la civilisation améridienne
Prise de notes du CM Histoire Moderne, Nouvelle France
Les populations du Nord-Est Américain avant l’arrivée des Français.
Pour introduire le sujet, une citation de Lichtenberg : l’Indien qui aperçut le premier Christophe Colomb à fait une découverte fâcheuse…
Pourquoi en disant cela Lichtenberg avait sûrement raison ?
-Sur un plan démographique, en 1492 il y avait entre 6 et huit millions d’hommes sur le continent nord-américain. En 1900, on ne dénombrait plus que 375000 amérindiens. Nous disposons malheureusement de peu de traces écrites sur ce que fut la vie de ces peuples. Nous disposons de quelques traces archéologiques mais leur habitat nomade et saisonnier, ne facilite pas la trace de l’historien. Le matériel funéraire, les trous de piliers, de pilotis sont parfois les seules sources à subsister. On travaille aussi sur l’ethnographie, le langage, la culture orale.
Toutes ces collectes, ces témoignages, croisés avec l’archéologie forme les sources que nous utiliserons pour ce cours.
Nous allons nous intéresser au St Laurent et à la région des Grands Lacs. On estime cette zone accueillait entre 500.000 et 1 million d’habitants, cette fourchette est large car elle ne peut se fonder sur des sources fiables. Cette population du St Laurent se subdivise en trois peuplades distinctes :
-Au nord, les Inuits, nous n’en parlerons que peu.
-Entre la Baie d’Hudson et le St Laurent, le principal peuple regroupe les Algonquiens ainsi de plusieurs autres petites nations (les Montagnais, les Micmacs, les Abénaquis…).
-Au sud des grands lacs il y avait les Iroquoiens, les Hurons et les Iroquois.
Ces groupes ont en commun des histoires, des territoires et des mythes. Il y a ainsi différents modes de vie, fonctionnement politique et différentes cultures…Mais nous nous intéresserons plutôt à leurs traits communs pour les définir comme des civilisations.
I Organisation sociale et politique
Ici encore les différences prime : les Iroquois sont semi sédentaires alors que les Algonquiens sont complètement nomade. Ils n’ont absolument pas de sens de la propriété : l’homme appartient à la nature et pas l’inverse. L’homme contrôle un territoire, il y agit sans y altérer. L’homme se devait de respecter la nature comme son prochain, ainsi lorsque qu’un Indien devait couper un arbre, tuer un animal ou autre, souvent pour une nécessité de survie, il devait s’excuser auprès des esprits pour ce geste lourd en signification.
Les Nomades :
Les ressources naturelles (la pêche, la chasse, aux migrations de gibier) conditionnent l’habitat d’une communauté. Les hommes se regroupaient en unités économiques bien définies. La maisonnée, sorte de cabane avec 2-3 ménages, ce qui correspondait à plus ou moins 15 personnes. Ces maisonnées forment une bande variable selon le temps. Durant l’hiver, quatre à six maisonnées avec leur territoire propre et disant l’un l’autre d’une journée de marche. Pendant l’été, on réunit plusieurs bandes hivernales, les groupes comprenant plus de 200 membres devant ainsi de vrais villages.
Les semi sédentaires :
Ils pratiquent l’agriculture avec la triade agricole : maïs, courges, haricots plus du tournesol et du tabac. Pourquoi sont-ils semi sédentaires ? Ces nations s’implantent pour des durées limités, environ 10 ans en fonction des ressources qu’est capable de leur fournir la terre, de la proximité d’une source et des autres nécessités agricoles.
Le temps de l’installation, on s’organise en village avec des tailles variant suivant leur emplacement et le nombre de ses habitants (entre 200 et 2000 personnes). Ces villages étaient protégés par des grandes palissades, des fossés… Autant les cabanes de nomades sont étroites, autant là, il s’agit de longues maisons avec plusieurs ménages caractérisés par des liens familiaux, le chiffre de la population d’une maison pouvait atteindre 50 personnes. Les liens familiaux se font par la femme, l’homme dépend de la femme, l’organisation clanique se base donc sur toutes les personnes descendant d’un même ancêtre. Chez les Hurons, il y a huit clans (donc huit ancêtres) repartis en plusieurs dizaines de villages. Il y a beaucoup de liens entre les villages et les mariages exogamiques permettent les liens entre les clans et les villages.
B) Une organisation Politique souple
L’organisation est souple et mal connue. On a pu nous dire qu’il n’y avait pas d’organisation politique par manque d’information. En fait elle repose dans chaque nation sur un conseil annuel ayant pour but de répartir les territoires de chasses, de décider des déclarations de guerres ou des traités de paix.
