boulanger qui va avoir peur et va quitter la France pour la Belgique, cet acte va le discréditer et il se suicidera à Bruxelles sur la tombe de sa maîtresse.
Les limites de cette démocratie libérale à la française ? Une démocratie qui apparaît comme un système de compromis social. Un système ou ce n’est pas réellement le peuple qui gouverne mais ses représentants qui sont recrutés dans les élites sociales.
Système fragile, évolutif et perfectible, jamais définitivement acquis.
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