Mardi 2 janvier 2007
La Rivalité Franco-Anglaise en Amérique et son dénouement

    La guerre de sept ans fut une guerre, une rivalité globale pour la domination des mers, notamment dans les Caraïbes. Les Anglais la nomme « la guerre pour l’empire », les Québécois l’appellent « la guerre de conquêtes ».

I Un projet impérial contrarié

1) Un nouveau départ

En 1701, à la veille de l’entrée de la France dans la guerre de succession d’Espagne, un nouveau projet est lancé par le Roi. Ce qui intéresse Louis XIV, c’est le premier établissement créé en Louisiane. Louis arrive à obtenir le trône d’Espagne pour son petit fils, il obtiendrait donc les territoires coloniaux espagnols, il espère même la fusion de ces territoires avec les possessions françaises. L’ennemi, c’est l’Angleterre, une stratégie d’encerclement de leur colonies est donc souhaitée. Malheureusement pour le Roi, la guerre de succession d’Espagne ne se termine pas très bien et le traité d’Utrecht ouvre quelques brèches dans le front colonial Français. La Nouvelle-France doit céder l’Acadie à l’Angleterre, Terre-Neuve subit le même sort, la St-Laurent n’est donc plus protégés. Il faut donc renforcer au maximum la Louisiane pour compenser les pertes, pareil pour l’île St-Jean et quelques petits territoires restés sous le giron Français. Toute une série de forts sont aussi construits le long de la frontière continentale avec les colonies Britanniques.

2) Des signes de fragilité

La démographie, 70000 colons seulement contre les 2 millions de Britanniques. L’économie, la Nouvelle-France est à la traîne, loin derrière l’expansion Américaine. Ces colonies sont de plus en conflit permanent avec leurs métropoles qui veulent limiter l’indépendance des premières. L’autre fragilité tient à la francophobie qui s’ajoute aux tensions entre Anglais et Français. Cette hostilité permet même au Anglais de conserver leur autorité sur leurs colons américains.

3) L’épine Acadienne

Depuis sa perte, la France à toujours l’ambition de reconquérir. Mais les Acadiens prêtent serment au Roi d’Angleterre en refusant simplement de se battre aux côtés des britanniques. Cela n’est pas forcément un rejet de l’Angleterre que la volonté de pouvoir conserver une indépendance linguistique et religieuse. Les Acadiens ont neutralisé la résistance des Indiens Micmacs. Les choses auraient pu en rester là, mais une fois la paix signée, la situation évolue. Plusieurs provocations de la France avec la création de deux forts dans un projet global de création d’une nouvelle Acadie en attirant les populations Françaises en terres Anglaises. Plusieurs curés de paroisse vont même s’efforcer à faire passer des familles de l’autre côté de la frontière. La réplique anglaise est cinglante : création d’Halifax, migrations de populations anglaises et protestantes pour contrebalancer le rapport de force.Une nouvelle guerre se fait sentir et les gouverneurs Anglais vont chercher à se débarrasser de ses colons francophones. Cornwallis voudrait assimiler les populations francophones, mais son successeur : Charles Laurence trouve que cela prendrait trop de temps et décide donc de la déporter dans les treize colonies britanniques, il s’agit donc du grand dérangement. Cet épisode qui se déroule en 1755 à lieu au début de la guerre de sept ans et participe à la dégradation des relations franco-britannique.

II La guerre pour l’Empire

    Pour comprendre cette guerre, il faut partir du traité précédent, celui d’Aix-la-Chapelle, qui se traduit pas un statu quo général. Ce statu quo est important car les problèmes subsistent. Problèmes qui seront à l’origine de la guerre de sept ans. Certains historiens n’hésitent pas à qualifier cette guerre de premier conflit mondial car elle se joue sur tous les continents : Europe, Amérique du Nord, Inde, Océan Indien et golfe de Guinée.

    1) Les étapes de la chute de la Nouvelle-France.

    L’Ohio reste un fleuve clef. Les anglais essayent d’utiliser leur allié Iroquois pour inciter les Delaware et les Shonies (sous protection française) qui font parti de leur confédération pour se révolter contre les Français. Ils vont donc utiliser Washington avec la Ohio company, pour prospecter les potentialités foncières de l’Ohio. Pour s’en emparer, il faut provoquer un conflit direct avec la France. Washington se rend dans la vallée du fleuve, la France envoie Jumonville qui se fait descendre par pure provocation. La France reprend donc Fort-Nécessité (commandé par Washington), le frère de Jumonville venge donc son frère. L’Angleterre riposte à Monongahéla mais perd. La France reprend l’offensive avec Montcalm qui s’empare de plusieurs forts. En 1757, Montcalm réussit à prendre le Fort William Henry, dernière victoire française de la guerre. La situation se retourne contre la France.
    Le conflit se jouera désormais sur mer, mais la France perd 8000 marins à Brest dans une épidémie de typhus…

    2) Le rôle des amérindiens

    Un rôle quantitatif, les indiens fournissent de nombreux hommes, mais surtout qualitatif : la guerre de raid (voir le premier cours). Attirer l’ennemi en forêt, choisir sa cible, l’exécutée. Utilisation des coureurs et des pisteurs. Ces techniques sont efficaces car elles utilisent la peur de l’autre. Cela génère une ambiance déstabilisante pour l’adversaire. Bougainville comme d’autres européens dénonçaient l’inconstance de cette force, la difficulté de les mobiliser, leur indiscipline… Montcalm on le sait était hostile à l’utilisation des indiens, à l’inverse de Vaudreuil, né sur place. L’épisode de fort William-Henry, la garnison anglaise capitule, on lui promet son retour mais Montcalm méprisait les objectifs de guerre amérindiens, ces derniers ont donc attaqué les anglais, 200 tués et 300 prisonniers.

3) La situation aux Antilles

     Les anglais et les français se battent sur mer, à la fin de la guerre de sept ans, les anglais ont conquis, la Nouvelle-France mais pas trop d’îles dans les antilles.

III La paix et le changement de souveraineté

    L’Espagne entre en guerre au côté de la France et bouscule les enjeux de la paix.

1) Les négociations et le traité : déserts glacés contre îles à sucre

Les négociants anglais étaient très favorables à une annexion des îles par la couronne britannique. Mais les colons y étaient défavorables, craignant une trop grande concurrence des îles françaises, c’est ce parti qui l’emporta en Angleterre.
En France, les îles veulent être gardées : elles sont riches et utiles à l’allié espagnol. Quelques commerçants bordelais veulent conserver le Canada pour son commerce triangulaire. Mais ce n’était pas l’opinion du ministre Choiseul quoi voulait lui sacrifier le Canada, plus rentable et peu être moins francophone que les îles, un grand territoire révolutionnaire, il a vu juste (=> 1776).
Le traité de Paris est signé le 10 février 1763. Cession du Canada, concessions de pêche, cession de la Louisiane, conservation de St-Pierre et Miquelon.

