Jeudi 12 avril 2007
L’Egypte Lagide : une société multiculturelle

L’Egypte reste le seul exemple d’un pouvoir Hellénistique qui prend le contrôle d’un territoire avec plusieurs peuples sur un même territoire, cela entraîne une domination de plusieurs peuples sur d’autres.
On a parlé de société coloniale (ségrégation), on a parlé de société mixte (échange et relations) aujourd’hui on parle de société multiculturelle, à la manière de l’Amérique contemporaine.  Pour Droysen, l’Egypte Lagide était la fusion entre la Grèce et la culture pharaonique déclinante. Pour claire Préaux on assiste à la coexistence des deux cultures. L’analyse Marxiste en terme de rapports de force politiques et économique, estime que les colons exploitent l’Egypte. Depuis  20 –25 ans, une nouvelle analyse envisage des grilles plus sociologiques, d’école américaine. Cette dernière considère qu ’il y a en Egypte la coexistence de culture fractionnées (juifs, grecs, égyptiens…).

I. Pouvoir Grec et société Egyptienne.

1) La domination greco-madéonienne.

La domination est d’abord d’ordre politique, les Macédoniens confisquent le pouvoir aux Egyptiens, la langue du pouvoir est grecque. Les Egyptiens restent à des niveaux intermédiaires. La ville du pouvoir est par ailleurs plus une ville grecque qu’une ville égyptienne. Les égyptiens apparaissent seulement au cours du II ème siècle.

2) Société coloniale ou société inégalitaire.

Les éléments extérieurs que sont les colons constituent un grand minoritaire et dominant. Il doit trouver son identité dans des marqueurs identitaires forts. Cette domination est socioéconomique. Est-ce que la société de l’Egypte Lagide correspond à ces critères ? En partie. Le système  clérouchique renvoie à des abus de la part des colons. Les marqueurs identitaires restent forts, l’éducation est grecque, la langue dans le Fayoum est le grec, on trouve des gymnases.Il est difficile de tenir un discours à l’échelle de pays car les régions sont différentes, mais il est certain d’avoir un opposition entre la ville grecque et la campagne égyptienne. Les macédoniens exploitent-ils réellement la population ? Oui aussi en partie car ce que produisent les égyptiens tombe dans les poches du fisc, mais le reste va aux temples sans que cela ne reviennent aux grecs. Certains grecs sont de plus pauvres.
On parlera plus de société inégalitaire reprise et contrôlée par les grecs sans être pour autant une société coloniale.

II. Entre collaboration et tensions : une société double.

1) Un discours idéologique a destination des Egyptiens.
(voir la stèle de Pithom, inscriptions de Philae)

Les grecs reprennent des canons, des styles égyptiens. Mais cela marque plus un point de jonction idéologique entre le pouvoir Macédonien et l’élite égyptienne.

2) Le maintien de deux mondes séparés ?

Dans le Fayoum ou dans le delta, les Egyptiens cohabitaient avec les Macédoniens. Entre Haute-Egypte, les choses sont différentes, à Thèbes il y a très peu de grecs, la société égyptienne vit en vase clos.
La question de la langue est aussi très importante. Les habitants de l’Egypte ne sont pas bilingues. Le grec sert aux grecs, au pouvoir, aux juifs, sans plus. La majorité de la population continue à parler démotique.
Dans certains documents les deux langues se croisent, les cahiers de charge des fermiers, sont dans les deux langues. Les deux système restent étanches entre eux, les grecs suivent une éducation à la grec, les égyptiens, une éducation égyptienne.  Même si il y a des croisements artistiques entre les deux peuples, chacun conserve ses codes. 

3) Les tensions des II ème et Ier siècle ; une cristallisation identitaire ?

Dès le IIIème siècle, il y a des tensions entre les communautés. Les Egyptiens ont un sentiment d’infériorité. Au 1er siècle se développe les période de révoltes à l’encontre du pouvoir. Faut-il y voir une affirmation de l’identité ? Non, il s’agit plutôt d’une réaction directe vis-à-vis d’injustices temporaire… sauf peut-être en Haute-Egypte.
 Dès le IIème siècle, le pouvoir Lagide ne va pas jouer contre la culture égyptienne. Il va même s’en servir pour conserver son pouvoir.

III. Une acculturation asymétrique aux IIe et 1er siècles.

1) Les grecs au milieu des égyptiens.

L’acculturation est le fait de s’approprier une partie de la culture de l’autre tout en restant soit même.
En Egypte, on assiste à des acculturations croisées. A partir du IIème siècle, l’apport de la population grecque ne se fait pas directement. Les égyptiens vont être introduit dans l’armée royale… Les clérouques subissent une acculturation, nombres de documents sont rédigés entre grecs et démotiques. Les contacts sont accrus entre les grecs et les Egyptiens, il existe de nombreux mariages mixtes se qui entraîne la création des doubles noms. C’est à ce moment là, que dans certaines régions on peut parler de bilinguisme.

2) L’assimilation socioéconomique et culturelle.

Plus d’égyptiens apprennent le grec (langue du pouvoir) que de grecs l’égyptien. On oblige en 145 par ordonnance royal un résumé en grec à tout document démotique.  Dès le troisième siècle l’élite égyptienne doit désormais parler grec. Le système de la ferme sera même partagé par les égyptiens alors qu’il n’avait aucune équivalence dans l’Egypte d’alors.
Mais on est pas grec ou égyptien par essence, on l’est lorsque l’on est reconnu comme tel. Par l’appartenance à une clérouchie.
Dans le domaine culturel, l’acculturation est beaucoup plus faible sauf à Alexandrie.

Conclusion

Les statuts sont encore très mouvants, c’est avec Auguste que les passages entre les catégories deviendront plus difficiles.

Les échanges entre les communautés sont d’intensité différente selon les régions.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Samedi 7 avril 2007
 

Il faut faire la part de ce qui relève de la crise politique ou de ce qui relève de la crise identitaire. En Egypte, à cette époque, plusieurs crises apparaissent, certaines sont même nationalistes. Mais il faut le replacer dans le contexte de la montée en puissance de Rome. Comment les tensions au sein de la dynastie, conjuguées au difficulté du système d’encadrement de l’Egypte se sont traduit à un affaiblissement progressif de la dynastie ?