Ce conseil des sages regroupe les anciens, les chefs de clans. Nous n’avons que les informations que nous ont remonté les témoignages de voyageurs européens ayant participé aux séances de conseil. La séance s’ouvre par un repas, moment de libre parole, ensuite on fait tourner le calumet dans le silence. Les substances que l’on fume sont sensés être propice à la réflexion. Chacun s’y exprime librement sur tous les sujets possibles. On médite beaucoup avant de parler et les décisions sont prises à l’unanimité des participants.
Les Chefs de clans étaient choisis par droit héréditaire, filiation sanguine, en fonction de leur mérite, de leur art oratoire, de leur sagesse… le sang n’est en effet pas toujours suffisant pour justifié des qualités d’un chef.
C) Les relations entre les personnes. Liberté et répartition des rôles.
Les amérindiens plaçaient l’autonomie de l’individu au centre de l’éducation. Le pouvoir du chef pouvait être remis en cause par un groupe suite à une défaillance politique ou militaire. Cela passait par une décision collective. Il y avait un grand vent de liberté dans les relations parents/enfants, pas ou peu d’instruction (pas d’école), on se limite au mime. Il n’y a pas de contraintes pour les enfants, chacun va à son rythme. Il n’y a pas aussi de châtiments corporels chose qui à par ailleurs choqué les européens qui étaient encore éduqué au fouet…
Les contraintes sont les rythmes initiatiques, les passages dans les mondes adultes, les épreuves. Cela consistait pour les hommes en des blessures, des brûlures, des chasses et des exercices d’endurance à la douleur ou d’endurance mentale. Sur le plan sexuel, la fréquentation était libre avant le mariage, les femmes avaient le droit de choisir, ou plutôt de refuser un mari. Une femme enceinte pouvait changer de mari pendant sa grossesse… Il y a de rares cas de polygamies, mais le mariage reste dans la plupart des cas monogame. Les tâches sont relativement établies de manière équitable. Cette répartition se base selon des rites anciens. Par exemples, les hurons on en commun un ancêtre, Aetaentsie, mère du monde, tombée du ciel. Elle engendre 2 faux jumeaux. Le premier, Tawiscanon (un garçon) est représenté taillant le silex (donc s’attachant aux armes, à la chasse). La seconde, Tusheka fait pousser le maïs, elle cultive donc. Les femmes sont donc chargées de la subsistance, rôle très important dans la communauté, elles participent ainsi aux conseils, donnent des avis, au même titre que les hommes.
II Représentation du monde et croyance religieuse.
A) Les rituels de communication avec le divin.
Pour les amérindiens, tout est vivant. C’est à la fois une civilisation monothéiste et panthéiste. Monothéiste car il n’y a qu’un créateur (le Manitou pour les Algonquiens) panthéiste car la puissance du divin se manifeste partout et sous plusieurs formes (animales, climatiques…).
La communication avec Dieu est indirecte :
- Elle se fait par des intermédiaires, des esprits aux formes animales matérialisées par des totems. Les moyens de communication sont : la danse, la musique, les cérémonies annuelles suivant les récoltes ou les grandes chasses, on invoque l’au-delà… Cela rappelle les mythes fondateurs grecs ou latin. Rien n’est improvisé, pour les danses, il y a des acteurs, les rôles sont préétablis et respectés.
- Elle se fait par les rêves. Pour expliciter l’importance du rêve, prenons l’exemple d’un rite initiatique pour les jeunes hommes. Ils étaient, à la fin de leur adolescence, abandonnés pendant plusieurs jours en pleine forêt, cela devait prouver leur résistance à la peur, leur capacité de survie… Pendant ce rite, ils dormaient et par conséquent, ils rêvaient. Les esprits devaient leur envoyer des visions animales. À leur retour, ils étaient questionnés par les anciens, et étaient placés sous le patronage de leur animal protecteur, celui-là même qui leur avait rendu visite au cours des rêves.
- Elle pouvait se produire par une ascèse corporelle : jeûne, blessure volontaire, danses violentes (pour les Dakota et les Chyennes), crochets dans les muscles jusqu'à des hallucinations se rapprochant de la mort. 
- Grâce aux produits Narcotiques, du tabac amélioré avec de la datura… le calumet était en outre très symbolique : le fourneau était en pierre (le sol), le manche en bois, le tout orné de plume, le ciel… Ce goût pour les hallucinogènes et pour les troubles psychiques permet mieux de comprendre l’attirance qu’ils ont eu pour l’alcool des européens. Alcool qui à terme aura raison de leur civilisation.
B) le rôle du shaman
Il faut se préserver d’employer le terme sorcier lorsque l’on parle de shaman. A l’époque, les sorciers étaient brûlés sur les places publiques, et les religieux européens on tenté de faire croire à des civilisations de sorciers pour exterminer les Indiens.