2) Canadiens et Amérindiens sujets du roi George

La traité garantissait la liberté du culte catholique notamment au Canada. La langue française est reconnue et le Québec act élargit la province du Québec à l’Ohio et au Labrador. Cela déplait fortement aux colons Anglais qui n’attendaient que l’occasion de s’accaparer ces territoires. Ses privilèges étaient fait pour diviser la colonie canadienne et pour éviter que le Québec, différent des autres colonies, ne se rebelle.
On donne aux amérindiens le territoire à l’ouest des Appalaches.

3) Soulèvements et Nostalgie

Malgré ces promesses, les indiens se soulevèrent. La révolte de Pontiac, chef Otawais. Les américains useront des bonnes relations des français avec les indiens pour arriver à la fin de leur volonté d’indépendance. Les français ne voulant pas reconquérir le Canada ils n’ont jamais aidé les indiens à se soulever. Les français étant devenu des alliés privilégiés des Américains préféraient servir ce nouveau pays plutôt que les Anglais.



par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 2 janvier 2007
Saint-Domingue de la révolte à l’indépendance (1791-1804)

« Haïti n’a pas été à proprement parlé une colonie française mais nous avons eu des relations commerciales ». J.Chirac.

Il nous faut réparer cette amnésie française sur le cas de l’île de St-Domingue. C.Colomb, débarque sur l’île en 1492, ils sont 4000, en 1535, ils ne sont plus qu’une dizaine.
Le traité de Ryswick en 1697 (fin de la ligue d’Augsbourg) reconnaît la partie française de l’île. Beaucoup de plantations sont misent en culture, grâce notamment à la main d’œuvre servile. 8 habitants sur 10 sont esclaves, mais il ne faut pas opposer les noirs esclaves et les blancs esclavagistes. Il y a des noirs libres, des mulâtres qui possédaient eux-même parfois des esclaves…Il y a aussi des « petits-blancs », des salariés pauvres…Ces libe de couleur n’ont pas les mêmes droits que les blancs, ils sont soumis à des règlements particuliers.
    Il n’y a ainsi pas eu une seule insurrection mais bien deux. La première : celle des esclaves, la seconde, celle des mulâtres. Cette révolte conduira à la première indépendance noire d’une colonie, à l’inverse des Etats-Unis.

I Résistances à l’esclavage et à la discrimination : du marronnage aux révoltes de 1791

1) le marronnage

Deux types de marronnage, seul ou collectif, c’est un véritable fléau pour la colonie. Il existe ainsi de véritables communautés libres qui font des razzias contre les plantations.
Le phénomène s’intensifie et les esclaves sont ainsi mieux traités pour éviter le marronnage. Chez les penseurs des lumières son principal effet à été de laisser penser qu’une révolte était inévitable. Ce marronnage a été mythifié par les penseurs

2) La révolte des esclaves

Elle éclate dans la nuit du 16 au 17 août 1790. c’est un succès lié au rapport de force démographique et au fait que les esclaves du nord étaient plus motivés, nés en Afrique (bossales à l’inverse des créoles). Les planteurs se sont fait capturés, ont été tué. Les revendications : départ des blancs de l’île et liberté générale. Ils ont ensuite limité les revendications à leur amnistie et à leur affranchissement. La métropole est prête à accepter, mais les colons ne veulent pas lâcher. Une assemblée coloniale proclame la perpétuité de l’esclavage. La révolte s’étend donc au sud. En 1792, un nouveau leader apparaît : « Toussaint-Louverture ». Il cherche l’aide des Espagnols, et suite de l’exécution de Louis XVI, l’Espagne entre en guerre contre la France.
Ces leaders ont planifié leur révolte, ils sont au courant car lettrés, la déclaration de l’homme et du citoyen. Cette révolte est donc connectée au moins idéologiquement à la Révolution française, mais ses objectifs lui sont propres.

3) La question mulâtre

Les mulâtres ne sont pas aimés par les blancs, ils leur apparaissent comme des concurrents. Ils ont donc fait l’objet de restrictions et de discriminations, l’ordonnance de Choiseul : interdiction de nombreux métiers.
Deux évènements accélèrent leur révolte. L’indépendance Américaine : des régiments « libre de couleur » sont allé combattre pour leur indépendance. Ils ont payés la dette du sang et ne comprennent pas que l’on conserve leur statuts inférieur. Le second événement est évidemment la révolution qui réclame l’égalité des droits. Ils obtiennent cette égalité. Mais ce décret n’est pas appliqué par l’assemblée coloniale, les mulâtres se soulèvent donc au début de 1791 et qui est noyé dans le sang. Ogé, le leader est torturé puis assassiné.
Beaucoup de planteurs ont pratiqué la politique du pire.

II Comment la France révolutionnaire réagit face aux révoltes ?

1) Les colonies ou le principe ?

Dans un premier temps, les révolutionnaires donnent raisons aux colons au point d’introduire dans la constitution une sorte « d’exception coloniale », la déclaration des doits de l’homme ne s’applique pas à St-Domingue.

2) Le tournant de le menace étrangère

Les Britanniques et les Espagnols attaquent sur deux flancs différents. Ils sont aidés par les planteurs français, qui prêtent serment au roi Georges. Sonthonax et Polverel sont deux émissaires de la république qui doivent, contenir le blocus anglais, lutter contre la révolte, lutter contre les espagnols… Pour se sortir de cette situation, ils décident de lever l’esclavage des noirs. Ils attendent, la réaction de Paris. A Paris, le camp abolitionniste se soulèvent contre « l’exception coloniale ». Danton part donc en guerre contre l’esclavage, permettant aussi de déstabiliser les esclaves des autres pays. Février 1794, l’abolition est adoptée.