I Les temples des crises dynastiques.

1) Le difficile partage du pouvoir.

Le choix du mariage incestueux lié à des règnes très longs ont sauvegardé la dynastie. Ptolémée V meurt en 180. sa femme Cléopâtre assure la régence de Ptolémée VI, de Ptolémée VIII et de Cléopâtre sa fille.
Ptolémée VI devient roi en 175. En 170, il y a des révoltes, Ptolémée VIII est proclamé roi, en 169 Cléopâtre II s’ajoute à cela. Ils engagent tout le second siècle, car c’est une nouveauté dans la famille Lagide. Mais Antiochos IV, le Séleucide comprend que la situation en Egypte peut lui permettre d’accéder au pouvoir, mais Rome interviendra.
Cette association des trois rois et une concurrence arbitrée par Rome. Ptolémée VIII tient la Cyrénaïque, Ptolémée VI garde Chypre et L’Egypte avec Cléopâtre. Mais en 145, Ptolémée VIII écrit un testament dans lequel il confie à sa mort la Cyrénaïque à Rome… On ne peut donc plus le tuer, sous crainté d’avoir Rome aux portes de lEgypte.
Ptolémée VI meurt à cheval, Ptolémée VIII se marie à Cléopâtre. Le roi devient Ptolémée VII qui est tué le jour du mariage entre son oncle et sa mère. Reste Ptolémée VIII et Cléopâtre. Quelques années plus tard il épouse sa nièce, fille de sa sœur, il y aura deux reines. En réalité ses règnes vont être ponctués de troubles, de violence, de guerres civiles.
Entre 132-129, deuxième grande période de trouble pendant laquelle les Alexandrins avaient chassés Ptolémée VIII et sa seconde femme. Ils avaient un fils, Ptolémée Memphite. Ptolémée VIII va le tuer, le démembrer et l’envoyer à sa femme.
En 129-128 Cléopâtre II va rejoindre les Séleucides, Ptolémée VIII revient lui en Egypte.

2) révoltes et violence dans le pays.

En grec, on appelle les révolte, les Tarachè. Le Fayoum va se révolter, la Chôra, la vallée subira aussi des révoltes paysannes. Mais Alexandrie aussi entre dans une période de révoltes. Ptolémée VIII fera une grande politique de répression, il fera fermer les associations, renvoyer les savants étrangers
Pendant cette période, plus rien ne va, les digues ne sont plus entretenues…

3) La fin de l’influence en Méditerranée.

L’Egypte devient un territoire menacé, les troupes séleucides arrivent aux portes d’Alexandrie, peut être même Antiochos IV se fera temporairement couronné roi.
L’Egypte se fera sauver par Rome qui en 168 ou Antiochos IV encercle la ville. Popilius Laénas envoyé par Rome, trace un cercle autour d’Antiochos lui propose de se retirer de l’Egypte sans avoir à employé la force. Il doit sortir du cercle avec une réponse, il choisira de quitte le pays.
Les romains continuent ainsi à fractionner les méditerranée pour pouvoir rester les seuls maîtres de la région.

II. L’affaiblissement du pouvoir Lagie (fin Iième / Début 1er siècle).

1) La tentative de réconciliation.

En 124 Cléopâtre II revient en Egypte, elle redevient la Reine légitime auprès de son époux et avec sa fille comme seconde femme. Entre 121 et 118, une série de décrets d’amnistie vont être pris pour apaiser les tensions, rétablir l’ordre dans l’Egypte. Mais elles révèlent la profondeur de la crise tout en réaffirmant l’autorité royale. Le pouvoir compte valider sa légitimité en validant les libertés prises par les Egyptiens.

2) Fractionnement du Pouvoir et repli sur l’Egypte.

Finalement, Ptolémée VIII va finir son règne paisiblement en 116. Cléopâtre III reste survivante, la succession du pouvoir va donc être une fois de plus terrible. Elle a deux fils, Ptolémée IX et Ptolémée X, elle préfère le second, mais finalement elle veut exercer seule le pouvoir.
Chypre est donné à Ptolémée X, Ptolémée IX en Egypte avec sa mère. En 107, elle expulse son fils aîné et va faire revenir son fils auprès d’elle. En 103, elle l’expulse son cadet cheri, qui reviendra en 101 et la fera assassiner. Ptolémée X règnera seul sur l’Egypte jusqu’en 87 lorsque son frère Ptolémée IX reviendra le tuer pour lui-même règnera seul.
Ce règne de Ptolémée X est marqué par la multiplication des troubles en Haute Egypte. C’est dans ce contexte que se multiplie les trouble en Asylie et en Cyrénaïque. En 80 à la mort de Ptolémée IX, l’Egypte est plus que jamais à prendre, l’Egypte ne pourra survivre uniquement car Rome n’aura pas encore choisi ce qu’elle aller faire du territoire (nous sommes en pleine guerre civile à Rome).
Elle n’a pas encore reçu son coup de grâce.

III. L’Egypte dans les mains de Rome.


1) La décomposition du pouvoir alexandrin : de Ptolémée XII le flûtiste à Cléopâtre VII.

À partir de 80 et de l’accession au pouvoir de Ptolémée XII, L’Egypte devint un jouet entre les mains de Rome. Pompée va transformer la Syrie en province romaine. Pourquoi pas faire de l’Egypte une province à part entière alors ? Le Sénat, qui dirige la République garde le testament de Ptolémée X qui léguait ces terres à Rome. Ptolémée XII soudoie donc les sénateurs, il envoie 8000 talents d’or, pour obtenir de Rome le statut d’ami et d’allié du peuple Romain. A Rome de nombreux conflits marque le temps. Pompée, César, Crasius utilisent l’Egypte et l’Orient comme enjeux de pouvoir. En 58 Rome prend Chypre, face à cette perte, Ptolémée XII est expulsé d’Alexandrie, le pouvoir sera partagé entre sa femme et sa fille (Bérénice et Cléopâtre). En 55, il sera réinstallé sur le trône par le Romain. Mais il va devoir payer se soutien, il ouvre les caisses du Royaume aux généraux Romains. Il nomme au poste de diocète un romain (Rabinius Postumus). Dans les faits, l’Egypte est devenue une province sans en avoir le nom.
En 49, l’Egypte commaît une crise, une famine terrible. Ptolémée XII est mort en 51, se sont ses enfants (Ptolémée XIII 10 ans et Cléopâtre VII 17 ans) qui conserve le pouvoir. Les généraux Romains n’ont eux envie de faire qu’une bouchée de ce territoire.

