L’urbanisation dans le monde
On dispose de données qui ne sont pas produites selon les mêmes définitions donc pour comparer les différents chiffres, on doit faire des ajustements. Néanmoins, les inégalités spatiales sont telles entre les pays que l’on arrive malgré tout à avoir une bonne idée de ces inégalités.
En moyenne, la population mondiale est répartie à 50% dans les villes, mais cela cache de très grandes disparités avec des pays à 100% de population urbaine (Singapour, Hong kong) ou inférieur à 20% (Bhoutan, Népal, Burundi…).
Dans les pays développés 75 à 90 % de population Urbaine (Belgique à 90%). Il existe des exceptions dans les pays en voie de développement puisque certains connaissent des taux élevés, c’est le cas en Afrique Centrale. Ce fort taux de populations urbaine est à mettre en relation avec les caractères extraverti des économies qui entraîne une forte urbanisation sans pour autant développé le pays de manière économique.
Aucun pays n’a à ce jour réussi à échapper à la fatalité de l’Urbanisation. La consommation d’énergie et de ciment, le taux de motorisation et les revenus sont des indicateurs d’urbanisation.
Le fait urbain est un fait ancien puisque les premières cités sont apparues au néolithique, mais jusqu'à la révolution industrielle seulement 5% de la population habitait dans les villes. Jusqu’en 1900, moins de 10% de la planète habitait des villes de plus de 20000 habitants. Les pays s’étant engagé dans la voie de la tertiarisation ont vu leur population augmenter fortement. Dans beaucoup de cas, l’accroissement des villes s’est fait pas l’augmentation globale de la population, souvent après la seconde guerre mondiale (surtout en Asie et en Afrique).
La concentration de la population va-t-elle continuer ? Si la population continue à se concentrer dans les espaces urbains, sur quel modèle d’évolution des villes peut-elle se faire ?
Les pays les plus urbains sont passés d’une population largement rurale à une population plus citadine, sans face transitoire. La croissance des villes était alors lié à l’industrialisation des économies. La croissance urbaine aujourd’hui n’est pas liée au développement économique, ce n’est pas le développement de l’industrie en Afrique qui explique la progression de la croissance urbaine, le modèle est donc différent.
Dans les pays qui se sont urbanisés en premier la majorité de la population est devenue citadine, et la population croît plus lentement. Il faut surtout voir désormais qu’a la campagne, ce sont les populations non agricoles qui sont les plus nombreuses. Sociologiquement, les populations rurales ont des modes de vie urbains, nombre d’entres elles travaillent de toutes façons en ville. Pour ces populations a urbanisation élevée va se produire un processus de desserrement des villes avec un éloignement des populations du cœur des villes au profit d’une large couronne périphérique, la périurbanisation.
Les facteurs d’explication de l’augmentation des populations urbaines sont l’exode rural, l’émigration vers les villes de populations jeunes, l’accroissement naturel plus élevé et l’aire d’extension des villes qui est plus importante. L’annexion de villages près des villes est très fréquente dans les pays du sud. Ces populations urbaines on énormément progressé au cours du XXème siècle puisque aujourd’hui 3 milliards de personnes vivent dans les villes.
C’est un phénomène mondial, qui touche l’ensemble des pays. Mais la signification de l’urbanisation n’a rien a voir entre un pays industrialisé et un pays du nord.
L’affaiblissement de la croissance Urbaine
Dans un pays urbanisé depuis longtemps, la croissance urbaine à toujours été moins forte que celle d’un pays en voie de développement, le contexte économique étant différent. Cette croissance des villes n’a pas posé de difficultés majeures dans la mesure où cette croissance accompagnait une hausse du niveau de vie général, du fait de la croissance économique. Ce développement pouvait se réaliser en parallèle de l’augmentation des services et des équipements urbains, les principales mégalopoles du monde développé jouent un rôle dans la vie économique mondiale. Depuis les années 70, la croissance urbaine s’est ralentie à peut près partout dans les pays industrialisés. Notamment en ce qui concerne les plus grandes agglomérations, à la fin des trente glorieuses, les emplois sans qualification vont devenir de moins en moins nombreux vont disparaître au moins du centre des villes. Néanmoins nous avons une substitution de ces emplois par des emplois hautement qualifiés notamment dans le secteur tertiaire.
Le tarissement de l’exode rural, le refus de subir les nuisances engendrées par les villes du fait d’une nouvelle sensibilisation à l’égard de l’écologie. Ainsi en France comme aux USA il y a plus de personnes qui quittent les centres urbains qu’ils n’y en a qui arrivent.
Le prix du foncier dans les villes devient tellement onéreux que même les populations souhaitant résider en ville ne le peuvent plus.
Le monde des grandes villes de demain sera le monde où la pauvreté est encore prégnante, c’est de la qualité de vie de ces urbains. Dans les pays du sud se juxtapose des quartiers modernes (Building, résidences…) et des quartiers où vont s’entasser des population pauvres.