III Toussaint Louverture et la France : de l’alliance à la rupture

1) La montée en puissance d’un chef insurgé

Toussaint, n’attend pas l’abolition de l’esclavage pour libérer les esclaves de St-Domingue. Il se rallie donc à la France, lorsque celle-ci abolit l’esclavage. Toussaint, vient de Breda (N.L), il devient planteur dans les îles, possèdent même des esclaves. Il est catholique, marqué par la chrétienté comme par les idées de la révolution. Il se retourne donc contre les Espagnols pour aider la France à tel point que les Espagnols doivent retourner chez eux. EN 1795, c’est l’ensemble de l’île qui passe sous protection française. Il devient le sauveur de la république, sauveur des colonies de la république.
Mais son projet reste la constitution d’un pays noir indépendant. Il cherche donc à éliminer ses rivaux de manière pacifique. Lavau est écarté. Sonthonax, le gouverneur est détesté par Paris. Toussaint fait passer à Paris des rumeurs de trahison de Sonthenax, prétexte rêvé pour renvoyé le gouverneur. Toussaint n’a donc plus aucuns de rivaux blancs. Il est libre et à partir de ce moment là, il ne respectera plus aucune directives de paris. Fait la paix avec les anglais, amnistie les colons collaborateurs, libère le commerce des ports et occupe la totalité de l’île.

2) La régression Bonapartiste : le dictateur blanc contre le dictateur noir

Bonaparte arrive en 1798 avec le consulat, il a des ambitions impériales, mais a connu un échec en Egypte. Il s’intéresse donc à l’Amérique. Dans son entourage, il reprend l’élite revancharde ministérielle de Louis XVI. Ils veulent donc rétablir l’esclavage, Toussaint anticipe la chose pour rendre la souveraineté impossible. En 1801, il proclame la constitution de la colonie qui conduira St-Domingue à devenir un état associé de la France. Cette constitution est adoptée sur l’île mais pas par Napoléon qui envoie une opération navale sur place (chose qui plait beaucoup aux Anglais). L’opération commence bien pour les Français, des chefs noirs se rallient en pensant que l’on ne reviendra pas sur l’esclavage. Mais c’est déjà trop tard, dès 1802, l’esclavage redevient effectif. Toussaint pour traîtrise est emprisonné et déporté. En 1804 après la défaite des Français, les troupes sont rembarquées sur des navires anglais… Haiti est proclamée indépendante.

 




par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 30 décembre 2006

Le choix de faire une colonie de peuplement ou non est une réponse à des contraintes économiques. Les français développent peu leur peuplement par rapport aux autres puissances coloniales. Des différences entre les colonies continentales et les îles.

  I/ LA NOUVELLE France, UNE IMMIGRATION FAIBLE ET UN PEUPLEMENT MULTIETHNIQUE

1-    Dépopulation amérindienne

Dépopulation spectaculaire à chaque fois que les populations locales entrent en contact avec les européens et se phénomène se produit tout au long de la période coloniales.  Cela est surtout dû au choc microbien. Exemple : Les hurons et les iroquois ont vu leurs populations largement diminuer.

2-    L’immigration ?  

 

 

 

 

a-     Faiblesse

 1600-1760 :30 000 émigrants mais 10% ne sont jamais arrivés et une grande partie n’ont pas fait souche (n’ont pas eu d’enfants). Les chiffres varient selon les politiques de la monarchie :

 

 

            -1660-1669 : période favorable pour le peuplement.

 

     -1750-1759 : Période favorable au renforcement de la population à cause de la guerre contre les anglais.

 b-    Incitations

 

 

Choix d’une politique de peuplement avec une tentative de sédentarisation et de conversion des populations indiennes.   On utilise des engagés : des hommes qui partent dans les colonies et on cherche à les faire rester dans les colonies et à y travailler pendant 3 ou 5 ans. Mais leurs conditions de vie sont très dures ce qui explique le mauvais fonctionnement de ce système. " Les filles du roi " : Jeunes femmes dotées par l’intendant pour émigrer en Nouvelle France, y travailler, y avoir rapidement des enfants pour enraciner le peuplement. Il y aura environs 1000 femmes recrutées sur des critères de plus en plus exigeants. Des mesures économiques : Absence de corporations ce qui permet à un jeune ouvrier de s’installer plus facilement puisqu’il peut au bout de 6 ans se déclarer maître (alors qu’en France la maîtrise s’achète.

 Il y a aussi des redevances moins lourdes que dans le royaume mais c’est quand même un système seigneurial colonies anglaises l’installation est libre.

 Limites :

 

 

 - beaucoup d’engagés ne restent pas et ainsi disent en métropole qu’il ne faut pas partir.

 - la monarchie promet plus qu’elle ne paie.

3-    Caractéristiques de ces populations immigrantes

Beaucoup de gens des villes mais ce sont souvent des gens qui avaient migré pour fuir une situation trop difficile. Beaucoup de soldats qui sont donc des gens d’origine très modeste, il y à aussi les engagés, une toute petite partie formée d’ecclésiastiques et de notables. Un déséquilibre des sexes : émigration surtout masculine d’où les filles du Roi.

Populations qui ont un comportement démographique spécifique : taux de croissance naturelle très élevé et taux de natalité très haut. Il y à en moyenne 8 enfants par familles complète (=quand l’un des deux parents n’est pas mort) ce qui est lié au fait que les paysans de la nouvelle France ont une espérance de vie plus grande qu’en métropole.  

 

 

 

 

 

Répartition inégale sur le territoire : population concentrée près du St Laurent et en Acadie. Population plus urbaine que celle du continent ce qui est lié à l’importance de Québec.

 4-    Population métissés

a-     Amorce d’un métissage biologique au début de la période.

 Au départ favorisé par la monarchie. Les jésuites y sont favorable dès l’instant où il y à un mariage chrétien. Métissage plus fort en Acadie. 

 

 

b-Métissage dans un sens culturel.

Echanges de pratiques, inter connaissance des langues. A permis la survie des colons dans un monde où ils sont minoritaires.

c -Le développement de l’esclavage.

Toujours lié à la guerre et porte sur des populations réduites. Esclavage des amérindiens se développe au 17ème et 18ème ce qui est lié aux besoins des colons. la monarchie favorise cet esclavage en vendant ces prisonniers de guerres indiens. Reste un trafic très limité notamment car les îles ne veulent acheter que des africains et pas des amérindiens. Le nord de l’Amérique connaît aussi l’esclavage des noirs que le roi autorise pour cette région en 1689. L’esclavage se développe largement en Louisiane à partir du moment où elle est cédée à la compagnie des Indes  qui fonctionne avec le commerce triangulaire.

Conclusion : c’est une population très marquée par la diversité et par un grand contraste entre la société du Nord et la société du sud esclavagiste.

LA POPULATION DES ANTILLES

 

 

 

La législation de l’esclavage est une nouveauté, mais les esclaves peuvent s’émanciper sur le territoire français. Cette législation est reconnue comme coloniale, et non comme pouvant s’établir en France.