2) César, Antoine et Cléopâtre : Rome au cœur de l’Egypte. 

Il faut détacher Cléopâtre de sa légende. C’est une reine grecque avec une éducation alexandrine, une culture solide. Sa beauté a fasciné ses contemporains, elle a fait preuve à beaucoup de charme qui allié à son intelligence politique a permis au royaume hellénistique de survivre deux décennies. Elle a accentué sa politique va les temples, fait une politique énergique face à Rome. S’était un évidence que Rome s’apprêtait à conquérir l’Egypte. Cléopâtre va jouer de ses capacités pour conserver l’identité propre de son territoire, grâce à des figures romaines.
La bataille entre Pompée et César s’achève par la mort de Pompée en Egypte (assassiné par les lagides). César en tire argument pour condamner l’action de Ptolémée XIII qui se retrouve en position d’accusé, n’a-t-il pas tué un Romain ? Cela donne lieu à la guerre d’Alexandrie, la présence de Rome fragilise la position des Lagides, Cléopâtre va s’allier avec César. Ce dernier occupe les palais Royaux, Cléopâtre se fait livrer à César, enroulée dans un tapis. Elle se livre ainsi au Romain, sous les yeux de son frère qui entraîna une guerre dans les palais royaux et Alexandrie qui se traduit par le mort de Ptolémée XIII. Il ne reste qu’une personne face à César, c’est Cléopâtre. Elle devient sa maîtresse, ils partent en croisière et le petit Césarion naît quelques mois plus tard. Cléopâtre suit ainsi César à Rome, la cour se déplace aussi. César apparaît ici d’avantage  comme un empereur. Cléopâtre est vue par les poètes romains comme une dégénérescence politique, trop égyptienne, décadente, corruptrice… A la mort de César elle est chassée de Rome. Elle revient à Alexandrie mais Rome la rattrape. Octave et Marc Antoine se battre pour le pouvoir Romain, ils vont tous deux en orient pour affirmer leur suprématie.
Antoine va donc en Cilicie à Tarse, en 41, Cléopâtre le rejoint et le séduit. Ce couple, qui dure plus longtemps incarne un empire oriental à deux têtes. Antoine passe un an à Alexandrie, Octave réutilise cette accusation pour combattre Antoine. Rome ne peut supporter qu’une partie de son pouvoir soit incarné par « l’Egyptienne ». L’alliance est bien réelle, ils auront même des enfants ce qui correspond à un début de dynastie, scandaleuse aux yeux des romains. Un royaume c’est constitué autour du pouvoir d’Antoine. Il attribut le pouvoir entre lui et Césarion, ainsi qu’a ses enfants.
Mais une fois qu’Octave en aura fini de ses problèmes en occident, il attaque Antoine à Actium et gagne. Cléopâtre et Antoine attendent ainsi leur nouveau maître à Alexandrie. Antoine se suicide. Cléopâtre est surveillée, elle doit être ramené comme butin à Rome, mais les servantes lui aurait permis de se suicider.Elle aura cependant permis de faire perdurer le pouvoir Lagide encore quelques années.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Jeudi 29 mars 2007
Rois Prêtres et temples en Egypte Lagide.

Dans l’imaginaire du grand public, l’Egypte se représente en grande partie par sa religion, ses rites, ses lieux de cultes. Nous allons cependant nous concentrer sur les rapports entre le clergé Egyptien et le pouvoir Royal Lagide.
Dans quelle mesure, le pouvoir Lagide a-t-il vu dans l’implantation des temples des intérêts dans la mise en place de son empire. De la même manière, comment le clergé a-t-il senti l’utilité que pouvait lui apporter les Lagides dans sa stabilité.
La bibliographie est assez fournie, les sources sont aussi nombreuses (décret de Memphis).

I Temples et sanctuaires d’Egypte Hellénistique.

1) Les temples et la tradition égyptienne.

Dans un contexte d’affaiblissement du pouvoir pharaonique, les temples assuraient seul le maintien des traditions égyptiennes. Mais cela n’a pas commencé avec les Lagides, il ne fera que se renforcer. L’Egypte Ptolémaïque hérite d’un empire très structuré par les temples, par leur pouvoir. Mais la plupart étaient déjà à l’état de ruine, ainsi la période Lagide va permettre la reconstruction de nombreux temples, pour renforcer leur pouvoir. En égyptien, le temple s’appelle le Hout Netjer « le château du Dieu ». Ce temple enceint d’un mur sacré, parfois haut de quinze mètre était percé de portes monumentales, aujourd’hui il ne reste que le portes des temples, l’enceinte ayant servie de carrière depuis l’époque romaine. Les temples étaient très souvent reliés au Nil par une voie sacrée bordée d’une allée de Sphinx et de bélier.
L’entrée monumentale est flanquée de Pylônes. Une fois à l’intérieur nous étions dans une grande cour, la cour des fêtes, péristyle, à ciel ouvert avec des colonnades. Ensuite la salle Hypostyle et sa petite colonnade rappelant la végétation du Nil car le temple doit refléter le réel. Enfin nous accédions à l’espace le plus sacré accueillant la statue divine, le Naos. Il était à l’époque interdit aux personnes autres que le clergé. Il est fermé et sans fenêtre. On trouve dans le temple la barque qui permettait chaque année de transporter la statue du Dieu. Un lac sacré fournissait de plus l’eau servant à purifier, laver quotidiennement la statue du Dieu.
Pour les égyptiens, la statue, était le Dieu. Le prêtre devait purifier l’air, la statue, avant d’apporter le repas au Dieu pour réactiver le lien. On trouve plusieurs grands ensembles à Memphis, à Thèbes, mais c’est au sud que se trouvent les temples les mieux conservés.

