Mercredi 31 janvier 2007
Chapitre 2 : Histoire du libéralisme au XIX. Notes de cours.
Libéralisme et démocratie en Espagne (1833-1898)

Dans le cas de l’Espagne, il se pose des problèmes différents des autres pays européens.
Le problème qui se pause se pause à l’ensemble du monde hispanique. Ce problème est un problème de légitimité suite à un incident de 1808 avec l’invasion de la monarchie espagnole par les troupes napoléoniennes et le roi espagnole st fait prisonnier en France. Ce n’est pas une succession classique, là, le roi est absent. Tout le matériel politique espagnol bascule.
Le problème posé est alors dans le niveau de la légitimité du pouvoir avec une vacance de la monarchie ?
En dépit du retour du roi en 1814, la question reste posée. Les libéraux vont s’efforcer de remplir ce vide. Avec un autre fondement, celui du peuple. D’autres options politiques veulent aussi résoudre cette question. D’autres corps clame leurs souverainetés, un processus en cascade ou la légitimité retombe sur la société ou diverses communautés (cléricales et autres) vont de fait assurer la souveraineté politique et s’en revendiquer comme telle.
Le but des libéraux est de refonder une représentation politique plausible suite à la période 1808-1814. Mais ils échouent en grande partie contrairement à la France et la Grande-Bretagne. Des courants non libéraux continuent à être très puissant, alors qu’en France à partir de 1830 ils perdent de leurs influences.
On ne peut pas parler d’hégémonie du système libéral en Espagne.


I) L’héritage libéral du début du XIX° siècle.

            A) Les origines de la révolution libérale hispanique.

                1) L’impact de la Révolution française en Espagne.
Jusqu’en 1788, on a en Espagne une monarchie typique de celle des Lumière, le roi s’appelle Charles III et entreprend toutes sortes de réformes typiques des monarchies éclairées. Sa mort signifie le début d’un processus de crise politique. La crise commence donc dès 1788. 
1789, la Révolution française précipite la dissolution de l’ancien régime. Sur un plan intérieur, la monarchie tente de se protéger de l’influence des idées révolutionnaires et sur le plan extérieur, elle se sent solidaire de Louis XVI et opposé à la France révolutionnaire. Et encore plus en 1792 quand la France entre en république. La mort de Louis XVI est d’autant plus choquante qu’ils sont aussi des bourbons. D’où la déclaration de guerre à la France en 1793 qui conduit à envahir une partie du sud de la France jusqu’à ce qu’en 1794, les français envahissent le nord de l’Espagne jusqu’au traité de Bale qui reconnaît à la France un certain nombre d’avantage, et en particulier le fait de pouvoir faire circuler des troupes en Espagne.
Cela affaiblit l’Espagne. La monarchie va être beaucoup plus prudente et tenter de trouver un équilibre. En réalité l’état et la couronne deviennent très dépendants de la France, surtout avec l’empire napoléonien.
Elle se décompose entre 1802 et 1808. Pourquoi ? Le roi Charles IV pratique cette politique d’équilibre avec une faible marge de main d’œuvre et pratique une politique d’alliance avec Napoléon. Napoléon y trouve aussi son intérêt avec le problème portugais.
Le fils de Charles IV s’offusque de cette alliance avec les Français et ce Ferdinand anime un parti anti-Français, et ces tentions ne cessent d’augmenter entre 1802 et 1808.

                2) 1808 : Effondrement de l’Etat.
Conflit dynastique qui couve entre Charles IV et Ferdinand, et au mois de Mars 1808, Ferdinand renverse son père et devient Ferdinand VII. Cette position est fragile, il cherche des appuis pendant que 15 000  hommes Français sont dans le pays. Napoléon va donc convoquer le père et le fils à Bayonne au mois de mai 1808. Coup de théâtre, il oblige les deux à abdiquer, à céder leur couronne et de la remettre à Joseph, le frère de Napoléon, José I.  Cela bouleverse la situation. Cette double abdication fait l’effet d’un coup de tonnerre dans la monarchie. Ferdinand VII est enfermé. La monarchie devient acéphale, le roi est prisonnier.  José est rejeté par la population, se pause alors le problème, de qui à le pouvoir, avec quelle légitimité ? En Grande-Bretagne, la situation est différente, c’est un problème de vie politique qui débouchera aux USA, tout part en morceaux.

                3) L’exemple joséphin.
José fait réunir à Bayonne même 150 dignitaires de la monarchie pour faire voter une constitution libérale. Avec des représentants de l’Amérique. Ils prêtent serment de fidélité à José. Cette constitution est imposée par les Français et pour toujours le libéralisme portera un sentiment d’extérieur au pays, et opposé au pays. Même si il y a des libéraux Espagnol.
Cette constitution est une charte, beaucoup dise que c’est une copie de la constitution Française de l’an 12, avec l’idée d’une monarchie forte.  Il y a aussi des choses originales. Dans le libéralisme hispanique, il n’y a pas de liberté de culte, on est toujours dans un statut de confessionnalité de l’état, la religion catholique.
Ce texte développe pourtant des principes libéraux avec une forme de séparation des pouvoirs avec un Parlement, les cortes qui certes n’a pas d’initiative législative mais vote les budget. Le suffrage est censitaire, très limité et le pouvoir principal est l’exécutif du roi. Les ministres sont responsables devant le roi pas devant les cortes, on est loin du régime parlementaire. Cela introduit des éléments nouveau comme l’égalité juridique des sujets entre eux, cela, n’est valable que devant l’impôt. Il y a un libre accès à l’emploi public. Il n’y a pas de différence encore, entre le libéralisme politique et économique.

                4) Le mouvement des Juntes : une légitimité populaire ?
Face à la nouvelle de la double application de Bayonne, la population se soulève. L’un des premier à lieu le 2 mai 1808 à Madrid. Ce qui se forme à Madrid et dans les grandes villes, il se forme des juntes de gouvernement, souvent issues des autorités municipales. Ce sont les corps d’ancien régime qui ont le pouvoir et mène le combat contre l’occupation Française. Ces juntes s’étendent très rapidement et marque le moment ou le pouvoir municipal se substitue à la monarchie alors vacante. C’est une sorte de souveraineté populaire. Le peuple assure la souveraineté du roi déchu.  (Analogie entre pueblo et plueblos qui sont les cités d’ancien régime).
Pour les libéraux les deux termes sont identiques mais pour nous, il y a une ambiguïtés. Les juntes se fédèrent en septembre 1808 sur la pression des juntes locales. Cette junte centrale à l’air d’un gouvernement populaire, mais si le gouvernement de la monarchie existe encore. Il y a alors une concurrence entre la légitimité populaire et les restes du gouvernement monarchique.
Cette junte centrale à entre une vingtaine et une trentaine de membres. Cela fait beaucoup de pouvoir en Espagne, José I, l’état monarchique antérieur et los plueblos (juntes). Les juntes se sont surtout formées pour chasser les Français des villes.
Ce mouvement juntiste est intéressant.  On y a longtemps vu l’essence même du pouvoir libéral, c’est une assimilation abusive. Se ne sont pas des libéraux mais un corps d’ancien régime, c’est un corps souverain municipal.
Ces corps souverains se sentent tous autonomes. Strictement hiérarchisée, inégalitaire, ou la valeur de la communauté l’emporte toujours sur la valeur individuelle. Et tous ces corps souverains sont reliés par un lien personnel au roi.
C’est donc pratiquement l’inverse du libéralisme.
Le libéralisme étant une association librement consentit d’individus. Et ces individus sont strictement égaux entre eux. Les liens sont horizontaux. C’est l’idée du contrat social, contractualiste. Dans les juntes, ce sont les corps d’ancien régime qui résistent.