C’est un long processus qui voit le passage d’une population africaine transportée vers l’Amérique jusqu’au XIX°. Le premier espace importateur est le Brésil. La traite française se situe à la 4ème place des puissances esclavagistes. Elle représente le 1/3 de la traite anglaise. La traite fournit majoritairement pour l’économie de plantation.

 

 

 

1-    Conséquences démographiques de la colonisation

 

Dans un premier temps, l’esclavage se sert dans les populations indigènes. Dans les îles, les populations caraïbes pratiquaient l’agriculture de subsistance, dont le tabac (pétun). Les colons se font dès leur arrivée enseigner cette culture. On estime à 1 million la population indienne des îles. A l’arrivée de Colon, ils sont 500 000 à Saint Domingue.

Þ ces populations sont décimées par leur contact avec les européens, de part les maladies nouvelles, mais aussi de part leur exploitation très rude. Ces populations fuient vers les montagnes, les autres sont débarqués dans d’autres îles afin de casser les résistances.

Lorsque cette main d’œuvre c’est raréfiée, on l’a renouvelée en faisant appel à l’engagement des populations pauvres du royaume (les 36 mois en France). La population blanche augmente alors fortement dans les îles, la monarchie encourage cette engagement, car elle fournit une population stable pouvant défendre les îles. Le Gouverneur d’Oregon demande au Roi de modifier la loi sur l’engagement pour baisser le recours aux esclaves : l’engagement passe à 18 mois, ce qui contraint les maîtres à les habiller, à assurer leur liberté… Une loi en 1686 oblige les exploitants à avoir autant d’employés que d’esclaves (peur de la proportion noirs/blancs). 

 

           2- Le recours à l’esclavage

L’approvisionnement en esclaves se fait par la Hollande ou par le Portugal. Les circuits français se mettent en place au cours du XVII°. Bordeaux s’épanouit au XVIII°.

 

 

Le besoin de main d’œuvre se développe dans la deuxième moitié du XVII° en concurrence avec une politique de peuplement métropolitain. Dans le cadre du Code Noir (dont le philosophe Sala Monlens ? a fait un monstre juridique), se fait la législation de la traite.

La France est victorieuse face aux Hollandais lors d’une guerre ? ce qui lui permet d’obtenir des comptoirs sur les côtes africaines, ce qui lui permet elle-même de faire sa traite sans payer de sous-traitant.

Il y a une augmentation spectaculaire du nombre d’esclaves. Dès le début du XVIII°, il y a à Saint-Domingue 24 000 esclaves pour 6 000 habitants blancs. Ce déséquilibre s’accentue, en 1760, ils sont 200 000 esclaves et en 1790, ils sont 200 000 sans compter les affranchis et les hommes libres de couleur.

3-    Situation démographique de cette population esclave

Les esclaves importés sont pour les 2/3 des hommes. Cela a des conséquences sur le taux de mortalité et sur le mode de vie de ces populations.

Les Noirs bossales y ont une espérance de vie très courte (environ 10 ans) mais la plupart meurent au cours des 3 premières années d’esclavages. Cela est surtout du aux habitudes alimentaires et au travail dans des conditions très dures. Tout cela après un voyage éprouvant. La natalité est faible. Cela est liée à la faiblesse numérique des femmes mais aussi à une certaine forme de résistance par des avortements. Les propriétaires ne veulent pas s’occuper des enfants.

Il y a une faiblesse des mariages : 90% des naissances sont illégitimes. Les propriétaires des esclaves s’opposent au mariage car cela crée des problèmes lors des successions (mariage entre esclaves de différentes plantations). De plus, le mariage interdit la séparation des époux ce qui contredit parfois les projets des maîtres.

 

 

Il y a des menaces de sanctions pour les esclaves qui cherchent à fuir, à se révolter ou à se donner la mort. La fuite porte le nom de « marronage ». On distingue le petit marronage (fuite de proximité, vers la ville ou l’île la plus proche, souvent vouée à l’échec car vite retrouvé), du grand marronage (se traduit par la formation de communauté d’île la plus proche, souvent vouée à l’échec car vite retrouvé), du grand marronage (se traduit par la formation de communauté d’esclaves, c’est assez important sur le continent américain).

 

 

 

 

 

 

 

A Saint-Domingue, le principal lieu de fuite est vers la frontière entre la partie espagnole et la partie française. Les fuites peuvent donner lieu à des communautés qui gardent pendant des années leur liberté. Ex de Mackamadal, un esclave très instruit qui organise une société secrète marron qui cherche à lutter contre les blancs, notamment par l’empoisonnement. Cet homme est arrêté et brûlé vif.

 La société esclavagiste est constamment menacée. Surtout par les esclaves arrivant juste d’Afrique. Les anciens sont isolés par le système de plantation qui coupe les liens. La répression est très forte.

           4- Une société nouvelle  

 

 

 

Cette société est caractérisée par la présence massive d’esclaves. Les planteurs ont constamment peur des révoltes. C’est une société très mobile et très diversifiée.

 Un groupe de colons blancs : union d’antillais et de blancs, émigrés de plus ou moins longue date. Ils sont de plus en plus minoritaire et sont très hiérarchisés. Il y a une élite de grands propriétaires qui forment le groupe des GRANDS BLANCS, un groupe puissant lié de façons contradictoires aux gouverneurs et aux intendants. Ils ont leurs représentants à la cour et sont en conflit avec la monarchie sur le domaine économique. Il y a ensuite le groupe de la BOURGEOISIE DE TALENTS, des juristes, notaires, avocats, commerçants, ecclésiastiques. Cette population est assez étroite, quelques centaines de personnes. Il y a ensuite les PETITS BLANCS, des petits exploitants qui possèdent parfois des esclaves, ils cultivaient le tabac et se font peu à peu déposséder de leur terre. On les retrouve dans les villes comme matelots, boutiquiers, artisans. Ils ont des relations complexes avec les esclaves car ils menacent leur travail (pas payés donc plus intéressant pour un employeur). Ils cherchent à affirmer leur supériorité. Ils vivent dans les mêmes quartiers que les grands blancs.

 Les libres de couleurs : des affranchis, soit par acte juridique, soit par naissance. Un maître est toujours libre d’affranchir ses esclaves, mais la monarchie ne le valorise pas. Le Code Noir interdit le mariage entre maître et esclave, par cette loi, il veut limiter l’affranchissement des enfants qui naissent de ce type d’union. Les esclaves affranchis peuvent acheter la liberté d’autres esclaves. Certains hommes libres de couleur peuvent être riches, héritiers d’une plantation. Ex : Julien Raymond est une élite des libres de couleurs, il demande à Louis XVI l’égalité des droits pour tous. Il y a une hiérarchie liée à la couleur de peau.