Mais les temples ne sont pas des lieux de rassemblement, ce sont des lieux fermés à la communauté, accessible à une minorité de prêtre et du clergé. C’est aussi un lieu idéal, où le monde est idéalisé, où le temple représente le lieu de fusion entre le réel et le panthéon.

2) Le clergé et l’encadrement de la société égyptienne.

Il faut prendre conscience que le clergé n’exerce pas de pouvoirs propres mais exerce des pouvoirs délégués par le pharaon. Le pharaon délègue un pouvoir dont il ne peut pas continuellement se réoccuper. Cela engage des liens entre les Lagides et le clergé. Ils ont la charge de maintenir l’ordre de l’univers pour maintenir l’ordre du monde, une tâche de conservatisme. Les prêtres pouvaient aussi exercer des fonctions civiles, ils se partageaient le culte au cours de l’année, permettant de libérer du temps pour d’autres activités.
Le clergé n’est pas l’apanage d’une minorité. On leur demande simplement de respecter le rite à la lettre ; il n’y a pas de liens spirituels particuliers (à l’inverse des chrétiens), on leur demande d’être de bons spécialistes. Les membres du clergé sont aussi ceux qui possèdent la mémoire, la capacité de lire, d’écrire, d’archiver et ce au-delà de leur fonction religieuse.
Il ne faudrait pas parler du clergé au singulier, il est en réalité multiforme, il est hiérarchisé. Les sacerdoces étaient transmis de façon héréditaire. Il n’y a pas de cursus honorum, un fils de prêtre pouvait reprendre la charge de son père à peine celui-ci décédé. Il représente donc une société très fermée, qui se reproduit par génération avec de véritables dynasties.
La puissance des prêtres se prend aussi dans le domaine économique puisque les prêtres possèdent un grand patrimoine foncier. Les temples veillent particulièrement à ce que ces terres ne soient pas amputées d’une partie de leur superficie.

3) Nouveaux Dieux et vitalité des cultes.

Il est tout à fait étranger au grecs d’imposer leur religion sur une autre, la conquête se fait dans le plus pur respect de la religion égyptienne. Cependant les grecs créaient un nouveau culte, celui de Sarapis. Il s’inspire du culte d’Apis en le transformant en culte gréco-macédonien. Il est évidemment que ce culte est d’inspiration royale, il va ainsi se développer dans toute l’Egypte et notamment à Alexandrie dont il va devenir le Dieu de la ville. Ce Dieu va symboliser l’emprise du pouvoir Lagide sur l’Egypte.
Le culte des animaux fait aussi sa réapparition. Le taureau Apis, avec ses grandes funérailles. Le faucon d’Edfou, Orus avec sa réincarnation chaque année.

II Rois macédoniens et prêtres égyptiens : négociation et collaboration.

1) Le Roi-pharaon.

Le pharaon est le garant de la bonne marche du cosmos, il garantie le bon traitement à l’effigie divine. Il doit faire régner la Maât, l’ordre et la justice. Parce qu’il en est el garant, il y a du point de vue des prêtres tendance à légitimer le pouvoir en place, en raison de cette recherche de stabilité. Le fait que Ptolémée V et ses descendants est leur titre pharaonique signifie une proximité avec le clergé, en retour il devait répondre au « cahier des charges » d’un pharaon. Justice, vaillance, piété, philanthropie… tel devait être les caractéristiques d’un roi pour son accession au titre de pharaon. C’est précisément parce que les Lagides vont respecte les temples qu’ils pourront s’inscrire dans l’histoire religieuse de l’Egypte et entrer dans les temples traditionnels.

2) Le clergé et l’encadrement idéologique et politique du pays.

Le pouvoir ne pouvait être présent partout, à l’inverse les temples présent partout, comprenaient des prêtres à mi-temps, des scribes, qui pouvaient déléguer leur temps à la charge de l’état. Ils pouvaient ainsi devenir les relais du pouvoir royal. C’est en ce sens que la coopération entre le pouvoir royal et le pouvoir religieux va renforcer le pouvoir des uns et des autres, et ce en passant par les élites. Mais la population n’avait pas grand mot à dire, ce qui allaient contre le roi étaient considérés comme impies.

3) La politique royale de bienfaisance et de contrôle.

Les Lagides font reconstruire les temples, augmentent leur taille, revoient les architectures intérieures. Ils auront donc une bonne réputation dans la population égyptienne. L’avancement du temple d’Isis à Philae dépend par exemple de la volonté royale, à Karnac, Ptolémée IV fait restaurer les colonnades des temples de Louxor. Il y a une véritable politique de collaboration avec une somme donnée annuellement syntaxis, impôt offert au temple pour assurer l’effort de construction.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Dimanche 18 février 2007
prise de notes
Pouvoir Royal et idéologue monarchique en Egypte Lagide



    Le pouvoir, mot souvent utilisé est une notion pourtant complexe. C’est la capacité à imposer ses décisions, sa volonté à transformer la réalité, sur un champ donné, sur un territoire. Tout pouvoir s’exerce sur un territoire réel ou fictif. Ce pouvoir s’assoie sur une légitimité, sinon il ne se maintient qu’avec violence. On retrouve les analyses de Max Weber, qui a montré qu’il fallait distingué pouvoir et violence. Distinguer le pouvoir traditionnel, le pouvoir charismatique fondé sur l’adhésion à un chef, le pouvoir légalo-rationnel (le vote), ces pouvoirs peuvent cependant se confondre.
    Pour les Lagides, il s’agissait de mettre en place une armature de contrôle sur le territoire, une administration, un personnel, des fidèles, des relais, pour avoir une emprise concrète. Pour le pouvoir Lagide il y a deux matrices, le pouvoir macédonien, le pouvoir égyptien, les Lagides ont donc combiné les deux. Le contrôle s’effectue par les rois, Ptolémée Premier qui assure son pouvoir de 323-284, Ptolémée II Philadelphe (284-246) son fils, Ptolémée III Evergete de 246 à 221, Ptolémée IV 221 à 204, Ptolémée V 204-180. nous sommes alors dans la période de pleine affirmation du pouvoir, de maîtrise de la mer…A partir de Ptolémée IV,  une remise en cause émerge, le pouvoir s’essouffle.
    Comment la dynastie Lagide a su adapter durablement le pouvoir macédonien aux conditions locales de son exercice.