            B) Les cortes de Cadix.

                1) La décision de convoquer des Cortes.
On a une junte centrale a coté de Madrid, devant la pression napoléonienne, elle ne cesse de reculer vers le sud, jusqu’à se réfugier à l’extrême sud du pays dans un port militaire, celui de Cadix.  Sur elle repose la légitimité des différentes juntes. Celle-ci se sent dépositaire en l’absence du roi du pouvoir légitime. Elle va convoquer les cortes, les états généraux, au mois de mai 1809. C’est dans la logique d’ancien régime. Mais elles ont un mal fou à se réunir. 
Dans ces cortes de Cadix de septembre 1810, il y a 99 députés dont 26 viennent d’Amérique. La première réunion à lieu le 24 septembre 1810.
On organise tant bien que mal des élections par cités.

                2) Le pactum.
La théorie du pactum. Au début, on proclame la fidélité à Ferdinand VII, on affirme qu’on déteste José en déclarant sa déchéance, qu’en l’absence de Ferdinand, ils sont la souveraineté. Les discutions sont très dures, avec deux tendance, l’une libérale qui veut transformer les cortes en assemblée nationale constituante qui accouche d’un texte. L’autre plus traditionnel, considère cette réunion comme des états généraux d’ancien régime qui veulent maintenir le pouvoir jusqu’au retour du roi. Débat très dure provoqué par l’absence du roi.
C’est le pactum qui va permettre de passer d’une assemblée d’ancien régime à une assemblée constituante.
Cette vieille théorie vient du XVI comme quoi la monarchie serait l’émanence d’un pacte ancien entre le roi et son peuple et que vu que le roi n’est pas là, le peuple doit prendre le relais en se réunissant en assemblée nationale.
À partir de là, on à affaire à une assemblée nationale.  Sera alors rédigée et promulguée en 1812, la constitution de Cadix. Elle sera un horizon de référence pour énormément de mouvement libéraux dans toute l’Europe.

                3) Originalité de ce libéralisme hispanique.
A chaque révolution, on revient à la constitution de Cadix symbole intangible des libéraux.
Cette constitution, jalonne les principes de la souveraineté nationale, les cortes sont donc une assemblée nationale constituante. Ce texte n’est pas dirigé contre Ferdinand VII mais contre José I.
La nation est alors définie comme Espagnol de tous les hémisphères comprenant ainsi l’Amérique. Il y a la séparation des pouvoirs, l’exécutif pour le roi, le législatif pour les cortes. 
On commence à démanteler les justices féodales et droit seigneuriaux d’ancien régime.  On abolie aussi l’inquisition. On met en place une forme d’administration moderne, relativement uniformisée, par exemple, on découpe les régions en provinces elles-mêmes gouvernées par un chef politique lui même assisté d’une assemblée provinciale que l’on appel la deputacion.
Le libéralisme économique est fortement annoncé. On parle aussi de réforme agraire qui ne sera jamais appliquée. On supprime les corporations de métiers et on déclare la volonté de vendre les communaux non exploités soulageant le poids de la dette.
La question religieuse est soulevée, le catholicisme est la religion d’état. Il n’y a pas de liberté de culte. Tout autre culte est dans la sphère privée. La constitution est écrite « au nom de Dieu », cela marque la différence d’avec le libéralisme français. Ce principe est immuable et défendu par la nation souveraine.
Il n’y a pas de volonté de rupture politique comme cela est le cas en France.


            C) Restauration et révolution libérale (1814-1826).

                1) La restauration de 1814.
Suite à la défaite Napoléonienne, Ferdinand VII est libéré et revient le 11 mai 1814 et aboli les cortes de Cadix et toute la législation qui va avec. Annulant ainsi la constitution de 1812. Il revient pour remettre en place la monarchie absolue.
C’est la Restauration. Il entreprend la négation de toute couleur gaditane (œuvre de cadix). Il fait abattre tous les symboles de la constitution et l’assimile à José frère de Napoléon. Il dénonce des ruptures inacceptables et proclame le retour à la monarchie absolue. Il n’admet aucune liberté possible réinstaurant l’inquisition et promet de réunir à l’avenir des cortes version ancien régime, qu’il ne convoquera d’ailleurs jamais.
Cette attitude particulièrement intransigeante va changer les choses. Pour les libéraux, la période 1814-1820 est rude. D’autant plus que les principes du libéralisme n’ont pas vraiment pris dans la population, et la constitution de Cadix a assez mauvaise réputation. Il va falloir convaincre la population, ils vont donc s’organiser en petits groupes agités par le rêve d’une révolution. Beaucoup de libéraux sont des militaires.
C’est une minorité active politiquement assez radicale et prétendant soulever le peuple contre la monarchie absolue.

                2) El Trieno liberal.
En 1820, une conspiration réussie et Ferdinand VII est obligé d’accepter la constitution de Cadix.  Le roi est suspecté de vouloir lutter contre cette constitution. Constitution qu’il annulera en 1823.
En attendant, il y a un retour aux libertés, économique, droit de propriété, ré abolition de l’inquisition, du régime seigneurial, re-division territoriale, mise en place d’un code civil, militaire…
Ferdinand peut compter sur son frère Charles. Il est le représentant d’un libéralisme absolu par rapport à Charles.
Les partisans de Charles, les carlistes, pensent que le roi est séquestré par la constitution. Ils deviennent à partir de Juillet 1822 des contre révolutionnaire ou l’on trouve une grande masse du clergé espagnol.
En 1820, les révolutionnaires avaient promulgué une loi de désamortissement. À savoir que les biens d’église sont des bien nationaux, cela date de février 1820 et explique le fait que le clergé soit devenu carliste. Il y a alors un noyau contre-révolutionnaire. Il va en appelé à la justice de la Sainte Alliance de Meternich au congrès de Vérone en 1823, ou i lest décidé de lever une armée pour remettre Ferdinand VII sur son rôle de monarque absolue. C’est l’expédition des 100000 fils de Saint Louis. C’est la fin de la révolution libérale et le début d’une seconde restauration entre 1823-1832 (mort de Ferdinand VII).

                3) Entre réforme et rupture : la seconde restauration de Ferdinand VII (1823-1823).
C’est ce que les libéraux appellent la décennie abominable. Beaucoup furent exécutés. Ferdinand VII sait qu’il faut réformer la monarchie mais plutôt de laisser faire, il réforme la monarchie par le haut en entreprenant en 1826 une très timide réforme. Il crée le conseil des ministres, un Conseil d’État…
Face a se timide tournant, les carlistes s’insurgent, il n’accepte pas cette modération. En 1827 éclate la révolte carliste, la révolte des Mal-contents. Attestant la naissance d’un mouvement carliste armé. Ferdinand VII a alors peur de son frère. Il tend à se rapprocher du libéralisme. De leur côté, les libéraux tirent aussi des leçons de leur échec. Ils abandonnent leur activité conspiratrice et réfléchissent à un compromis avec Ferdinand VII. Rapprochement plutôt lent entre 1826 et 1830. Ils abandonnent leur utopie insurrectionnelle.  Cela va mener à la révolution libérale.