 Les esclaves : il y a ceux qui sont nés en Afrique, et ceux qui sont nés dans les îles. Il y a un mépris entre les Noirs et les Sang-mêlés. Au sein des plantations, les esclaves de pioches sont opposés aux esclaves de cases (des domestiques, souvent des femmes). Il y a aussi des esclaves urbains, ils ont plus de chance que dans les plantations. Ceux que l’on nomme les bienveillants paient pour l’affranchissement des autres esclaves. 

 

 

 

 

 

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 décembre 2006

LE CADRE PAROISSIAL ET LE CONTROLE CULTUREL

 

La PAROISSE est la plus petite cellule d’encadrement de la population (vient de « parochia » = assemblée). Au début du christianisme, la seule autorité religieuse est l’évêque, il réside en ville. A partir de la zone qu’il domine, il crée des unités pour décentraliser son action : la paroisse est une subdivision du diocèse. Elle est beaucoup plus uniforme.

 

 

LA PAROISSE, UNE CADRE TERRITORIAL, UNE CIRCONSCRIPTION SPATIALE

 

« Paroisse » n’a pas la définition actuelle (débat entre médiévistes), elle désigne à cette époque une église majeure. Les sources sont les « pouillés » et les « censuales », des registres dans lesquels sont consignés les revenus et les possessions des évêques. Ce sont des registres épiscopaux. Quand un évêque rentre en fonction, il fait un inventaire des paroisses. Cela débute à partir du XI°, dans le nord du Portugal.

 

La paroisse se distingue par la présence d’une église publique sous autorité de l’évêque. C’est seulement en ce lieu que l’on peut pratiquer les baptêmes. Ce sont des lieux qui servent de cimetières. Elles centralisent la perception de la dîme.

 

Les chapelles sont des lieux de culte privées. « oraculum » le lieu où l’on prie. Les chapelles sont fondées par des gens qui en ont les moyens. On peut y célébrer la messe et on y enterre les familles fondatrices. C’est « le droit de patronage », même les églises publiques ont été financées par des particuliers. Soit pour eux-mêmes, soit pour obtenir un certain nombre de droits, et le bâtiment reste sous la propriété de celui qui l’a fondé. « le patron » est aussi celui qui a le droit de percevoir une partie de la dîme et des autres revenus ecclésiastiques.

 

Au X°, les paroisses sont dans les zones d’attraction d’une église publique, les fidèles se rendent plus dans les églises publiques. Ces ères sont mal définies, elles sont parfois très vastes. L’habitat est encore dispersé, il n’y a pas vraiment de centres. La religion est alors assurée par les chapelles, très nombreuses.

 

 

 

Le mouvement de l’incastellamento entraîne des phénomènes complexes. Certaines chapelles deviennent paroisses (chef lieu religieux), il y a des création de paroisse tout en laissant de l’activité aux anciennes chapelles pour les grands moments religieux…

 

Entre les XI° et XIV°, le mouvement de l’incastellamento parvient à faire correspondre la paroisse et le village groupé : c’est à ce moment là que la paroisse devient un territoire. La paroisse s’est moulée dans les villages, elle n’est pas forcément ancienne. La règle veut qu’il doit y avoir une église principale à moins d’une heure marche. Souvent, le réseau paroissial est plus dense, à environ 10 Km. Dans certaines régions, l’habitat est resté dispersé, il n’y a toujours pas de centres. Il y a aussi des rivalités entre hameaux et villages choisis pour exercer l’autorité paroissiale. Pour obtenir leur indépendance, ils demandent à créer leur propre église paroissiale.

 

 

 

CADRE POLITIQUE ET CULTUREL

 

La seigneurie ecclésiastique a une influence beaucoup plus forte que la seigneurie laïque.

 

 

A-   Le cadre communautaire

La construction des communauté a souvent une connotation religieuse. A partir des XII°/XIII°, les paysans sont attachés à la paroisse en temps que cadre. La paroisse est le principal lieu de regroupement, mais elle est aussi perçue comme un cadre d’oppression (pour le paiement de la dîme). Tout le monde s’y retrouve, cela crée un sentiment d’appartenance à un groupe. Ce sentiment est particulièrement fort là où l’Eglise assure la paix (paix de Dieu), important sur le plan psychologique. Le sentiment identitaire va très au delà de Dieu car l’Eglise a absorbé les rites de passage qu’elle a transformé en sacrement.

 

La paroisse assure aussi la continuité entre les vivants et les morts (cimetière et divin), elle punit aussi les déviants (leur crime est un péché qui attire la punition sur la communauté entière).

 

L’Eglise a une fonction de protection, le bâtiment lui-même est inviolable : les violences ne peuvent s’y exercer. Il y a autour de lui un périmètre sacré, « l’atrium ».

 

On s’y retrouve pour les cérémonies, mais aussi pour le rassemblement de l’assemblée communale (parfois pas de lieu assez grand que celui-ci), on y diffuse aussi les informations importantes. L’Eglise et le cimetière sont des lieux de rassemblements profanes : spectacles, jongleurs, marchés…

 

Les communautés rurales s’impliquent dans la gestion de l’église. Le prélèvement de la dîme force les communautés à s’organiser, c’est le seul impôt direct. Un certain nombre d’églises ont été fondées par les communautés elles-mêmes, pour cela ils ont du se regrouper (exemples en Catalogne). La communauté s’organise pour l’entretient du bâtiment (toit, chaises, bancs, objets liturgiques…), c’est la communauté qui paie. On a peu de documents mais on sait que cette action se nomme « opus ecclesiae ». Les élites sociales s’y font remarquer par leur apports de fonds financiers. Parfois, le conseil municipal parvient à s’emparer de cette gestion.

 

L’Eglise a aussi une fonction d’éducation, c’est elle qui communique l’essentiel des connaissances à travers les rites des sacrements (hors la portée est limitée car en latin).

 

 

 

B-    les canaux du contrôle culturel

La place de l’homme est plutôt négative dans la religion catholique : il est pêcheur et toute sa vie doit être consacrée au rachat de ses fautes. Cette conception donne toute sa force au clergé. Leurs rôle : l’INTERCESSION auprès de dieu pour le salut des hommes, par la prière des moines. Le salut peut être accordé par les actions des hommes eux-mêmes, par les œuvres notamment. Mais pour cela ils ont besoin d’être encadrés pour y arriver, grâce à la prise en main de tous les aspects de la vie.

