Transition…
Il s’agit d’une augmentation de la pression démographique sur l’espace et de fait la croissance démographique modifie l’organisation de l’espace. La densité de la population sur un territoire donné augmente. Les densités sont en moyenne de 50 hab/km2, les 2/3 des hommes vivent sur 1/10 des terres émergées.
On parle parfois de surpeuplement, on peut l’apprécier lorsque l’on combine les densités et le niveau de vie des populations. On parle de surpopulation lorsque les ressources ne suffisent plus à la population locale. Paradoxalement ce ne sont pas forcément les espace les plus peuplés qui sont surpeuplés. Aujourd’hui, si l’on a plus de 800 millions de personnes qui souffrent de la faim, il ne s’agit pas de surpopulation, c’est que la répartition des disponibilités alimentaires est inégale. À l’échelle des états, l’accroissement des densités est proportionnel à l’accroissement naturel sauf lors des migrations qui perdurent. Au niveau des régions, apparaissent des contrastes car les hommes ont tendance à se regrouper au niveau des villes, qui absorbent les plus fortes densités. Nous avons partout des alternatives à cette augmentation de densité, l’urbanisation et l’émigration (vers des terres pionnières soit vers des villes, soit à l’étranger).
Aujourd’hui on ne peut plus conquérir que quelques terres marginales, aux confins du monde habitable. On a trop sollicité les espaces agricoles, ce qui a entraîné des catastrophes naturelles : déboisement, glissement de terrain…
La nouvelle forme d’habitat est bien évidemment l’urbanisation, la concentration d’hommes et d’activités dans les villes. Cela à modifié les économies et les sociétés mais cela a surtout entraîné le développement. Les pays où la population rurale reste majoritaire, sont tous des pays pauvres.
En 1950, il n’y avait que onze agglomérations de plus de 4 millions d’habitants, l’urbanisation galopante était liée à l’augmentation démographique.
La seconde alternative est l’émigration, elle a pour moteur les différences de pressions démographiques entre les pays. Les courants migratoires agissent comme un mécanisme qui vient compenser les disparités, démographiques, économiques... dans les pays où le taux d’accroissement naturel est de 2% par an. Pour obtenir une stagnation du niveau de vie, il faut que la croissance économique soit du même ordre. Toute l’épargne disponible doit être utilisée pour faire face aux besoins de la nouvelle population, cela se fait au détriment du niveau de vie de certains. Pour améliorer les conditions de vie, il faut que la croissance économique soit supérieure à la croissance démographique. Problème, les 3/4 des pays de développement y arrive, mais la Bande de Gaza, le Congo… Ces derniers n’y arrivent pas. Ces pays ont des capacités à « récupérer les accidents démographiques », famines, guerres, génocides, sont le lot courant de ces états. Les espaces sont le plus désorganisés, cela est liée à l’urbanisation galopante et l’absence de maîtrise de cette croissance. Nous avons une conjonction démographique, des difficultés alimentaires, des difficultés économiques qui se traduisent par des tensions sociales des crises politiques, elles déstabilisent des états, des peuples et conduisent à des exodes massifs.
La littoralisation de la population
On observe au fil du temps une accentuation de la disparité de la distribution avec un mouvement irréversible vers les littoraux. Aucun état n’est exclu de ce phénomène. Aux grands déserts continentaux correspondent les façades littorales. Les grands foyers de population se concentrent sur les plaines côtières, l’Asie, l’Europe surtout autour de la mer du nord, la mégalopole nord Américaine, la Californie. Tous ces littoraux sont devenus des fronts portuaires et industriels qui sont liés à des interlands aménagés. Les espaces vides, les déserts littoraux. En dessous du quarantième parallèle, il y a très peu de peuplement. Le peuplement est dépendant d’activité portuaire (Lima, Dakar…), ce peuplement est issu de la colonisation.
Il est admis de 60% de la population vit à moins de 60km des côtes soit 4 milliards, cette estimation pour 2023 est de 7 milliards. Mais il est extrêmement difficile de mesurer l’attrait du littoral sur le peuplement. Difficile car il faut compter les populations, et le recensement dans les pays pauvres n’est pas facile, parfois même on évite le recensement (Liban). Il est aussi difficile de trouver une définition commune pour « l’espace littoral », un sens juridique qui varie selon les pays. En France, il s’agit de la loi littorale de 1986, elle s’applique aux «communes riverains des estuaires, des mers et des océans lorsqu’elles sont situées en aval de la limite de la salaison des eaux et participent aux équilibres écologiques et économiques des littoraux » (26 départements, 923 communes). Il s’agit donc de l’interface entre la terre et l’eau, du rapport de peuplement entre le pays et la mer. En ce qui concerne la Méditerranée, Braudel a montré que l’usage des littoraux est avant tout une affaire de civilisation. Pour lui la répartition d’une population est évidemment significative des contraintes physiques. Les hommes vont mettre en œuvre leur compétence pour s’affranchir de ces contraintes de manière à obtenir un espace géographique favorable au peuplement. Toujours pour la Méditerranée, l’appareil de production se concentre sur les plaines littorales. Pour la Tunisie, certaines villes actuelles sont d’anciens comptoirs antiques (phéniciens, grecs, romains), plus récemment, la colonisation à extravertie l’économie par l’activité portuaire. Les activités soit de production, soit commerciales vont se situer sur les côtes. Plus récemment, la Tunisie, a intégré la division internationale du travail, des industries y ont été implanté, cela sur les littoraux. Le tourisme balnéaire aussi à jouer dans la surimposition lié au processus de littoralisation. L’Algérie a elle concentré sont implantation autour d’Alger et d’Oran. Contraintes de l’espace mais aussi contraintes quant à l’utilisation de l’eau. L’urbanisation, les résidences ont eu du mal à trouver leur place entre les industries et l’agriculture…
Les Littoraux et les villes.