II) La révolution libérale (1830-1843).


            A) La transition libérale pactisée : 1830-1834.

                1) Un problème de succession.
En 1830, le régime est tiraillé sur sa droite par le carlisme et sur sa gauche des libéraux. Le pouvoir est tenté par une évolution réformatrice. La question de la succession de Ferdinand VII est une pomme de discorde. Sans descendance, le pouvoir irait à son frère, mais il ne le veut pas.
En 1829, le roi perd son épouse et épouse une jeune femme de Naples, Maris Christine, elle devient l’espoir de Ferdinand VII. Curieusement, il y avait en 1789 une réunion des cortes qui avaient émis l’hypothèse d’une succession aux filles… Mais il a annulé toutes les lois.
Il prend des précautions et fait publier en mars 1830, la pragmatique sanction. C’est un texte qui autorise une succession féminine de la couronne d’Espagne. En octobre 1830, c’est une jeune fille qui naît, le suivant sera aussi une fille.
La question va se nouer dans les années 1830-1832, les carlistes vont trouver insupportable la pragmatique sanction.
On organise la défense des droits d’Isabelle. Les seules à pouvoir la défendre, ce sont les libéraux.
En 1832, le roi fait nommer un Premier ministre (Cae Bernudez), pas libéral mais tendant la main aux libéraux. Il organise la régence de Maris Christine qui va durer jusqu’en 1843, jusqu’à ce qu’Isabelle est 13 ans. On fait revenir tous les libéraux. On prévoit la convocation de cortes pour que le roi jure fidélité de toutes les lois particulière des fueros.
Septembre 1823, mort de Ferdinand VII, la régence commence et doit allé en principe jusqu’en 1843 mais elle sera renversée avant.
Qu’elle va être l’attitude des carlistes ?  celle de la guerre civile, pendant 7ans ; il y en aura trois.
On n’est toujours pas dans du libéralisme, les structures de pouvoirs de l’ancien régime n’ont toujours pas l ‘intention de bouger. Les libéraux vont-il l’accepter ?

       
    2) Le renouveau du libéralisme.
A cette époque, on voit au début des années 30 se former des groupes libéraux puissants, inspiré par les britanniques et les français. Ils vont donner les bases d'un libéralisme modéré.
Qui sont ils? Des grandes figures intellectuelles et politiques, comme Alcala Galiano. Se sont eux qui formulent un véritable consensus autour de l'obtention d'une constitution et la proclamation et le respect des libertés fondamentales des individus.
L'ateneo de Madrid, c'est un cercle de discutions célèbre qui s'oppose au milieu de la cour, tenant de l'immobilisme politique.
En vérité, ces libéraux ont de l'influence, y compris à la cour. Cae Bernudez est un tenant de l'immobiliste et les tenant de « l'évolution libéral » se retrouvent derrière Javier de Burgos, il souhaite une division de l'Espagne en province sur un modèle centraliste à la française, la disparition des corporations, la liberté d'entreprise...
A cette époque pas de différence entre le politique et l'économique.
Les libéraux font pression sur la cour dans le sens d'une libéralisation. Ce qui va changer la donne c'est qu'à partir du 2 novembre 1833, c'est le début de la guerre civile enclenchée par les carlistes. La situation fait qu'on doit choisir son camp. Les officiers poussent du côté du libéralisme, donnant lieu a des mouvements dangereux pour la régente avec une tentative de coup d'êtat. On s'achemine petit à petit vers un processus de libéralisation, par transition pactisé. La régente renvoie son Premier ministre en janvier 1834 et nomme un proche des libéraux, Martinez de la Rosa.

            3) Le statut Royal de 1834.
(voir plaquette page 1). Ce statut est une charte, octroyée par la régente à son peuple. Pour les libéraux, elle a le sens d'une loi constitutionnelle. Sous la pression des carlistes, la régente s'appuie sur sa gauche. Ce texte est bref, 50 articles, pour ne pas trop en dire, il édicte un certain nombre de principes généraux. L'influence de la charte de 1830 est évidente. Le principal rédacteur est le Premier ministre.
Ce texte prévoit la réunion des cortes, mais on ne veut pas se laisser déborder comme auparavant et cela se fait dans un cadre assez rigide. Il est prévu qu'il soit constitué de deux chambres. Elles n'ont pas de pouvoir législatif, mais n'ont qu'un droit de pétition et le vote de l'impôt. C'est une assemblée consultative. La loi pour être en vigueur doit être signé par le monarque. Les députés sont élus au suffrage censitaire, le corps électoral c'est 16000 personnes soit 0,15% de la population.
L'autre chambre, celle des paires est composée de membre héréditaire (noblesse) soit nommé par le roi.
Les cortes se sont réunies le 20  mai 1834. Leur composition reflète les dispositions du statut. 104 paires et 188 députés. Sur ces 300 personnes, plus de la moitié sont des propriétaires terriens et plus d'une 50 sont des employés publiques ou des militaires, il n'y a que 5 ecclésiastiques et 1/3 a déjà exercé des fonctions politiques. A l'intérieur de se groupe existe un noyaux dure libéral, qui sont les tenant de la liberté de la presse mais aussi de milice populaire, pour la reconnaissance de la souveraineté populaire, et le désamortissement des biens d'église. Un grand personnage, comme Argüelles.
Au total, le régime a choisi un compromis avec les libéraux, a mis chemin entre les cortes d'ancien régime et le libéralisme. Mais le contexte de la guerre civile et les progrès des carlistes fait éclaté ce fragile compromis et fait penché la tendance vers les libéraux.

        B) La révolution libérale de 1836.
            1) L'échec de la solution pactisée.
Ce sont les revers essuyés par l'armée qui oblige le premier ministre à démissionner en juin 1835.
La chute pendant l'été 1835 s'explique par le fait qu'il se forme un peu partout des juntes révolutionnaires. Avec des insurrections populaires, urbaines accompagné d'une situation de misère économique et de choléra, notamment à Cadix et Madrid.
On assassine, on brûle les églises. C'est un libéralisme radical et populaire qui s'étend sur tout le pays. C'est a Barcelone que l'expression y est la plus violente, anti-ecclésiastique, et se mêle au premier mouvement luddiste (brûle les machines). Ce mouvement crée des milices armées, cela forme un mouvement révolutionnaire global doublant les autorisées locales et se constitues en une grande junte centrale comme en 1808 et 1820 qui naît à la fin de l'été.
La régente est obligée de céder et d'accepter les revendications juntistes. Respect des libertés, levé massive pour combattre le carlisme, interdiction du clergé régulier, nouvelle loi électorale plus large.
La régente recule et en septembre 1835, elle nomme un nouveau Premier ministre franchement libéral, Juan Albarez MENDIZABAL.