 

 

Le clergé le plus en contact avec la population est le bas-clergé, les prêtres de paroisse. La Réforme Grégorienne (débute avec Léon IX, se poursuit avec Grégoire VII durant le XI°) est motivée en partie contre leur médiocrité, leur déficience au niveau de l’éducation de la population. Les seigneurs féodaux ont besoins d’un clergé soumis et pas trop intelligent.

Les fidèles ont une certaine familiarité avec le prêtre, il participe aux activités du village, mais il est tout de même exclu de la vie politique du village. Il ne peut siéger au conseil municipal. En revanche, il sert de médiateur et de représentant des paysans auprès des seigneurs.

 

 

Depuis la réforme grégorienne, il y a un effort pour améliorer la formation et les mœurs des clercs locaux. Mais mieux il est formé, plus il s’éloigne du milieu paysan : nouveaux vêtements, nouveaux discours, nouvelle façon de vivre. La différence se fait de plus en plus entre la foi populaire et la religion savante. La liturgie devient « mystère » on ne la comprend pas, le prêtre n’est plus proche des gens et la messe est obligatoirement en latin.

Depuis l’origine du christianisme, le haut-clergé se méfie du peuple et refuse les approfondissement théologiques au profit du RITUEL, de la participation aux cérémonies et de la pratique des sacrements sans explications, sans compréhension du peuple. Les fidèles ne connaissent que quelques prières (le Pater et l’Ave) et le credo.

En 1215 à lieu le grand concile réformateur, le IV° concile de Latran. Il impose aux fidèles la pratique de la confession annuelle. Cela développe l’introspection du fidèle et lui fait se demander sa vie est bien chrétienne. Les comportements sociaux ne sont pas bouleversés par cette pratique. L’aveu du pêché, pour les fidèles, doit donner le pardon : c’est un échange magique (j’avoue, tu pardonnes).

Les principales formes d’instruction religieuse viennent du SERMON, en langue vulgaire. Il est prononcé avant la messe. Elles viennent aussi de l’ornementation iconographique des églises. Il y a aussi, à partir du XII°, des interventions extérieures au clergé local :

-          action de l’évêque, il fait des visites pastorales, il réunit les prêtres locaux en synodes, il visite les paroisses. Sa présence est un marqueur de la mémoire populaire

-          représentations théâtrales, le théâtre religieux se développe en langue vulgaire

-          à partir du début du XIII°, l’inquisition pontificale (surtout en Languedoc), combat le catharisme

-          à partir du XIV°, les ordres mendiants (franciscains et dominicains) se développent, ce sont des ordres prédicateurs qui vont prêcher en milieu urbain. Ils permettent aussi un ordre moral rigoureux dans les campagnes.

-          Il existe aussi un contrôle social interne aux communautés

 

 

ACCULTURATION PAYSANNE ET CHRISTIANISME

A-   Sources et précautions méthodologiques

 

Les fidèles ont des exigence théologiques. Les milieux intellectuels et paysans s’opposent par le choix de l’oral ou de l’écrit pour la diffusion de la culture. Les cadres de leur éducation sont très différents. Pour les paysans, la religion est une éducation formelle, le reste de l’éducation se fait dans le cadre privé, familial, de père en fils et de mère en fille.

On manque de sources pour aborder la culture populaire. Elle s’exprime et peut se percevoir à travers les proverbes : il y a des recueils de proverbes à partir du XVI°. On se renseigne aussi avec l’onomastique (noms de personnes et de lieux). Le roman, lui, est porteur d’une idéologie aristocratique. Les paysans y apparaissent en opposition avec la culture des nobles, ils y montrent une vision simpliste du paysan qui n’a qu’une culture religieuse.

L’action du christianisme a en partie détruite la culture païenne. Le christianisme s’est développé comme un anti-paganisme : les fêtes profanes ont été remplacées par les fêtes religieuses (Noël, date païenne, on a construit des églises sur les anciens centres païens).

 

 

B-    Des éléments d’une culture paysanne

 

Cette culture religieuse a une base évangélique, elle revient toujours au christ, basée sur l’Ancien Testament, sur les Evangiles et leur commentaires effectués par le clergé. La population est fortement anti-cléricale, elle veut accéder au christianisme directement, sans leur intermédiaire. Elle remet en cause l’organisation temporelle de l’Eglise mais pas ses fondements religieux.

Il y a une nette opposition entre le clergé régulier et le clergé séculier. Le clergé régulier paraît plus proche de dieu, sans ces intermédiaires. Les hérésies ne nous sont connues que par les récits de ceux qui les ont condamnés. Les hérétiques expriment une forte demande religieuse, souvent fondamentaliste, c’est à dire refusant toutes les contraintes. Refus aussi du pouvoir et de la richesse du haut-clergé.

Parfois cela va plus loin sur le plan théologique, les hérésies sont parfois panthéistes, elles considèrent que dieu est partout, pas que dans les églises. Ils pensent aussi que les animaux ont une âme. D’autres sont dualistes, ils pensent que le monde est construit autour du bien et du mal, il y aurai un dieu du bien, dieu du mal. Pour le christianisme, le mal est juste un « accident de parcours », un sous-produit de dieu.

 

Une grande part du sacré échappe totalement au christianisme :

-          les rites agraires (ils datent d’avant l’Empire Romain), comme les feux de la Saint Jean ou le solstice d’été (manifestations païennes à la base)

-          la sorcellerie, pratiques magiques d’échange avec la divinité qui peut être dieu lui-même. Cela est assimilé à une hérésie. Cela est beaucoup fait par des femmes, s’explique par leur rapport à la fécondité. Le christianisme, lui, s’oppose au sacerdoce féminin

 

 

La culture paysanne n’est pas forcément sacrée. Il existe des éléments d’athéisme, d’absence de religion dans certains éléments de cette culture. Une bonne partie de la culture populaire est matérialiste : il y a donc un relatif insuccès de la culpabilisation des fidèles par le clergé. Il y a une certaine indifférence des fidèles, avant la Peste Noire.

L’immense majorité de l’art médiéval que l’on connaît est un art religieux. Mais il existe un art populaire dans l’ornementation des objets du quotidien pour la beauté, sans but intellectuel. Cet art naturaliste est en harmonie avec la nature, alors que pour les savants de l’époque, ce qui est beau « est bon ».

 

 

Conclusion : Pour les clercs, si le peuple est soumis à l’ordre social, ils en seront récompensés à leur mort : « les derniers seront les premiers ». Cette vision n’est pas appréciée du peuple qui revendique un bien-être sur Terre.

 

 

 

 

 

 

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : premier semestre
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 27 décembre 2006

LA SEIGNEURIE POLITIQUE

 

 

Les catégories voisines de la paysannerie :

 

-          le clergé

 

-          les chefs politiques

 

-          les combattants

 

Il y a une confusion entre la domination des choses (seigneurie foncière) et la domination des hommes (seigneurie politique, la potestas). Cela entraîne des rapports complexes.