I Le pouvoir Lagide, un pouvoir macédonien en Egypte


    Dans le monde Hellénistique, le pouvoir est un combat, une lutte, celle-ci sert à le légitimer, c’est le patrimoine génétique de tout pouvoir à l’époque hellénistique.

1) Le droit de la conquête la construction du territoire

    Ce territoire il faut se l’approprier, Alexandre aurait jeté une lance sur le sol Asiatique, c’est le principe, Doriktetos Chôra, affirmer sa puissance par la conquête. Ce discours est très important dans le pouvoir Lagide, détournement de la dépouille d’Alexandre par Ptolémée, les processions Ptolémaia  de 271. Alexandre à fondé la légitimité, s’inscrire dans la continuité assure la stabilité du pouvoir. La notion de victoire de conquête est aussi reprise par les Lagides, Ptolémée instrumentalise sa victoire sur Démétrios en 312 à Gaza, le pouvoir se doit d’être victorieux. Ptolémée II va remporter un certain nombre de victoires en Asie Mineure contre les Séleucides. Victoire dans la conquête mais victoire aussi dans la défense, dans la conservation du pouvoir. Se droit de la conquête est toujours en arrière fond, la nécessité de le conserver par la force sert la légitimité, ainsi en cas de défaites, on remet en cause la légitimité du pouvoir, Ptolémée VI aura à y faire face.
    Mais cela ne suffit pas, pour le conserver dans la durabilité il faut l’appuyer sur d’autres ressorts.

2) Les qualités et attributs du souverain.

    Ses qualités sont celles qui s’expriment au combat, la vertu (aretè), le courage la bienveillance (eunoia), qu’il soit un bienfaiteur (euergesia évergétisme), la piété (eurebeia) à l’égard des Dieux. C’est ce qu’attendent les Grecs comme les Égyptiens d’un bon roi. Mais cette puissance il faut l’affirmé, iol n’y a pas de roi modeste dans l’antiquité, il faut étaler sa richesse (Truphé), faire preuve d’opulence (olbos), cela fait partie de l’expression nécessaire de l’adhésion du peuple. SI le roi est riche cela suppose une bonne gestion du territoire donc des qualités précédentes d’un souverain.     Les Lagides construisent donc un ensemble de palais à Alexandrie, des jardins, des fontaines, la présence d’un musée consacré aux arts, d’un parc zoologique… Mais ces pratiques et ces comportements doivent s’incarner dans la mise en place de la dynastie.

3) La mise en place d’une dynastie et d’une cour.

    Au troisième siècle, il y a une véritable stabilité du pouvoir Lagide, les règnes sont longs. La volonté dynastique du mariage incestueux, pour conserver le pouvoir est établi. Cette évolution a choquée les contemporains car le mariage incestueux était proscris en Grèce, mais ils se sont appuyés sur les traditions égyptiennes. Il y a eu la volonté de la part d’Alexandre de mêler les traditions, Achéménides et Iraniens…Le pouvoir ne se partage pas, il doit toujours rester dans les mains des macédoniennes, la langue reste le grec (il ne parle pas l’égyptien). L’existence d’une cour autour du roi consiste non pas en une nouveauté mais en l’affirmation locale du pouvoir.                 L’installation des Philoi, les amis, l’entourage du roi, des philosophes, des artistes… Mais le caractère de la cour reste macédonien, les Lagides sont ainsi des rois en Égypte sans être des rois d’Égypte. Leur pouvoir royal, ils ne tiennent pas l’Egypte mais le territoire Egyptien. C’est un pouvoir personnel fondé sur l’autorité d’une famille plus que l’autorité d’un état, il n’y a pas de distinction entre la cour et l’administration les deux se superposent.

Le pouvoir garde les traits macédoniens ( la figure d’Alexandre) mais possède des innovations (mariage incestueux), convergence des idéologies et des traditions.

II Les instruments du pouvoir et l’encadrement du territoire.

1) Implantations et colonisations dans la chôra

    L’implantation pour assurer un pouvoir était déjà utilisée par Alexandre. Plusieurs formes d’appropriation de la terre, la terre royale, la terre de cités, la terre des temples, la terre sacrée. Le roi n’a pas la même prise sur les terres suivant leurs statuts, en revanche le roi dispose de la terre royale à sa guise. Alexandrie est déjà fondée, il fonde Pltomlémais, il faut attribuer des terres aux vétérans, il faut mettre en valeur les terres dans le Fayum. Sous le règne de Ptolémée II, le Fayum prend de l’importance, on le développe. On place des fidèles pour installer le pouvoir. Il y a un effort de quadrillage de mise en valeur du territoire par des populations macédoniennes par le pouvoir Lagide.

2) Le pouvoir et l’administration du territoire.

    Les habitants n’ont pas attendu les Macédoniens pour installer une administration, pour quadriller le territoire. Le pouvoir est autocratique, le roi n’est soumis à aucun contrôle, il est le législateur, le chef de l’armée, de l’administration, des finances et les sujets sont dépourvus de droit face à lui. Il fallait que ce pouvoir puisse s’exprimer. Au centre et au sommet à la fois : le roi et son entourage, source de toute légitimité.
     Les principaux administrateurs sont des proches du roi, ils sont recrutés parmi les philoi, mais il y a plusieurs catégories, les somathophylaques, les gardes du corps du roi, ce lien presque charnel entre la personne royale et les principaux administrateurs. Ainsi sont-ils presque tous des greco-macédoniens, les Égyptiens sont assez rare pour y avoir laissé leur nom Senoucheri de Coptos (juriste).  Le roi gouverne par sa seule volonté, il gouverne par sa cour, il gouverne en envoyant des documents à travers le royaume. Les Diagrammata, fixent la loi, le fonctionnement pour le reste de la population. L’administration financière et fiscale avec à sa tête le Diocète, on connaît particulièrement le diocète Apollonios, qui va exercer sa charge sous Ptolémée II. Il contrôle la planification des productions, l’ensemble de la branche financière du royaume. Ce n’est pas une innovation lagide, elle existait sous les pharaons avec les Psenti, ils n’ont fait que reprendre  la structure administrative présente. En dessous du diocète, la fonction d’Eglogistès, le collecteur d’impôt. Le chancelier Royal, l’épistolographe, membre de la cour, souvent membre de l’entourage royal assurait le relais entre la cour et l’administration (par l’écrit).
    La périphérie du pouvoir et ses nomes puis les topoi, puis les Komé (villages). A la tête de chaque nomes, il y a un stratège, associé à un nomarque (les impôts), basilikogrammate celui qui a pour fonction d’être le relais entre les administrations à l’échelle d’un nomes.