            2) Un train de mesures libérales.
Il a une approche « utilistariste ». Trois types de mesures fondamentales :
- Budgétaires, réorganisations des finances, négociant la dette, réorganisation de l'administration fiscale pour ré assainir le budget de l'état.
- Désamortissement des biens ecclésiastiques. C'est une manière de résoudre les problèmes budgétaires. Les couvents et les congrégations sont dissous et leurs bien vendus aux enchères.
- L'ordre confié aux milices nationales à qui on confie la police et on mobilise pour constituer une grande armée de 100 000 hommes pour mener la guerre à bien. Le problème, c'est celui de la conscription militaire, ou l'on peut acheter l'exemption, la condition du rachat, très bon pour le budget de l'état mais créant une véritable inégalité sociale. Ce qui explique que le courant juntiste ne désarme pas et la pression révolutionnaire continue, on souhaite le retour de la constitution de Cadix.
Cette pression continue force la régente à reculer lors de l'été 1836. Emprisonnant la régente, des officiers la force à signer le rétablissement de la constitution de 1812.
Cela signifie qu'il faut un nouveau texte, une constitution.

            3) La Constitution de 1837.
Mendizabal est toujours au pouvoir, mais il recule. En 1837, nouvelle constitution au mois d'août.
C'est une constitution plus modeste mais reconnaissant le principe de la souveraineté nationale. Texte pragmatique assez proche de la charte de 1830 ou de la constitution Portugaise de 1826. Il y a des articles repris de la Déclaration universelle des droit de l'Homme de 1789.
Ses grands principes :
- Souveraineté nationale.
- Division des pouvoirs.
- Confessionnalité de l'État (catholique).

Plus concrètement, les cortes sont bicamérales (congrès/ sénat). Les attributions des deux chambres sont égales. Le congrès des députés est élu au suffrage censitaire plus élargi. Le corps électoral représente 2,2% de la population.
Le Sénat, il y a une liste d'électeur proposé à la régente et elle choisie entre les trois propositions, c'est de la « nomination élective ».
Est ce un régime parlementaire ? Pas tout à fait, le gouvernement doit être doté de la double confiance, celle du roi et celle du Parlement. C'est le régime de la double confiance. Le roi garde une très grande prééminence, il est à l'initiative des lois et à un droit de veto non discutable. C'est lui qui convoque et dissout les cortes, nomme les présidents et nommes les ministres.
La constitution prévoit que les autorités locales soient élue.
Quelques lois :
- Vote en juillet 1836 d'une loi d'instruction primaire, prévoyant l'obligation pour les communes de plus de 400 habitants l'établissement d'un édifice scolaire, c'est la loi dite du Duc de la Rivas.
- Libération de la propriété des mines. Elle était monopole du roi et là on peut acheter le sous-sol.
- Source de problème: c'est la loi du régime municipal. On réduit l'autonomie des municipalités. Toute la tradition de l'autonomie des cités d'ancien régime se trouve perturbée par une volonté de centralisation. Cela déclenche une nouvelle révolution.

            4) L'ère des pronunciamentos.
        a) la formation des partis.
Les libéraux se divisent en courant droite et gauche. A droite les modérés qu'on retrouve autour de Martinez de la Rosa, intégrant les fonctionnaires de la monarchie absolue ou les réformistes du début des années 30. Pour eux, la valeur politique suprême, c'est l'ordre et la liberté. Ils ne veulent pas des carlistes et du libéralisme radicale qui sonne avec révolution. Représentant les intérêts des propriétaires et des classes aisées. Vis-à-vis de l'église, ce sont des catholique convaincu d'un point de vue personnel, le désamortissement les gènes mais ils acceptent.
La gauche du libéralisme, ce sont les progressistes. On y retrouve Mendizabal, mais aussi Madoz. Ils sont beaucoup plus proches de l’avant-garde libéral européenne. Ils sont très accrochés à la constitution de 1837. Ils souhaitent l'élargissement du cens, l'autonomie municipale et proche des juntes. Ils souhaitent les libertés fondamentales (presse et culte). Économiquement, ce sont des libéraux. Leur base sociale est celle de fonctionnaires et d'élites méritocratiques. Ils défendent la tradition révolutionnaire espagnol. « la révolution nécessaire »Madoz.  Ils n'ont pas abandonné la tentation de l'insurrectionnelle.
        b) la prépondérance du pouvoir des militaires.
On est toujours dans une guerre civile qui n'en finit pas.  Été 1835, Bilbao est libéré du siège carliste fait depuis 1833. Une expédition royale commence à l'emporter sur les carlistes. Le grand général qui est garant de ces victoires, c'est Espatero. C'est lui qui a la fin de la guerre va négocier le traité de paix, il a le traitement d'altesse royale.  Cette paix, c'est le Convenio de Vergara d'août 1839. C'est lui qui inaugure une longue tradition d'interventionnisme militaire, mais de gauche.
Il s'impose à la vie politique et à la reine régente. C'est du césarisme politique.
En 1840, la régente signe la loi qui réduit les pouvoirs locaux. Elle rallume le mouvement juntiste révolutionnaire. Le général va profiter de ce mouvement pour s'imposer en envoyant Marie-Christine en exil, il devient le régent d'Espagne.

            5) La régence d'Espartero (1840-1843).
        a) La révolte de 1840.
On est dans la manifestation la plus évidente de l'interventionnisme militaire qui se manifestera jusqu'en 1875. Tous les changements de pouvoirs seront motivés par les pronunciamento des militaires.
Il se laisse porter au pouvoir grave à la vague populaire de l'été 1840.
Pour les juntes la main mise de l'état sur les municipalité est insupportable. Toujours les mêmes revendications. On rejette le centralisme étatique et les modérés. Ce double rejet explique le rôle primordial tenu par Barcelone, ou le pouvoir autonome est très puissant.
Les juntes se réfèrent au droit de désobéissance, de rébellion légale que le libéralisme de gauche avait élaboré.
Le général se met à la tête du pronunciamento, démissionnant de toutes ses charges militaires pour prendre la tête du mouvement révolutionnaire. La régente fait une deuxième erreur et confie a Espartero la constitution d'un nouveau gouvernement, avec la condition que pose Espartero de s'auto proclamer protecteur de la liberté et devenir régent.
        b) Une régence temporaire.
Le pouvoir d'Espatero ne va pas duré longtemps. Puisqu'il y a une contradiction entre le libéralisme radical qui les a porté au pouvoir et la volonté de  dissolution du mouvement juntiste. A partir de 1841, nouvelles révoltes contre Espatero à Barcelone a cause de l'ouverture douanière au produit français et britannique.
Son pouvoir s'effrite et sa majorité aux cortes n'est plus. Une coalition se forme au printemps 43 pour mettre Espartero dehors.  En mai 1843, Isabelle 2 est majeure et la régence s'arrête là, et Isabelle prend le pouvoir jusqu'en 1868.  La période se stabilise. Elle s'appuie sur l'ennemie d'Espartero, un libéral de droite, le général Narvarez. Il va gouverner l'Espagne pendant toutes les années 50 et 60.

III) La consolidation du libéralisme conservateur 1843-1868.
        A) La décennie modérée et l'organisation de l'État libéral 1843-1854.
                1) Narvarez au pouvoir.


















par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : XIXème siècle
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Samedi 20 janvier 2007
DE L’ÉCHEC DE LA RESTAURATION À L’ENRACINEMENT DE LA RÉPUBLIQUE : La voie française vers la démocratie libérale (1830-1890).