 

La SEIGNEURIE est la domination d’une grande masse d’hommes. Elle s’exerce sous des formes variables, le plus souvent elle est locale. A la fin du XII°- XIII° siècles, elle est de plus en plus détenue par des princes voire des monarques. Le pouvoir monarchique est plus agressif pour les populations que le pouvoir local, plus proche.

 

 

 

ORGANISATION DES COMMUNAUTES ET LES ELITES (ARISTOCRATIE) aux X°-XII°

 

 

La noblesse est au départ un phénomène, elle devient de plus en plus une catégorie qui se différencie de la population rurale. Beaucoup de nobles sont issus de structures paysannes. L’aristocratie est caractérisée par le système du FIEF et de la féodo-vassalité. Ce système s’impose assez tardivement en Méditerranée, à partir du XII°. Le fief y est géré par les princes.

 

 

 

A-   Sujétion politique et autonomies paysannes au X°siècle

 

Le peuplement est assez dispersé, ces formes d’autonomies paysannes sont mal connues mais comportent trois éléments politiques et institutionnels fondamentaux:

 

-          une capacité à s’assembler (pour les hommes libres)

 

-          une participation des hommes au tribunal et à l’armée dans une circonscription

 

-          une délégation aux délégués des hommes libres de fonctions d’offices administratifs (ces délégués sont les boni homines, les hommes de bien)

 

 

 

Nous sommes assez bien éclairés par les textes dans cette région. Les historiens ont longtemps pensé que cette organisation a perduré grâce à la persistance des pratiques juridiques romaines et à la pratique plus intensive de l’écrit.

 

 

 

La condition essentielle pour l’indépendance d’une communauté c’est la prise de conscience de la « chose publique » et donc l’acceptation d’un pouvoir supérieur fort. Les seigneurs ont tout intérêt à ce que les hommes aient une auto-organisation et à leur attribuer des droits. Cela laisse la population s’organiser pour un certain nombre d’activités, ce qui fait un travail moindre pour le seigneur.

 

A partir du XI°, les cellules de peuplement se réduisent en taille de plus en plus. Epoque féodale agresse les communautés paysannes car elle ne veut plus leur donner d’autonomie.

 

 

 

B-    Les facteurs de l’emprise des élites sur les groupes de paysans

Depuis l’époque carolingienne, les élites exercent des fonctions publiques légales pour le compte de l’Etat : présidence des tribunaux, direction de troupes, transmission des ordres des souverains… Elles disposent d’importants moyens d’action, elles s’enrichissent par cette fonction administrative. Ces élites ont un esprit de solidarité sur une très large échelle : c’est un véritable réseau. A partir du X°, elles monopolisent la maîtrise des armes, le combat à cheval prédomine, il s’agit de personnes riches pouvant se payer la monture et l’armement.

 

Au XI°, les élites prennent de plus en plus d’emprise sur les populations rurales qui ont un besoin de protection économique car l’endettement provoque une augmentation massive du nombre de serfs. Ces populations paysannes servent de moins en moins au combat car elles ne peuvent se payer l’armement, elles ont alors aussi besoin d’une protection militaire. Il y a une certaine insécurité de part les invasions normandes, les invasions sarazines, les batailles entre les califes andalous et les royaumes chrétiens du nord. Les armées royales sont de moins en moins efficaces, les communautés se tournent alors vers les élites privées.

 

 

 

MILITES à la base désigne un soldat, un combattant de n’importe quelle classe sociale. Ce sont souvent les hommes de protection des seigneurs. Ils adoptent rapidement le mode de vie des nobles et veulent exercer un pouvoir. Ils deviennent les chevaliers, les seigneurs leur donnent des terres où ils peuvent exercer un pouvoir sur les personnes y vivant (émiettement territorial). Ce sont des roturiers qui sont parvenus à monter au sein de la hiérarchie sociale. Au XI°, la seigneurie est 10 fois plus importante. Des roturiers cherchent aussi à rejoindre l’aristocratie en devenant agent ministériels. Ils ont alors un certain pouvoir en prélevant des impôts, gérant une fortification pour le compte d’un puissant…

 

 

 

L’autorité royale ou princière s’affaiblit au cours des X° et XI°. Les populations roturières ont de plus en plus besoin de protection contre les agents publics qui pratiquent des abus. Les grands propriétaires mettent en place des aides financières ou militaires contre cela.

 

Il y a aussi un affaiblissement de la chose publique au sein de l’aristocratie. Le Roi n’est plus perçu comme un saint, on pense qu’il ne sert à rien. En 987, il y a vacance du trône de France jusqu’à l’avènement des capétiens.

 

 

 

Þ Dans les anciennes régions carolingiennes (Italie du Nord, Catalogne et France du Sud), il y a une privatisation des offices (des fonctionnaires) jusqu’aux châtelains qui vont exercer des pouvoirs de types monarchiques. Il y a un mouvement de création de seigneurie politique : les grands propriétaires fonciers (et surtout les grands monastères) s’appuient sur le principe d’immunité et fondent leur propre pouvoir de domination sur des groupes humains.

 

Þ L’Italie non carolingienne est soumise à l’invasion normande (de la Normandie française). Les pouvoirs seigneuriaux locaux s’implantent par la force et la victoire par conquêtes de morceaux de territoires. Ces pouvoirs sont rapidement récupérés par la monarchie qui généralise le système du fief pour gérer sa population.

 

 

 

METHODES D’IMPLANTATION DE LA SEIGNEURIE

 

 

Il y a relâchement des liens entre le roi, les comtes et la châtelains. Les fonctions déléguées sont privatisées.

 

 

A-   Les machinations juridiques

Certaines zones sont peuplées par des entreprises de peuplement. Ceux qui dirigent ces entreprises ont la mainmise sur la population y vivant.

 

Le principal mode de création de pouvoir sur les hommes est l’utilisation de la propriété du sol. Les nobles dominent la familia : les enfants non majeurs, les domestiques, ceux qui viennent se mettre sous leur protection et à partir du XI° siècle, ceux qui vivent sur ses terres. Le pouvoir n’est important que si le domaine foncier est vaste. Les plus grands domaines appartiennent souvent à des monastères. Ex : le monastère du Mont Cassin dans le Sud de l’Italie jouit du prestige de Saint Benoît de Nursie. Il se constitue un patrimoine foncier à la base d’un pouvoir territorial, peuplé par des opérations de peuplement qui forment des seigneuries publiques que domine le monastère.