  Au troisième siècle toutes les fonctions administratives sont exécutées par des greco-macédoniens, il faudra attendre le deuxième siècle pour les Egyptiens occupent un tiers des fonctions, mais les chefs de villages reste des Egyptiens, cela correspond à une volonté d’assurer le pouvoir pas les macédoniens.
    Les rois Lagides ont voulu fonder un rapport en continuité avec les pharaons, les visites sur le territoire, le roi activé la structure de l’Egypte. Le sens de la personne royale est donc perceptible. Le roi échangeait, il recevait des enteuxeis, des revendications, des réclamations, formulées de manière normée, on venait se plaindre du mauvais fonctionnement de l’administration, des fonctionnaires. Cela servait de soupape politique pour le bon fonctionnement du pays. C’est une façon, des territoires difficiles à contrôler, de surveiller les pouvoirs. C’était aussi l’occasion d’afficher la richesse, l’opulence du pouvoir. Les bateaux du roi étaient très célèbre, c’était-là la marque de la puissance du roi sur ses territoires.

III Pouvoir royal, religion et société.


Pour assurer son pouvoir, il fallait donner un discours aux indigènes.

1) Les Lagides et la tradition pharaonique : les rapports avec le clergé.

    Comment les rois ont pu tisser des liens avec le peuple ? il y a convergence entre la définition macédonienne de la royauté et des attentes des égyptiens. Quelqu’un qui défend de royaume, quelqu’un qui assure la prospérité du pays, quelqu’un qui fait preuve de piété. C’est cette convergence qui a permis aux Lagides leur installation.
    Le rôle du clergé est important, les liens avec le clergé sont essentiels, les avoir contre soi, signifie une difficulté accrue pour l’installation. Ptolémée 1er s’allie avec les structures dominantes de la société égyptienne. Ptolémée a donc été reconnu comme pharaon légitime. Horus Jeune et vigoureux (maître) des deux déesses, grand en vaillance, Horus d’or, celui que son père a fait apparaître (en gloire), Roi d’haute et basse Égypte, puissance du Ka et de Rê, aimé d’Amon, fils de Rê Ptolémée. Le pharaon est l’incarnation de Dieu. Ptolémée 1er avait donné 50 talons d’or pour embaumer le taureau Apis, cela a favorisé son accession à la place de pharaon. Dès Ptolémée 1er, les Lagides ont mené une politique active de construction et de reconstruction de temples. Ils étaient bienveillants, mais ils tenaient aussi le bon ordre, le Pharaon était le gardien de la Maât, l’ordre cosmique, l’inverse du Chaos. Il y a de nombreux documents pour justifier ces bonnes relations entre le clergé et les Ptolémée. En 238, un traité de Canope reconnaît la puissance de Ptolémée, pour avoir évité la famine en ouvrant les greniers royaux. En 196, le Décret de Memphis (pierre de Rosette) montre que du point de vue de prêtres égyptiens, Ptolémée V est un pharaon comme les autres, garant du bien contre le mal. En contrepartie, on sait que les Lagides ont payé les prêtres facilement.

2) Le culte monarchique : un instrument de pouvoir.

    Cela va à l’encontre des traditions Grecques, il est scandaleux d’assimiler les divinités et les vivants, fussent-ils pharaons. Mais à l’intérieur même du monde grec, il y a eu une évolution, Alexandre, avait des caractéristiques divines. Les deux fonctionnements ne seraient donc pas contradictoires. Cela va être au contraire un élément de convergence, Ptolémée va lancer un culte d’Alexandre à Alexandrie une fois le tombeau sur place. Ptolémée place aussi sa famille dans la prêtrise égyptienne.
     Ptolémée II instaure des fêtes qui ont lieux tous les quatre ans, les Ptolémaïa dès 279. La figure de Ptolémée est divinisée aux côtés des autres Dieux. Il va instaurer le culte de Dieux Adelphes, dieux frères et sœurs, Ptolémée II et Arsinoé, on divinise le couple royal. Ils sont dieux en tant que couple. On retient que cette divinisation par les rois eux-mêmes est acceptée et reproduite par les égyptiens eux-mêmes. A cela s’ajoute à partir de 270, le culte d’Arsinoé seule, il va être imposé à tous les temples, cela sera accepté sans problème. La pratique macédonienne est donc acceptée.

3) Le roi, les Grecs et les Egyptiens.

    Il faut, pour que le pouvoir soit durable, que les administratifs locaux soient bien accepter, il faut qu’il y est une vraie justice. Celui qui incarne la justice, c’est le roi, le Nomes empsychos, le pouvoir accepté en maintenant le droit et la primauté de la loi. C’est ce qui fonde les ordres royaux. En ce qui concerne le droit privé, on avait-là une société communautarisée, avec des droits selon chaque communauté. Les juifs, les égyptiens, les macédoniens, avaient leur lois. Le droit égyptien, c’est le droit du pays, le droit traditionnel, le droit coutumier. Pour les grecs, que l’on habite dans des cités ou dans des colonies de la Chôra, il y avait une justice grecque. Les juges pour les grecs, les dikastères, les juges pour les égyptiens, les Laocrites, pour trancher un sujet entre deux personnes de deux communautés différentes, les Chrématisres. Le pouvoir est profondément marqué par Alexandre et les traditions macédoniennes, sur le plan idéologique nous sommes dans la continuité mais aussi dans la rupture. Le pouvoir à su mettre en place de puissants moyens de contraintes, pouvoir durable qui devait adapter son discours aux pratiques et aux données culturelles de l’Égypte.
par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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Dimanche 18 février 2007
prise de notes lors du cours d'histoire antique
Le roi, l’économie et la société de l’Egypte Lagide