Genèse de la démocratie libérale.
Succession de différents régimes politiques. Arrêt en 1890 après la crise boulangiste (1889). La III° république est bien enraciné en France et avec elle : la démocratie libérale.
La démocratie libérale est un régime qui garantit liberté et égalité pour tous les citoyens y compris le droit de vote.
Réalisation du projet de la Révolution Française, c’est la réalisation de la souveraineté du peuple encadrée par des institutions représentatives dont le plus important : le Parlement. La démocratie mis 100 ans à naître, la Révolution étant le point de départ fondamental pour comprendre l’histoire politique de la France contemporaine, c’est un événement fondateur.

Pierre Levêque, Histoire des forces politiques en France (1789-1880), Armand Colin, 1992.
La Révolution est la « matrice ». Elle a conduit à l’enchaînement d’événements, des États généraux à la chute de la monarchie, la mort du roi, en passant par la Terreur, au coup d’état de Bonaparte, à la formation du Ier Empire.
« Séisme » politique et social, traumatisant pour les uns, tous ceux qui sont attachés à l’Église, libérateur pour les autres. C’est un souvenir qui hante, obsède la France, l’Europe du XIX° jusqu’au centenaire en 1889. Choc considérable d’où, un contre choc, une onde de choc puissante, qui s’étend surtout au XIX°. Le XIX° à prolongé la Révolution française pour certain.

François Furet, Histoire de France, La Révolution de Turgot à Ferry (1770-1880), Hachette, 1988.
Pour lui, elle dure 100 ans dans l’histoire de France. Ce n’est qu’en 1880 que cette révolution « rentre au pont ». La République est installée. La Marseillaise devient l’hymne national. Tous les régimes à partir du Consulat se sont donné pour but de « terminer la Révolution » (Bonaparte), « clore l’ère des révolutions » (L-N Bonaparte). Aucun n’a réussi avant la troisième république.

I) PRINCIPES ET LIMITES DU LIBÉRALISME CENSITAIRE.
A) 1814-1848 : le « moment anglais » de l’histoire de France.
En 1814, des contextes de défaites militaires et d’invasion de la France. Louis XIII instaure avec la Charte Constitutionnelle un régime libéral et censitaire qui rapproche la France de l’Angleterre.
Depuis la « Glorious Revolution » 1688-1689, l’Angleterre évolue vers un régime libéral, considéré alors comme un modèle par une grande partie des élites françaises.
La monarchie est libérale, les pouvoirs du monarque sont limités, ils ne sont pas absolus. Ils sont contre balancés par un autre pouvoir que représente le Parlement bicaméral (chambre aristocratique des Lords en Grande Bretagne et des Pairs en France plus une autre élue par une partie des citoyens).
Régime censitaire : seules les élites de la fortune votent et envoient des élus à la chambre basse. La représentation de la France des notables. Sous la Restauration, le roi à plus de pouvoir qu’il en a en Angleterre. La Restauration conserve un « parfum » d’ancien régime, ces allures la rende plutôt impopulaire en France. Elle est surtout impopulaire à Paris et dans certaines grandes villes qui n’aiment pas les bourbons et les nobles).
La vieille noblesse et l’Église catholique ont de plus en plus d’influence : les ultras (royalistes) en particuliers sous Charles X, le Roi ultra (1824-1830). Ce retour en arrière menace et provoque la Révolution de Juillet 1830. Le Roi prétend imposer ses vues au Parlement ce qui donne lieu à des révoltes surtout à Paris. Cette révolution à mobiliser le peuple de Paris mais est largement dominé par les élites libérales issues de la bourgeoisie (Thiers ou le grand banquier Laffite) qui sont parvenues à écarter l’idée d’une république  et à imposer un nouveau roi : Louis Philippe duc d’Orléans, le « roi citoyen » (1830-1848). Il se présente comme le roi des Français, son pouvoir tire sa légitimité de la Nation. Louis-Philippe  est un cousin de Charles X. Il prête serment  devant les députés à la Charte, il accepte le retour du drapeau tricolore. La France reste une monarchie constitutionnelle modifiée en 1830, elle est un régime censitaire à l’Anglaise mais beaucoup plus restreinte. En 1831, le corps des électeurs doubles. À titre de comparaison : en 1832, en Angleterre, il y a un électeur pour 150 habitants alors qu’il y en a 1 pour 30 en France après la réforme de 1832.
Les 3 glorieuses n’entraînent qu’un tournant limité. Changement symbolique : triomphe du libéralisme, une partie des notables reste fidèle au bourbon, se sont les légitimistes et sont partisans du comte de Chambord et de la monarchie traditionnelle. C’est un courant politique important, mais le comte de Chambord, Henri V meurt en 1883.
Les notables bourgeois ont remplacé des notables nobles mais ce sont toujours des notables qui gouvernent la France.
B) L’Orléanisme, un courant libéral et conservateur.
Ce courant prend son origine dans la droite libérale. C’est une combinaison de libéralisme et de conservatisme (accepter l’héritage de la Révolution mais la volonté de l’arrêter). C’est une idéologie qui justifie la domination de la bourgeoisie sur la société. Ils acceptent 1789, la révolution des élites bourgeoises contre le roi, ils apprécient le régime de la monarchie constitutionnelle. Ils détestent la suite, en particulier 1792, la Révolution des Sans-Culottes, la République et l’exécution du roi. Pour eux, la  Révolution a provoqué la Terreur puis la dictature Napoléonienne. Le pire est la Terreur car extrêmement violente.
Pour eux, la démocratie est le pire des systèmes, elle rime avec anarchie, désordre, violence, tyrannie car la majorité des citoyens n’ont pas la capacité à se gouverner eux-mêmes.  Les couches populaires doivent êtres laissés à l’écart, seuls les propriétaires, les entrepreneurs éventuellement les savants sont capables d’exercer la souveraineté nationale donc sont les seuls électeurs et seuls éligibles. Sous la Révolution, il y a déjà une distinction entre citoyens passifs et citoyens actifs.
Ce sont les libéraux attachés à la liberté politique, de la presse, de conscience, d’opinion, d’information, au parlementarisme. Ils réservent le libéralisme aux élites sociales. Mais une ouverture est possible. Guizot est théoricien de l’orléanisme, il refuse le suffrage universel : « enrichissez vous par le travail et par l’épargne » pour devenir électeur. Dans la société des notables, il y a une difficulté d’accès lorsque l’origine est différente. L’instruction est réservée aux fils de notables. La loi Guizot en 1833 : école primaire de garçon dans chaque commune. Il voulait moraliser le peuple.
C) L'échec de la monarchie censitaire et la révolution de 1848.
La monarchie a réussi à se stabiliser, inscrit dans la durée et par la répression et l’exclusion de ses opposants que par le consensus.  Il y a répression de la gauche démocratique et des opposants. Au lieu d’inclure les opposants, les républicains sont réprimés.
En 1835, à la suite d’un attentat, celui de Freschi (trentaine de mort), le gouvernement de Thiers a pris prétexte pour réprimer tout le courant républicain.
Les « lois de septembre » 1835 interdirent de se dire républicain et de se dire opposant au régime.  Les libertés sont restreintes. Plus que jamais, le libéralisme est réservé à une élite bourgeoise. Le régime repose sur une base sociale étroite, les notables soutiennent le régime avec une large majorité parlementaire. Plus du tiers des députés est dans le fonctionnariat, et prêt serment au roi. La majorité ne représente pas l’ensemble de la société française, les classes populaires et moyennes ne sont pas représentées.
Le régime est touché par le scandale, l’impopularité même le roi ne suscite pas beaucoup d’adhésion. Il est très impliqué dans son gouvernement.
En Angleterre, début XIX°, s’impose l’idée que le roi règne mais ne gouverne pas, c’est une formule complètement valable à partir de Victoria (1837-1901).
La monarchie est respectée comme neutre. Louis-Philippe ne parvient à créer cette monarchie qui fasse consensus et qui pourrait durer. Le roi s’implique. Changements possibles que si le roi part.
Dans les années 1840 : revendication démographique de plus en plus importante. La monarchie face à cela s’enferme dans le conservatisme, refuse toute réforme. L’opposition républicaine se fait  de plus en plus virulente.
En 1847, dans un contexte de crise économique de 1846, l’opposition dont le leader le plus important est Ledru-Rollin lance la « campagne des banquets » plutôt dans le nord est de la France.
Ce sont des banquets car les réunions politiques étaient interdites, c’est un moyen de contourner la loi. Toast : « nous buvons au roi des Français, au suffrage universel ». Manifestation d’opposant cachés. Il y a une interdiction d’un banquet prévu à paris, par Guizot, pendant des conseils provoquant la révolution qui balaie le régime. Facilité de la chute du régime montre ça fragilité. Cf : Patrick Lagareyte, La vie politique en France.
La restauration et la monarchie de Juillet sont d’assez longues périodes de stabilité, le parlementarisme libéral s’est ancré en France ; habitude d’avoir des débats relayés dans la presse… Mais reste l’étape du suffrage universel.