Ces grandes métropoles consomment énormément. On circule en voiture, les quartiers où se logent les populations les plus pauvres voient leur population se décupler, les bidonvilles s’étendent. Ces populations occupent des terrains de manière souvent illégales, de se fait les services urbains n’arrivent pas jusque dans ces quartiers. Les équipements coûtent cher compte tenu de ces faibles densités.
L’urbanisation en Afrique
En 1950, seulement 15% de la population africaine était urbaine, en 2000, c’est le tiers, mais les situations sont variables. En 2025, la moitié de la population africaine sera devenue urbaine. Les villes ont donc surgis récemment, sauf au Maghreb. Les villes ont poussées très rapidement, en 50 ans, mais le fait urbain est pour l’essentiel composé de villes de moins de 500000 habitants. 25 villes ont plus d’un million d’habitants. Laplupart des villes sont portuaires, elles traduisent l’import export pendant la période coloniale, ces villes sont à l’origine des ports comptoirs coloniaux. La plus grande villes reste Le Caire, elle se développe à un rythme de 4% par an (doublement de la population en 20ans). Ce taux d’accroissement est encore plus fort en Afrique subsaharienne avec 5-6% par an. A ce rythme, les équipements urbains ne peuvent pas suivre, l’extension spatiale qui va de paire avec cette croissance pose de multiple problème notamment en ce qui concerne le logement. Le solde migratoire se ralenti par ailleurs ce qui ne signifie pas qu’il n’y a plus de mobilité. Cette croissance démographique est sans rapport des capacités de production des villes.
Nous avons trois grande période dans l’histoire de l’urbanisation subsaharienne. La première au XVI-XIXème avec la traite. Du XIXème à 1945, les villes comptoirs vont se développer son l’impulsion des colons, encouragés ou forcer pour développer l’économie littorale (Ghana, Sénégal, Côte-d’Ivoire). Depuis les indépendances, la croissance des villes est liée à des mouvements de population spontanée, famine, sécheresse.
Les plus grandes agglomérations se trouvent dans les pays à façade maritime se qui accentue les disparités avec les pays enclavés. La macrocéphalie devient la caractéristique des villes africaines, plus de 25 dépassent le million d’habitants (Le Caire, Lagos, Kinshasa, Alexandrie, Alger, Casablanca, Abidjan). C’est dans ces villes macrocéphales que les populations vont connaître les plus grandes difficultés. Pour ces villes extrêmement étendue le coût des équipements urbains à largement augmenté, des routes, aux réseaux d’électricité, d’eau et d’assainissement.
L’organisation interne de ces villes repose sur le modèle colonial, qui a conçu des villes où les habitants connaissent des ségrégations. Ces tendances ségrégationnistes dans l’espace avaient pour but de séparer les populations indigènes des populations coloniales. Même dans le cas de villes qui n’étaient pas des colonies de peuplement. Cette dualité subsiste, même si le noyau est submergé, entre populations riches ou pauvres. Cette ségrégation se fait entre des quartiers d’une nouvelle classe bourgeoise, les quartiers du pouvoir, des affaires, des quartiers équipés et les quartiers populaires dont les plus précaires sont les bidonvilles.
Conséquence de cette urbanisation : les moyens de production se concentrent. Ils répondent au besoin des citadins, le problème c’est que cette croissance urbaine se fait dans un contexte de crise économique, les systèmes sociaux ont du mal à se remettre en place, les états se désengagent des services publics notamment dans les villes, l’éducation n’est même plus assurée. La paupérisation s’accroît. Le secteur informel entretien de faibles rémunérations, mais permet la survie ; il sert de port d’entrée pour les migrants et les nouveaux citadins. Le mobilité entre les espaces reste aussi une ressource, nous avons donc un espace de vie de ces urbains qui est très large par rapport à l’espace de vie Urbain français, des multi résidences, des familles regroupées en ville l’été et à la campagne à la saison des récoltes. L’évolution socio spatiale de la population a été extrêmement contractée dans le temps, l’Afrique doit s’urbaniser alors que son agriculture est à peine sédentarisée, elle doit produire lorsque le commerce mondial inonde les marchés par des produits qui défient toutes concurrences.
Les élites africaines sont tentés par les modèles des sociétés occidentales et on parfois de mal à se concentrer sur leur propre pays.
La croissance démographique dans les villes d’Amérique latine
Les trois-quarts de la population habitent dans les villes. Il y a deux caractéristiques de ces villes, l’hyperurbanisation et hyper concentration. De gigantesques agglomérations avec plus de 10 millions d’habitants, avec une croissance extrêmement forte, une distorsion des villes à l’échelle nationale. Cependant aujourd’hui, ce sont les villes moyennes qui occupent l’espace et les activités économiques.
Le fait urbain est extrêmement ancien en Amérique latine, de grandes villes existaient déjà du temps des Indiens. Les foyers de peuplement sont l’héritage du passé, de la colonisation espagnole, de la colonisation portugaise et ses comptoir Brésiliens (Nordeste). A l’opposé de ces implantations urbaines vous avez des terres vides d’hommes. Les villes se sont développées grâce à l’apport des populations Européennes (Portugais, Espagnols mais aussi d’Europe de l’est), les chinois et les japonais contribueront aussi au peuplement du continent. Elles s’installent dans les grandes villes, celles qui sont déjà prospères. Des villes vont surgir en fonction de l’arrivée du chemin de fer. Plus d’une cinquantaine de villes dépassent le million d’habitants.