Une prédestination enfantine vous révèle shaman, un caractère violent, une attirance pour la scatologie, pour la sexualité, des crises de démence, des spasmes… Toutes autant de déterminations ou de pathologies qui faisaient de vous de parfaits shamans. Le « fou » est ainsi éminemment respecté car on le croit capable de rentrer en contact avec l’autre monde. La fonction de shaman permettait ainsi d’insérer des personnes d’habitude en marge en sein même de la communauté en leur donnant de l’importance. Car le principe d’exclusion est inconnu des amérindiens.
Le shaman interprète les songes, il est « l’homme médecine », il soigne avec des plantes, il fait de la magie… Tout comme il soigne ou le croit capable de rendre malade, il pratique la « psychothérapie », bruyante et remuante pour le malade prenne en charge sa maladie.
C) la Mort
Face à la mort, l’Indien est stoïque, mais il a quand même peur. L’agonie est prise en charge de manière collective, un être humain ne serait mourir seul. Il existe différents rites funéraires suivant les nations. Le corps est disposé sur une colline, seulement recouvert de branchement ; chez les Hurons, le corps est inhumé dans différentes postures foetales, on dispose matériel agraire ou militaire. On pratique parfois des sacrifices animaux.
Les « méchants » continueront à hanter le monde des vivants, les « justes » eux retrouvent l’esprit en se rendant vers l’ouest, la lumière, le dieu créateur pour y mener une vie sans peine. Il n’y a pas de notion d’enfer ou de paradis, cela à été très difficile pour les chrétiens de se faire comprendre des indiens sur ce fait.
III les rituels guerriers, l’exemple des Iroquois
A) Une guerre de raids
Les Iroquois étaient armés de couteaux, de haches et de lances. Leur technique consistait à surprendre l’ennemi dans ses tâches quotidiennes pour lui éviter toute réaction armée. Ils envoyaient des éclaireurs pour repérer le nombre d’hommes, les lieux… Ils faisaient un rapport devant le conseil des sages qui décidait du combat : où ? quand ? comment ? avec qui ?.. Leur but, affaiblir l’ennemi, détruire le campement, tué s’y nécessaire et faire des prisonniers. On appelle cela Raid car le combat est bref et qu’il se joue dans les premières minutes.
Cette technique était à vrai dire employé par tous les indiens. L’un des éléments était la peur de l’adversaire de se faire surprendre, se savoir espionner, avancer la peur au ventre… Aujourd’hui, on appellerait cela la guérilla, qui fût par la suite utilisée par les européens.
B) Guerre de deuil
Nous l’avons vu précédemment, les Iroquois étaient vus par les Européens et notamment par les jésuites comme des êtres sanguinaires, presque diaboliques. Nous basons nos propos sur le témoignage de Roland Dion, jésuite qui après s’être fait enlevé vécu plusieurs années aux côtés des Iroquois.
Les Iroquois attaquaient leurs adversaires notamment pour remplacer les leurs morts dans des combats précédents. Un mort dans un village était synonyme d’affaiblissement du groupe, il fallait absolument y remédier pour le bon équilibre de la communauté. Ainsi pour compenser cette perte, il fallait se pourvoir en prisonnier.
C’est ainsi qu’en cas d’épidémies (et les Européens en ont amené beaucoup), de guerres meurtrières, le conseil se réunissait à l’initiative des femmes en deuil et décidait des solutions à apporter. S’il était décidé qu’il fallait remplacer le membre décédé, on devait mener le combat. Cela peut apparaître brutal comme solution à l’équilibre démographique. Si on ne peut pas faire de prisonnier, on ramène des scalps (cuir chevelu et cheveux) car l’âme est censée s’y trouver encore. Le scalp est un trophée à parer, à sécher et à donner à une famille meurtrie.
On le sait grâce aux témoignages des Européens, les prisonniers ramenés dans le village subissaient des rites douloureux, ils étaient conspués, bousculés par la foule, forcer à danser et systématiquement torturés. Pourquoi ? leur résistance à la torture servait à connaître leur sort, et contrairement à ce que nous, Européens pourrions croire, plus un homme était résistant, moins il avait de chance de s’en sortir : il était tout simplement mangé par les Indiens pour sa force se transmette d’homme à homme. Il y avait une dissolution physique dans la communauté, les membres étaient coupés petit à petit, le scalp conservé, les organes vitaux consommés crus le reste cuit et le sang répandu sur le crâne des enfants… Les plus chétifs, les plus jeunes aussi, étaient placés, adoptés par des familles ayant eu des décès dans leurs rangs. Le cannibalisme symbolisait la prise de forces de l’ennemi. Le village sort renforcé après chaque sacrifice. Les survivants devront désormais participé à la vie de la communauté, ils commencent en bas de l’échelle sociale mais peuvent la gravir, il n’y à pas d’esclaves chez les indiens.