II) 1848-1870 : LES AMBIGUITÉS DU SUFFRAGE UNIVERSEL.

Changement de régime, retour à une république. Le suffrage universel à été proclamé en 1792 mais jamais vraiment mis en pratique. En 1848, c’est la proclamation et l’application de ce suffrage universel. Mais après quelques semaines d’euphorie qui accompagnent le printemps des peuples, l’expérience de la démocratie se révèle difficile.
La seconde république tourne à l’échec avec le coup d’état du 2 décembre 1851.
C’est l’arrivé du second empire qui propose une version autoritaire de la démocratie. Était-ce une aberration ? Un passage nécessaire ? Une alternative ?

A) La II°République ou le difficile apprentissage de la démocratie.
La république est dirigée par un gouvernement provisoire pendant 2 mois très importants ou beaucoup de décision sont prisent à commencer par l’instauration d’une authentique démocratie libérale en France (suffrage universel, liberté de la presse, de réunion, abolition de l’esclavage dans les colonies française.). Le gouvernement ajoute des mesures sociales très nouvelles, avec la fixation du travail industriel, la création des ateliers nationaux, les chantiers de travaux publics pour pallier un grand nombre de chômeurs. En réalité, cela a un intérêt pour les couches populaires urbaines mais pas pour les rurales.
L’heure est à la fraternité, à la réconciliation des classes, nationale, l’heure est au consensus. Il y a la plantation d’arbre de la liberté avec la bénédiction de l’Église.
Lamartine poète très populaire, ministre des affaires étrangères du gouvernement, il incarne cet esprit libéral et social. Il veut rassurer ceux à qui la république et la démocratie font peur, les ruraux et le reste de l’Europe.
Cette république ne sera pas violente, on veut faire oublier la Terreur. L’enthousiasme du printemps révèle que le consensus est possible. Cela retombe à la fin du patron 1848.
Contradiction profonde entre ceux qui veulent une vraie révolution et une république sociale et ceux qui refusent cette révolution et qui acceptent la République à la condition que cette dernière respecte  la propriété privée, qu’elle maintienne l’ordre.
Les premiers sont minoritaires, surtout les ouvriers des villes, les radicaux, les socialistes. Les autres sont majoritaires du fait d’une France à prépondérance rurale (75%).
Avec les premières élections universelles, la majorité modérée l’emporte, les républicains radicaux sont minoritaires. Les modérés sont des républicains « du lendemain ». Il y aune déchirure grave car les radicaux et les ouvriers sont mécontents et se révoltent  en mai à Paris, Rouen et Limoges. La répression est sévère.
Du 23 au 25 juin à Paris ont lieu : les « journées de Juin » avec des barricades… Cela se règle dans le sang. Il y a une fracture entre la République et une partie du peuple. La République est gouvernée par personnes de vraiment démocrates alors que les républicains attachés à la démocratie sont rejetés dans l’opposition.
Le prolétariat se détache de la république, cette république qui tire sur les ouvriers et se détourne des idéos sociaux. 
À partir de l’été 1848, la république devient réactionnaire et dès l’été, les libertés sont restreintes (presse, réunion…). Cette politique réactionnaire va se poursuivre jusqu’en 1851 et va s’accentuer. Les républicains modérés cèdent la place à des notables monarchistes qui se sont remis de la Révolution et se sont organisés en « parti de l’Ordre » (orléanistes, légitimistes et progressivement les bonapartistes.) Ce parti de l’ordre d’organise a Paris rue de Poitiers. Chef de fil : Thiers. Ce parti gagne haut la main les législative de 1849.
La réaction politique s’accentue, avec la loi Falloux  1850 (comte de Falloux, ministre monarchiste) qui consiste à placer l’enseignement publique sous le contrôle de l’église catholique.
De même, la loi du 31 Mai retire le droit de vote à 1/3 des électeurs, restreignant le suffrage universel, on oblige trois année de résidence constante à un même domicile alors qu’il y avait une mobilité importante. Ainsi les électeurs les plus flottants qui votaient à gauche ne peuvent plus voter. Libéralisme et Démocratie reculent donc sous la 2nd république.
Les républicains de cœur, la gauche, tentent de s’organiser à leur tour, à l’assembler, ils ont plus de 200 députés, ils sont minoritaires mais existent, ils sont les « démocrates socialistes » : les « démoc-soc ».Ils veulent rester dans le cadre de la légalité en choisissant la non-violence et de préparer les élections suivantes.
Entre 1849 et 1851 se développe une propagande de plus en plus importante, en partie clandestine de la part de la gauche. C’est le renoncement quasi définitif à la violence ce qui fait sortir la gauche de son électorat habituel en s’adressant à toutes les couches sociales pour les convaincre de voter dans le sens de la République Sociale.
En ce sens, Maurice Agulhon, parle de 1848 ou l’apprentissage de la République.
C’est dans ce contexte de préparation des élections de 1852 (grande année électorale : présidentielles et législatives), que Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, fait un coup d’état suspendant libertés et démocraties.