Les littoraux sont les espaces d’implantation préférés des villes. Les villes sont accessibles à la navigation maritime. En prenant les villes de plus de 100000 habitants littorales par rapport au reste des villes dans les états, on obtient trois catégories. Les villes très littoralisées (Norvège, Danemark, Grèce, Japon, Australie, Sénégal, Portugal). Pour le Portugal, Porto au nord et Lisbonne au sud, les villes ont été crées par des colons, il s’agissait de ports escales entre les civilisations méditerranéennes et les populations atlantiques. Le Portugal est l’uns des plus grands foyers d’émigration surtout de part ses colonisations. Le retour des ex-colons s’est fait dans les deux pôles les plus attractifs, les deux grandes villes.
Les pays moyennement littoralisés : Maroc, Cuba, Espagne, Algérie, Italie, Kenya,
Les pays faiblement litoralisés (moins d’1/3 habitants sur les littoraux) Pologne, Russie, Allemagne, France
Mise en place de l’urbanisation littorale
Les villes ne se sont pas toutes construites en même temps, très tôt des activités maritimes comme la pêche et le cabotage ont sédentarisé les populations (Europe et Asie). Les activités maritimes connaissant une place prépondérante dans les économies des villes littorales, celles-ci ont pu se développer de plus en plus.
La monté en puissance des impérialismes à favoriser le fait urbain littoral : l’empire romain a développé des ports sur tous le littoral méditerranéen, au Moyen-Âge, les ports se sont développés autour de la mer du nord. Une part importante des villes littorales ont pour origines l’expansion coloniale et les migrations transocéaniques. Il s’agissait de portes d’entrée pour les métropoles. Elle sont par la suite devenu des pôles économiques et administratifs : Rio, Québec… Parfois les villes existaient depuis longtemps, mais elles sont été dynamiser par l’ouverture au marché, Alger, Dakar. Ce rôle de la colonisation est visible dans les pays colonisés comme dans les métropoles qui ont bénéficié de cet essor : base militaire, dynamisation des ports. Les héritages sont considérables, les indépendances sont récentes, les dynamiques spatiales sont donc restées. Mais la révolution des transports a entraîné une maritimisation des échanges. La mondialisation a renforcer cette tendance à la littoralisation. Les activités industrielles se développant, elles nuisent au développement de l’urbanisation littorale : Fos-sur-mer.
L’essor des loisirs, de la villégiature estivale va aussi être responsable d’une forme d’urbanisation littorale. Elle est plus exigeante en matière de qualité de vie. Mais cette attractivité littorale ne doit pas faire oublier la répulsion dont le littoral faisait l’objet jusque dans les années 1960.
En contrepartie, les agressions sur les milieux ont été de plus en plus massives.
Quel avenir pour les littoraux ?
Les scénarios catastrophe ne sont pas nouveaux, l’élévation des eaux, des déplacements de populations. Le GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat), avait en 2001 revu à la baisse des estimations antérieur passant d’une augmentation de 3,50 m à 40 cm (entre 9cm et 88cm). Mais les géographes ne dessinent pas pour autant la carte des terres émergées jusqu’en 2100, le niveau de la mer n’est pas le même partout, il y a des creux et des bosses, les mouvements locaux de subsidences, les régions deltaïques sont alourdies par les alluvions, l’élévation de la terre lors de la fonte des glaciers (très lourds). Les extractions de gaz et de pétroles contribuent à l’affaissement des terres. Il n’y aura pas forcément de disparitions des zones les plus basses, mais ce sera la difficulté de vivre dans des régions avec des tempêtes plus violentes et plus fréquentes. Les zones les plus basses sont souvent des îles coralliennes, elles peuvent ainsi suivrent l’élévation du niveau de la mer.
En gros l’élévation du niveau de la mer ne fait que renforcer les problèmes qui existent déjà.
Les régions qui pourraient subir le plus de conséquences seraient, l’Asie du sud-est et ses delta, Mékong, Gange, Indus. Les petites îles de l’Océan Indien et Pacifique et dans une moindre mesure les deltas de la Méditerranée et de l’Afrique de l’Ouest. Ce sont surtout les pays en développement qui seront touchés, ils sont fragilisés par leur situation géographique, leur faible moyen.
Le pays cumulant le plus de handicap sont vraisemblablement les Maldives, les plages d’érodent, le risque de submersion temporaire est réel. 80% de l’archipel (plus de 1000 îles) dispose de moins de 80cm de hauteur, la salinisation des nappes phréatiques, l’étiolement des coraux, les raz-de-marée. La population a été regroupée dans quelques îles, 200 îles sont habitées, l’objectif du gouvernement est de la regrouper sur 4 îles dont une artificielle. L’île capitale (Malée) est défendue par une barrière de béton de 18 mètres de haut.
Les problèmes humains sont très nombreux, Nicholls estime qu’en 2050, il y aura 27 millions de morts liés aux inondations sans prendre en compte l’élévation du niveau de la mer, sinon ce serait près de 46 millions de morts.
Ce sort semble être inexorable, il est en effet trop tard car les efforts actuels n’auront d’incidences que dans un siècle. Les enjeux économiques actuels passent avant la santé.
Pour conclure, les principales difficultés de ces espaces littoraux sont de devoir concilier toutes ces activités, les rendre compatibles avec le respect des équilibres écologiques, ces questions se posent pour tous les espaces littoraux que ce soit au nord ou au sud. Dans le système monde actuel, les espaces littoraux sont les principaux lieux de pouvoir, économique, financier, politique.
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