I Les impulsions décisives pour l’historiographie française
1) Des figures tutélaires, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle.
A partir des années 1920, les historien sont passés de l’histoire de la diplomatie à l’histoire des relations internationales. L’histoire de la diplomatie était trop restreinte, elle se contenter des rapports entre les états et non pas des relations entre les peuples. Les deux hommes travaillent avec le concept des « forces profondes ». Il y a différentes forces, les forces matérielles, démographiques, économiques, géographiques. Mais ils se penchent sur les « forces profondes », des forces spirituelles, des influences politiques. Ils l’exprime l’un comme l’autre dans un ouvrage commun de 1964 L’introduction à l’histoire de relations internationales. Le grand apport de P. Renouvin est celui des forces spirituelles et des mentalités culturelles. Duroselle amène lui l’étude du processus de décision en matière de politique étrangère, qu’elles sont les forces profondes qui influences les décisions, un autre concept est propre à Duroselle : l’ambiance, et l’air du temps lors des décisions…
P. Renouvin ne s’entend pas du tout avec l’école des Annales, Renouvin représente en quelques sortes la Sorbonne lorsque Braudel représente EHESS. Cependant pour l’étude des relations internationales, Renouvin et Duroselle ont utilisé des sciences provenant des annales (démographie, sociologie, économie…). Mais les deux historiens ne conçoivent pas l’étude des relations internationales sans l’histoire évènementielle et sans l’étude des hommes participants aux processus de décision.
2) Des avancées déterminantes depuis 40 ans.
L’histoire des relations internationales à pris à d’autres disciplines de nombreux apports. La question des migrations a été beaucoup traité par les géographes notamment par Yves Lacoste en géopolitique.
De grandes thèses ont renouvelé l’approche des migraitons et des relations internationales, la première rompant avec l’histoire diplomatique est celle de Pierre Milza : Les italiens en France à la fin du XIXème. Toute une école à la suite de Pierre Milza à vu le jour, une thèse de Ralph Schor : L’opinion française et les étrangers pendant l’entre deux-guerres. La France avait besoin d’immigrés pour sa reconstruction avant même de les rejeter quelques années après. Janine Ponty à travaillé elle sur les Polonais méconnus, travailleurs immigrés dans l’entre deux guerres. Le plus grand renouveau à eu lieu dans l’étude des flux migratoires.
Le deuxième intérêt fut porté aux forces économiques, quel est le poids et le rôle des facteurs économiques dans les relations internationales ? Quel à été le poids des impérialismes économiques ? Quel à été le poids des milieux d’affaires lors du déclanchement de la première guerre ? Quel à été le rôle des lobbys économiques dans le réarmement des années 30 ? Quel est le rôle des milieux économiques dans la reconstruction économique après 1947 et dans la mise en place du plan Marshall ? La première grande thèse date de 1969, elle est due à un spécialiste des relations franco-allemandes, Raymond Poidevin, Relations économiques et financières entre France et Allemagne 1898 et 1914. Il montre que les relations économiques entre les deux pays ont été très important et qu’ils ne sont pas les déclencheurs de la guerre. La seconde thèse est celle de Girault en 1973 sur les Emprunts Russes, les emprunts en Russie entre 1897 et 1914. Une alliance économique débouchait elle de fait sur une alliance militaire ? En 1976, Jean-Pierre Allain à travaillé sur les crises entre la France et l’Allemagne au sujet du Maroc, il analyse le processus de crise internationale.
On saute ensuite le pas de la première guerre mondiale en 1977. Le premier à le faire est Jean Bariety avec une thèse sur les relations franco-allemandes post première guerre. Dartaud à lui travaillé sur la question des dettes interalliées et la reconstruction de l’Europe. Au fur et à mesure que l’on avance dans le temps, les historiens se rapprochent à l’histoire du temps présent. Deux grandes thèses sur l’économie, avec en 1982 par R. Frank, Le prix du réarmement Français 1935-1939. démontant ainsi les thèses selon lesquelles le Front Populaire aurait stoppé le réarmement du pays. La dernière grande thèse date de 1992, elle s’intéresse aux conséquences du plan Marshall sur la France dans la construction européenne 1944-1954, G. Bossuat. Toutes les thèses sont nuancées sur la place de l’économie dans le déclanchement des guerres mondiales et dans les relations internationales. L’impérialisme n’avait pas profité au capitalisme français.