B) Le coup d'état.
Louis Napoléon Bonaparte a été élu en raison de son nom, le 10 décembre 1848 de manière triomphale avec 74% au premier tour. Poste de président inspiré par les USA. On crée un président auquel on donne un pouvoir important avec un mandat important. Mais en raison des critiques des républicains (roi républicain), le président n’est pas rééligible. Autonomie totale de l’assemblé et de la présidence. Néanmoins, on voit vite que la présence de Louis Napoléon à l’Élysée fait planer une menace sur la république.  On parle de « prince-président », on l’appel son « altesse ». de plus, il ne renie pas l’héritage de son oncle. Il fait tout pour développer sa popularité pour organiser un véritable courant bonapartiste.  Dans un premier temps, il demande la révision de la constitution pour pouvoir se représenter. Et finalement, malgré le succès de la campagne organisée pour la révision de la constitution n’a pas lieu. Le parti de « l’ordre » s’y oppose. Bonaparte s’éloigne de la majorité de droite. Se présente comme ni gauche ni droite. S’oppose à la loi du 31 mai et en définitive, il déclenche le coup d’État. À la fois attendu mais aussi surprenant. Coup d’état bien préparé avec le contrôle de l’armée, de la police, de l’administration, il réussis sans trop de difficulté. Il y aune certaine résistance quand même.
Cette résistance a lieu dans les régions pas dans les grandes villes, ce qui est là aussi plutôt surprenant. Ces soulèvements sont réprimés.
Bonaparte a donné un tour violent a son coup d’état plus important que prévu. Néanmoins, une fois le coup d’état fait, le président rétablit le suffrage universel et annonce que tous les électeurs sont convoqué pour un plébiscite pour approuver le coup d’état le 21 décembre. Et le 21 décembre dans le contexte de peur, ou le vote n’est pas vraiment secret, 7,4 millions d’électeurs soit 76% des inscrits disent oui. Plus de 7 millions de voix l’ont « absout ».
De fait, Louis Napoléon a rallier une grande partie de la population à commencer par les petites élites qui ont considéré que le coup d’état et le régime autoritaire était une meilleur garantit pour l’ordre et la propriété. À gauche, on peut parler d’une forme de résiliation, en particulier dans le prolétariat urbain, qui ont refusé de se battre dans une république qui les avait déçu. La gauche est troublée dans le caractère « démocrate » de Bonaparte.
Le coup d’état, montre une société française qui n’est pas prête au pluralisme et à l’alternance.
Bonaparte a pu apparaître comme un homme providentiel, comme un homme au dessus des parti ni à droite, ni à gauche. C’est cet aspect ambigu et dual du Bonapartisme qui fait la force de ce courant et du nouveau régime mais aussi ça faiblesse.

C) Les contradictions du bonapartisme.
Par son coup d’état et la répression, Louis Napoléon a bafoué la démocratie en violant la loi constitutionnelle alors qu’il avait juré devant l’assemblé de ne pas le faire. C’est le « parjure ». Il a commit avec ce parjure, une faute irréparable. Il c’est montré autoritaire. En même temps, le second empire, proclamé un an plus tard (1852) est un régime ambigu : autoritaire mais appuyé sur le suffrage universel. Louis Napoléon et Napoléon III ne cessent de s’appuyer sur une opinion populaire.
Ce régime mixte, nous oblige à parler de « démocratie-autoritaire », mais c’est aussi un régime illibéral, mais aussi un régime populaire. On parle aussi de « Césarisme démocratique », de dictature démocratique. Soit une dictature approuvée par le peuple.
Peut-il y avoir démocratie sans libéralisme, pluralisme ? Sans respect du droit ?
Le second empire a été un régime incontestablement populaire.
Le second empire a été capable d’être apprécié par les petits (en particulier les petits paysans, ou encore la petite bourgeoisie) et en même temps un régime de notables, et en s’attirant la sympathie de l’Église catholique.
Il a été un régime conservateur, réactionnaire, surtout dans les années 1850 et en même temps, un régime préoccupé par le progrès économique et social ( rendant légal la grève en France 1864). La politique de Napoléon III n’a cessé d’osciller.
Le 2nd empire est un régime qui se cherche.  D’ou une évolution du régime à partir de 1859/1860 d’abord hésitant puis net en 1868, avec une libéralisation du régime comme si Napoléon III avait été obligé après quelques années d’assouplir la dictature.
A partir des législative de 1863, la vie parlementaire renaît Par ce qu’un certains nombres d’opposant sont élu comme Thiers (discours des liberté nécessaire de 1864).
1868, la presse recouvre une certaine liberté. En 1869, l’opposition formée de républicains et de libéraux n’est pas loin de remporter les législatives, et les bonapartistes reculent dans les villes.
Début 1870, il décide de modifier la constitution du 2nd empire (1852) et de rétablir un régime parlementaire et libéral. À partir de janvier 1870, le second empire est devenu quasiment une démocratie libérale. A cette occasion, Napoléon convoque un nouveau plébiscite pour approuver ou non, la nouvelle constitution de l’empire libéral. Grand succès, avec 7 millions 300000 oui soit 68% des électeurs.
Avant la guerre contre la Prusse, le régime paraît solide, mais a libéralisé ses institutions redevenant un régime libéral. La défaite de Sedan le 2 décembre 1870 provoque l’écroulement du régime. Beaucoup d’historiens ont fait remarquer la parenté entre le bonapartisme du XIX et le gaullisme. Gaullisme qui a bien des égard ressemblait au bonapartisme, et on a pu considéré que l’empire libéral ressemblait beaucoup à la Vème république.
Dès janvier 1870, Gambetta avait dit au corps législatif « vous n’êtes qu’un pont entre la république actuelle et celle avenir et se pont nous le traverserons ». Ce qui sera fait le 4 septembre 1870.

L’empire a marqué l’échec de la démocratie libérale mais aussi l’encrage de la démocratie.
Les républicains auront l’obsession d’éviter le césarisme et de protéger le plus possible le Parlement. Le régime sera donc fait d’un parlementarisme qui prime sur l’exécutif.



III) LE SUCCÈS DE LA RÉPUBLIQUE CONSERVATRICE.

A) Une naissance douloureuse.
La troisième s’est faite en 10 ans avec un accouchement douloureux. Naissant dans un contexte de crise, de défaite militaire et d’invasion de la France. De l’été 1870 à l’été 1871, la France traverse « l’année terrible » (Hugo). C’est la guerre, le siège de Paris, la défaite humiliante…
La France entre en guerre civile en 1871. En février 1871, les Français ont élu une assemblé à la va vite dans un contexte d’affolement et de liberté. Le résultat fut étonnant car les monarchistes (orléanistes/légitimistes) ont largement triomphé avec une nette majorité, c’est l’Assemblé de Bordeaux. Ils furent éluent dans les campagnes.
Il y a un conflit fondamental entre les républicains radicaux et les socialistes, et les partisans de l’ordres plutôt monarchistes, et réticent vis-à-vis de la démocratie. Comme sous la 2nd, se sont les monarchistes qui gouvernent les premières année de la III°. Assemblée qui a porter Adolphe Thiers qui se fait élire chef du pouvoir exécutif. Il doit donc parler avec les Allemands. Il apparaît comme non compromis vis-à-vis du second empire.
La république va durer en écartant successivement deux écueils :

-Comme en Juin 1848, la République sociale est écartée, fondamentale vu la peur du Rouge et de la commune.
-La restauration monarchiste.
Les républicains vont avoir du temps et vont parvenir à conquérir le pouvoir par les élections et à enraciner la démocratie républicaine.