 

Les statuts des communautés sont de plus en plus variables, le privilège se développe (la privata lex, statuts individuels, exemption des devoirs collectifs). A partir du XI°, ces privilèges sont accordés à plus de personnes, on peut en faire bénéficier ses proches. Les communautés sont menacées de l’intérieur : les plus faibles doivent se placer sous la protection de puissants, parfois étrangers à la communauté. Les notables se créent des clientèles au sein de l’aristocratie pour dominer les communautés rurales sans qu’elles puissent faire appel aux puissants proches. Les nobles se créent aussi une clientèle par le système de la « créatio » de l’adoption fictive, en établissant un lien de parenté fictif avec son client.

 

 

 

B-    les violences

Les seigneurs fondent leur pouvoir sur la clientèle et sur la violence. Les milites, eux, n’ont que la violence pour asseoir un pouvoir public.

 

Cela caractérise plus le midi de l’Europe. Les sources proviennent souvent des monastères (ecclésiastiques), il semble cependant que ces sources aient augmentées considérablement la violence chevaleresque, car en fait les chevaliers se seraient souvent attaqués aux établissement monastiques. Pour eux, cette violence est une forme d’impiété dirigée envers dieu.

 

 

 

Nous sommes en pleine période grégorienne, deux classes sociales sont en concurrence pour le pouvoir. Les CHEVALIERS et les REFORMATEURS GREGORIENS, qui s’appuient sur le droit canon, l’arme de l’écrit qu’ils utilisent contre les chevaliers. La violence des chevaliers auraient eu lieu principalement dans l’Aquitaine et le sud de la France, ainsi qu’en Catalogne (les Pyrénées).

 

 

 

En Aquitaine, en 989, à lieu le Concile de Paix de Charroux qui sera suivit de nombreux autres. Les clercs y décident de prendre en main la paix à la place du pouvoir royal (qui ne peut la maintenir). Il y a une généralisation du « salvamentum », la création de villages pour apporter de la sécurité à l’intérieur de murailles et autour d’une église surtout.

 

1020-1060, il y a une flambée de l’agressivité des chevaliers. Ils privatisent à leur profit les fortifications qui leur étaient confiées dans le cadre de la délégation des pouvoirs publiques. Il y a une multiplication des châteaux : ce sont des foyers d’insécurité, des bases d’expéditions contre les populations alentours. On peut quantifier certaines de ces violences à travers les Miracles de Sainte Foy (pour l’Aveyron). Mais la portée est limitée.

 

 

 

Spécificité de la péninsule ibérique et de ses structures politiques. Il y a un certain dynamisme et une certaine force de résistance des communautés rurales pour deux raisons :

 

-          il y existe une solidarité de type clanique (de part le lien qu’a crée la Reconquista)

 

-          la classe des guerriers est trop occupée à la Reconquête, à la lutte contre les maures qu’à la lutte contre d’autres seigneurs

 

A partir du XI°, il apparaît une nouvelle dimension de la guerre autour de 1030. Elle n’est plus le monopole d’un petit groupe, tous les hommes libres doivent s’armer et devenir des guerriers pour la reconquête Þ tous les hommes (contrairement au sud la France) accèdent à l’exercice de la violence. L’exercice de la monarchie par les nobles est plus tardive (XII°-XII°), la seigneurie est présente mais pas sous la même forme. Au Sud du Tage, cela attendra même le XIV°, avec une aristocratie très liée à la couronne.

 

 

 

MODUC VIVENDI XII°- XIII° : LE POIDS DE LA SEIGNEURIE ET LE PARTAGE DES FONCTIONS

 

 

A-   Les instruments de l’autonomie : les chartes (de franchise, de communes)

 

Il y a des accords entre les seigneurs et les hommes. Les chartes sont des documents représentatifs de cette période. Les chartes de franchises sont des chartes de droit, celles de communes reconnaisse une véritable organisation de commune et celles de peuplement montre les droits d’une communauté de colons.

 

 

En Italie du nord et dans le Languedoc, les chartes sont peu nombreuses. Mais quand les communautés sont suffisamment fortes, elles n’ont pas besoin de mettre leurs droits par écrit (explique peut être ce manque de sources).

 

Il faut se méfier des rapports de pouvoirs relatés dans les chartes. Ce sont des contrats bilatéraux où les parties sont à égalité sur le papier. Le contenu explique la forme que prend ce rapport.

 

L’apogée pour une communauté est d’obtenir le statut de commune (ou « universitas » ou « consulat » ou « concilium »). Tous les aspects de la communes sont alors gérés par elles (fiscalité, devoir de défense, entretient de la ville…). La structure est organique, il y a différentes institutions qui assurent le fonctionnement de la communauté. Les femmes en sont exclues. Une Assemblée se compose autour des hommes libres, chefs de famille qui possède des terres sur le domaine de la commune. Il y a des conseillers municipaux ainsi que des citoyens tirés au sort pour exercer certaines fonctions : surveillance du marché, garde champêtre…

 

 

 

Les chartes de franchises ne sont pas démocratiques : les élites roturières font prévaloir leur intérêts avant ceux de la communauté.

 

 

 

Dans les 2/3 méridionaux de la péninsule ibérique, les communautés se sont crées ex-nihilo à partir de 1050. Ces communautés sont souvent municipales dès leurs origines, alors qu’en France elles se battent pour obtenir ce droit.

 

En Italie méridionale, autour de Florence, ce sont les « terres neuves », des villages crées à partir des années 1200 contre les enclaves féodales. Ce sont souvent des communautés de combattants, à la limite de la féodalité. Le pouvoir des seigneurs y est cependant limité par des coutumes.

 

 

 

B-    Solidarités communales

 

Face aux seigneurs, les groupes locaux manifestent des solidarités. Ces solidarités sont variables, elles sont souvent dirigées contre les seigneurs par les personnes les plus actives : les laboureurs, les chevaliers roturiers… Les solidarités se fondent sur la coutume et non sur le droit. Derrière les chartes de franchises, il y a un grand nombres d’actions menées par les communautés.

Le fait de vivre dans des habitats groupés favorise la cohésion contre le seigneur. Les solidarités s’organisent à l’échelle villageoise, elles sont faibles face aux pouvoirs des seigneurs. Ces solidarités se développent au dépend des solidarités familiales. A partir des XI°-XII°, l’ensemble des liens ne sont plus de type clanique mais de solidarités locales : c’est le phénomène de DEPARENTELISATION, accentué par la colonisation de nouveaux espaces libres. Des zones de défrichement où l’on fonde un nouveau lignage. Entre