Chapitres VI et VII Qu’elle Union Politique pour l’Europe de la CEE à l’UE.
En dépit des traités précédents, il n’y a aucun consensus sur la finalité politique à adopter pour l’Europe. Rien n’est fait au sujet de la monnaie, on évite les sujets qui fâchent. Jusqu'à 1957 c’est l’approche fonctionnaliste qui a triomphé, les traités de Rome n’ont qu’une dimension économique. Celui qui fera avancer les choses sera le Général De Gaulle.
I Le général de Gaulle face à l’Europe communautaire et face à ses partenaires. (1958-1959)
Lorsqu’il arrive au pouvoir, l’émoi est terrible dans les gouvernements des pays partenaires, va-t-il accepter les traités ? La tonalité est alors au pessimisme. Contrairement à toutes les attentes, il va pousser à la réalisation de la CEE, mais toujours de le sens de la France. Cependant il va pendant 12 ans freiner l’évolution institutionnelle de l’Europe. Il met en place un plan économique européen, dévalue le Franc. Il accélère l’entrée de la France dans le marché commun.
La politique Européenne de de Gaulle est indissociable de la politique étrangère générale, l’Europe n’est pas à part du monde. Pour transmettre sa vision il use de ses grandes conférences de presse, de ses proches, ses fidèles. Maurice Couve de Murville minisitre des affaires étrangères de 1958 à 1968, et Christian Fouchet. De Gaulle est le maillon, le porteur de la politique étrangère, européenne, c’est le domaine réservé du président. La politique Européenne sont au service d’une certaine idée de la France, une politique étrangère de puissance. Il faut enrayer le déclin de la puissance française. L’Europe sera un des moins pour la France de retrouver son rôle de grande puissance.
L’ambition primordiale est donc de faire de la France, une puissance indépendante des deux blocs (URSS et USA).
1) La politique d’unification Européenne selon le général de Gaulle. « Un brevet de puissance mondiale », la France doit se tailler les habits d’une puissance entre les deux blocs. Dans les tous premiers temps, il entame une politique de rapprochement avec l’Italie (les liens avaient été distendu). La réconciliation Franco-Allemande devient le pivot de la politique étrangère française. Il entame de très nombreux voyages officiels en RFA, avec grand discours, bains de foule, mots allemands. Rien n’aurait pu se faire sans l’amitié personnelle entre Konrad Adenhauer et de Gaulle. Tout se concrétise avec le traité de l’Élysée signé entre la France et l’Allemagne. Ce duo dérange les puissances moyennes. Entre contre partie, le général de Gaulle écarte la Grande–Bretagne, surtout d ès qu’elle faut savoir en 1961 qu’elle souhaite rejoindre la CEE. De Gaulle n’a pas d’opposition systématique de sa part, mais il y a la pression de l’opinion, du contexte. De Gaulle pense d’abord qu’il n’aura pas à gérer le problème, il pense aussi que l’opinion britannique n’est pas encore prête, les travaillistes ne veulent pas intégrer la CEE.
Mais la rupture à lieu en 1962 dans un contexte géopolitique suite à la rencontre de Rambouillet entre Macmillan (1er ministre anglais) et de Gaulle. Kennedy venait de proposer à la France de former avec les USA et les Britanniques une communauté Atlantique, avec un partage des forces mais avec un seul doigt sur la gâchette. Les Britanniques acceptent le partenariat, de Gaulle est atterré par le peu de recul de la Grande-Bretagne. Dès lors il met unilatéralement fin aux négociations contre l’entrée des Anglais dans l’Europe des Six, vu comme un cheval de Troie des Etats-Unis. La France reste alliée des Etats-Unis mais elle veut une Europe Européenne et pas Atlantique, il y met donc son premier veto. Le second aura lieu en 1967.
La logique de de Gaulle, une Europe indépendante, une politique de grandeur, dans le but de servir à la grandeur propre de la France. La France reste ainsi allié aux Etats-Unis mais de Gaulle se rapproche avec Moscou. Il ne parle jamais d’URSS, il parle toujours de la Russie, il voit les nations. Il se rend en visite en Pologne, en Roumanie…
2) Les conceptions européennes du général de Gaulle et leur mise en pratique-Une Europe Européenne. Indépendance des blocs.
-Une Europe à prépondérance française.
-Une Europe des nations. Pour lui l’état nation est une entité irreductible à tout ce qui c’est passé.
A partir de cela il va proposer une union des états nations. Un schéma suivant ses volontés. Ce plan est connu sous le nom « plan Fouchet ». proposé dans sa première version en Octobre 1961 pour créer un concert européen d’Etats-Nations. Il propose une union d’états indissolubles qui prévoit des réunions périodiques entre les chefs ‘états et de gouvernement des six pays concernés. Il propose l’adoption d’une politique étrangère commune et la création d’une commission politique intergouvernementale qui préparerait les chefs d’état et de gouvernements. Ce plan est très mal ressenti par les petits pays, l’Allemagne préfère se taire. Mais de Gaulle fait marche arrière, il a raidit ses positions. Dans la deuxième version, il ne fait plus allusion à l’OTAN. Le Bénélux fait face et concours à l’échec du plan Fouchet. Le Bénélux est rejoint par l’Allemagne et l’Italie. Le 15 mai 1962, il fustige les conceptions européennes des autres pays, le projet est enterré. La situation est de plus en plus crispée.
3) la Crise de la chaise vide