    C’est un pays qui a beaucoup de richesse, le roi a eu pour soucis de les développer, tout simplement pour enrichir la maison royale. Pour prélever la richesse de façon durable, il faut mettre en place un système d’exploitation. Ce que l’on peut appeler l’économie royale. Cette économie royale pose problème, est-ce qu’il y a une part d’improvisation dans ce système économique. Là encore se pose la question des sources, le nombre est plus important mais en même temps, ce sources viennent de deux régions identifiées : le Fayoum et le Delta. Peut-on généraliser leur fonctionnement à l’ensemble de l’Egypte.  Le système est-il cohérent ?

I  La terre d’Egypte et sa mise en valeur.

1) La chôra égyptienne et le statut des terres.

    Le pays tire sa richesse par le Nil et ses crues. Les hommes qui mettent en valeur la terre, son le vrai don du territoire. Il y avait en Egypte plusieurs statuts des terres. La terre royale, la Basiliké Gè, c’est l’essentiel de la terre, il y  vivait des paysans royaux, des Georgoi (ceux qui travaillent la terre) Basilikoi (royaux), il y a des esclaves, amenés par les Grecs, les paysans eux sont libres. Cette liberté est garantie par Ptolémée II, il sera interdit d’asservir le paysan pour dette. Si le paysan n’était pas esclave, il n’était pas pour autant propriétaire de sa terre, il devait payer sa terre au roi : l’ekphorion. On appelait ça la terre concédée, la terre clérouchique. Les greco-madcédoniens vont installer les colons sur les terres royales et pas sur les terrains religieux. Les clérouques ne payent pas de loyer, cela facilitait l’implantation.  En plus de la terres clérouchique, le roi prenait de vastes domaines qu’il pouvait attribuer en cadeaux, en Dôrea, à des artistes, des grands administrateurs, mais elle pouvait être reprise à tous moments, ce n’était pas tant la terre que les revenus que l’on donnait à ses amis. L’une d’elles était très célèbre : celle d’Apollonios, administrateur royal.
    Il y avait aussi les terres sacrées administrées par les temples, travaillé par les paysans  des temples, qui devaient eux aussi payer un impôt.
    La  Gé idiotiké, la terre particulière celle qui appartenait qu’a des particuliers, mais cela était très minime. Le paysan est en Egypte en homme libre, mais son statut n’est pas forcément enviable car ses conditions de vie sont globalement difficiles, parfois insupportables, par les corvées, la lourdeur des prélèvements.      
     
2) Les productions agricoles, traditions et innovations.

        La production agricole est dominée par le blé qui représente 50% des terres cultivées. L’Egypte est l’un des greniers à blé de la Méditerranée. Mais le pouvoir grec va apporter un certain nombre d’innovation, le but royal est de limiter les importations et favoriser les exportations, sorte de mercantilisme avant l’heure. Il faut que la production corresponde aux volontés de la population, population qui change avec l’arrivée des Grecs. On importe, on développe de la vigne suite à la demande locale. « Le Grec » aime aussi l’huile d’olive, on importe donc des oliviers, à cela s’ajoute de nouvelles cultures, figuiers, noyers…
    Un pays agricole, axé sur la céréaliculture mais aussi sur l’élevage, transport, cuir, viande et désormais pour la laine. Cela n’est pas forcément vrai pour l’ensemble du territoire mais elle concerne surtout le Fayoum, qui concentre les innovations en terme de culture.

3) La place du commerce et de l’artisanat.

    L’Egypte exporte déjà, mais pour exporter il faut des ports, des navires, les Grecs usent ainsi à fond de la ville d’Alexandrie, à travers Naucratis fondée à l’époque archaïque par les Grecs.
    Mais ce commerce ne concerne pas simplement le blé, il porte aussi sur l’artisanat de luxe produit en Egypte. Nous en avons un exemple dans les récits de procession des Ptolémaia, il y a une forte capacité de l’Egypte à produire des produits de grandes valeurs, qui participent à la richesse du pays.
    S’ajoute à cela la production et la commercialisation de l’huile et les brasseries qui sont des activités très importantes que l’on perçoit grâce aux documents officiels qui en traite régulièrement.
     
II L’encadrement des activités économiques par le pouvoir royal

1) Une politique de contrôle et de développement de la production.

    Il y a dès le IIIème siècle un soucis de développement de la production, il s’agit de l’augmenter en partie pour l’exporter, en partie pour le roi en tire un maximum de richesse. Cette politique d’augmentation repose sur la mise en valeur de nouvelles surfaces. On va peut toucher à la vallée et au delta car ils sont déjà bien mis en valeur, les bases sont solides, les structures sont en place de plus, les temples contrôle ces terres. Il va falloir développer des terres qui ne l’ont jamais été, irrigué de nouvelles terres par exemple.
    Il va y avoir des territoires de conquêtes agricoles. On assèche les marais du Fayoum pour étendre les surface, c’est une politique d’abord extensive. Mais on va aussi mettre en place une politique intensive, sur les terres des clérouques, politique d’assolement biennal et triennal, la politique de la double récolte de blé. Cela augmente largement les revenus du roi.
    On va faire des tentatives agronomiques, on expérimente, il y a des sortes de jardins pilotes, on teste certaines forme d’élevage…Les variétés indigènes sont donc améliorées, le froment (meilleure qualité, rendement plus important) se substitue au « blé du pharaon ».
    Le Fayoum est une dépression au sud-est de Memphis, longeant le Nil, avec un lac alimenté par le fleuve. Ce territoire à toujours intéressé  les pharaons, la surface du lac s’est réduite et ce depuis 1100 avant J-C. C’est une zone marécageuse, protégée par le Dieu Crocodile. Les gréco-macédoniens, s’en emparent, notamment grâce à l’action de Cléon et Théodotos, ingénieurs royaux, on assèche et on redistribue les terres aux clérouques. Un grand nombre de village sont créé, la toponymie témoigne de leur création grecque (Philadelphie, Té adelphie), se Nome, prend le nom du nome Arsinoite. La surface cultivable permet une double récolte, mais elle nécessite un entretient permanant des digues. La papyrus de Zénon avec le domaine d’Apollonios a un sens politique dans la redistribution, comme réserve de terres a attribuer ou a reprendre. Il s’agit de plus d’une vitrine devant les ambassades étrangères. On organise une visite dans le Fayoum pour montrer aux Ambassadeurs, l’importance du pays, montrer les éléments les plus symbolique de la puissance économique du royaume.