-La Commune, ou l’échec de la République social. Révolte du peuple de Paris mais aussi à Marseille. Révolte populaire.  Refusant la défaite et l’annexion de l’alsace mais surtout par ce qu’il y a un rejet de l’assemblée de droite et veut établir une république sociale.
Le raisonnement fait par les insurgés est le suivant : la démocratie nous interdit la révolution du fait des ruraux, mais nous on va faire notre petite république dans le cadre de la commune.
Les parisiens se barricades dans leur villes et appellent les autres villes à en faire autant.
C’est l’idéal de la fédération de communes autonomes. C’était une théorie développée par Proudhon (a mis chemin entre le socialisme et l’anarchisme).
Thiers a refusé de négocier avec les Communards, a attendu que les Allemands libèrent les prisonniers   et avec ces soldats reconquiert Paris avec la Semaine Sanglante.  20000 morts dans la semaine beaucoup se sont exilé, d’autres déportés (Nouvelle-Calédonie). Courte guerre civile.
Sentiment d’une France coupée en deux. Les républicains modérés mais radicaux étaient resté à l’écart de la commune et reviennent après la Commune décidé à ne pas reprendre ces idées extrêmes et font campagne pour avoir le pouvoir de façon légale y compris dans les campagnes.
Gambetta et ses amis comprennent que la démocratie ne s’imposera pas en s’appuyant sur la classe ouvrière mais qu’il faudra conquérir la petite paysannerie, tout en s’appuyant sur les classes moyennes, les nouvelles élites. 1872 « La république, c’est l’avènement des couches nouvelles ».

L’échec de la restauration monarchique.
Cela a été pensé à partir de l’été 1871. Deux choses vont s’y opposer :
- Leur propre division sur quel roi prendre. Mais se mettent d’accord sur le comte de Chambord, petit fils de Charles X. En 1873, on lui propose le trône mais le comte veut bien y allé mais pas être qu’une potiche, il veut revenir avec le drapeau blanc. Les orléanistes décident d’attendre la mort du comte de Chambord pour que la famille d’Orléans.
1873, Thiers est chassé de l’assemblé puis Mac Mahon est président pour 7ans. Et finalement, c’est là que les républicains ont le temps de gagner les élections et de conquérir le pouvoir.

B) L’ancrage de la démocratie libérale dans la société française.
Le combat des démocratiques des républicains : « opportunistes ».
Des 1871, les républicains qui sont dans l’opposition, face au monarchistes. Le plus connu de ces monarchistes est le Duc de Broglie, qui mène la politique d’ordre morale. Facilitant le retour de la monarchie, favorable à l’église.
Les républicains ont la possibilité de faire campagne dans le pays pour rassurer les électeurs en leur expliquant la république et la démocratie, ce n’est plus la Révolution mais le « Progrès pour tous ».
Gambetta est le principal leader de ces républicains. Ces républicains, on les appelle « opportunistes » par ce qu’ils sont prêts à faire des concessions pour construire la démocratie, avec l’idée que la rupture révolutionnaire n’est pas possible.
Par mis ceux-là, il reste les radicaux qui sont plus à gauche mais minoritaire. Les républicains opportunistes sont décidés à utiliser les institutions telles qu’elles existent depuis 1875.
D’élection en élection, les républicains progressent continuellement.
En 1876, les républicains gagnent les législatives. A ce moment-là, le président qui est toujours le monarchiste Mac Mahon, homme d’ordre hostile au républicain. Obliger de nommer un gouvernement républicain et entre en conflit avec la chambre, c’est la Crise du 16 mai 1877. Ce jours-là, Mac Mahon renvoie le gouvernement républicain, dissout la chambre des députés et convoque de nouvelles élections.  Il y a un gouvernement provisoire d’ordre moral avec De Broglie ou seul l’exécutif gouverne avec pour but préparé les élection d’octobre. La campagne de l’été 1877 est très rude « il faudra se soumettre ou se démettre quand le peuple aura parlé » (Gambetta). Les républicains gagnent les élections et Mac Mahon se soumet et préfère démissionner en janviers 1879.
Jules Grevy devient le président de la République, et s’était en 1848 opposé au pouvoir présidentiel et partisan de la domination législative. Il s’engage à devenir un président passif. C’est alors une nouvelle tradition ou le président renonce au pouvoir de la constitution.  Triomphe de la démocratie parlementaire.
1881, les républicains gagnent de nouveau et cette fois ci, de grandes lois libérales sont votées accordant une très grande liberté d’expression (affichage, réunion, presse, il manque l’association a cause des congrégations religieuses.)
En 1884, c’est l’autorisation des syndicats. 

La démocratie et l’école.
Une fois maître du pouvoir, à partir de 1879/80, la Marseillaise est proclamée hymne national et le 14 juillet devient une fête nationale, Marianne arrive dans toutes les mairies… Le sentiment républicain s’instaure.
Les républicains peuvent travailler à enraciner la démocratie dans la république.
Comme Gambetta, Jules Ferry alors ministre, est l’homme le plus important de la période fait pour la France un apprentissage sur le long terme, c’est l’apprentissage de la démocratie.
Pour eux, il faut avant tout s’assurer que la république et la démocratie va durer. Seule cette pérennité garantie le progrès de la société en général.
Cette inscription de la démocratie dans la durée, passe par tout un travail d’éducation du peuple souverain. Pour que ce peuple électeur puisse par son éducation exercée au mieux leur vie civique.
Pour les républicains, le bonapartisme a fonctionné par ce que le peuple n’était pas assez instruit. L’école est au cœur du programme gouvernemental.
Jules Ferry entre 1880/1885 est alors ministre de l’instruction civique. Il a commencé sa carrière politique comme opposant à Napoléon III. C’est lui qui fait passer les grandes lois sur l’école républicaine, laïque, obligatoire et gratuite.
Les républicains sont allés très loin, les prêtres furent expulsés des écoles. Sauf dans les écoles tenues par des congrégations enseignantes.
Cette école républicaine avec ses instituteurs que Péguy appelle « les hussards noirs de la république », dû au sérieux de l’instituteur, est chargée de faire de tous les Français des citoyens à la fois rationnels et attachée à la république, donc à la démocratie ; c’est-à-dire à la Liberté, à l’Égalité et au Respect de la loi commune.
Les républicains veulent donc créer une démocratie tempérée, le contraire d’une démocratie révolutionnaire. Selon eux, seule cette démocratie tempérée censée fonctionner au bénéfice de tous pourrait réconcilier la société française depuis la révolution et renforcer une nation qui avait subit une dure défaite et une amputation territoriale.


Conclusion : La troisième république a mis fin à l’air des révolutions, cependant, son triomphe n’est pas facile, les épreuves continues (Affaires Dreyfus…), mais aussi avec la crise boulangiste (1886-1889). Du a l’ascension du Général Boulanger, pourtant amis des républicain et ministre de la guerre en 1886. Il se rend populaire dans le pays, il est le « général revanche », il exalte l’armée, finie par inquiéter ses collègues républicains, sort du gouvernement. Il tente alors une carrière politique personnelle et forme derrière lui un courant de sympathie. Et dans son discours, il devient de plus en plus critique vis-à-vis de la République. Sorte de Néo-Bonapartiste pour les républicains. Progressivement, la droite conservatrice, un moment assommée, se met à soutenir de plus en plus nettement le général Boulanger et la crise culmine en 1889. Les républicains montent alors un complot autour de Boulanger qui va avoir peur et va quitter la France pour la Belgique, cet acte va le discréditer et il se suicidera à Bruxelles sur la tombe de sa maîtresse.
Les limites de cette démocratie libérale à la française ? Une démocratie qui apparaît comme un système de compromis social. Un système ou ce n’est pas réellement le peuple qui gouverne mais ses représentants qui sont recrutés dans les élites sociales.
Système fragile, évolutif et perfectible, jamais définitivement acquis.

par Les L3 d'histoire de poitiers publié dans : XIXème siècle
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