Deux chantiers ont donc vu le jour, celui des géographes, des migrations, celui des forces économiques et un troisième à vu le jour, celui des « Forces Profondes ».
Par « Forces Profondes » il faut entendre, étude des mentalités collectives, étude à la psychologie collective, aux forces spirituelles. Duroselle à fait porter par ses disciples l’étude sur ces forces profondes. Les études sur l’opinion, la part et les liens entre opinions et les relations internationales. Jouent-ils un rôles dans les processus de décision? Pierre Milza à lancé ces études lors d’un colloque à Rome d’où est sortis un ouvrage : Opinions publiques et politique étrangère. Ceci à donné lieu à de grandes thèses, celle de Jean-Jacques Bekcker, comment les Français sont entrés en guerre en 1914. l’apport des imaginaires sociaux, comment voit-on l’autre, comment perçoit-on l’étranger ? Les apports de la sociologie sont alors très importants. Comment juge-t-on l’autre ?
Un autre domaine est celui de la prise en compte des relations culturelles dans les relations internationales. L’étude des transferts culturels entre états, entre les peuples. La diplomatie culturelle, l’impérialisme culturel est tout aussi important que l’armement ou l’économie. Un dernier domaine a été défriché par Pierre Milza le rôle des sports dans les relations internationales, l’évidence étant dans les cas des régimes totalitaires.
Aujourd’hui on étudie aussi les rapports entre le pouvoir politique et les pouvoirs militaires. Quel est le poids du lobby militaire sur les décisions politiques, entre le lobby sécuritaire est la politique intérieure. Maurice Vaisse a étudié la France et l’atome, l’importance de l’arme nucléaire dans les prises de décisions.
Les thèmes privilégiés de cette histoire des relations sont restés très classiques, très franco-français. Duroselle a fait la somme de la politique étrangère française pendant l’entre-deux-guerres, la Décadence. Et l’abime, la politique étrangère pendant la seconde guerre mondiale. Le relèvement, de Gerbet avec l’étude des relations internationales sous la IVème. Et enfin La grandeur, de Vaisseur avec les relations sous de Gaulle. Aujourd’hui c’est plutôt des études bilatérales avec les relations entre deux pays, France-URSS M-P Rey, France-USA (Melandrie). L’étude d’organisations internationales avec l’étude de la SDN à l’ONU de Pierre Gerbet. Les études trans-nationales, en petit nombre avec le dernier livre G-H Soutou Cinquante ans de guerre Froide, le conflit est-ouest 1943-1990.
II L’histoire des relations internationales et son positionnement par rapports aux autres sciences sociales.
Quels sont les théories que l’école française a fait, d’où viennent-elles ?
1) Les interprétations réalistes.
Pour ces historiens, ce qui compte avant tout, c’est le rôle des états et des états-nations. Les relations internationales ne seraient donc qu’une question de rapports de force où les états jouent le premier rôle. On aurait recherché la régulation des puissances pour éviter les guerres. Traité de Westphalie en 1648 pour éviter les guerres. Cette théorie à été développé par G-H Soutou qui la valide du XVI au XXème siècle. Versailles, Yalta, Postdam… tout cela serait fondé sur la recherche d’un véritable ordre européen ou mondial.
Mais d’autres l’ont accommodé avec des concepts plus neufs et modernes, les interprétations constructivistes.
2) Les interprétations constructivistes.
Il faut ainsi introduire, les forces économiques, le poids des mentalités, des imaginaires sociaux, des subjectivités collectives, tout n’est pas rationnel dans le domaine des relations internationales. Les autres facteurs sont les facteurs de perceptions, la puissance vaut moins de la perception que l’adversaire en a. René Girault a mené énormément de travaux allant dans ce sens. Beaucoup de puissances, juste avant la seconde guerre mondiale ont surestimé la puissance allemande essayant ainsi d’apaiser les choses plus qu’autre chose, les américains même l’ont fait jusqu’en 1942. ainsi après 1945, la Grande-Bretagne et la France n’ont pas su estimer leur déclin. L’exemple Vietnamien appuie encore cette thèse.
3) L’historien des relations internationales face aux problèmes de l’ordre, du droit et de la justice.
Travailler autour des droits de l’homme, de l’ingérence, des TPI, un domaine trans-national. La spécialité des historiens, c’est le temps, de restituer les concordances de temps, les permanences, les ruptures… l’étude des traumatismes… la catégorie de l’espace leurs liens…
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