L’hyperconcentration, n’est pas forcément un atout. Il y a trois zones d’hyperconcentration en Amérique Latine, dont deux en Amérique du Sud. L’une sur la côte Brésilienne, l’autre entre le Venezuela et la côte Péruvienne. Les villes capitales se sont développées par rapport aux autres centres urbains. Cette caractéristique est issue des caractères coloniaux. Plus récemment, la multiplication des métropoles renvoie à la connexion des réseaux urbains nationaux. Ces agglomérations se sont fondée sur l’augmentation des classes moyennes, le développement des entreprises mondialisées, la concentration des pouvoirs. Les activités économiques qui se sont développées et concentrées dans les métropoles ont permis aux habitants d’augmenter leur niveau de vie, cela s’appuie sur la mobilité des hommes, mobilité à mettre en relation entre la disparition de revenu entre villes et campagnes. Parfois il y a un pouvoir attractif des villes dans un but de survie des populations, après des catastrophes naturelles les villes deviennent des lieux de refuge.
Les villes sud-américaines ont connu une croissance sans précédent entre 1950 et 1970. en moyenne les taux d’accroissement ont été supérieurs à 4% par an, le doublement de la population se fait alors en moins de vingt ans. Les pays les plus pauvres sont aussi les moins urbanisés. En conséquences de l’accroissement démographique, les villes doivent accueillir de nombreuses populations, ainsi Sao Paulo et Mexico ont vu leur population multipliée par 7 en 50 ans. À partir des années 90, la population à cesser d’augmenter aussi rapidement, les plus grandes métropoles ont reporté leur afflux vers les villes moyennes qui se sont elles-mêmes multipliées, elles se sont étendues spatialement, présence de conurbation avec un réseau urbain hiérarchisé autour des grandes métropoles. Ce changement c’est de plus effectué au mi-temps de la transition démographique.
Nous avons du mal à déterminer si la population à diminuer grâce à sa situation citadine nouvelle (par des changements d’emplois, de conditions…) ou alors est-ce que la démographie aurait-elle chutée de toute façon ? Nous savosn cependant que la chute de la fécondité à été plus fort en ville qu’a la campagne et plus forte entre les quartiers aisées et les autres. Par exemple au Mexique, l’indice conjoncturel de fécondité était supérieur à 7 enfants par femme, dès 1980 l’indice est passé à 4,4 enfants par femme. Aujourd’hui les indices varient entre 2 et 4 enfants pas femme selon les pays.
Les villes ont connu différents rythmes de croissances suivant les quartiers. Les centres se sont tiersérisés, ils comportent des emplois sans fonction résidentielle. Fonction résidentielle réservée à la périphérie parfois plutôt lointaine. Conçu à la base sur le modèle colonial avec un centre colonial (pouvoirs et fonction administrative), ces centres existent encore dans certaines villes, mais ils ont souvent été aménagés, ils portent la marque des villes nouvelles. Mais l’explosion démographique a tout remis sur le tapis, déficit de services, de logements de sécurité… Ces sociétés sont donc devenues de plus en plus inégalitaire, ces inégalités se révélant dans le cadre de vie : extension des périphéries, ségrégation spatiale. Compte-tenu de la croissance géographique, les populations nouvellement arrivées sont à bas niveau de vie elles se concentrent dans les favelas sur les collines avec des portes souvent trop fortes à proximité immédiate de la ville moderne. Dans ces quartiers, la population va s’accroître plus fortement que dans les autres villes. A Lima, entre 1950 et 1980, la population à été multipliée par 15 alors que la population de Lima a simplement quadruplé et celle du Pérou seulement doublé. Les habitants passent aussi de constructions précaires à des constructions en matériaux durs. Ces quartiers se consolident au cours du temps mais pas de manière uniforme.
De nouveaux ghettos de luxe voient le jour avec les expatriés, les nouveaux riches, l’ancienne aristocratie, l’ancienne bourgeoisie, avec des résidences gardées… les espaces résidentiels dans classes moyennes vont servir de transition entre les quartiers populaires et les quartiers riches. Pour se déplacer, le choix s’est tourné vers la voiture. Mais les municipalités n’ont jamais réussi à réguler les trafics de fait de l’apport permanent de population. Les riches tentent donc de se rapprocher de leur emplois pour ne par avoir à subir de nuisance cela conduisant à une gentrification de la population.
La population en Amérique du sud reste une population jeune, elle doit résoudre de nombreux problèmes. Aujourd’hui, les 3/4 de la population urbaine dispose d’eau potable (alors que moins de la moitié il y a vingt ans), les efforts ont donc été considérables. En réalité ces pays manquent de temps, ils ont mis moins de cinquante ans pour passé d’une société rurale à une société urbanisée, la France a mis un siècle. D’autres problèmes apparaissent, l’obésité, la ségrégation. De plus les espaces ne sont pas figés, il y a une mobilité des populations, une mobilité des emplois.
A compléter par des articles de la revue population.
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