Cf : les papyrus de Zénon, Claude Orrieux.

2) Organisation et contrôle de la production de céréales.

    Le contrôle est permis grâce à un document le Diographé tou sporou, le Bordereau S’ensemencement. Ce bordereau est fixé en fonction de l’ampleur de la récolte suite à la crue, chaque village pouvait et devait estimer la production. Après cela il devait produire autant que prévu. Le paysans ne pouvait plus cultiver la surface qu’il voulait, il devait le faire en fonction du bordereau d’ensemencement. Le contrôle était draconien, il contraignait les paysans à respecter le bordereau. Cette culture est aussi très encadrée en aval, par les Sitologues, les agents de contrôle de la récolte de blé, ils assistent toutes les étapes de la production du blé. Pas un grain ne doit échapper au contrôle royal. Pour cela un faut prendre appui sur les relais locaux que sont les scribes, les notables, les chefs de village… Ces relais sont aussi a surveiller, ils sont entre les deux parties et ont tendances à vouloir s’enrichir sur le dos des paysans ce qui n’est pas bon pour le roi. Cette volonté de tirer le maximum de production est aussi visible par l’empressement à ramener le blé royal vers Alexandrie pour l’exportation. Cet encadrement ne se limite pas à cette production, il prend d’autres formes pour d’autres production.

3) Un encadrement royal fondé sur les monopoles.

    Un certain nombre d’activités sont gérées par le roi, ce n’est pas le cas des céréales (les temples en produisent). C’est pourtant le cas de l’huile, seul le roi à possibilité de cultiver et de vendre l’huile (dès Ptolémée II). Les pressoirs appartenaient à l’état, seul le roi avait le droit de commercialiser l’huile avec un prix fixer. Le cadre est purement gréco-macédonien, l’huile est indispensable au fonctionnement des cités, l’huile sert au gymnase, qui lui-même sert à la citoyenneté. Sans huile tout est remis en cause. L’encadrement est net, il sert à la continuité des revenus, à la stabilité des productions. Le monopole est donc pour le roi indispensable.
    S’ajoute à cela le monopole du sel, des salines, du fer (élément essentiel pour les armes), le lin, le papyrus (essentiel à l’administration), la bière…Ces monopoles existent dans les domaines importants, mais aussi dans d’autres types d’activité : les carrières (granit, schiste…), les mines de pierres précieuses (artisanat).
  Cette organisation est fondé sur le regard permanent des agents de contrôle dans un soucis royal d’organisation. Ce regard royal nous est connu grâce aux archives de Menkhès, basilicogrammate secrétaire royal, chargé de surveiller la nature des surfaces de son territoire.

III Une économie royale captatrice.

1) Le trésor royal, la banque et le système de la ferme.

    Ce sont les trois pilier du système économique, le trésor royal basilikon, à Alexandrie et des antennes fiscales les Thesauoi qui servaient à centraliser la production. Le trésor royal d’Alexandrie sous Ptolémée II renfermait plus de 700000 talents (le Parthénon a, en comparaison, coûté 1000 talents).
    Le réseau de banque royale, l’économie monétaire, innovation Lagide, permet de récolter plus facilement les prélèvements en espèce. Ce réseau de banque va permettre de développer l’économie Lagide. L’ensemble dus système reposait sur le principe de l’affermage, le fonctionnement de la ferme connu grâce au papyrus Revenue Laws. Il présente le fonctionnement de l’économie Lagide, la gestion des prélèvements. La structure est encore pré étatique. L’état n’a pas les moyens d’organiser toute la chaîne des prélèvements, on met la taxe donc en adjudication pour les nomes. On ouvre une période d’enchères royales, on propose de donner tant, sur la taxe sur le sel, celui qui remporte la place donne de l’argent à l’état puis essaye en vendant du sel de se rembourser au cours de l’année.
     Ce système de la ferme fonctionne pour toutes les taxes, les producteurs sont donc toujours lésés. Il permet la régularité des revenus, il est économique pour l’état, il est cependant source de tension sociale, car plus la part des fermiers est importante, plus les producteurs sont exploités, de plus les agents du fisc pouvaient être les fermiers, il y avait des alliances…

2) Les revenus de l’Etat Lagide et le contrôle de la monnaie

    Ces revenus étaient importants, ils reposaient, sur des listes de taxes, toutes sources de revenus de l’Etat Lagide. Pour un paysan travaillant sur la terre royale, les deux tiers de la production était ponctionné. Les prélèvements portaient donc sur la production agricole, le remboursement de la récolte. Tout n’allait pas à Alexandrie, mais aussi aux banques locales, l’utilisation de tous les moyens publics, médecins, thermes, navires, terres… Tout ne revenait pas à l’état, mais il ne s’agissait pas de création Lagide. La monnaie est aussi une source de revenu de l’Etat, la grande nouveauté de ces rois fut donc l’introduction de la monnaie d’or, d’argent et de bronze. L’or sert de prestige, de thésaurisation. La monnaie qui circule dans les échanges c’est l’argent. Les Lagides vont cependant se couper de l’unité monétaire commune aux Grecs, ils vont dévaluer leur monnaie.     Les marchands perdaient 17% en faveur du roi sur leur revenu. A la fin des transactions, il reperd de l’argent lors du change de départ.

Il y a donc continuité dans l’encadrement fiscal, mais il y a rationalisation fiscal, la nouveauté c’est l’économie monétaire, à la fois un moyen et une source de revenu.  

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : histoire Grecque
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